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 Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)

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MessageSujet: Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)   Ven 14 Sep - 0:17




art is forever


venetia & klaus

La rue assourdissante autour de moi hurlait.

Venetia avait passé une journée épuisante. Assourdissante même - tel était le bon mot. Entre le froissement sans fin du papier et des notes volantes qui la visaient la plupart du temps en pleine tête, les ragots, les racontars, et autres mièvreries de secrétaire et gratte-papiers pour se donner une fausse importance au sein d'une institution qui ne leur en accordait qu'une minime, elle se trouvait souvent démunie et plongeait dans ses souvenirs les plus heureux; c'était sans nul doute le seul échappatoire qui lui restait encore après le fiasco total qu'avait été ses dernières années.  La mort d'oncle Arthur avait laissé un trou béant en elle qu'elle ne savait trop comment remplir. Mais peut-être affublait-elle tout simplement à la mort d'Arthur tout ce qu'elle avait déjà tristement accompli dans sa vie de petit voyou peu talentueux - tout ce qui lui avait laissé quelque part une trace indélébile qu'elle avait fort soigneusement ignoré. C'est pourquoi en sortant, prise d'un élan mélancolique, elle avait estimé avoir besoin de réconfort ; plus que cela, elle avait besoin d'oubli. Ce qu'elle n'aurait pas donné pour être amnésique et avoir la chance de recommencer sa vie à zéro.

Dommage qu'elle ne soit pas foutue de lancer un Oubliettes convaincant à quiconque, et encore moins à elle-même. Il aurait fallu pour cela que les gênes de son paternel soient plus prolifiques, et qu'elle hérite sur un coup de bol d'un don incroyable pour la magie. Mais cela n'avait jamais été le cas. Elle était, et resterait, une piètre sorcière. Son seul coup de bol résidait dans sa connaissance du monde moldu... Et un talent pour les potions qui ne nécessitaient aucune agitation de baguette.

Se tenant droite sur son tabouret au comptoir du Chaudron Baveur, chevilles croisées sur son tailleur certes un peu fatigué mais de bonne facture - elle s'en était assurée, elle tapotait ses ongles vernis avec soin contre le whisky pur-feu avec glaçons qu'elle avait commandé, sans se décider à le boire totalement. Ses cheveux ne ressemblaient plus à rien en cette fin de journée et ses cernes ne pouvaient être dissimulés qu'à grand peine. Elle ressentait déjà une profonde lassitude à l'idée de faire le trajet jusque Birmingham - en Magicobus certes, mais tout de même - et se résolvait lentement mais sûrement à payer pour une chambre ... où à se débrouiller par une autre tactique pour obtenir un lit gracieusement, et pouvoir se reposer de tout son saoul dans ce boui-boui douteux qui profitait de son emplacement privilégié de passage pour accueillir la majorité de la population sorcière sans pour autant faire le moindre effort quand à l'apparence de ses locaux.

Les mangemorts auraient eu mieux fait de faire sauter cet établissement là aussi, songeait-elle avec une ironie à la limite du morbide. Peut-être cela aurait-il convaincu les tenants de la nécessité de refaire la décoration de l'endroit au goût du jour.

Faisant tourner le liquide dans son verre, elle finit par en boire une légère gorgée, appréciant la sensation de feu se répandant jusque son estomac et réchauffant sa stature fatiguée, jusqu'à rosir ses joues. Elle jet un coup d'oeil circulaire autour d'elle, se demandant comment opérer pour obtenir cette fameuse chambre gratis. Séduire un vieux croûton, l'assommer et ronfler pépouze après l'avoir jeté dans le couloir pourrait être prolifique, mais l'effort déployé valait-il le résultat ? Elle hésita un instant, plongeant la main dans sa poche pour triturer une pièce dorée glissée là par son oncle peu avant sa mort. C'était la seule pièce qu'elle se refusait à dépenser - pour le peu qu'elle valait. Le goût du whisky lui semblait amer soudainement. Rien à voir avec le goût du champagne, des cuvées délicieuses qu'elle dégustait dans de superbes restaurants en compagnie de son frère et son oncle entre deux voyages d'affaires aux Bahamas pour refourguer de faux Van Gogh et autre Gauguin...

