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 Speeding into the dark (Pv Shae)

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Purple Swan
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MessageSujet: Speeding into the dark (Pv Shae)   Dim 10 Sep - 21:48



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Shae



Exténués, ils avaient sombré. L’un contre l’autre, enlacés, à la recherche d’un réconfort qui ne pouvait qu’être partiel. Enroulés dans des draps qui avaient épongé la sueur de leurs cauchemars. La nuit ne leur avait accordé qu’un ersatz de repos. On ne pouvait dormir tranquille après les événements de la soirée d’Halloween. Ils pouvaient en outre s’estimer heureux de s’être endormis sans mal. D’avoir sombré de fatigue, le corps harassé par la violence de la veille.
Aristide venait d’ouvrir deux yeux plein de sommeil. Il lui semblait qu’il venait tout juste de les fermer. Mais force était de constater que l’aube bordait déjà la chambre de Shae de sa lumière vive. La crinière blonde de la sorcière  endormie lui chatouillait le nez. Perturbée par quelques spasmes qui lui secouait tout le corps, son sommeil n’était pas paisible. On aurait dit qu’elle se battait encore…
Son bras reposait sur la poitrine de notre grand dadais éreinté. Il souriait doucement, attendri par tant de laisser aller. Normal, vous me direz quand on dort. Mais détrompez-vous ! Shae Viridian ne mangeait pas de ce pain là ! Car même endormie, après l’étreinte animale, la sorcière se débrouillait toujours pour faire bande à part. Roulée dans son coin de lit. Comme si Aristide puait la mort.
Il aventura une main timide dans sa chevelure. Caressant secrètement le visage de celle qu’il chérissait de tout son coeur. Oui, vous avez bien lu. De tout son coeur. Les événements de la veille bien qu’épouvantables et terribles avaient au moins permis une chose… Lui faire comprendre que ce petit bout de femme, ce petit être du nom de Shae Viridian comptait terriblement à ses yeux. Bien plus qu’il n’aurait eu le cran de se l’avouer auparavant. Car fier est un Howard, et la faiblesse du coeur était toujours un problème épineux à gérer. C’est ce qui l’avait abstenu lors de son premier béguin à Poudlard. Ce qui l’avait mortifié des années durant avant de s’autoriser à replonger. À vrai dire, les choses s’enchainaient si vite, si vite qu’emporté par l’ouragan Viridian, Aristide n’avait eu que trop peu de temps pour la réflexion. Un mal pour un bien vous me direz, puisque s’il avait confié les clés de son coeur à son cerveau, rien de tout ceci ne serait arrivé.
Shae gémit, les sourcils froncés, elle ne semblait pas apprécier qu’on la touche. Il retira doucement sa main, elle méritait plus de repos que lui.
Elle avait été forte, dix fois plus forte qu’il ne l’avait été. Une véritable petite guerrière, redoutable et vaillante. Surprenante, et suicidaire. Les deux qualificatifs qui venaient depuis toujours à l’esprit d’Aristide lorsqu’il pensait à elle. Un sentiment d’affliction l’envahit. Qu’aurait-il fait si les choses s’étaient déroulées d’une autre manière ? L’impétuosité de la Wolf Shadow était à double tranchant. Qu’aurait-il fait si… si…
Même en pensée, les mots refusaient de venir. Il secoua ses boucles ténèbres, pour se débarrasser de ces sombres idées. Un café, corsé ! Et vite ! Il s’extirpa du lit avec adresse, prenant soin de se faire le plus discret possible. Café ! Café ! Café ! Criaient toutes les cellules de son corps. Il était temps de confronter la cafetière électrocuteuse ! Sortant de la chambre à pas de loup, il s’assura que ni Logan, ni Ruth ne se trouvaient dans les environs. Pourtant, peut-être était-il temps de se défaire de ces vieilles habitudes. Leur relation n’était plus un secret pour personne et pour cause !
Hier… Hier, au moment le moins importun, Aristide avait affiché leur union au grand jour. D’un baiser. D'un FUCKING BAISER !
Bon, je vous le concède, on aurait pu rêver mieux qu’une baston comme background. On aurait aussi pu rêver d’un meilleur endroit pour le faire. Mais leur relation déjà si chaotique semblait suivre un thème propre au pandémonium.
Peut-être était-il temps d’en parler ? Peut-être était-il enfin temps de mettre les choses au clair ? Aristide méditait devant la cafetière qui crépitait déjà de défiance. Il fit couler le café salvateur sans se prendre un seul coup de jus. Peut-être était-ce signe que la journée allait être bonne ? Allez Howard, grow a pair ! Il attrapa le Mug de l’ex-serdaigle ainsi que le sien et retourna dans l’antre du dragon. Son coeur battait déjà la chamade alors que Shae n’avait toujours pas émergé. Il déposa la tasse fumante sur sa table de chevet, poussant une coupe de cristal dont le fond avait gardé la mémoire d’un dépôt de vin, et un amoncellement de parchemins noircis de notes indéchiffrables.
Puis il ouvrit la fenêtre pour aérer la chambre avant de s’asseoir sur son rebord, il s’était endormi tout habillé, et puait la charogne. Une douche aurait été la bienvenue, mais l’humeur n’était pas à la propreté. Il attendit patiemment que la blonde refasse surface dans le monde des vivants, la couvant de son regard. Il s’alluma une clope, tapotant les cendres à l’extérieur. Peut-être n’y avait-il rien à dire après tout ? Les mots étaient parfois de trop. Il avala quelques gorgées de café avant de sentir la chaleur l’étreindre. Shae bougea plusieurs fois, signe qu’elle se réveillait doucement. Le coeur de notre idiot de Purple Swan reprit son tempo forte, sans raisons apparentes.

« Good morning paillasson. » Dit-il avec une certaine malice dans la voix.


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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Jeu 14 Sep - 23:45



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha



La souffrance était une chose singulière dans le monde de Shae Viridian. Physique comme émotionnelle, elle était âprement rejetée par la jeune sorcière, terrifiée à son idée. Une belle ironie, quand on regardait un peu attentivement les situations dans lesquelles la jeune femme semblait se jeter la tête la première, plus volontaire qu'une jouvencelle en désir de mariage. Dans le désordre, un tas de ses mauvaises décisions se retrouvaient empilées, aggravant la situation mentale de notre blonde. La relation avec Pedro. Le voyage au Pérou. La drogue. La relation avec Aristide. La disparition de Pedro. Le dragon. Les enfants morts du village Péruvien. Les attaques de moldus. Les Cracmols. L'enfant mort. Shae irradiait de la douleur de ces décisions qui pesaient sur elle comme l'épée de Damocles désormais bien plantée dans sa nuque.

Elle aurait dû laisser tomber la partie à ce moment là, tout semblait déjà si perdu de toute façon. Mais non, Shae Viridian se relevait et continuait de lutter, comme l'inécrasable insupportable moustique - ou cafard - qu'elle était. Et lutter, le soir précédent, elle l'avait fait. Durement. Son corps en témoignait : percluse de courbatures, elle gémissait dans son sommeil, lourd comme une chape de plomb sur ses paupières. Tourmentée par des images vivides et graphiques des horreurs de son passé, elle finit par s'arracher au monde des rêves, uniquement pour trouver un lit vide. Aristide était déjà levé. Cet... Ce....

Elle referma les yeux et s'assoupit de nouveau, la scène se déroulant dans son esprit prenant une tournure bien différente de celle dont elle s'arrachait. Cet idiot l'avait embrassée. Devant tout le monde. Révélant aux yeux de leurs colocataires, camarades et professeurs leur relation. Entre l'envie de lui rendre sauvagement son baiser et celle de l'étrangler sur place, elle n'avait su se départager et était restée pétrifiée, avant de se tourner, sans savoir que répondre à ce baiser si fort d'intensité et criant d'une vérité qu'elle se refusait à admettre. L'idiot avait des sentiments pour elle. Le terrible, terrible crétin. Quand le sommeil la quitta enfin finalement pour de bon et que ses yeux s'ouvrirent - difficilement, l'odeur du café envahit ses narines et un grondement sourd provenant de son estomac acheva de lui remettre les idées en place. Elle leva un regard grognon et désorienté vers Aristide qui lui tendait son mug de café, un sourire presque tendre aux lèvres.

Immédiatement sur ses gardes, elle se contenta d'un hochement de tête - jouant sur son côté mal réveillé, et attrapa le mug, prenant une gorgée qui lui brûla la langue. Grognant sourdement, elle tira la langue d'un air dépité et se secoua, frottant ses paupières encore lourdes. Un coup d'oeil à son réveil confirma qu'ils n'avaient que trop peu dormi à son goût : il était à peine midi. Elle finit par s'éclaircir la gorge et marmonner une salutation à son tour.

- Je peux savoir ce qui t'as fais penser que m'embrasser devant tout le monde était une bonne idée hier ?

Sa voix claqua sèchement et elle sortit du lit, titubant avec une grimace quand ses courbatures se réveillèrent toutes en même temps. Elle se déplaça maladroitement jusqu'à la porte et la ferma à clef, marmonnant un sortilège insonorisant. Elle avait des reproches à faire, et le moins du monde besoin qu'on l'entende. Son regard bleu électrique se retourna pour faire face au vert opalescent d'Aristide, ignorant sourdement les tambourinements de son coeur qui semblaient vouloir lui faire comprendre qu'elle ne pourrait se voiler la face plus longtemps. Il l'aimait, et elle l'aimait aussi. Elle refusait simplement de l'admettre.

