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 Speeding into the dark (Pv Shae)

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Purple Swan
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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Lun 18 Sep - 0:16



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha



Lorsque la sorcière réapparut dans le séjour, elle était complètement métamorphosée. Elle avait retrouvée toute la stature qui la composait habituellement. Ses cheveux n’avaient jamais été aussi impeccables qu’aujourd’hui. Son visage était clair et rayonnant. On aurait dit que rien ne s’était passé. Que tout ce qu’ils avaient vécu n’avait été qu’une illusion. Que tout était redevenu normal.

- T'es prêt ? Tu sais déjà où tu veux aller pour manger ? Le Chaudron Baveur n'est pas si loin, tu pourras y trouver quelqu'un pour t'escorter... Ou y prendre une chambre j'imagine.

Lâcha t-elle d’une voix désincarnée. Oui, Shae avait retrouvé ses anciennes facettes et sa façon d’être habituelle. On virait de l’intensité à l’impassibilité en un rien de temps avec elle. Ces retournements de situation à la limite de la cyclothymie en étaient presque clownesques. Et Aristide, la détaillant du regard, s’en amusa un mince sourire aux lèvres. Finalement, ils se quitteraient en bons termes. Se quitter. En était-il bien certain ? Mais il n’était plus temps de rebrousser chemin. D’ailleurs elle ne s’attarda pas plus et dévala les escaliers comme un vif d’or sans lui laisser le temps de répondre. Non, il ne pensait pas au Chaudron Baveur. Il avait une toute autre destination en tête. Harnachant son gros sac sur son épaule, son corbeau de l’autre il descendit lui même les escaliers biscornus de leur immeuble. Il sentit les effluves âcres de cigarette que la blonde avait laissée derrière elle, ce qui lui donna l’envie de s’en griller une aussi. Arrivé en bas, il fouilla ses poches ou des clopes préalablement roulées de tabac brun se battaient en duel avec quelques gnomes au poivres collés ensemble. Il sortit une clope tordue qui dégueulait ses miettes de tabac et se l’alluma à l’aide d’un briquet finement orné qu’il avait récemment acquis dans un bric-à-brac moldu. Algorab frappa plusieurs fois le cou de son maitre de ses ailes ébènes pour signaler son mécontentement. La fumée ne le ravissait guère.
Cherchant la sorcière des yeux, il remarqua qu’elle était déjà loin, se frayant un passage dans le rue passante, filant droit vers le Chaudron Baveur. Il peina à la rattraper, son gros sac le ralentissant dans ses grandes enjambées de gringalet. Une fois à sa hauteur, il l’attrapa par le col de sa veste en cuir, pour l’arrêter et la tirer dans l’autre sens.

«  Non non Paillasson, par ici. »

Il sentait l’agacement de la blonde lorsqu’il l’avait touché. Et il la lâcha par réflexe avant de se prendre un pain. Oui, tout était vraiment redevenu normal entre eux. ils avaient retrouvé leurs vieilles habitudes. Et en parlant d’habitudes, nos deux sorciers arrivèrent enfin à destination. Le visage de Shae semblait s’être décomposé à la vue du bouiboui dans lequel Aristide avait l’intention de la convier. C’était la crasseuse enseigne moldu dans laquelle ils avaient brunché pour la première fois, après leur première nuit, leur première étreinte. Cette fameuse fois où il n’avait rien pu avaler tant son estomac était noué. Noué par ce qu’elle lui avait balancé à la face ce jour là. Noué par son abnégation. C’était ce jour là qu’il aurait dû capter le message et l’engrammer.
Oui, amener la sorcière ici ne manquait pas d’ironie. C’était de très mauvais goût que d’y retourner pour se dire au revoir. Aristide n’était pourtant pas un fanatique de la symbolique. Mais cela avait été plus fort que lui. C’était sa toquade finale. Il jeta sa cigarette d’un geste nonchalant avant d’ouvrir la porte, un mince sourire moqueur aux lèvres. Il s’y engouffra sans plus attendre. Les clients attablés virent débarquer un grand bonhomme livide un corbeau sur l’épaule, suivit d’une petite blonde qui ne manquait pas de style, une grande cicatrice lui barrant le visage. Un tableau haut en couleurs qui attirait l’attention de tous les regards. Aristide posa son sac avec précaution, et s’avachit sur une chaise. Une faim terrible lui malmenait l’estomac. Ou bien était-ce autre chose ? Lorsque la blonde s’assit en face de lui apparement bouillonnante d’indignation. Il n’attendit pas qu’elle s’exprime la première.

«  Tu es vexée, n’est-ce pas ? Ce sentiment te va bien, il te donne de bonnes couleurs. »
Lança t-il taquin et un grand rire lui échappa, dévoilant franchement ses dents jaunes et inégales. Cette scène était complètement absurde. Et la tension de cette matinée riche en émotions venait de tomber. Ses nerfs venaient de lâcher. Son rire était presque effrayant.
«  Haha ! Tu devrais voir la gueule que tu tires ! Haha ! Ça te bouffe que je parte ? Hahaha ! Tu m’aimes tant que ça ou c'est ton orgueil que je blesse en ne disant plus amen à tes conneries ? Haha !! »
Voilà, Aristide était devenu fou. Sa fatigue, la faim, les sombres événements de la veille, il avait l’impression de rêver. Tout lui semblait irréel. Son rire nerveux ne semblait plus vouloir s’arrêter. Il avait pété une durite.


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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Lun 18 Sep - 11:40



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha


Les dernières vingt-quatre heures étaient un cauchemar sans fin. Shae n'avait qu'une seule envie : disparaitre. S'enfermer quelque part, s'absorber dans un projet, une potion, un sort, quoi que ce soit qui la tiendrait occupée. Elle n'aurait jamais dû laisser parler sa fierté blessée et accepter de le suivre. Elle aurait dû lui botter le cul et claquer la porte, le bannissant à jamais de l'appartement. Putain ! Elle se sentait confuse, paumée, et elle détestait le sentiment. Elle avait merdé, ok. Soit. Mais elle ne lui avait jamais fait croire qu'il y aurait autre chose. Elle avait tenté de le protéger, par le caleçon de Merlin ! Elle avait refusé de partager tout ce qu'elle avait partagé ce matin pour une putain de BONNE raison ! Et elle regrettait tant son élan d'honnêteté à présent, parce qu'au final, ça n'avait rien changé. Il partait quand même, et en plus, il avait les armes pour la blesser en main. Elle avait été stupide. Comme quoi, on pouvait être un génie et une grosse conne en même temps.