Elle finit par aviser son voisin, son verre à moitié vide, et se fit délicieusement fragile pour l'occasion. Il y avait une perversion chez certains hommes à voir une belle femme en situation de fragilité émotionnelle. Ils y prenaient un plaisir vicieux, à s'imaginer en seul chevalier servant, en héros capable de résoudre tous les problèmes de cette belle chose si fragile et stupide, qu'elle ne pouvait s'aider elle-même. Glorifiés, ils sentiraient gonfler leurs membres virils et s'empresseraient de mettre à profit la fragilité pour y tirer une compensation physique si méritée. Même si ladite fragilité reposait sur un fond de vérité chez Venetia Bird, elle n'allait certainement pas se faire manipuler pour autant. Aussi, se contentait-elle de soupirer à fendre l'âme avec les yeux emplis d'ombres du passé, mélancolique et triste, une jolie image avec des idées bien sombres en tête. Plus qu'à trouver le parfait pigeon, et peut-être d'ici six mois pourrait-elle s'offrir une bouteille du champagne dont elle rêvait encore parfois le goût durant la nuit.

Le voisin en question ne semblait pas sensible à ses charmes désespérés, aussi finit-elle par s'approcher lentement, laissant sa chevelure folle glisser sur son épaule. Sa voix se fit profonde, et elle lâcha les premiers mots décisifs.

- Pensez-vous qu'ils aient quoi que ce soit de meilleur que ce whisky à proposer ?
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MessageSujet: Re: Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)   Ven 14 Sep - 15:39

L'allemand entra dans le Chaudron Baveur d'un pas lourd, supportant sur son épaule un sac en bandoulière dans lequel, mélangées, pliées et froissées, trônaient en martyr des centaines de pages représentant sa journée, désastreuse. De son autre main, il se frottait l’épaule.

Il était arrivé à l'aube, plus à l'aube que d'habitude, les bureaux étaient vides : comme l'allemand les aimait voir. Mais cela n'avait pas duré. Les collègues étaient arrivés et leur paperasse avec. Ce n'était pas une journée pour une mission de terrain, ç'allait être une journée pour une mission de survie. C'était pire que tout le reste que de stagner là à remplir des documents.

Sa journée avait été, sur sa quasi-totalité, d'une monotonie assommante et dévastatrice. Un seul évènement avait réveillé, terriblement réveillé, l'Oubliator : le némésis des gens de son métier, le fantôme qui apparait à l'assassin, le détraqueur qui tombe sur le prisonnier, le félin qui montre ses poils de moustache devant la brebis égarée : une des victimes de sa baguette, de son sortilège le plus proche et le plus cher, ce simple « Oubliette ». Mais pas n'importe quelle personne. Il s'agissait d'Elle, avec un grand E majuscule. Un instant, l'amant maudit la regarda. Elle lui adressa un signe de la tête accompagné d'un aimable sourire. C’était certain. Elle ne voyait en face d'elle rien d'autre qu'un coéquipier d'il y a quelques semaines. Il lui souri brièvement, forçant un peu le vice, puis tapa le sol du talon et se retourna rapidement vers l'autre extrémité de couloir, faisant mine de tendre l'oreille, puis haussa la voix pour dire qu'il arrivait à cette personne inexistante qui l'avait appelé dans cette situation dérangeante. Il pressa alors le pas et se dépêcha de retourner à son étage, où, tout le reste de la journée, il resterait. Poussant le vice encore à son extrême, son bureau fut occupé une bonne partie de sa soirée et ce qui semblait être une énorme pulsion incontrôlable de zèle n'était en réalité rien d'autre qu'une envie de s'isoler et de ne plus croiser personne de connu ni d'Eve ni d'Adam, comme diraient les Moldus.