Son regard se faisant plus sombre et dur, elle avança vers lui jusqu'à buter contre sa silhouette dégingandée. Quasiment collée à lui, dans l'intimité de sa chambre, dans l'intimité de leur quasi-étreinte aux relents de reproches, elle attendit une réponse, son regard plus dur que l'acier, sa mâchoire crispée en une détresse qu'elle refusait d'admettre. Parce que l'idée qu'elle et lui soient réellement quelque chose de tangible, de réel, l'angoissait au plus haut point. Elle ne pouvait être responsable des émotions d'une autre personne. Pas après tout le foutoir de sa relation avec Pedro. Pas avec tout le foutoir de ses propres émotions, un ouragan incontrôlable et fucked up. Elle le pourrirait. Elle n'apporterait rien, et elle en était persuadée. Elle adoucit finalement son regard et baissa les yeux, venant appuyer son front contre l'épaule d'Aristide.

- C'était une très mauvaise idée. Les gens vont croire qu'on est ... un couple ou un truc du genre. Imagine le bad trip...

Elle savait pertinemment que ses paroles auraient pu être dévastatrices, prononcées avec suffisamment de poison. Mais elle était fatiguée, et sa dernière phrase sonnait plus comme une conviction branlante et fragile que comme une réelle intention de blesser. Dans le moment suspendu qu'étaient les premières lueurs de leur journée respective, elle était fatiguée de se battre, surtout contre le seul être à la supporter suffisamment pour rester malgré ses piques incessantes et ses constantes tentatives d'éloignement.


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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Ven 15 Sep - 9:47



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Shae



- Je peux savoir ce qui t'as fais penser que m'embrasser devant tout le monde était une bonne idée hier ?

Oui. Même attrapée au saut du lit, Shae Viridian, cet ours mal léché, ne perdait pas le nord. Comme si le véritable cauchemar était l’éveil. Pleine de lucidité on n’aurait pû lui arracher un bonjour, ou quelques mots doux.
Juste une froideur. Une froideur loin d’être déconcertante puisque quotidienne mais qui, avouons le, rendait leur relation un poil singulière.
Aussi il aurait fallut être le dernier des idiots pour penser que s’exposer devant tout Poudlard allait métamorphoser la blonde revêche. Idiot, Aristide l’était, mais pas à ce point. Bien conscient d’avoir provoqué le roi des démons, un sourire narquois se dessina sur ses lèvres. Il l’avait embrassé. Il en était arrivé à un stade particulier où le qu’en dira t-on n’avait plus de pertinence. Où le regard d’autrui ne lui faisait plus ni chaud ni froid. En gros il n’en avait plus rien à foutre et par Merlin c’était jouissif. Pour lui tout du moins. Car pour la sorcière il en avait toujours été autrement. C’était se jouer d’elle que de l’ignorer. Peut-être avait il profité de la folie générale pour prouver quelque chose. Prouver que le secret de cet ersatz de relation n’avait plus lieu d’être préservé. Qu’elle n’était plus la seule à décider, que s’il lui prenait l’envie de l’aimer, il n’allait plus se priver. Aussi, si cela ne l’enchantait guère, elle n’avait plus qu’à l’envoyer valser sur son canapé de merde et l’y laisser.
C’était jouer avec le feu d’y aller aussi brutalement. Presque inconscient. Aristide le savait, mais même dans l’affolement, il avait joué son coup et tenté l’échec et mat. Faire tomber le roi en prenant la reine. Aller contre l’adversité avec plus d’engouement qu’il ne s’en serait cru capable. La flamme était réelle. La flamme brûlait et c’était se faire violence que de tenter de la réprimer. Il avala quelques gorgées chaudes d’un café fort et puissant d’amertume avant de lui répondre. Laissant quelques secondes à la blonde aux cheveux rétifs pour qu'elle se lève.

« Il faut croire qu’Aristide Coward s’est fait avader… » Chuchota t-il pour lui même plus que pour elle en plongeant ses yeux dans son café noir un faible sourire aux lèvres. S’amusant à reprendre le pique que la sorcière lui lançait depuis leur plus tendre adolescence.

Coward. Ce sobriquet l’avait toujours offensé jusqu’à la moelle. Il se souvint avec une douce nostalgie de sa fierté mise à mal alors que son duvet de lèvre supérieur n’était encore qu’en cheveux d’anges. Et dire qu’il s’endormait le soir, dans son dortoir en cherchant des parades imparables. Oui. Shae Viridian avait occupée nombre de ses pensées à l’époque et elle le tourmentait encore aujourd’hui, bien que d’une toute autre manière. À bien y penser, le destin était farceur. Leur histoire faite d’animosité avait évoluée de la plus drôle des façons.
Si son moi du futur avait eu la possibilité de se rencontrer plus jeune. Aristide l’adolescent colérique aurait fait une syncope en apprenant ce que lui réservait son futur avec celle qu’il appelait "paillasson". M’enfin, vous êtes pas d’accord ? Cette tignasse était hors norme ! L'ignorer signifiait faire offense au dieu de la blague facile !

La sorcière une fois debout, se déplaça alourdie par un sommeil tout frais, jusqu’à la porte et ferma celle ci à clef.
À clef. Cela lui arrivait lorsqu’elle craignait l’arrivée importune de Ruth ou de Logan. Ok, mais ça c’était lorsqu’ils étaient à poil en train de glander, pas habillés à une distance respectable l’un de l’autre en buvant leur café.
Pire encore, elle insonorisa la pièce d’un sort. Normal… ? PAS NORMAL ! Aristide arqua un sourcil, interloqué. Lorsqu’elle se retourna, leur regards s’emmêlèrent. Elle avait l’expression grave et incertaine de ceux qui ont quelque chose de difficile à dire.
Alors c’était maintenant ? La fin de leur histoire ? Oh. putain. Un frisson de regret le saisit. Ah, il avait été fier la veille, il avait été fier ce matin même au réveil. Ce baiser avait été le moment intense de sa vie. Et le résultat qui s’annonçait ? Une rupture. Fucking shit. Même conscient de cette éventualité, c’était insupportable d’y être pour le vivre. Il ne soutint pas le regard implacable et replongea ses yeux dans son mug de café. La journée s’annonçait finalement sous de mauvais hospices et il avait été hardi d’oser croire un instant qu’il allait en être autrement. Lorsqu’elle s’approcha de lui, qu’il sentit sa peau chaude contre la sienne l’appréhension ne l’avait pas quitté. C’était pire. La sentir en se demandant si cela allait être la dernière fois… Fucking non !

« Je suis terriblement dé… » Chercha t-il a expliquer, confus dans ses mots, alors qu’en réalité il n’y avait plus rien à prouver.

Se confondre en excuses vides de sens était l’opprobre de ce qu’il éprouvait. Tenter de s’absoudre pour un baiser ?! Non-sens ! Pourquoi était-il désolé ?! Il ne l’était pas, et se justifier maintenant n’allait rien sauver. N’avait-il pas avancé une poignée de secondes auparavant qu’Aristide Coward était mort et enterré ? Coward resurgissait-il ? Coward était navrant et pitoyable.
Coward n’était pas prêt à entendre la sentence. Coward n’était pas prêt à condamner à mort ce qu’ils vivaient, il ne pouvait croire un instant ce qui se déroulait sous ses yeux. Alors qu’était-il ? Dé-bile ? Dé-sarmé ? Dé-gonflé ? Dé-fait ? Dé-vasté ?

« Je suis déchiré. Horrible nuit hein…  » Articula t-il péniblement et ostensiblement hasardeux.

Changer de sujet pour retarder l’inévitable ? Mais la blonde comme nous l’avons déjà précisé ne perdait pas le nord. Elle relança le sujet fatal, balayant la tentative maladroite en deux phrases.

- C'était une très mauvaise idée. Les gens vont croire qu'on est ... un couple ou un truc du genre. Imagine le bad trip...

Les mots de la sorcière résonnèrent en lui comme un écho lointain. Son ton n’était plus aussi âpre. Il avait presque quelque chose d’émouvant. Mais toujours sur ses gardes notre sorcier dégingandé continuait à réfléchir à plein régime. Peut-être préparait-elle le terrain ? Ou bien… peut-être avait-elle finalement du mal à l’envoyer paître ? Il aurait aimé l’encercler de ses bras, lui dire que tout irait bien. Le désir brûlant de la réconforter lui tordait les boyaux. Mais l’incertitude gagnait du terrain. Ignorer ce sentiment fourbe était se prévoir un bon mal de crâne et bien des tourments. Il se raidit et porta ses mains aux épaules de la sorcière pour la repousser doucement. Il était temps de savoir. Il était temps d'avouer. Il était temps de tout déballer.

«  Un couple ou un truc du genre... Tu dis ça comme si c’était ignoble. Tu me chantes de cruelles mélodies, tu le sais ? » Il soupira, lassé de s’entendre prononcer de tels mots.
« "En couple..." je me pose cette question depuis un moment mais, comment peux-tu avoir de tels aprioris alors que tu ne t’es jamais autorisée à l’être ? Il fallait bien que tu sois une Serdaigle pour ne penser qu’à tes recherches et trouver le reste obsolète. »

Notre grand dadais cherchait à dédramatiser, mais son ton était froid et désincarné. C’était presque comme s’il assistait à cette scène en tant que spectateur. En dehors de son propre corps malingre. Il plongea enfin son regard dans celui de celle dont il n’arrivait pas à sonder les états d’âme.