Finissant rageusement sa cigarette en avançant sans l'attendre dans les rues bondées de Londres, elle sentit brutalement une main tirer son col et se tourna, se trouvant presque nez à nez avec l'objet de ses pensées et de son ire. Elle eut un mouvement de recul presque immédiat, tandis qu'une douleur vrillait sa poitrine. Non, le tactile ça n'irait pas. Pas maintenant. Pas quand elle se sentait encore si à vif, si prête à lâcher les digues de nouveau. Elle s'écarta vivement, et le suivit avec une grimace, se demandant où il l'emmenait, pour être si sûr de lui. Elle blêmit en reconnaissant l'endroit et releva le regard vers Aristide qui semblait très satisfait de lui même. Oh. Donc on en était vraiment là. Aux coups bas. Elle pinça les lèvres en réprimant un tremblement nerveux et le vit entrer comme si il possédait l'endroit, fier et victorieux. Cela prit tout ce qu'elle avait pour ne pas lui en coller une. Les jointures blanchies de ses poings serrés ne se relaxaient pas et elle regrettait plus que jamais son moment de faiblesse. Putain de merde, elle avait supplié.

Elle s'assit en face de lui, silencieuse, son regard noir planté dans le sien, qui semblait bien décider à lui rendre la monnaie de sa pièce. Shae se redressa dans son siège, le dos droit, bras croisés sous sa poitrine autant pour se réconforter que pour se protéger de ce qui allait - elle s'en doutait un peu maintenant - être sa fête. Cela ne loupa pas : il ouvrit la bouche dès qu'ils furent installés, la fierté malsaine luisant dans son regard.

«  Tu es vexée, n’est-ce pas ? Ce sentiment te va bien, il te donne de bonnes couleurs. »

Bouche bée, elle le vit partir dans un éclat de rire cassant qui lui vrilla les oreilles, et une vague de ressentiment... et de pitié, prirent le dessus sur sa douleur. Pour agir de la sorte, il devait vraiment être à bout. Oh, elle l'avait déjà vu dans toutes sortes d'état, clairement. Mais cela la frappait, pour la première fois, il devait vraiment, vraiment se sentir mal pour être aussi... détendu. Le raisonnement aurait semblé illogique à quiconque d'extérieur, mais elle commençait à le connaître. Vraiment. Et elle était trop intelligente pour se laisser berner par cette apparence de je-m'en-foutiste.

«  Haha ! Tu devrais voir la gueule que tu tires ! Haha ! Ça te bouffe que je parte ? Hahaha ! Tu m’aimes tant que ça ou c'est ton orgueil que je blesse en ne disant plus amen à tes conneries ? Haha !! »

Shae ne pipa mot, attendant patiemment qu'il finisse de rire, tandis qu'elle canalisait ses émotions, les refoulant au plus profond d'elle-même. Elle le sentait fragile, au bord du pétage de câble. Si elle ne faisait pas extrêmement attention... Il finirait par partir définitivement. Si on regardait la matinée comme une partie d'échec, elle n'avait pas tout à fait perdu encore... Mais il allait falloir la jouer subtile. Elle grimaça légèrement. Ouais, bien sûr. Subtil. Tout à fait son domaine d'expertise. Inspirant, elle finit par secouer la tête, tâchant de paraître le plus détachée possible.

- Oui, ça me bouffe, commença-t-elle sans s'apercevoir que sa voix tremblait légèrement, de savoir que tu pars à cause de moi, parce que j'ai.. merdé. Un éclat de douleur vrilla son regard et elle se reprit, reprenant une apparence plus détendue. Mais c'est ton choix après tout, et je ne suis pas là pour te donner de leçons...

Elle ferma les yeux une seconde et lui offrit un dernier sourire, triste de sincérité. Se tournant pour appeler la serveuse, elle commanda un café et un english breakfeast, son estomac gargouillant désagréablement. Elle ne savait même plus si elle était furieuse et blessée à présent. S'il avait voulu vraiment la quitter, il n'aurait pas fait trainer les choses en longueur de la sorte, pas vrai ? Pour un type qui lui avait répété au moins une cinquantaine de "Je t'aime" il y a moins d'une heure, elle le trouvait bien versatile, et bien décidé à lui rendre plus que la monnaie de sa pièce. Elle aurait pu lui jeter tout ça au visage. Elle aurait pu s'indigner, s'offenser, se mettre à lui hurler dessus, lui jeter son café au visage. Lui crier qu'il n'était qu'un sale type se servant de ce qu'elle lui avait avoué pour la blesser.

Mais ça aurait été lui donner les clefs de l'évidence, et il ne semblait pas encore prendre conscience du pouvoir qu'elle lui avait donné sur elle. Tant mieux. Il pouvait la blesser, si ça lui faisait plaisir. Elle serrerait les dents, et elle attendrait son heure. Plus que combative, Shae était résiliante. Elle avait survécu à bien trop de trucs pour laisser tomber. Oh, clairement, elle était au bas du fossé depuis quelques mois. Elle avait eu un peu de mal à remonter la pente. Mais c'était fini. Le cercle sans fin d'auto apitoiement était terminé, et elle en avait assez de se faire rouler dessus. Elle allait reprendre les choses en main, à commencer par ses études, vraiment cette fois. L'alcool allait être prohibé et les substances récréatives sévèrement diminuées. Elle était une scientifique, pas une putain de junkie. Son futur était plus brillant que ça. Attrapant la tasse de café qu'on venait de lui servir, elle en prit une gorgée sans rien ajouter, ne voulant pas donner plus de munitions à Aristide qu'il n'en avait déjà, laissant une belle marque rouge sur la porcelaine blanche.