Il commençait à piquer du nez face à ses fiches de rapport quand il sursauta d'un bond et tourna la tête vers l'entrée, sourcils froncés. « T'as une sale tête toi, tu devrais y aller, t'auras pas une prime plus grosse si tu restes plus longtemps. » Jake, dans le tact que le Département lui connait, venait de tambouriner à la porte avant de filer, balançant au passage une pique bien heurtant. L'allemand ne répondit qu'un grommellement incompréhensible. Cela ne valait de toute façon pas le coup de dépenser plus d'énergie, le morveux était déjà loin. C'est ainsi que lentement l'Allemand rangea les affaires de son bureau et mit le reste de dossiers dans sa sacoche, en vrac. Ce n'était rien d'autre que des documents à relire, ils seraient de toute façon froissés et jetés à un moment ou un autre. Ce sur quoi il s'appuya au bois du bureau, se redressa, attrapa son manteau et sa sacoche avant de se jeter dans les longs dédales vides du Ministère. Il n'y avait plus personne à cette heure-ci où les loups marchent dans la rue. Seul le bruit de ses chausses qui frappaient contre le sol du couloir produisait un son fort et dur, à faire frissonner un Mangemort. Quelques minutes après il s'était arrêté à la sortie du Ministère, ce qui lui avait valu un important coup d'épaule d'un gras personne qui avait l'air plus pressé. Il était au milieu du trottoir. En temps normal, il aurait fait comme à l'habitude et aurait marché vers la gauche pour retourner chez lui. Mais ce soir... cette nuit, il n'en avait pas envie. Il ne voulait pas y retourner, du moins pas tout de suite, pas comme ça. Ses épaules, puis son buste, son bassin et ses jambes se tournèrent vers la droite. Ses pieds durent suivre le même mouvement. L'allemand se mit en marche. Une marche lasse, sans motivation. Il ne savait même pas où aller. Il marchait, tout simplement, les yeux rivés sur les visages de ses rares rencontres nocturnes. Quand celles-ci ne lui rendaient pas un large sourire dérangeant, elles montraient de la crainte, comme quand on rencontre un homme louche dans une nuit obscure. A un moment il entendit plus de bruit, au coin d'une rue. Elancées, ses jambes s'y rendirent. Il observa la devanture et afficha un maigre sourire. Bien sûr. Où d'autre ? Il entra.

Son regard vide parcourut la salle toute entière. Il n'y avait pas trop de monde. Enfin, pas plus que d'habitude. Se frottant l'épaule, la douleur revenait alors qu'il reprenait ses esprits, Klaus s'avança vers le comptoir. Il fit un signe au barman et commanda un double calvados sans glaçons. Cela faisait longtemps. Il secoua la tête pour échapper à de mauvaises pensées et s'installa tranquillement, posant un coude sur le comptoir, avant de replonger dans ses pensées. De temps en temps, il en sortait et offrait un regard aux autres clients. Ses yeux s'attardèrent un léger instant sur une brunette, à quelques places de lui sur le comptoir. Elle avait un air... qui ne lui faisait ressentir que de l'indifférence. Il plissa des narines et retourna son regard vers sa boisson. Elle était encore jeune, comment après tout ce qu'il s'était passé, il pouvait encore se trouver des êtres aussi peu meurtris, aussi insoucieux, aussi... Il ne comprenait pas. Alors il ferma les yeux, reprit une gorgée et soupira.

Au bout d'un moment, alors qu'il s'apprêtait à partir, l'allemand senti un mouvement proche. Il retourna le regard vers la jeunette qui s'était approchée et l'avait interpelé. Klaus haussa un sourcil tout en penchant légèrement la tête de côté. Il réfléchit un petit instant à ce qu'il devait faire, s'il devait soigneusement ignorer cette jeune femme ou entrer dans son jeu. Il décida, mais s'y prit avec l'entrain d'un rat mort.

« De mieux que ce whisky ? (Il tourna les yeux vers le barman et les étagères vitrées disposées derrière lui, pis fit un signe de tête vers celles-ci.) N'importe quoi là-dedans est mieux que du whisky, à mon goût. »

Ses yeux redescendirent en direction de son verre, qui contenait à présent la dose normale de calva, puis le fit doucement glisser vers la demoiselle.

« Vous connaissez ? Je m'y suis tenté pour la première fois quand j'étais jeune, chez les Moldus, avant la Guerre. Et je ne l'ai jamais plus quitté. »

Un léger sourire venait de s'afficher sur les lèvres de l'Oubliator. Qu'il soit sincère ou non, qu'importe, il était là.
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MessageSujet: Re: Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)   Ven 14 Sep - 21:54




art is forever


venetia & klaus

La rue assourdissante autour de moi hurlait.