« Laisse moi une chance Shae. Une chance, une véritable chance. Pas ce semblant de relation basé sur du sexe pur et dur. »
Un moment de flottement dura quelques secondes avant qu’il ne réalise que sa phrase pouvait sembler allusive. Oué. Bien joué.
« Sans mauvais jeux de mots hein...» Ajouta-t-il en se sentant d’une balourdise sans précédant.  

Il se serait bien enterré lui même à cet instant précis. Ses joues commençaient à se teinter d’un rouge gênant. Il sentait la chaleur l’envahir. C’était insupportable. La honte qu’il ressentait provoqua une légère irritation qui lui donna l'aplomb nécessaire pour poursuivre.

« C’est bien toi qui te targue de tester tous les effets de tes sortilèges avant d’en faire l’analyse complète et d’y poser une conclusion ? Je me trompe ? Pourquoi en serait-il autrement à ce sujet ? Je ne te laisserai pas tranquille, tu en es consciente ? Pour moi aussi c’est la première fois ! C’est la fucking première fois ! J’ai le trac, j’ai tout aussi peur que toi ! Regarde je tiens plus sur mes quilles rien qu’à te l’avouer ! »

Et en effet, Aristide avait les jambes aussi molles que des spaghettis cuits. La fatigue, les courbatures mêlées à ce qu’il s’infligeait en ce moment même le rendait fébrile. Il ne se savait pas si émotif. C’était l’humiliation totale. Il ressemblait à un petit garçon fragile alors qu’il aurait aimé se présenter en bonhomme fort et inébranlable. Il secoua ses boucles ténèbres pour se reprendre. Inspira profondément. Son coeur. Son coeur semblait ne plus tenir le rythme, ce qu’il s’apprêtait à dire était le truc le plus flippant et le plus excitant de sa vie. Fuck it !

« J’ai décidé de plonger. Et tu as le choix, tu peux plonger avec moi... comme tu peux tout aussi bien rester sur ta montagne d’avanies. Je peux pas croire ce que je m'apprête à dire. Mais c’est en train de me bouffer de l’intérieur. J'en suis malade ! »

Il inspira une énième fois, son ventre semblait vouloir régurgiter son contenu tant il était chamboulé.

« Fuck it ! Shae, je... je- »

Mais la blonde devinant ce qu'il cherchait à lui dire, l’avait coupé volontairement avant qu’il ne termine.


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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Ven 15 Sep - 22:42



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha



Shae ne savait pas trop à quoi s'attendre quand elle avait fini par poser sa tête contre son épaule, marmonnant une phrase de plus exprimant son dégoût total d'une quelconque idée de couple. Le concept était tellement éloigné de tout ce à quoi elle aspirait présentement. C'était tellement... un truc du Poufsouffle ! Aristide se devait de comprendre. Il n'avait jamais été le plus romantique de tout Poudlard, bloody hell ! Il n'allait pas lui sortir un numéro de mièvreries maintenant ! Pas avec tout ce qui s'était passé entre eux. Pas avec tout ce qu'elle avait vécu elle. Quand il la repoussa fermement, s'enflammant dans un discours passionné sur l'importance de se lancer dans une relation, une vraie, insistant beaucoup trop sur leur côté débutant, Shae blêmissait. Elle ne pouvait pas mentir, pas effrontément, et acquiescer. Elle devait le lui dire. Qu'il n'était pas le premier. Qu'il ne l'aurait jamais été. Qu'elle avait aimé, de toute son âme, et qu'elle avait été lâchement abandonnée.

Pâle comme la mort, la jeune femme l'observait poursuivre ses tirades, persuadée que quand elle ouvrirait enfin la bouche et se lancerait, c'en serait fini de ce qu'ils avaient. Peu importe l'étiquette. Le sexe, les sourires en coin, les cadeaux surprise, les après-midis passés à glander dans son lit en fumant et en écoutant des vinyles... Tout se conclurait dans la souffrance de savoir qu'il n'avait pas été le premier. Pas vrai ? Elle ferma les yeux une seconde, submergée par l'angoisse et l'émotion de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle lui devait bien ça. Vacillante sous le poids de la terreur, elle finit par poser une main sur les lèvres du jeune homme, le coupant dans sa tirade finale.

« Fuck it ! Shae, je... je- »

Elle savait pertinemment ce qu'il allait dire. Elle ne voulait pas l'entendre. Prenant une grande inspiration, elle recomposa une expression neutre sur son visage, et presque prudemment, lâcha la sentence finale de leur ersatz de relation.

- Tu n'es pas le premier.

S'écartant de lui comme par peur de se prendre un coup, elle recula jusqu'à un bon mètre de distance, et se mit à parler, très vite, frénétiquement tentant de s'étreindre elle-même, ses bras s'enroulant autour de sa poitrine, sans qu'elle ne parvienne à transmettre autre chose que toute l'angoisse qui l'étreignait soudainement, menaçant de la rendre muette si elle ne parvenait pas à tout sortir en un temps record.

- J'ai déjà testé. Je sais déjà que c'est de la merde. Que je ne suis pas faite pour ça. Crois moi. Tu veux une preuve concrète, tangible, scientifique ? On est même pas ensemble et je suis déjà cruelle avec toi. Qu'est ce qui te fait penser qu'en nous collant l'étiquette de couple les choses changeraient hein ?

Sa voix se brisa et elle ravala l'angoisse, redressant le buste sans toutefois oser croiser son regard, ses yeux à elle se fixant sur l'une de ses étagères flottantes transportant tout un tas de bouteilles de potions expérimentales et une tripotée de cristaux mal taillés.

- Je ne serais jamais la douce petite copine aimante et trop chouette. Je suis une putain d'égoïste, et je suis fucked up parce que mon coeur a été brisé il y a de ça trop peu de temps pour véritablement guérir, et je t'ai utilisé pour oublier tout le reste, et je, je veux dire...

Elle ferma de nouveau les yeux, luttant contre la très brutale envie de fuir, prendre ses cliques, ses clacs, et se casser de cette chambre, de l'appartement, vite. Loin. Mais elle lui devait au moins ça. Lui qui avait su apaiser les cauchemars, les crises d'angoisses, les terreurs nocturnes. Lui qu'elle repoussait autant qu'elle culpabilisait de l'utiliser. Lui qu'elle aimait tant sans jamais se l'avouer. Et maintenant elle se tenait là, à déballer ses horreurs, son linge sale, et à prier secrètement dans les recoins de son coeur pour qu'après tout ça, il ne l'abandonne pas. Mais Shae Viridian n'était pas une idiote, et elle savait que ce genre de discours le feraient partir, pour de bon.

Mais l'honnêteté, elle le lui devait, et ce jusqu'au bout. Même si elle savait qu'elle regretterait pour toujours ces paroles.

- Et je suis persuadée que si j'admets que je t'... apprécie vraiment.... Je ne ferais que te faire souffrir d'avantage, parce que je suis un putain d'ouragan et que je brise tout ce que je touche. Tu veux te lancer ? Tu vas te planter chéri, parce que moi je suis déjà éclatée au sol cent mètres plus bas, et je peux te le dire, ça fait putain de mal.

Elle adoucit enfin finalement son ton et releva le regard, les yeux emplis d'une émotion qu'elle avait du mal à contrôler complètement, la plupart des barrières qu'elle érigeait si habilement entre elle et le monde s'écroulant tandis que l'humidité emplissait son regard. Putain. Voilà qu'elle pleurait face à Aristide Henry Howard de Norfolk. Le monde venait brutalement de changer de sens, et elle se sentait pathétiquement faible et ridicule. Il avait eu honte de lui avouer ses sentiments, elle avait honte de lui prouver qu'elle en avait, tout court.  

- Et je ne veux pas te faire subir ce que j'ai subi, darling. Parce que je tiens à toi.

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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Sam 16 Sep - 15:05



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Shae




- Tu n'es pas le premier. Lâcha t-elle d’une voix neutre avant de s’écarter de lui.

Cette sentence eu l’effet d’une bombe. Cette petite phrase de rien du tout. Ces mots, prononcé de la plus simple des façons. Son corps entier semblait s’être arrêté de fonctionner. Son cerveau était engourdi. Aristide suivait la sorcière des yeux, sans vraiment la regarder. Absent et occupé à démêler le noeud de ses pensées confuses.
Quel idiot. Mais quel idiot ! Il s’était emballé, avait avancé des choses en parfait ignorant. S’était lancé dans un plaidoyer complètement absurde qui pour couronner le tout n’avait aucune pertinence. Aucune pertinence puisque caduc. Caduc parce qu’il n’était pas le premier. Il n’était pas le premier et la honte de ne pas y avoir pensé auparavant le frappa de plein fouet. Ridicule, voilà ce qu’il était. Ridicule et niais.
Cette scène. Cette phrase. Cette petite phrase. Tu n’es pas le premier. C’était se rendre compte qu’il avait loupé un chapitre. Qu’il ne la connaissait pas aussi bien qu’il ne le prétendait. Qu’il avait posé des conclusions hâtives sans avoir toutes les cartes en main pour comprendre. Il devait lui faire pitié. Il se faisait pitié. Retourneur de temps please ?

- J'ai déjà testé. Je sais déjà que c'est de la merde. Que je ne suis pas faite pour ça. Crois moi. Tu veux une preuve concrète, tangible, scientifique ? On est même pas ensemble et je suis déjà cruelle avec toi. Qu'est ce qui te fait penser qu'en nous collant l'étiquette de couple les choses changeraient hein ?