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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Lun 18 Sep - 14:36



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha



Son rire dément n’en finissait plus, il en était presque hystérique. Ses abdos se contractaient sous les avalanches d’éclats de rire. Cela lui faisait un bien fou. Un bien fou de se laisser aller. Il se sentait revivre que de rire de la sorte et par Merlin… cela faisait une éternité qu’il ne s’était plus marré aussi fort. Il sentit des larmes suinter de ses yeux plissés par le chaos de sa nervosité. Il était à bout, et la complexité de la situation dans laquelle il s’était fourré tout seul comme un grand, l’aliénait. Il n’avait plus que son rire malvenu à offrir à la blonde qui le toisait autant qu’elle restait impassible face à ce spectacle pitoyable. Pitoyable et minable. L’absence de réaction de sa part le calma d’ailleurs bientôt ainsi que l’air qui venait à lui manquer. Il hoqueta et son rire fou mourut alors qu’il essuyait ses yeux du bout de ses doigts maladroits. Ses yeux humides et troubles d’égarement. Ok. Il méritait des baffes. Une bonne grosse baffe pour lui remettre les idées en place et lui faire gonfler la joue d’un rouge saignant. Algorab son corbeau, n’appréciait pas ces effusions de voix et se détacha de l’épaule de son maître qui tressaillait bien trop pour ses exigeances de quiétude. En deux battements d’ailes et quelques sautillements ses serres s’agrippèrent au dossier de la chaise à côté de Shae, comme pour lui offrir un soutien de présence.

- Oui, ça me bouffe de savoir que tu pars à cause de moi, parce que j'ai.. merdé. Mais c'est ton choix après tout, et je ne suis pas là pour te donner de leçons...

Répondit-elle simplement, un sourire poignant aux lèvres. Si Aristide avait besoin d’une baffe, on pouvait dire qu’il venait de s’en prendre une. Et bien comme il faut. Une bonne baffe sévère dans la gueule. Les mots de la bonde le pétrifièrent de vraisemblance. Son sourire narquois s’effaça instantanément. Il regardait vaguement Algorab qui le fustigeait d’un regard autoritaire, comme s’il approuvait les propos de la Wolf Shadow. C’était son choix. Son choix de partir. Elle lui avait avoué la réciprocité de ses sentiments. Elle l’avait presque supplié dans ce couloir, agrippée à sa manche. Non, pas presque. Elle l’avait réellement supplié. Les images de Shae, tremblante, ruisselante de larmes, à moitié à poil dans le couloir de la Chaolocation, complètement démunie de détresse, le frappèrent comme s’il les voyait pour la première fois. Il écarquilla de grands yeux en déglutissant avec difficulté. Qu’est-ce qu’il était en train de foutre ?! Son propre comportement lui paraissait maintenant complètement absurde et illogique. Elle s’était mise à nue. Elle avait ouvert les portes de son coeur comme jamais auparavant elle ne se l’était permise avec lui. Elle lui avait avoué pour son ex. Elle avait admis sans détours qu’elle n’était qu’une épave à ramasser à la petite cuillère. Qu’il lui fallait du temps pour se refaire. Mais qu’envers et contre toutes attentes. Elle l’aimait. Elle l’aimait lui. Lui Aristide Coward.
Elle avait affronté nombre de ses démons pour lui avouer. Et lui, sombre crétin, avait eu tellement de mal à la croire honnête qu’il n’avait rien su entendre. Il avait eu tant de mal à la croire qu’il se faisait maintenant provoquant et arrogant. Provoquant pour tester la fiabilité de ses propos, comme si la crédibilité d’une personne n’était vérifiable qu’une fois mise à mal. Et arrogant. Arrogant d’ignorer les efforts que déployait la blonde pour le garder. Même en cet instant irrationnel, elle était là. À supporter ses bassesses. Qui d’autre qu’une personne amoureuse pouvait subir tout ça ?
Et pour tout vous dire, la perfidie qui l’avait poussé à l’inviter dans ce bouiboui moldu commençait à le ronger.
L’amour de la blonde à son égard paraissait incohérent. C’était si difficile à croire. Et pourtant. C’était tout ce qu’il avait toujours souhaité. Tout ce qu’il désirait. Shae était son monde. Alors pourquoi ? Pourquoi voulait-il la blesser ? La blesser maintenant alors qu’il avait enfin la possibilité de vivre son rêve d’ado attardé ? Pourquoi cette colère ? Pourquoi avait-il l’envie brûlante et cruelle de l’écraser ? Pourquoi ? Pourquoi foutait-il tout en l’air ? Était-ce ça l’amour qu’il prétendait lui porter ? Tout allait bien lorsqu’elle le repoussait, tout allait bien lorsqu’elle le malmenait. Il était là, à lui en demander toujours plus. Mais alors, lui dire « je t’aime »… ah non hein, il se changeait en gremlin. Qu’est-ce qui pouvait bien clocher chez lui ?!
Oh shit. La réalisation de sa propre connerie le cloua sur place. Et il était trop tard pour faire marche arrière. Fucking trop tard ! Il ne pouvait plus rattraper sa terrible bévue. Pas maintenant où alors il ne serait plus du tout crédible. Tout ce qu’il pouvait dire après son comportement barbare risquait de sonner faux.
Face à l’honnêteté de Shae, Aristide avait perdu ses moyens, les mots ne lui venaient plus. Son estomac était noué. Noué au point de lui couper encore une fois l’appétit. Tel est pris qui croyait prendre comme disait l’adage. Lorsqu’elle commanda. Il leva une main hésitante pour signifier « deux » à la serveuse sans prononcer le moindre mot.
Il porta un regard coupable vers la Wolf Shadow. Mais elle portait son attention ailleurs, lointaine.