Peut-être aurait-elle dû s'intéresser plus à son interlocuteur avant d'engager quoi que ce soit. Son allure triste et défaite laissait à penser qu'il ne s'agirait pas là d'un héros - en tout cas, pas le genre dont elle avait besoin. Il avait l'allure recroquevillée d'un grand blessé - ceux chez qui la vie a laissé trop de plaies sans qu'elles ne cicatrisent jamais. Elle en croisait parfois à Birmingham, au fin-fond des troquets misérables, ces hommes bourrus dont les secrets rimaient avec douleur et désespoir. La plupart la laissaient parfaitement indifférente - elle n'avait pas à se soucier de la misère du monde, elle n'était pas Mère Theresa. Mais ce soir, une brèche peut-être causée par la profonde mélancolie des souvenirs avait agrippé son âme, et voilà qu'elle se surprenait à éprouver un brin de pitié. Si elle avait été femme à vendre son corps, elle aurait même été tentée de lui offrir un peu de réconfort gratis - comme les filles du Blind Fish qu'elle connaissait depuis l'enfance - tant la tristesse au fond de son regard semblait poignante. Mais Venetia ne mangeait pas de ce pain là, aussi se contenta-t-elle d'arquer un sourcil et se laisser aller au plaisir de la conversation. Tant pis - elle n'arnaquerait pas celui-là. La vie s'était déjà chargée de lui, et peut-être restait-il un fond d'éthique en elle ; elle se contenterait d'un verre offert.

- Vous n'avez pas dû boire du très bon whisky alors, monsieur... ?

Elle pencha la tête sur le côté, cherchant à obtenir un nom à imposer sur le faciès. Venetia inspecta d'un regard prudent le verre ambré et finit par le saisir délicatement - presque timidement. Elle le leva et en sentit les émanations d'alcool, finissant par hausser légèrement les épaules et d'en boire une lampée. Un sourire ravi fleurit sur ses lèvres tandis que la chaleur se répandait encore jusque ses joues déjà bien rosies par le whisky. C'était bon, mais toujours pas autant que le champagne pétillant sur la langue et laissant une trace fleurie sur ses lèvres. Ou encore l'absinthe de fin de soirée - délicate, parfumée, et à vous renverser le cerveau jusqu'à ce que le lendemain pointe. Le genre de mets luxueux dont elle n'avait plus les moyens désormais - pour son plus grand déplaisir. La situation s'y serait-elle prêtée, elle aurait entrainé l'homme dans une folle nuit à déguster tout ce qu'il y a de meilleur dans la ville. Mais elle doutait fortement qu'il soit du genre à se laisser entrainer si facilement, d'une, et de l'autre, elle aurait eu l'impression d'achever un homme déjà à terre.

- Je ne connaissais pas. Très bon. Mais j'ai goûté meilleur. Dommage que ce... lieu... n'offre qu'une petite variété des plaisirs que les Gallions peuvent offrir.

Elle sourit d'un air fataliste et garda le verre en main, sirotant de temps à autre le calvados. Il avait évoqué la Guerre. Elle oubliait parfois à quel point tout cela avait été récent. Une poignée d'année, rien de plus, et des centaines de sorciers marqués à jamais. Elle y serait probablement passée, serait-elle restée. Son père avait fini par se terrer aussi d'ailleurs - bien content de ne pas être à Londres, et bien content de ne pas être assez remarquable pour qu'on vienne le chercher. Déjà qu'on l'appelait le Cracmol du service... Une grimace de dégoût vint froncer le visage de la jeune femme - une simple fraction de secondes, avant qu'elle ne se reprenne, se penchant vers son interlocuteur comme pour le mettre dans la confidence.

- Alors sombre inconnu. Nous voilà tous deux ici, attablés comme deux âmes esseulées que nous sommes probablement. Vous pensez qu'on peut fonder un club ?