La blonde se lançait dans quelques explications précipitées. Comme si la crainte de l’avoir blessé la forçait à se justifier. Blessé il l’était, mais en écouter d’avantage le mortifiait d’avance et plus encore. Elle était hors d’atteinte comme pour se protéger, éloignée de lui comme si elle craignait une étreinte. Il l’entendait sans vraiment l’écouter. Tout ceci était surréaliste et une colère illogique vrombissait dans son coeur. Il s’en voulait d’avoir manqué de jugeote. Il s’en voulait de ne rien avoir vu venir. Il s’en voulait d’avoir été un gros balourd candide. Il s’en voulait d’avoir forcé les choses. Il s’en voulait d’éprouver de telles choses. Il s’en voulait d’avoir voulu lui exploser un je t’aime à la face. Elle l’avait pourtant prévenu. Elle avait posé des avertissements. Elle avait gardé ses distances, repoussé son engouement naissant pour qu’il ne s’entiche pas plus. En un sens, elle était toujours restée fidèle à ce qu’elle était et ce qu’elle éprouvait. Et lui, il avait fait fi de tout cela, tel un enfant certain de tout mais ne sachant rien, se croyant plus fort et plus malin. S’enveloppant d’un optimisme à tout crin. Le gout de la débâcle était amer et terrible à avaler.

Leurs regards ne se croisaient plus. Nos deux écorchés de la vie avaient activé le mode introspection. Shae se livrait. Elle n’avait jamais autant enchainé qu’en cet instant précis. Elle parlait vite, son rythme était soutenu, ses mots directs et sans détours. Aristide quant à lui, une fois le choc de sa méprise passé, buvait ses paroles, muet et presque immobile.  Fixant un coin de la chambre. Ses mains nerveuses tripotaient machinalement un pli de son tee-shirt crasseux. Chaque phrase ajoutée était comme un glaive supplémentaire planté dans sa chair.

- ...et je t'ai utilisé pour oublier tout le reste, et je, je veux dire...

Utilisé ? Cette affirmation terrible lui broya le coeur. Il reporta son attention droit sur la sorcière pour la confronter. Cela ne pouvait être vrai. De tout ce qu’elle lui avait balancé, c’était bien la seule chose qu’il ne s’autoriserait pas à croire. Cela. Ne. Pouvait. Être. réel. Shae avait l’air de perdre pied que de lui avouer une telle chose. Elle fermait les yeux. Elle avait balbutié. Elle ne pouvait être sérieuse. Elle… Elle ne pouvait l’être. C’était impensable. Aristide se leva, les membres de son corps encore alourdis par ce qui se déroulait sous son impuissance.
Il aurait voulu la secouer. La secouer pour lui faire admettre qu’elle venait de mentir. Mais il n’en fit rien, il lui tourna le dos et inspecta au dehors, par la fenêtre, le tumulte de la vie londonienne lui semblait maintenant insensé.
La blonde n’en avait pas terminé. Elle poursuivit. Mais ses paroles n’avaient plus de saveur. Il aurait aimé la mettre sur mute, comme on pouvait le faire sur le poste de télévision moldu de leur salon. Pourquoi s’acharnait-elle ? Pourquoi lui envoyait-elle dans la gueule autant d’horreurs ? La colère qu’il éprouvait contre lui même se muait doucement en animosité. Il lui en voulait aussi. Il lui en voulait terriblement tout en sachant pertinemment qu’il n’en avait pas le droit. C’était un sentiment terrible à éprouver. Il ne savait plus quoi faire de ces émotions barbares. Ça bouillonnait, Il voulait hurler. Lui sommer de se taire.

- ...ça fait putain de mal.

La voix de Shae se brisa et lorsqu’il se retourna enfin pour lui faire face, rouge de honte, de colère et de plein d’autres choses qu’il ne comprenait pas, elle pleurait. Shae Viridian pleurait. Aristide était totalement désorienté. Tout était mélangé, il n’aurait su dire ce qu’il éprouvait tant il était désarçonné. La colère, la haine, l’amour, l’humiliation, le désir. C’était un beau cocktail chaotique de sentiments. Les larmes de la sorcière l’ébranlèrent à un point tel qu’il sentait les siennes affluer. Oh NON ! Oh non ! Il n’allait pas s’y mettre lui aussi ! Il réprima une envie furieuse de la prendre dans ses bras pour la consoler. Qu’elle pleure. Qu’elle pleure toutes les larmes de son corps si cela était nécéssaire. Il ferma les yeux et passa une main agacée dans ses boucles ténèbres. Se mordant la langue pour déplacer sa douleur.

- Et je ne veux pas te faire subir ce que j'ai subi, darling. Parce que je tiens à toi.

Conclut-elle, finissant de l’achever. Ah. Elle tenait à lui. Et dans sa grande mansuétude elle voulait lui épargner les affres d’une relation de couple. Sa charité était trop bonne. Buddha Shae et son altruisme soudain. Tout allait bien lorsqu’elle "l’utilisait" pour du cul brutal. Mais alors impliquer l’amour là dedans, hein c’était dangereux. Amour ? Pas bien ! Du cul ? bien ! Alors quoi ? Quelle était la finalité de toute cette tirade ? Qu’attendait-elle de lui ? De l’acceptation ? De la compréhension ? Un : ooh, ben c’est pas grave, on baisera le samedi et le mardi et puis le reste du temps on fera comme si on ne se connaissait plus hein. Aristide sentait sa colère ressurgir dans ses entrailles. comme un démon. Une myriade de questions lui brûlait les lèvres. Qui était ce connard qui avait malmené Shae à un point tel qu’elle se sentait inapte à l’amour ? Qui était ce sombre salopard qui l’avait brisée ? Qui était-il ? Pourquoi ne l’avait-elle jamais mentionné auparavant ? Voilà, il commençait à reconnaitre l’émotion qui l’envahissait depuis le « tu n’es pas le premier ». Une émotion qu’il connaissait bien. Une émotion perfide qui s’était immiscée trop longtemps dans sa chair. Une vieille amie. Aristide était jaloux. Il explosa.

« Je peux savoir qui ? Qui. QUI ET SURTOUT QUAND ?! » Cria t-il d’une voix blanche et cruelle. Ignorant les larmes et l’expression de détresse de la sorcière. Il retournait les phrases marquantes dans sa tête « Qu’est-ce que t’entends par : ton coeur a été brisé il y a trop peu de temps ?! Trop peu de temps ça veut dire quoi ?! Qu’est-ce que je dois comprendre quand tu dis que tu TIENS À MOI ?! Alors que tu viens de me faire comprendre que tu ne voulais plus de moi ?! Tu tiens à moi ? Est-ce tenir à quelqu’un que de lui dire qu’on l’utilise ?!»
Il frappa le mur du plat de sa main avant d'avancer pour attraper sa veste. Et dans un geste qu’il savait qu’il regretterait, il la lui balança sèchement dans les bras. Comme elle l’avait fait lorsqu’elle lui avait offerte.
« Et ça ?! C’était quoi ?! Un accessoire pour godemichet ?! »
Il était ignoble. il s'en rendait partiellement compte, mais son désarroi mêlé de colère prenait inévitablement le dessus sur sa rationalité.

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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Sam 16 Sep - 23:57



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha


Voilà. Elle avait été honnête. Autant qu'elle l'avait pu. Le poids de tout ce qu'elle portait depuis un mois semblait enfin s'alléger tandis qu'elle reprenait brutalement sa respiration, qui restait néanmoins saccadée, comme si elle venait de courir un putain de marathon.

Tentant de juguler ses émotions, ses larmes et les tremblements intempestifs de sa poitrine secouée par la peur et la douleur, toute l'intensité émotionnelle de la situation la frappant, elle qui contrôlait toujours à la perfection ce genre de débordement sentimental, elle se sentait petite, faible, et pathétique. Quand elle eut enfin assez de courage pour croiser le regard d'Aristide, la rage et la douleur qui semblaient le ravager eurent raison d'elle, et son coeur se serra douloureusement tandis qu'elle essuyait maladroitement les perles d'eau salées qui roulaient le long de ses joues, sans que cela n'ait beaucoup d'effet. Evidemment, elle s'était attendue à sa colère. Il le vivait comme une trahison de sa part. Mais quand la voix tranchante, cruelle et si peu reconnaissable claqua dans l'air, elle sursauta, lui renvoyant un regard presque choqué.

« Je peux savoir qui ? Qui. QUI ET SURTOUT QUAND ?! »

Le mauvais goût aurait voulu qu'elle joue sur la rhétorique mais elle se contenta de pincer les lèvres, la colère d'Aristide alimentant son propre désarroi, tandis qu'il continuait, lui renvoyant toutes ses tournures de phrases vaseuses au visage. Il finit par frapper sur le mur, et elle recula encore d'un pas, brutalement terrifiée par une réminiscence de son passé. La douleur physique, elle avait déjà donné, c'était mort, elle ne recommencerait pas. Elle était encore en train de se sortir de ce mauvais souvenir quand il lui balança la veste qu'elle attrapa par réflexe, et sa dernière réplique eut le don de la sortir brutalement de sa terreur suffocante, tandis qu'elle lui renvoyait un regard outré. Serrant le cuir entre ses doigts décharnés, elle se secoua mentalement suffisamment pour lui renvoyer dans la tête aussi sec, sa voix se mettant à enfler.

- HOWARD !

Elle le toisa, son sang commençant à bouillir dans ses veines tant la frustration de toute la situation ressortait enfin. Elle avait été sincère, elle s'était ouverte ! C'était pas pour se faire renvoyer des ignominies au visage, surtout pas de la part d'un type qui se targuait d'être amoureux d'elle une seconde pour lui cracher au visage la seconde suivante. Canalisant ses émotions, elle redressa le buste et s'avança vers lui, venant au contact, le plaquant brutalement contre un mur.