« Oui, je te l’accorde, c’est mon choix. » Prononça t-il doucement pour tenter de la faire revenir parmi eux. Il poursuivit, la gorge serrée « Et quand bien même j’aurais souhaité rester… Cela ne me semblait pas être la meilleure idée du siècle. » Il soupira longuement avant d’amener le sujet sur un point plus personnel et qui ne concernait que lui.  « Je dois régler quelques problèmes chez moi. Depuis que j’ai posé mon cul sur Pupuce je n’ai fait que retarder l’inévitable. Mon… départ tombe donc à point nommé. Même sans notre… notre… bref, même sans ce qui s’est passé ce matin, je me devais de m’en aller un jour ou l’autre. Je n’étais qu’un squatteur de canap' qui ne payait pas le loyer hein. » Cela sonnait comme des excuses et il se rendit compte qu’il perdait indéniablement de sa crédibilité. Quoi qu’il dise, et malgré la véracité de ses mots, tout semblait hors propos. Mais il poursuivit malgré son malaise.
« Je ne t’ai d’ailleurs jamais avoué la raison de mon expulsion des dortoirs de Poudlard… Ce qui m’a fait atterrir chez vous… Même si je doute que cela puisse t’intéresser maintenant… » Son regard était vitreux, son front était chaud. Il se sentait malade. «  j’ai changé Fredus en Scroutt à pétard et je l’ai gardé comme animal de compagnie une semaine durant dans ma chambre. » Déballa t-il tout à coup sans comprendre pourquoi. Les formules breakfast avec deux cafés fumants arrivèrent bientôt à leur table. Aristide plongea un regard perdu dans les iris bleues lazuli de la sorcière. Il se sentait le plus stupide des hommes. Et il ne savait plus quoi faire pour se rattraper.


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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Mar 19 Sep - 0:13



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha


Le regard vague, Shae songeait amèrement à la somme de mauvaises décisions qui semblait consolider les bases de sa vie. Le type qu'elle aimait était une girouette. Elle-même ne valait pas grand chose. Ses études étaient laissées à l'abandon, et elle avait fait subir à son corps des choses qu'elle ne souhaiterait pour rien au monde infliger de nouveau. Franchement, c'était un miracle que ses parents n'aient toujours pas débarqué en force pour programmer une intervention. Ils avaient toujours été habitués à son caractère fantasque, certes, mais de là à ne pas voir chez elle le déclin... Sa mère devait être occupée par de nouvelles potions, et son père devait gérer des dossiers au Ministère. Au final, cela faisait un moment qu'elle ne les avait pas vus... elle devrait réparer ça au plus vite.

Pendant ce temps, le corbeau d'Aristide semblait vouloir la réconforter, comme si il percevait la détresse émanant d'elle, et elle inclina la tête vers le corbeau, venant gratouiller son bec. Un bruit de gorge et une phrase prononcée sur un ton plus doux la firent revenir de ses songes pour se focaliser sur Aristide, qui semblait enfin prendre conscience de l'ampleur de la situation.

« Oui, je te l’accorde, c’est mon choix... Et quand bien même j’aurais souhaité rester… Cela ne me semblait pas être la meilleure idée du siècle. »

Elle avala un trait de café en plissant les yeux, fronçant légèrement les sourcils. Pourquoi ne serait-ce pas la meilleure des idées ? Il n'avait nulle part ou aller. Depuis qu'ils l'avaient ramassés dans la rue ce soir fatidique d'août, Aristide avait su occuper leur canapé, puis son lit, avec une aisance remarquable pour un squatteur. Cela ne l'avait jamais dérangée : elle s'en foutait bien comme de l'an quarante qu'un type vive sur le canapé. Surtout lui, à vrai dire. Mais il avait semblé être un poil mal à l'aise vis à vis de la situation parfois. Elle aurait dû être plus... disponible. Plus ouverte, pour comprendre ses sentiments. Une grimace horrifiée déforma son visage à cette pensée. Il fallait vraiment qu'elle se reprenne, elle se transformait en grosse guimauve mollassonne. Secouant la tête, elle écouta la suite.

« Je dois régler quelques problèmes chez moi. Depuis que j’ai posé mon cul sur Pupuce je n’ai fait que retarder l’inévitable. Mon… départ tombe donc à point nommé. Même sans notre… notre… bref, même sans ce qui s’est passé ce matin, je me devais de m’en aller un jour ou l’autre. Je n’étais qu’un squatteur de canap' qui ne payait pas le loyer hein. »

Notre quoi hein ? Il avait bien du mal à poser des mots sur ce qu'ils étaient en train de faire. Alors, rupture, pas rupture ? L'ignorance commençait à l'agacer, et elle hésitait entre l'embrasser et l'étrangler. Mais il avait des problèmes chez lui aussi, alors elle se doutait que toute la situation avec elle n'avait rien arrangé. Elle s'en voulait tellement, elle, Shae Viridian, celle qui se foutait de tout et de tout le monde ! Mais bientôt ses pensées furent perturbées par Aristide, qui l'air souffreteux, reprenait la parole, pâle et soudainement misérable, un contraste saisissant avec son hilarité victorieuse et cruelle.

« Je ne t’ai d’ailleurs jamais avoué la raison de mon expulsion des dortoirs de Poudlard… Ce qui m’a fait atterrir chez vous… Même si je doute que cela puisse t’intéresser maintenant…  j’ai changé Fredus en Scroutt à pétard et je l’ai gardé comme animal de compagnie une semaine durant dans ma chambre. »

Toute la tension de la scène sembla retomber d'un seul coup et elle lui jeta un regard ahuri en s'étouffant dans son mug de café. Crachotant et toussant, les yeux écarquillés, elle ne parvint à articuler qu'un "Pardon ???" avant qu'un fou-rire nerveux ne la secoue de tout son être et qu'elle s'étale dans le même genre d'hilarité qu'il avait eu quelques minutes auparavant. Morte de rire, elle peina à reprendre son souffle, à jamais perturbée par l'image d'un Scroutt à Pétard traumatisé vivant dans la chambre universitaire d'un Aristide ayant clairement pété un boulon. Elle ne s'embarrasserait même pas à demander pourquoi. Merlin savait qu'elle avait fait des trucs bien plus louches que ça, et qu'elle préférait que personne ne lui pose de question à ce sujet. Essuyant ses larmes à force de rire et calmant les gloussements nerveux sortant encore de sa gorge, elle se contenta de le regarder en se mordant la lèvre.

- Bien joué ? Je veux dire, je comprends. Il a une sale tête de con, et c'est un nul. Mais ... Tu t'es fait prendre ?