Elle partit dans un petit rire léger, concluant sa proposition d'un clin d'oeil. Toute envie de dormir disparaissait dans son petit esprit retors qui bouillonnait soudainement d'idées. Devait-elle entrainer son nouveau compagnon avec elle ? C'était l'idée saugrenue qui prenait doucement racine dans son esprit. Une nuit à oublier la pauvreté, la misère du monde, et la mort omniprésente, flottant comme une épée de Damoclès sur les épaules de chaque sorcier qu'elle croisait - la mort d'un proche, la mort d'un sentiment d'espoir, la mort d'un être aimé si profondément que sa perte vous laisse un trou béant dans la poitrine - une nuit pour refaire le monde avec un verre pour une fois à moitié plein. mais peut-être était-ce la solitude et le whisky qui parlaient ? Elle se voyait mal formuler sa proposition sans offusquer le gentilhomme ; aussi se contenta-t-elle de détourner le regard avec un sourire, la main sous le menton, les yeux rêvant à une escapade où elle n'aurait pas à se soucier des fins de mois difficiles, et des collecteurs de dette. Peut-être devait-elle commencer par dévaliser la caisse du Chaudron Baveur.
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MessageSujet: Re: Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)   Sam 15 Sep - 10:44

L'Allemand la détailla un peu plus spécifiquement maintenant qu'elle était plus proche et lui parlait. Il fronça légèrement les sourcils, lisant chez elle un semblant de peine, voire de pitié. Son ego en prit un coup, et cela se vit clairement. Il redressa son dos de sorte à se tenir plus droit. Il ne devait pas faire éprouver de la pitié. Ses yeux mornes s'ouvrirent plus. La pitié l'agaçait, non, il dédaignait la pitié plus que tout le reste, plus que tout qui puisse avoir une existence dans ce monde moderne. Son air livide disparu et laissa place à un visage faux, mais presque « satisfait », mais faux, pour le moment. Mais satisfait. En tout cas il avait pris un sacré coup à son ego, et l'ego était la seule chose qui lui resterait malgré tous les évènements dévastateurs qui sont arrivés et qui pourraient encore arriver.

« Vous n'avez pas dû venir bien souvent ici, si vous appelez encore les habitués « monsieur ». (Il dévoila un sourire en coin. Peut-être serait-ce là une des très rares marques réellement sincères de son amusement pour la soirée. Ce n'était pas pour autant de la moquerie, ou alors pas une moquerie méchante, mais une plaisanterie pour détendre un petit peu cette atmosphère chargée qui ne méritait pas tant.) Mais Klaus, vous pouvez m'appeler. C'est allemand. Après si vous insistez, « Monsieur », « Monseigneur » ou « Votre Majesté » pourrait aussi faire l'affaire, c'est comme vous préférez.". Il la laissa alors goûter sa boisson, la suivant du regard avec un air intrigué. Peut-être que ce changement soudain de comportement provoquerait plus encore la pitié, peut-être pas, en tout cas il n'était plus cet homme bourru et tristoune à qui elle avait, il y a quelques minutes, adressé les premiers mots.

« Il est vrai que je n'ai jamais été très bien conseillé pour le whisky. Mais... (il pencha la tête en sortant une maigre, plus ou moins, bourse de Gallions sur la table) peut-être que vous pourriez remédier à cela, demoiselle... ? » demanda-t-il avec un sourire amusé (tiens, un autre.) sur les lèvres, imitant alors sa démarche première de recherche d'information. « Les rares fois où j'ai pu en boire étaient des bars assez miteux, il y a un certain temps. Des bars où la seule chose d’à peu près comestible était le calvados. (L’allemand montra d’un signe de tête son verre avec un petit sourire nostalgique) J’ai rencontré un ami qui buvait toujours un « double-calva-sans-glaçon », dans un bar très reculé et sans réputation, depuis je ne bois quasiment que ça, pour le peu de fois où je viens dans le coin... Enfin, cela ne devait pas aider pour se retrouver au final avec un doux et sec alcool comme celui dont vous semblez vanter l'existence. »

On observait alors juste en face une métamorphose des plus... hallucinantes et singulières, mais qui, peu à peu, se faisait plus naturelle. Même s'il était arrivé totalement morne, l'Allemand se réveillait peu à peu, laissant de côté ses mauvaises et sombres pensées. Elles étaient passées à la trappe et, du moins pour le moment, ne le bloquaient plus. Pour ce soir au moins, il était dans ce bar, et pas seul, ce qui faisait beaucoup de changements d'un seul coup. Mais les changements ont parfois du bon et les habitudes de bien mauvais effets.