- Tu te fous de ma GUEULE ? Oh bouhouhou tu es si innocent, je t'ai vraiment utilisé de A à Z alors que tu étais amoureux de moi depuis le départ, c'est ça que t'essaies de me faire avaler espèce de sombre connard ?!

Elle ravala sa salive une seconde, le secouant brutalement pour accentuer chacun de ses mots, même si elle sentait bien que les digues lâchaient et qu'elle ne pensait pas un mot de ce qu'elle était en train de dire, tant la culpabilité lui rongeait l'estomac. Ces répliques n'étaient rien de plus qu'une mécanique de défense qu'elle avait installé depuis longtemps, si longtemps qu'elle ne voyait d'autre alternative à l'agressivité que d'y répondre oeil pour oeil. Dent pour dent.

- Viens pas me faire croire que c'était uniquement sur de bons sentiments que tu t'es précipité dans mon lit ! Tu m'utilisais autant que je t'utilisais, toi qu'avait jamais réussi à chopper quoi que ce soit que de l'herpès le jour où t'as partagé la brosse à dent d'Aamon ! Alors oui, maintenant tu m'aimes, un mois plus tard, et tu croyais que j'étais comme toi, toute paumée !

Elle qui tentait d'éviter à tout prix son regard quelques instants auparavant le cherchait désespérément maintenant, presque plus accrochée à lui que véritablement agressive dans ses gestes, son coeur battant si vite et fort dans sa poitrine qu'elle pensait perdre connaissance d'un instant à l'autre. Shae crispa sa poigne sur le col d'Aristide, le forçant à la regarder, tandis qu'elle tentait désespérément de lui faire comprendre tout ce qu'elle n'arrivait pas à formuler avec de véritables phrases. Elle devait réussir à le capter, à le ramener près d'elle. Quitte à le blesser, à l'énerver d'avantage, l'idée brutale qu'il s'en aille et la laisse seule était tout bonnement insupportable. Inimaginable. Elle se mordit la lèvre et lâcha enfin son terrible secret.

- C'était.... C'était.. putain. C'était Pedro. Mortimez. Le prof. C'était lui.

Elle se rendit compte que ses larmes n'avaient jamais cessé de couler et que des sanglots plus terribles encore lui secouaient la poitrine tandis qu'elle s'affaissait avec son aveu, ses mains relâchant Aristide pour glisser le long de son corps, inertes. Elle sanglota encore plus, toute la rancoeur qu'elle ressentait envers Pedro ressortant tandis qu'elle débitait tout ce qu'elle avait voulu garder pour elle depuis tant de mois.

- A cause de lui, au Pérou, on a vécu des trucs.. atroces ! J'ai vu des choses... putain Ari, j'ai vu des choses qui me font encore hurler dans mon sommeil. Mais je l'aimais, tellement, et il m'aimait aussi.... Sauf que... elle ravala un sanglot plus puissant que les autres, continuant sa terrible histoire, consciente que chacun de ses mots causeraient le départ d'Aristide, tandis qu'elle comptait sur sa curiosité pour le faire rester, sauf qu'il était célèbre, et que sa mère était tarée, et qu'il a fini par se casser sans même me laisser un mot. Il m'a laissée comme une vieille chaussette usée, et je ne savais même pas si je l'aimais de cet amour de romans, ou si j'aimais juste l'idée de notre relation. Et toi, t'étais déjà là.

Elle se tut soudainement et releva le menton, croisant son regard vert, si brillant et intense qu'elle s'y perdit une fraction de secondes, son coeur se serrant encore plus. Elle ne pouvait que s'en prendre à elle-même désormais. Elle avait merdé. Elle avait trahi Pedro. Puis elle avait trahi Aristide aussi. Elle était terrible, et destructrice, et elle ne voulait plus jamais sentir son coeur et ses entrailles se tordre de la sorte, parce qu'aimer c'était définitivement bien trop douloureux pour une douillette comme elle. Elle perdrait Aristide aussi, avec ces révélations, et sur l'instant, dans la clarté d'un moment empli de douleur, cela lui semblait plus logique et plus sain pour lui. Il pourrait avoir sa chance avec n'importe qui, sauf elle. Elle, elle resterait la tarée qui hurlait dans son sommeil, à jamais torturée par des images terribles et des souvenirs atroces.

Shae n'avait jamais été quelqu'un de tendre, de doux. Mais en attendant qu'il reprenne ses esprits et la repousse, elle leva maladroitement une main vers lui et frôla sa joue du bout des doigts, son regard bleu désespéré. Elle devait s'excuser. Révéler le pot-au-rose et ne pas avoir l'élégance de s'excuser par la suite lui semblait bien trop cruel, même pour elle, surtout pour lui.

- Pardon. Je suis...  si sincèrement désolée. Je...

Elle hésita et haussa les épaules, baissant le regard et s'écartant finalement, lui laissant le champ libre pour quitter la pièce si il le souhaitait, tandis que la veste en cuir qu'elle lui avait jeté au visage glissait lentement au sol dans un bruit de fin du monde. Elle se sentait incapable de prononcer les derniers mots lui brûlant les lèvres. Dire qu'elle l'aimait maintenant, alors qu'elle peinait encore à se l'avouer, n'arrangerait rien.


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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Dim 17 Sep - 4:50



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Shae



L’expression du visage de la blonde aux cheveux rétifs était indéfinissable. Elle avait l’air horrifiée par ce qu’il venait de dire et de faire. Quoi ! Quoi ?! Sa colère était légitime ! Non ? Avait-il dépassé les bornes ? Mais à peine eut-il le temps de regretter ses actes que l’ouragan Viridian lui renvoyait déjà sa veste en plein visage en rugissant son nom. Howard. Telle une maman qui rappelle son enfant à l’ordre en utilisant le patronyme familial pour se faire respecter. Les yeux couverts par l’épais tissu, il découvrit son visage juste à temps pour voir la sorcière lui foncer dessus. Il recula d’un pas, complètement décontenancé. C’était quoi ce bordel ?! Arrivée à sa hauteur elle le plaqua violemment contre le mur. Le mur qu’il avait frappé il y a tout juste quelques secondes. Contre lui, elle paraissait toute petite, elle lui arrivait à peine aux épaules, mais sa soudaine agressivité lui donnait une certaine hauteur. Il la regardait dans le fond des yeux, plus vraiment sûr de savoir à quoi s’attendre.

- Tu te fous de ma GUEULE ? Oh bouhouhou tu es si innocent, je t'ai vraiment utilisé de A à Z alors que tu étais amoureux de moi depuis le départ, c'est ça que t'essaies de me faire avaler espèce de sombre connard ?!

Shae enrageait, elle enrageait sévère. Elle se défoulait, le secouait, un torrent de larmes dévalait ses joues brillantes d’humidité. Les mots qu’elle lui criait presque au visage étaient violents. Violents et assassins. Aristide n’en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles. Il en restait comme deux ronds de flan. Pantois et interdit. Jamais encore il ne l’avait vu dans un état pareil. Jamais.
Sa dernière injure le sidéra. Il resta droit comme un piquet, ne la regardait plus, ne cherchait pas non plus à se débattre. Il était écoeuré. Elle le secouait tellement fort que son dos frappait consécutivement le mur au rythme des obscénités qu’elle vomissait.

«  Lâche moi. » Dit-il d’une voix blanche.

Mais elle ne lâchait rien, se faisant plus agressive encore. Et dire qu’il pensait en avoir pris pour son grade il y avait de ça quelques minutes à peine. Dire qu’il s’imaginait avoir été témoin du pire. Dire qu’il pensait avoir tout entendu.
Mais c’était sous-estimer la sorcière et sa capacité incroyable à vous surprendre toujours d’avantage. Et pour une fois, cette faculté ne lui faisait pas honneur.
Shae semblait aux rives de la folie. Elle s’acharnait. Frappait impitoyablement là ou le bât blesse. On aurait dit qu’elle lisait en lui comme dans un livre ouvert. Elle avait capté ses moindres faiblesses et appuyait dessus sans ciller. Assassinant d’une manière brutale le coeur qu’il venait de lui servir sur un plateau d’argent.
Elle se permettait de se moquer de ses sentiments sans honte aucune. Est-ce que ce qu’il ressentait à son égard avait si peu d’importance pour elle ? Était-ce drôle et risible d’oser l’aimer ? Était-ce si insensé ?!
Certes il avait ses torts. Certes il n’était pas tout blanc. Certes. Mais il était tout aussi humain qu’elle ! Et trainer dans la boue l’amour qu’il lui portait était le coup de poignard de trop. C’était tout simplement gerbant. Aristide avait ses limites et se faire traiter comme un chien en était une. Il ne la reconnaissait plus. Elle lui paraissait étrangère. Elle n’était pas blessante. Non, cela aurait été un euphémisme que de dire cela. Elle était juste… abjecte et dégueulasse.
Notre sorcier, attendait patiemment qu’elle finisse sa crise. Il n’avait plus qu’une envie, tourner les talons, choper son sac et se casser. Il en avait assez entendu, assez vu, assez subi. C’était suffisant. Il avait compris le message. Elle voulait lui faire mal à en crever pour s'en débarrasser ? Et bien elle était tout ce qu'il y avait de plus convaincant.
La pression qu’elle exerça soudain sur son col le gêna et il haussa une épaule sèchement pour s’en défaire. Il était temps pour lui de partir sans demander son reste. Aristide le clebard avait une longue route à parcourir pour retrouver sa niche.