Elle eut un nouveau rire, lui saisissant la main sans même y penser réellement pour le réconforter, avant de se reprendre, un éclat apeuré au fond du regard. Shit. Il ne fallait pas trop se laisser attendrir non plus. Il pourrait en profiter pour la démolir... de nouveau. Reprenant son sérieux, elle secoua la tête et le regarda, dans l'expectative.

- Et donc... Tes parents ne sont pas au courant j'imagine ?



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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Mar 19 Sep - 15:14



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C’était la toute première fois qu’il en parlait. La première fois qu’il osait poser des mots sur ce qu’il avait fait. Et il avait choisi le paillasson comme confidente. Dans un moment de chaos émotionnel bien entendu sinon ce n’était pas drôle. Il n’avait pas eu le cran d’en parler à Callisto. Il n’avait pas eu le cran de retourner pleurer chez maman. Ce coup de folie qu’avait été le sien lorsqu’il avait transformé Fredus en Scroutt à pétard était son secret le mieux gardé. Et voilà qu’il le déballait gratuitement, alors que la scène était loin de s’y prêter. Shae et Aristide, ces deux brutes qui, hormis se gueuler dessus, s’envoyer des skuds ou bien au contraire s’enlacer, ne savaient pas communiquer normalement. Shae et Aristide ces deux idiots qui s’aimaient à s’en faire mal sans savoir comment le gérer. Shae et Aristide ce duo infernal qui fatiguait tout le monde lorsqu’ils se chamaillaient à n’en plus finir. Honteux et abattu, il tripota mollement de sa fourchette une tranche de bacon carbonisée qui gisait dans son gras. Puis, reportant son attention sur la sorcière qui trempait ses lèvres rouge sang dans son mug de café, il remarqua qu’elle le fixait de deux grands yeux ronds. Statufiée.

- Pardon ???

« Je ne- » l’ai pas fait exprès, voulait-il ajouter, blême de honte, mais la blonde d’abord ahurie, explosa d’un grand rire qui le coupa dans sa repentance. Elle s’étouffa presque dans son café tant le rire qui la saisissait était soudain et violent. Aristide la regardait. Estomaqué. Il venait de lui confier son terrible secret !! Et elle ?! Elle se foutait ouvertement de sa gueule !

«  Mais rigole pas putain !!! » Ordonna t-il, ostensiblement offensé en accompagnant ses mots d’un geste dramatique. Il jeta sa fourchette par terre comme un enfant en crise dont on ne satisfaisait pas les caprices. Mais le rire de la blonde amplifiait et ne semblait plus vouloir s’arrêter. C’était apparement son tour de péter une durite. Sourcils froncés, croisant ses grands bras malingres sur son torse en toute défense, Aristide la toisait d’un regard noir. Heurté dans sa fierté de grand cornichon. Elle se bidonnait sans ambages et ce à ses dépends. Ou bien était-ce aux dépends de Fredus ? L’image du Scroutt à Pétard dont il avait frotté la carapace chaque soir à l’aide de la brosse à dent d’Aamon se fit vive à sa mémoire.
Elle était folle, il était fou. Tout aussi lésé qu’il était, un rictus se dessina peu à peu sur ses lèvres gercées. Ce rire était terriblement contagieux. On pouvait même dire que c’était de bonne guerre au regard de son propre pétage de plomb précédent. Et malgré les apparences qu’il peinait à préserver, il ne pu faire autrement que de la rejoindre à son tour. Riant d’abord doucement, puis découvrant encore une fois ses dents jaunes pour s’esclaffer franchement. Les deux riaient. Ils riaient ensemble. Ce qui était une première depuis qu’ils se connaissaient. Une véritable première. Il riaient tant de la tension qui retombait comme un soufflé raté, que du comique de situation complètement surréaliste. Il décroisa les bras, posant ses mains nerveuses sur la table comme pour s’empêcher de tomber. Rire ensemble, il leur avait fallu une dizaine d’années d’engueulades pour que cela se produise. Cela en était presque terrifiant. Les clients de la friterie, spectateurs malgré eux de ces deux excentriques riches en couleurs qui riaient aux éclats, les fustigeaient de nombreux regards assassins. Ils dérangeaient. On en entendait même plus la voix de la présentatrice qui énumérait le titre des news de la journée.

- Bien joué ? Je veux dire, je comprends. Il a une sale tête de con, et c'est un nul. Mais ... Tu t'es fait prendre ?

«  Je me suis fait prendre. C’était en fin d’année. Il venait de passer son mémoire et faisait ses affaires pour quitter les dortoirs. Je me suis dit… Je me disais que son absence n’inquiéterait personne. Mais c’était sans compter sa famille et j’ai fini par tout avouer à Smethley. Je ne pouvais plus le garder dans ma chambre, je ne savais pas comment faire pour le nourrir et il m’explosait à la gueule chaque matin… Il schlinguait la mort et je ne savais même pas distinguer la tête de son cul. Le seul truc… Le seul truc qui le calmait c’était la brosse à dent d’Aamon. Je lui brossais le dos le soir pour qu’il s’endorme. »

Et alors qu’elle pouffait une seconde fois de rire, elle lui saisit la main. Comme si cela avait été naturel pour elle. Aristide, en perdit son latin. Mais il n’eut malheureusement pas le temps d’apprécier le geste qu’elle se ravisait déjà. Apparement craintive et désolée de s’être laissée aller. Il regretta. Il regretta amèrement de ne pas avoir eu le temps de la lui serrer pour l’empêcher de la retirer. Les deux retrouvèrent le sérieux des premiers instants. Ce geste, ce petit geste qui pouvait sembler si anodin avait ravivé le pourquoi de leur présence ici. Ravivé les souvenirs de cette matinée infernale et intense. Leur soudaine complicité, ce rire partagé n’était qu’un bref rayon de lumière dans l’abîme de leur discorde. Le constater était douloureux. Il laissa sa main ouverte et immobile sur la table avec l’espoir idiot qu’elle y revienne.

- Et donc... Tes parents ne sont pas au courant j'imagine ?