- C'était.... C'était.. putain. C'était Pedro. Mortimez. Le prof. C'était lui.

Elle le lâcha enfin. Oui ? Ben quoi ? Qu’est-ce qu’il avait Pedro Mortimez ? Pourquoi ramenait-elle son prof de jardinage sur le tapis tout à coup ? Oh… God…
Les deux neurones de notre idiot de Purple Swan se connectèrent enfin. L’effet de surprise le déstabilisa tant qu’il en oublia un instant son désir de s’en aller. Monsieur renommée mondiale ! FUCKING MONSIEUR RENOMMÉE MONDIALE ! Elle n’était pas sérieuse ?! Il fixa la Wolf Shadow, médusé. Mais elle semblait déjà être à mille lieues d’ici, son corps était malmené par de nombreux sanglots puissants.
Elle poursuivit. Il l’écouta.
Elle avait son attention la plus totale. Le moindre mot de la sorcière se gravait dans sa mémoire à long terme. Il gardait le silence, ne s’autorisant aucune réaction, aucun geste ni aucun commentaire. Lorsqu’elle affirma qu’elle l’aimait, qu’elle aimait ce vieux prof aux airs de droopy trépané, une image bizarre surgit. Il s’imaginait le couple cocasse qu’ils devaient former. Ce vieux prof désabusé avec l’élève truculente. C’était moche. Et ça ne collait pas du tout. Non, non. Ce gros naze, bien que célèbre était une grosse tache et l’imaginer en couple avec Shae était ahurissant.

- …je ne savais même pas si je l'aimais de cet amour de romans, ou si j'aimais juste l'idée de notre relation. Et toi, t'étais déjà là.

Toi, t’étais déjà là… Il n’était pas sûr de comprendre. Et peut-être qu’il avait eu son lot d’émotions pour la journée. Comprendre ? Il était las de se triturer les méninges, peut-être était-il temps de laisser couler. Il scrutait la Wolf Shadow de toute sa hauteur. Et pour vous dire franchement il n’était plus sûr de rien. C’était le bordel dans sa tête. Le gros bordel. Le récit qu’il venait d’entendre sur les déboires de la blonde aux cheveux rétifs, l’avait affecté. Si bien que le feu de sa colère venait de s’apaiser.
Peut-être l’avait-elle ressenti car elle porta soudain une main courageuse vers lui pour lui frôler la joue du bout des doigts.

- Pardon. Je suis...  si sincèrement désolée. Je...

Prononça t-elle faiblement. Et ses mots valaient soudain tout l’or du monde. Si elle avait décidé de l’émouvoir jusqu’à la moelle c’était maintenant chose faite. Et lorsqu’il la vit s’éloigner de lui, il aurait damné son âme pour ne serait-ce qu’oser la retenir. La retenir et poser ses lèvres sur les siennes. L’étreindre et ne plus jamais la lâcher. Son coeur battait à tout rompre. La veste qu’ils s’étaient violemment jeté à la figure l’un de l’autre glissait doucement jusqu’à terre. Il se baissa pour la ramasser. L’avoir à nouveau dans les mains, le saisit de honte.

« J'ai ma part de responsabilités. Je me suis comporté comme une ordure. Je n’avais pas toutes les clefs nécessaires pour te comprendre. Je me sens minable. Je dois arrêter de prétendre que je respecte tes choix et enfin me décider à le faire vraiment. je n’ai pas tenu mes promesses. Je t’ai misérablement forcé la main. C’est à moi d’être désolé. Je suis désolé. Désolé pour tout. Tout ce que tu as subi avant… et après, avec moi. Ma stupidité légendaire restera gravée dans les anales. » Il soupira, un léger sourire aux lèvres mais son expression retrouva de sa gravité lorsqu'il ajouta« Je crois que… qu’il est temps pour moi de rentrer. Tu n'as pas besoin de voir ma gueule qui squatte ton canap" chaque matin. En fait tu n'as pas besoin de moi tout court. »

Il s’avança vers la porte. Mettant sa veste sur ses épaules sans pour autant y fourrer ses bras.

« Je la garde tu veux bien ? »

Demanda t-il sans attendre de réponse. En déverrouillant la porte, il hésita. En face de cette porte. Conscient qu'une fois ouverte il n'y aurait plus de retour en arrière possible. Il n’avait plus la moindre envie de partir. Un sentiment fort. Une tristesse innommable. Même si elle ne désirait pas de relation particulière avec lui, il était impensable de la quitter. Remarquant avec ironie que s’il partait c’était se comporter comme ce vieux con de Pedro Mortimez. Il sourit jaune. La main agrippée sur la poignée de porcelaine ancienne, il ne bougeait plus. Il soupira et porta sa main libre dans ses boucles ténèbres pour les secouer. Ne pars pas comme ça espèce d’idiot ! S’ordonna t-il intérieurement. Et se faisant, il fit volte face brutalement pour s’avancer droit vers elle. Sa veste glissa de ses épaules pour retomber une énième fois par terre.
Il entourera brusquement la Wolf Shadow de ses grands bras malingres, pour la serrer. La serrer si fort qu’il devait sans doute lui couper l’air. Une de ses mains était enfouie dans sa chevelure. Sa fameuse chevelure. Son épouvantable chevelure.  

«  Tu es tout pour moi, je ne sais plus quoi faire. Shae, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime… »

Et il serra plus fort encore, ne sachant plus s’arrêter de lui dire ce que son coeur criait depuis tant de jours. Comme un mantra pour conjurer le mauvais sort. C’était une délivrance. Et même si c’était la première et dernière fois, il aurait eu le courage de le lui dire. Et même si elle le savait déjà, il aurait eu le courage de le lui confirmer. Et alors qu’il réalisait que cela était leur dernière étreinte. Ses yeux étaient soudain humides et quelques larmes malvenues s’en échappèrent. C’était loin d’être glam’ et sexy mais il n’en avait pour tout vous dire plus rien à foutre. Il desserra son étreinte, recula de trois pas et essuya ses putain de larmes d'un revers de manche agacé. Voilà, il pouvait partir sans aucuns regrets. Il n'attendait rien en retour. Il ne voulait d'ailleurs pas la gêner d'avantage en s'attardant et fila ramasser sa veste pour sortir d'un pas leste et pressé. Ouvrant enfin cette satanée porte pour la refermer. Signant la fin de leur ersatz de relation pour de bon.


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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Dim 17 Sep - 10:56



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha


Les yeux résolument fixés au sol, Shae semblait attendre sa sentence, les ongles enfoncés dans les paumes de sa main tant son coeur battait encore à vive allure, lui semblant presque arriver au bord de ses lèvres. Elle se sentait nauséeuse. Trop d'émotions d'un coup, et pas l'habitude de les gérer, elle vacillait sur ses guiboles, même dans le confort et l'intimité de sa propre chambre. Son refuge. Ce refuge qu'elle avait ouvert à Aristide - non pas parce qu'elle avait eu besoin d'un réconfort quelconque. Mais parce que c'était lui, et elle se l'admettait enfin. Autant avait-il pu l'agacer à Poudlard, autant avait-elle enfin finalement réussi à s'avouer qu'elle avait adoré le détester. Adorer être en sa présence.

Leurs échanges dévastateurs et légendaires, leurs pauses clopes, leurs ridicules petit concours de force... Tous les détails de leur relation lui revenait en tête plus violemment qu'un coup de batte de base-ball. Ses mains dans ses cheveux. Son air méprisant qui ne tenait qu'une poignée de secondes face à elle. Ses pincements de lèvre à chaque fois qu'elle était rude ou impolie avec lui. Et maintenant, elle avait tout ruiné. Elle avait décidé une fois de plus d'être Hurricane Shae, et elle avait piétiné toute chance dans cette relation. Et pour la première fois de sa vie, elle regrettait, oh qu'elle regrettait. Parce qu'elle était terrifiée à l'idée de le voir partir, tout en sachant pertinemment qu'elle n'avait aucune légitimité à lui demander de rester. Quand il se mit à parler, elle ne put s'empêcher de relever les yeux, détaillant les traits de son visage, sa silhouette malingre, ses boucles ébènes, son teint blafard. Ses grands yeux lumineux.

« J'ai ma part de responsabilités. Je me suis comporté comme une ordure. Je n’avais pas toutes les clefs nécessaires pour te comprendre. Je me sens minable. Je dois arrêter de prétendre que je respecte tes choix et enfin me décider à le faire vraiment. je n’ai pas tenu mes promesses. Je t’ai misérablement forcé la main. C’est à moi d’être désolé. Je suis désolé. Désolé pour tout. Tout ce que tu as subi avant… et après, avec moi. Ma stupidité légendaire restera gravée dans les anales. »

Il souriait presque, réchauffant le peu d'espoir qu'elle avait. Elle ne voulait pas qu'il se sente minable : la seule minable ici c'était elle. Elle avait joué avec ses sentiments, elle avait refusé de s'ouvrir, et maintenant, il partait, persuadé qu'elle ne l'aimait pas. Elle se rendit compte que ce qui était maintenant une évidence pour elle ne l'était pas pour lui. Elle n'avait jamais dis les mots. Elle n'avait jamais donné de preuves. A part la veste, évidemment. La veste, si fameuse veste, achetée sur un coup de tête, parce qu'elle voulait lui faire plaisir. Parce qu'il avait l'air cool en la portant. Parce qu'elle aimait bien le voir rouler des mécaniques en la mettant. Ses pensées éparses la laissaient sans voix, aussi, il reprit, une expression plus sérieuse au visage.

« Je crois que… qu’il est temps pour moi de rentrer. Tu n'as pas besoin de voir ma gueule qui squatte ton canap" chaque matin. En fait tu n'as pas besoin de moi tout court. »

Elle entrouvrit les lèvres sous le choc, alors que la tambourinade dans sa poitrine reprenait de plus belle. Il allait partir, vraiment. Il allait quitter la Chaolocation. Il allait la laisser. L'adrénaline qui se mit à courir dans ses veines l'étourdit une seconde et elle tenta de réunir le peu de matière grise restante pour articuler une réponse, mais fut coupée par sa question sur la veste, qu'il prit de toute façon. Abasourdie, elle l'observa aller vers la porte et poser la main sur la poignée, puis hésiter. Elle fit un pas en avant. Puis deux. Elle ne voulait pas qu'il parte. Même si il ne voulait plus être avec elle, elle ne voulait pas le voir quitter la Chaolocation.

Egoïstement, elle était terrifiée à l'idée de dormir seule et de se réveiller en hurlant de ses cauchemars. Mais l'amour était égoïste, pas vrai ? C'était un peu tout le principe du truc. Être possessif, jaloux... Elle fut coupée dans sa tentative misérable de le retenir par une paire de bras la saisissant brutalement, et soudain il était là. Elle ferma les yeux quand ses larmes débordèrent de nouveau, et elle crispa ses mains sur lui, le serrant aussi fort qu'il la serrait, l'étreinte désespérée et le silence uniquement brisé par sa voix cassée qui répétait en boucle ce qu'elle avait eu besoin d'entendre sans jamais se rendre compte de ce besoin.

« Tu es tout pour moi, je ne sais plus quoi faire. Shae, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime… »

Et voilà qu'elle était irrémédiablement perdue. Les mots d'Aristide, ceux qu'elle avait eu si peur d'entendre, perçaient enfin sa carapace et s'emparaient de tout sur leur passage, tandis qu'elle se perdait dans leur étreinte, priant pour que cet instant ne se finisse jamais. Ses prières ne furent pas entendues - confirmant son pessimisme vis à vis de la religion - et elle le vit sans vraiment le voir, reculer, s'éloigner d'elle, et enfin franchir la porte qu'il referma presque immédiatement. Son sang ne fit qu'un tour, et elle se précipita dans le couloir, se foutant de réveiller Logan et Ruth, se foutant qu'ils les entendent, se foutant d'être encore en pyjama - ce qui se résumait à une culotte et un t-shirt déchiré à multiples endroits - et elle lui saisit la manche, les mots butant contre ses lèvres.

- Je t'en... Pars pas. Ari, pars pas. Je t'aime. Je suis désolée. Pars pas.

Elle sentait de nouveau les sanglots la secouer et elle s'accrochait à sa manche fermement, refusant de le laisser partir, tout son corps parcourut de tremblements. Désespérée, elle l'était, mais elle devait lui expliquer, il fallait qu'il la croie.

- Je suis désolée, je sais que je suis fucked up comme pas possible, je sais que je suis un fucking mess, mais je t'en prie, pars pas. Même si tu veux plus de moi, reste à l'appart, s'il te plait, mais ne crois pas une seule seconde, que je n'ai pas besoin de toi. De nous deux, t'es celui qui a le moins besoin de moi, et je suis désespérée à ce niveau là, mais je t'aime, et c'est terrifiant de l'avouer, et je suis vraiment minable, moi, pas toi, et je t'aime, et je sais plus quoi dire d'autre pour te convaincre de rester, parce que j'ai conscience que...

Elle écarta largement les bras en reniflant, désignant le tableau pitoyable qu'elle présentait de haut en bas, avant de reprendre

- J'ai conscience que je suis pas ce dont on fantasme le plus, mais je t'aime. Please. Don't leave.

Elle affronta finalement son regard, prête à supplier s'il le fallait, même si au fond, à part se donner en spectacle, elle savait qu'il n'accepterait jamais de rester. Elle n'en valait pas la peine. Les larmes dévalaient encore le long de ses joues, et elle en avait un peu marre de ressembler à une serpillère humide, mais rien de tout cela ne comptait, quand elle se rendait compte qu'elle allait le perdre. Son coeur à peine recollé menaçait déjà de s'effondrer en pièces éparses, et elle secoua la tête, reprenant ses mains dans les siennes, les serrant fort. Les mots dévalèrent encore sans qu'elle puisse les retenir, et franchement, au point où elle en était, elle n'en avait plus rien à cirer.

- Quand t'es là, je me sens mieux. Je dors mieux, je mange mieux, je guéris. J'ai besoin de toi parce que le monde est triste et vide sans toi, et parce que je t'aime, et que je suis une sale égoïste. Je voulais désespérément te protéger de toute la merde qu'est ma vie, et je voulais désespérément te garder, et c'est impossible d'avoir tout ça à la fois, donc voilà. Je mentirais plus. Je retiendrais plus d'infos. Si t'as une question, pose-la, et je te dirais tout, et je ferais tout pour être ce dont toi tu as besoin... Et... voilà.

Elle bafouilla maladroitement sa conclusion, et se mordit la lèvre, ses sanglots se calmant enfin. Elle avait donné tout ce qu'elle pouvait, en une fois, et elle le regrettait déjà, mais elle lui devait bien ça. Elle était amoureuse d'Aristide Howard, et franchement, au bout du compte, l'idée n'était pas si saugrenue. Oh bien sûr, elle ne s'attendait pas à ce que leur relation soit toute rose et mignonne. Il garderait son caractère de chien, elle resterait Shae Viridian, la tarée qui parle trop fort, mais peut-être, juste peut-être, qu'au moins ils seraient heureux - rien qu'un peu - tous les deux. Et c'était tout ce qu'elle espérait au fond d'elle.

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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Dim 17 Sep - 20:13



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Shae



Voilà, la porte s’était refermée. Il avait du mal à y croire. Son grand corps dégingandé souffrait de courbatures, d’une nuit trop courte et de tous ces sentiments qui l’avaient secoué dans la chambre de la Wolf Shadow. Il était livide et c’était le coeur serré qu’il avançait. Chaque pas l’alourdissait progressivement d’une tristesse âcre.
Pourtant, comme s’il avait activé le mode autopilot, ses jambes le menaient droit vers le séjour. Presque machinalement sans plus réfléchir. Réfléchir aurait été fléchir. Il lui fallait ramasser ses grimoires, ses outils d’observation qu’il laissait négligemment trainer partout ainsi que ses notes. Ses notes pour son mémoire, que pupuce dévorait en guise de 4h s’il avait le malheur de les oublier sur la table basse du salon. Algorab son corbeau acariâtre devait probablement faire sa sieste journalière sur son télescope. Le réveiller allait s’avérer difficile et douloureux, il frappait toujours de son bec pointu ceux qui s’aventuraient à le déranger.
Notre sorcier parvint rapidement dans l’encadrure de la porte du salon, il devait faire peur à voir car Ruth qui lisait tranquillement un comics à la lumière d’une fenêtre, releva la tête interloquée pour finalement le regarder avec des yeux ronds. Il la salua mollement.  
Sa vie sentimentale était un désastre fini. Et personne d’autre que lui même n’était à blâmer pour cette misère. Les mots de la sorcière revinrent à sa mémoire, comme un coup d’épée cinglant. « Tu m'utilisais autant que je t'utilisais, toi qu'avais jamais réussi à chopper quoi que ce soit que de l'herpès… ». Shit. Etait-ce là tout ce que son comportement lui renvoyait ? Il s’était encore une fois obstiné. Obstiné comme un crevard. C’était à croire qu’il avait un petit côté maso. Car plus la Wolf Shadow le malmenait, et plus il courrait auprès d’elle pour se prendre des gnons. Mais pas aujourd’hui. Il avait brisé la spirale infernale. Le serpent ne se mordait plus la queue. Le serpent s’en allait affronter un ennemi plus terrible encore. Sa famille. Sa famille qu’il avait royalement ignoré trois mois durant. Son retour au bercail risquait d’être mouvementé…
Secouant encore une fois ses boucles pour se défaire de ces pensées néfastes, il s’apprêtait à s’engager dans le salon lorsqu’il entendit la porte de la blonde s’ouvrir avec fracas, suivit de pas précipités et bruyants. Damn. Allait-elle encore une fois le plaquer contre le mur pour le secouer et l’insulter d’avoir osé lui dire l’essentiel ? Il fit un pas dans le salon pour la fuir, mais elle lui avait déjà agrippée la manche. Il croisa le regard de Ruth. Ruth qui avait fermé son comics et qui observait la scène, décontenancée.

- Je t'en... Pars pas. Ari, pars pas. Je t'aime. Je suis désolée. Pars pas.

What. The. fuck. Avait-il bien entendu ?! Il se retourna pour l’étudier du regard. Il la jaugea de haut en bas. De bas en haut. Elle était rouge et fiévreuse. Son nez coulait presque autant que ses yeux gonflés d’avoir trop pleuré. Ses cheveux ébouriffés comme jamais la coiffaient d’une paillasse gigantesque et improbable. Elle n’avait pas pris la peine de se vêtir et se trouvait comme une pauvresse dans le couloir, jambes nues, son t-shirt informe et déchiré en guise de cache misère. Elle tremblait de tous ses membres. Ou bien étaient-ce des convulsions ?! Elle semblait véritablement au bout de sa vie. Aristide écarquilla ses grands yeux verts. Qu’est-ce que… ?!