Enchaina t-elle comme pour tourner la page et se concentrer sur autre chose. Il la dévisagea un instant et l’air grave et sombre dont elle s’enveloppait maintenant lui serra le coeur plus que de raison. Aristide était un petit con juvénile et capricieux. Il se baissa pour ramasser la fourchette qu’il avait balancé comme si cela allait racheter son comportement de débile. Et plongea ses prunelles dans celle de la blonde.

« Mes parents… Non. Aux environs de la rentrée, je leur ai fait croire que j’allais retrouver ma piaule à Poudlard. j’ai attrapé le bus de nuit pour me rendre sur le chemin de traverse. Tu connais la suite… Je ne savais absolument pas ce que j’allais bien pouvoir foutre. Je me disais que j’allais peut-être tout laisser tomber et me barrer en Laponie… Mais je pouvais m’estimer heureux que Smethley m’ait laissé poursuivre ma dernière année d’Artma. Ça m’a valu deux mois de Tig cet été à arracher les algues empoisonnées du fond du lac. Mes parents… » Il laissa planer un moment de silence avant de poursuivre. « Enfin surtout ma mère, m’a bombardé de lettres ces derniers jours. Et j’ai tellement les glandes que je n’en ai lu aucune. Elle. Elle doit s’inquiéter. Elle a un bon fond et… » Il inspira un grand coup « Et j’aimerais te la présenter un de ces jours. »

Voilà, c’était affligeant de maladresse. Une gaffe, un faux pas de plus. Elle allait lui dire d’aller se faire foutre avec ses invitations de merde. Il regardait la main de l’ex-serdaigle. Pouvait-il se permettre de la lui saisir et rattraper le geste qu’elle n’avait pas su maintenir ? Aristide grow a pair, rachète toi, sois réel. Ajoutant le geste à son intention il attrapa doucement la main de la Wolf Shadow. Prêt à presser ses doigts si l’envie lui prenait de se dérober.

«  J’aimerais. Faire les choses de la meilleure des façons. J’aimerais… Shae. Je ne veux pas qu’on se quitte. »

Dit-il fermement, en lançant un regard furtif et déprimé vers son gros sac noir informe. N’était-ce pas ironique de lui affirmer de telles choses alors qu’il s’apprêtait à partir ? N’était-ce pas totalement décousu de sa part d’agir aux antipodes de ce qu’il disait ? Perdu pour perdu il continua malgré tout.

« Je veux être avec toi. Je veux être avec toi pour de bon. C’est tout ce que je souhaitais et tout ce que je souhaite. Mais pas comme ça. Pas à squatter ta chambre comme un crevard et ni dans le secret et la honte. »

Son assiette était maintenant froide, et à part triturer les malheureux aliments qui s'y trouvaient, il n'avait pas avalé la moindre bouchée. Son estomac était toujours noué. Il balaya la salle d'un regard contrit. La télévision moldu qui haranguait les news de la journée semblait passer en boucle un fait quelconque. Aristide écarquilla de grands yeux. Estomaqué.
Attentat dans les rues de Londres sur Parliament Square. Un nombre indéterminé de blessés et de morts. Les images de nombreux camions de police, pompiers et ambulances couvrant le terrain, défilaient sur l’écran. Un journaliste faisait état de la situation. Aristide était blême, il pointa l’écran de télé d’un doigt nerveux. Parliament Square, à tout juste quelques rues de chez eux.

« Putain, paillasson regarde ! »



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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Mer 20 Sep - 21:17



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha


L'image d'Aristide en train de frotter la carapace d'un Scroutt à Pétard furieusement en train de lui exploser à la tête eut raison d'elle, et elle repartit dans un fou-rire. Lorsqu'enfin, elle se calma et retira précipitamment sa main de la sienne, elle vit l'éclat dans son regard et remarqua bien entendu la main ouverte et posée sur la table. Mais elle ne la prendrait pas.

Le fou-rire avait été mutuel. Et l'espoir avait douloureusement étreint son coeur une dernière fois tandis qu'elle essayait désespérément de l'arracher de là. Hin-hin. Nuh-uh. Shae Viridian ne serait pas l'idiote amoureuse à retomber faiblement à chaque éclat de rire. Elle avait été blessée et ce juste après avoir ouvert son putain d'coeur. Hors de question de pardonner aussi rapidement. Les grands yeux opalescents n'allaient pas briser sa volonté de fer, son don à rester concentrée... Putain la bouffe était vraiment grasse. Elle reposa sa fourchette brutalement et reposa les yeux sur Aristide qui semblait brutalement abattu. Etouffant impitoyablement les amorces de pitié et de compassion qui germaient en elle, Shae l'observa ramasser sa fourchette jetée au sol lors de l'éclat de rire, et reprendre un air sérieux qui collait au sien.

« Mes parents… Non. Aux environs de la rentrée, je leur ai fait croire que j’allais retrouver ma piaule à Poudlard. j’ai attrapé le bus de nuit pour me rendre sur le chemin de traverse. Tu connais la suite… Je ne savais absolument pas ce que j’allais bien pouvoir foutre. Je me disais que j’allais peut-être tout laisser tomber et me barrer en Laponie… Mais je pouvais m’estimer heureux que Smethley m’ait laissé poursuivre ma dernière année d’Artma. Ça m’a valu deux mois de Tig cet été à arracher les algues empoisonnées du fond du lac. Mes parents… »

Le silence qui planait tandis qu'elle l'écoutait - notant au passage la gentillesse inhabituelle de Smethley qui devait avoir été dans un sacré bon jour pour ne pas l'expulser tout court - était quasiment religieux. Même la télévision, pourtant bruyante, ne parvenait à décrocher l'attention volage de Shae qui pour uen fois dans sa vie, s'intéressait réellement à ce qu'on lui racontait. Il fallait bien qu'il soit spécial, ce type, pour parvenir à ce qu'elle s'intéresse à autre chose que son propre nombril et sa propre douleur, et ses sentiments blessés, et ses courbatures, et bref, tout un tas de choses qui auraient pu la distraire bien vite du monologue. Il reprit finalement et elle revint à lui, tâchant de ne pas trop détailler son visage, ni de se rappeler de la main ouverte.