- Je suis désolée, je sais que je suis fucked up comme pas possible, je sais que je suis un fucking mess, mais je t'en prie, pars pas. Même si tu veux plus de moi, reste à l'appart, s'il te plait, mais ne crois pas une seule seconde, que je n'ai pas besoin de toi. De nous deux, t'es celui qui a le moins besoin de moi, et je suis désespérée à ce niveau là, mais je t'aime, et c'est terrifiant de l'avouer, et je suis vraiment minable, moi, pas toi, et je t'aime, et je sais plus quoi dire d'autre pour te convaincre de rester, parce que j'ai conscience que... je suis pas ce dont on fantasme le plus, mais je t'aime. Please. Don't leave.

Chaque je t’aime prononcé par ces lèvres balbutiantes, chaque je t’aime prononcé par cette voix enveloppée de sanglots étouffés le percutait de plein fouet. Il avait tellement de mal à s’y retrouver qu’il se demandait un instant s’il n’était pas en train d’halluciner. Il jeta quelques regards affolés à Ruth, comme pour s’assurer qu’elle voyait bien la même chose que lui. Mais la couarde s’éclipsa en catimini pour retourner dans sa chambre afin de leur laisser une certaine intimité.
Shae s’était mise à nue dans ce couloir. Mais il était si difficile de la croire. Si difficile pour lui d’appréhender ce revirement de situation paradoxal. Son cerveau n’était  plus qu’une fuckin’ marmelade. Et alors qu’il la regardait, incrédule et dubitatif, elle affronta enfin son regard lui saisissant les mains. Ses petites mains chaudes et moites d’avoir essuyé ses larmes comme une barbare. Ce contact le ramena droit sur terre. Il sentait ses jambes se ramollir. Il n’en pouvait plus de vivre ce gros bordel. Il n’avait plus d’énergie à revendre, il était éreinté. Elle poursuivait sans plus s’arrêter, on aurait dit qu’elle déballait un torrent de mots bouillants.
Ses explications auraient fait de lui le plus heureux des nigauds il y a de cela quelques minutes. Si seulement. Si seulement elle s’était exprimée plus tôt. Car en cet instant, sur le qui vive et prêt à partir, une lassitude sans précédent pesait sur ses épaules rachitiques. Il ne se rendait plus compte de la puissance des mots. Il n’arrivait plus à les appréhender correctement. Il ne comprenait plus rien, et avait besoin de temps pour les avaler.
Shae Viridian était intense. Émouvante. Belle à en crever. Elle le suppliait de ne pas partir. De ne pas la quitter. Et dieu sait que c’était tentant. Mais Aristide était vidé de son essence. Lorsqu'elle eut terminé sa tirade, il réprima un sourire triste. Son coeur retrouvait un rythme normal. Nos deux angoissés se regardaient dans un silence plein d’attentes et d’espoirs. Leurs regards s’emmêlaient et semblaient exprimer ce qui ne pouvait être dit. Étrangement tout était redevenu calme à la chaolocation. Une quiétude, une accalmie. Elle lui avait promis de répondre à toutes les questions qui pouvaient le tarauder. Elle était attendrissante. Mais notre grand Purple Swan était résigné, il n’avait plus rien a ajouter et les mots de l'ex-serdaigle ne faisaient plus sens.
Il porta une main nerveuse au visage de la blonde abattue. Lui caressant doucement la joue avec une affection pourtant débordante.

« Je n’ai jamais vu un petit bout d’être au tempérament aussi impulsif et suicidaire. Mais tu brilles. Tu brilles comme tu ne pourras jamais te l’imaginer. » Il laissa retomber son bras le long de son corps malingre. « Je suis las et fatigué. J’ai besoin d’avaler quelque chose, si le coeur t’en dit enfile un truc, c’est moi qui invite. Je vais t’attendre dans le salon en faisant mes affaires. »

Il se détourna, stoic et livide. Puis dégaina sa baguette, l’agitant de tous côtés dans le séjour pour que ses quelques affaires éparses puissent retrouver leur logis dans son énorme sac noir. Algorab, après sa séance de coups de bec vint se percher sur l’épaule de notre sorcier impassible. Il caressa l’accoudoir de Pupuce avec douceur. Au fond, ils s’entendaient bien tous les deux…  


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MessageSujet: Re: Speeding into the dark (Pv Shae)   Dim 17 Sep - 22:31



Speeding into the dark ; 1er Novembre 2020
Aristide & Sha



Elle avait l'impression d'avoir détruit chaque mur. Brique par brique, avec une putain de wrecking ball, juste pour prouver sa bonne volonté. Il lui avait fait confiance, elle avait voulu lui rendre la pareille et réparer des semaines de non-communication borderline aux mensonges. Putain. Elle avait tout donné, comme à un putain de marathon, elle se sentait désespérée, paumée, et confrontée à des responsabilités qu'elle aurait préféré ne jamais avoir à prendre. Elle venait de réussir à sécher ses larmes, et elle attendait la réponse du seul type à qui elle avait fait confiance pour ne pas lui briser le coeur trop violemment. C'était juste une dispute. Du genre qu'ils avaient en permanence. Il allait se dégonfler d'une minute à l'autre, et tout irait bien, elle en était convaincue. Elle avait tout fait pour que ce soit le cas, pas vrai ?

Pourtant, en croisant son regard, elle sut. Elle avait trop merdé cette fois-ci, et il n'avait plus la force de faire des efforts pour elle. Elle recula vivement d'un pas, choquée et abasourdie par la force du regard vide d'Aristide. Et la certitude graphique et terrible qu'elle venait de commettre une énorme erreur en s'ouvrant à lui, à la vue de sa cousine et de son colocataire qui ne devait en avoir perdu une miette, lui fit plus mal que le reste. Elle en avait marre, elle arrêtait définitivement tous les tests comprenant la présence sociale d'autrui, et les conneries comme l'honnêteté et l'amour. Elle se referma, lentement, sentant ses défenses remonter comme si leur destruction n'avait été que momentanée.

Estomaquée, elle sentit la main d'Aristide venir caresser sa joue, sans parvenir à articuler quelconque réponse. Elle recula d'un pas maladroit pour y échapper, se refusant à sentir son coeur brisé et éparpillé au sol craqueler sous chacun de ses pas. Elle entendit son invitation, et hocha la tête, soudainement concentrée sur un but plus concret que jamais. Elle allait lui faire regretter de lui avoir fait regretter son honnêteté. Elle se détourna en le voyant faire ses bagages, un mélange de désespoir et de rage faisant bataille dans son estomac, et elle claqua la porte de sa chambre. Soit. Il voulait discuter. Soit. Elle ouvrit son armoire en grand et attrapa un tshirt XXL faisant office de robe, une paire de collants, et sa veste en cuir. Il voulait se la jouer stoïque et indifférent ? AH ! Un sourire carnassier étira les lèvres de la jeune femme. Bon courage pour ça, Asshole.

D'un coup de baguette déterminé, elle lissa sa tignasse qui vint sagement couler comme un rideau de soie le long de ses épaules. La rage alimentait sa magie apparemment, car c'était bien la première fois qu'elle réussissait ce sort du premier coup avec autant d'efficacité. Elle jeta un regard défiant au miroir et se débarrassa de toutes les preuves de ses pleurs, ses vêtements sous le bras, ressortant dans le couloir pour jeter un bref "Jprends une douche. J'arrive" au vol, sans même lui adresser un regard. Elle avait supplié, bordel de merde. ELLE. Supplié. La douche express lui permit de se débarrasser de la crasse et de l'odeur tenace de la veille, et elle enfila ses vêtements, effaçant de son visage toute preuve qu'elle avait pleuré avec une efficacité redoutable. Une couche de mascara et un trait d'eye-liner typique de ses années Poudlard plus tard, elle se sentait prête à affronter la très déplaisante sensation d'être à nouveau jetée comme une chaussette. Après une dernière hésitation, elle vint peindre sa bouche d'un rouge vif destiné à apporter une subtile touche de couleur.

Elle ouvrit brutalement la porte, la laissant valdinguer contre le mur, et affronta vertement le regard d'Aristide qui attendait, son corbeau sur l'épaule, observant l'appartement d'un air souffreteux comme si il était mis à la porte, alors que la décision était sienne. Son coeur se serra et sa résolution sembla vaciller, mais Shae se reprit et lui adressa un regard interrogateur.

- T'es prêt ? Tu sais déjà où tu veux aller pour manger ? Le Chaudron Baveur n'est pas si loin, tu pourras y trouver quelqu'un pour t'escorter... Ou y prendre une chambre j'imagine.

Le ton monocorde et tranquille de sa voix sonnait si faux et éloigné de son timbre ordinaire qu'un sourire dur éclaira son visage. Elle devenait meilleure à ce petit jeu, tiens. Sans attendre, elle se dirigea vers la porte d'entrée en s'allumant une cigarette qu'elle glissa entre ses lèvres rouges, exhalant la fumée entre ses narines. Constatant que ses mains tremblaient légèrement, elle crispa la mâchoire et secoua la tête, se détournant afin de ne pas laisser filtrer une once de désarroi de sa personne. Elle ne pouvait pas croire qu'il allait vraiment faire ça. La laisser tomber. L'abandonner. Après qu'elle lui ait parlé de Pedro. Après qu'elle l'ait supplié. Après qu'elle lui ait avoué l'aimer. Après qu'il ait avoué l'aimer aussi. Quel pauvre type ! Dévalant les marches de l'immeuble vers la sortie, la jeune femme grinçait rageusement des dents.

Il allait tellement regretter cette décision, elle s'en faisait le serment. Pfft, besoin de lui ? Ha ! Certainement pas, se convainquait-elle avec une force renouvelée.

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