« Enfin surtout ma mère, m’a bombardé de lettres ces derniers jours. Et j’ai tellement les glandes que je n’en ai lu aucune. Elle. Elle doit s’inquiéter. Elle a un bon fond et… Et j’aimerais te la présenter un de ces jours. »

Le temps sembla se figer et elle lui jeta un regard incrédule. La moutarde lui montait au nez déjà, et elle était prête à s'écrier qu'il était bien gonflé de parler de lui présenter sa mère quand il était en train de la quitter, lorsqu'il lui saisit la main. Elle tenta de se dégager mais il agrippa fermement son poignet, et elle pinça les lèvres, partagée entre l'agacement et l'émotion. Merde. Pourquoi voulait-il lui présenter sa mère ? La pensée la déstabilisa totalement. Sa dernière rencontre avec une belle-mère s'était plutôt mal passée, et encore là, elle enjolivait. Une moue dubitative se peignit sur son visage et elle ne pipa mot, se demandant comment elle allait pouvoir aborder le fait qu'elle n'était absolument pas la personne à présenter à ses parents. Elle s'apprêtait d'ailleurs à ouvrir la bouche quand il reprit la parole, et elle se tut, attendant qu'il ait fini de déballer tout ce qu'il avait sur le coeur.

«  J’aimerais. Faire les choses de la meilleure des façons. J’aimerais… Shae. Je ne veux pas qu’on se quitte. Je veux être avec toi. Je veux être avec toi pour de bon. C’est tout ce que je souhaitais et tout ce que je souhaite. Mais pas comme ça. Pas à squatter ta chambre comme un crevard et ni dans le secret et la honte. »

Elle devait admettre qu'il avait un bon argument. Mais attendez, pourquoi serait-elle d'accord ? Elle voulait plus être avec lui elle. Elle était blessée. Voilà. Heurtée. Mais elle était aussi quelqu'un de raisonnable. Mature. Responsable. Elle grimaça, confrontée à une situation où elle ne pourrait pas juste être l'ouragan qu'elle voulait être et tout envoyer chier. Nah, si elle faisait ça, elle regretterait. C'était sûr. Parce qu'il pourrait lui renvoyer à la tête qu'il avait tendu la main et qu'elle l'avait rejeté. Et elle pourrait répondre que c'était simplement lui rendre la monnaie de sa pièce vu l'incroyable scène qu'il lui avait joué quand elle avait enfin lâché les digues. The struggle was real. Elle finit par hausser les épaules en conservant un visage prudemment neutre.

- Je comprends. J'imagine qu'on verra bien.

Voilà. C'était parfait. Et le fait qu'elle avait arrêté de lutter pour retirer sa main de la sienne n'indiquait en rien qu'elle jouait la comédie. Nope. Se dérobant à son regard, soudainement extrêmement intéressée par le contenu froid de son assiette et tâchant d'ignorer le sentiment réconfortant qui l'envahissait en sentant sa paume posée contre la sienne, elle fut une nouvelle fois tirée de sa bouderie mesquine par une information qui cette fois, provenait de la télévision. Elle redressa la tête d'un mouvement brusque et blêmit. Shit. Parliament Square ?! Elle écouta les rapports qui faisaient l'état d'une attaque et d'un affrontement qui avaient trèès mal tournés, et elle se leva brutalement, tirant Aristide par le bras. Rester en plein milieu de moldus quand ils avaient déjà assez attiré l'attention sur eux, juste après une attaque clairement magique même si les Oubliators semblaient avoir fait leur boulot... Nuh-uh.

- On ferait mieux de payer et s'en aller.

Elle balança un billet sur la table et siffla le corbeau qui lui jeta un coup d'oeil dédaigneux avant de venir s'installer sur son épaule, lui plantant ses serres dans l'épaule. Une grimace plus tard, et elle trainait son crétin de petit-ami auquel elle n'avouerait jamais plus son amour par le bras, le sac énorme dans l'autre, le corbeau sur l'épaule, jusqu'à une petite ruelle moins fréquentée, sa paranoïa prenant le dessus. Ok, les choses commençaient à puer, sévèrement, et elle remerciait presque Merlin d'avoir donné un peu de jugeotte à Aristide sur ce coup là. Plantant son regard dans le sien, elle articula lentement.

- Je vais nous transplaner au plus proche possible de chez tes parents. Puis je reviendrais directement ici. Tu ne fais rien d'idiot devant des moldus, ni devant des sorciers d'ailleurs, et tu restes avec tes parents. Je vais contacter les miens pour savoir si ils vont bien. J'attendrais un signe de ta part dans la semaine, alors t'as intérêt de m'envoyer quelque chose rapidement sinon je débarque. Stay safe stupid, et donne moi l'adresse de tes géniteurs maintenant, qu'on voit si j'ai déjà été dans le coin. Sinon j'appellerais mon père d'abord, voir si il peut nous fournir un Portoloin d'urgence. Il bosse dans les Transports Magiques, et crois moi, c'est toujours utile.

Elle relâcha finalement son bras et son sac, jetant un regard méfiant aux alentours, l'air aussi calme qu'une pixie sous coke.

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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Jeu 21 Sep - 15:54



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha




What the fuck is wrong with this world ?! Le pays des moldus semblait se casser la gueule tout autant que le leur… Aristide généralement peu concerné par la presse de sous catégorie suivait les news du jour avec un frisson d’effroi qui lui parcourait l’échine. Parliament square ! Du grabuge à tout juste quelques rues de la Chaolocation ! Des morts, des blessés. La curiosité se mêlait à l’incompréhension. Que s’était-il passé ? Mais il n’eut pas le temps de se poser une question de plus que la blonde aux lèvres sanguines lui tirait déjà la manche pour l’enjoindre de se lever.

- On ferait mieux de payer et s'en aller.

La précipitation de Shae, son air inquiet à la limite de l’anxiété et sa determination à quitter les lieux le fit se lever tout aussi brusquement qu’elle. Sans trop savoir exactement pourquoi cependant. Il fouilla donc nerveusement dans ses poches pour sortir la monnaie. Shit. Outre les gnomes au poivre agglutinés à ses clopes mourantes pas une pièce ne fit d’apparition magique entre ses doigts. Shit. Shit. Il s’était largement avancé lorsqu’il avait claironné fièrement vouloir l’inviter à partager le bout de gras tout à l’heure… Aussi, on ne pouvait pas dire que le moment se prêtait à encore une fois jouer le crevard nécessiteux. Il jeta un regard affolé à la sorcière qui fort heureusement pour lui, semblait à des kilomètres de s’en soucier, plus inquiète de sortir que de savoir qui allait payer. Elle balança prestement un billet sur la table et sans plus attendre elle se saisit de l’énorme sac noir informe en dépossédant son propriétaire qui se faisait quant à lui bringuebaler par la bras. Elle siffla Algorab, filant tout droit vers la sortie. Ok, c’était une façon comme une autre de couper court au désastre qu’était leur déjeuner. Sortir et sentir l’air frais de Londres le ranima quelque peu d’ailleurs. Le ramenait-elle chez eux ? S’était-elle décidée à faire fi de leur cinéma kafkaïen pour le réhabiliter dans leur antre ? Non. La direction qu’ils avaient pris n’y correspondait pas. Oh crap. Se rendaient-ils sur Parliament Square ?! L’empressement avec lequel ils s’avançaient ne lui permis pas de se griller un clope. Et par Merlin, son addiction criait famine. Il tenta de ralentir la cadence mais la blonde le trainait vivement comme s’il n’était qu’un poids mort.

« Il se passe quoi là SHAE ?! »

Croassa t-il en s’étranglant presque lorsqu’ils bifurquèrent dans une allée étroite. Le genre d’allée déserte propice à l’utilisation de la magie. Qu’avait-elle donc en tête ?! Comme pour répondre à ses inquiétudes grandissantes, elle plongea un regard ferme et décidé dans le sien et s’exprima doucement.

- Je vais nous transplaner au plus proche possible de chez tes parents. Puis je reviendrais directement ici.

Wait. Wait ! WAIT ? À quoi cela rimait-il ? Oui, il comptait rentrer chez lui et oui, un coup de transplanage d’escorte n’était pas de refus, mais diantre pourquoi précipiter les choses ?! La fixant de ses grands yeux déconcertés, elle poursuivit, inébranlable.

- Tu ne fais rien d'idiot devant des moldus, ni devant des sorciers d'ailleurs, et tu restes avec tes parents. Je vais contacter les miens pour savoir si ils vont bien. J'attendrais un signe de ta part dans la semaine, alors t'as intérêt de m'envoyer quelque chose rapidement sinon je débarque. Stay safe stupid, et donne moi l'adresse de tes géniteurs maintenant, qu'on voit si j'ai déjà été dans le coin. Sinon j'appellerais mon père d'abord, voir si il peut nous fournir un Portoloin d'urgence. Il bosse dans les Transports Magiques, et crois moi, c'est toujours utile.

Alors comme ça son père travaillait dans les Transports Magiques ? Voilà qui expliquait ses connaissances de roublarde en matière de cheminée trafiquée. Elle lui lâcha enfin le bras en décrispant ses doigts. Ses doigts nerveux qui commençaient à lui rentrer dans la chair à travers l'épais tissu de son blouson.
Tu ne fais rien d'idiot...Ne rien faire d’idiot ? C’était l’hôpital qui se foutait de la charité ! Aristide Henry Howard de Norfolk ne faisait jamais RIEN d’idiot ! N’est-ce pas… ? Hem… Il détaillait maintenant la blonde du regard. Elle semblait s’être pris un shoot d’adrénaline. Pourquoi s’inquiétait-elle pour ses parents ? Vivaient-ils sur Parliament Square ? Craignait-elle un nouvel attentat dans les minutes qui suivaient ? Hautement improbable, car ne disait-on pas savamment que la foudre ne frappait jamais au même endroit ? Et qu’était-ce qu’un attentat moldu face à la supériorité sorcière ?
Ok. Ses arguments intérieurs à l’emporte pièce n’arrivaient pas à le convaincre lui même. Il sentait l’angoisse lui pétrir progressivement les méninges. Et par Merlin, l’agitation de Shae était contagieuse. Ses paroles étaient graves de précautions. Il se sentait maintenant comme un trouduc ignorant. Avait-il loupé un chapitre complet dans cette infâme friterie qui puait l’infarctus ? Avait-il loupé les signes probants d'un danger imminent ? Tout était confus. Les événements de la veille à Poudlard n'étaient pas là pour le rassurer non plus. Tout partait sérieusement en couille mais mieux valait attendre que les choses se calment. Les éclaircissements se feraient plus tard.

«  Castle Rising, dans le comté de Norfolk. » Lâcha t-il sobrement. Conscient qu'en d'autres circonstances, dévoiler le nom de son fief en aurait jeté plein la vue à la sorcière. «  C’est pas compliqué, la demeure de mes parents c’est le seul château du coin. Un vieux château en ruines pour les moldus. Tu te souviens de la sortie de 4ème année en cours de potions ? La fois où nous étions allés chercher du crin d’Abraxan dans la réserve naturelle du Roydon Common ? Castle Rising n’est pas très loin. Une bonne heure à vol d’oiseau… »

Voilà, c’était le moment des aurevoirs. Que pouvaient-ils se dire encore ? Dans quelles circonstances se reverraient-ils ? Leur mélodrame insensé avait révélé plusieurs vérités. L’une étant qu’au moindre rire, au moindre geste, les grands amours n’ont plus d’adresse quand l’un s’en va et l’autre reste. Il soupira en tendant son bras dans l'expectative d'un dernier contact. Partir était nécessaire. Partir était la meilleure des choses à faire. Non ? Il se répéta ce mantra pour s'en convaincre pour de bon.

« Lorsque tu verras Algorab à ta fenêtre, donne lui des noix. Il en raffole et cela sauvera ta chevelure qui ne mérite pas d'être torturée d'avantage. Si moi je ne dois rien faire d'idiot...Toi, tu te tiens tranquille et tu ne fais rien de suicidaire ! »

Et sur ces dernières ordonnances maladroites, ils transplanèrent.


-THE FIN-


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Speeding into the dark (Pv Shae)

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