« Sauf si, bien sûr... » il leva les yeux vers elle, pencha légèrement la tête de côté avec un singulier sourire en coin « Vous connaissez un meilleur endroit pour cela. C'est vous qui semblez experte en choses plaisantes. Je ne suis qu'un Monsieur maigrement consommateur de Double-calva sans glaçons. » Il laissa échapper un léger ricanement avec ces paroles. Ricanement qui l'étonna lui-même mais ne lui déplut pas. Observant la jeune femme et sa réaction, il réfléchit un instant à la dernière fois où il s'était laissé aller dans un bar. Cela devait remontait à… enfin, dans ces conditions, à avant la Guerre. Donc il était décidément temps de recommencer. « Navré si j'ai pu sembler éloigné, je suis là et tout à fait là, à présent. » Il tentait de la rassurait, mais il se rassura lui-même, c'était bien le cas, ou était-ce peut-être ce calva d'il y a longtemps qui lui donnait cette impression de réveil après une longue nuit de sommeil très difficile. Il ne savait pas, il ne voulait pas savoir, il était là et voilà le plus important.
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MessageSujet: Re: Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)   Sam 15 Sep - 18:12




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venetia & klaus

La rue assourdissante autour de moi hurlait.

Il était toujours amusant de se tromper, songeait Venetia Bird en constatant la métamorphose totale de l'homme en face d'elle. De vieux rabougri fatigué, son attention semblait avoir éveillé chez lui la flamme de la résistance. C'était presque attendrissant, aussi se permit-elle un sourire en coin, l'écoutant parler avec l'attention captivée du papillon trop proche de la flamme. Elle aimait bien sa voix, son fond d'accent léger. Et elle devait avouer qu'une fois la mélancolie et l'air sombre évaporés, il était même plutôt bel homme, avec ces yeux d'un bleu perçant. Klaus. Les syllabes roulaient sous la langue avec l'accent bien ouvrier de Birmingham qu'elle ne se permettait de ressortir que lorsqu'elle était chez elle. A Londres, l'accent londonien posh primait : il s'agissait de ne pas avoir l'air tout droit sortie du port. Elle continua de siroter le calvados après avoir répété le prénom en un murmure, lui adressant un clin d'oeil indulgent sur la plaisanterie qui suivit.

- Venetia.

Elle reprit une gorgée, la laissant rouler dans son gosier, le regard rieur. L'arrivée de la bourse de Gallions éveilla son attention. Oh évidemment, ce n'était pas une grosse fortune, mais cela ferait suffisamment l'affaire pour ce soir. Elle n'allait pas dépouiller son pauvre ami, pas quand elle venait de prendre la décision d'être pour une fois charitable. Elle se contenta donc de continuer à sourire et pencha la tête sur le côté, taquine.

- Mais si je vous appelais Votre Majesté, Klaus, serait-ce un mensonge ou possédez-vous vraiment une affiliation à la royauté ?

Sait-on jamais ? Sa chance avait peut-être frappé et face à elle se tenait un personnage digne de roman à l'eau de rose. Elle le séduirait un peu, serait gentille, douce, compréhensive, et s'envolerait une fois un petit pactole amassé, comme une amante dont on se souvient avec nostalgie les soirs d'hiver où le lit est particulièrement froid. Se sortant de ces fantaisies, elle se contenta d'écouter l'homme évoquer ses souvenirs avec nostalgie, toute mélancolie et pessimisme semblant s'être doucement évaporé au contact d'un autre être humain. Captivée par la voix profonde et un tantinet bourrue, elle imaginait sans peine les bars obscurs et peu connus où l'on buvait du calvados entre homme, sans glaçons - et elle nota sans piper mot la légère contradiction de ses paroles. Il s'était qualifié lui même d'habitué, pour ensuite avouer qu'il ne venait que peu. Peut-être était-il habitué à la mélancolie et ne cédait-il qu'à l'alcool plus rarement ? Un homme honnête en somme - loin des filous qu'elle avait l'habitude de fréquenter. Birmingham recelait d'anciens coups de coeur et amourettes de jeunesse, avant qu'elle ne se fasse un nom pour être particulièrement retorse avec les hommes sans caractère - et tous n'étaient qu'un ramassis de voyous et de types arrachés cherchant à satisfaire leurs primaires besognes avant de penser à quoi que ce soit d'autre.

Depuis - surtout depuis L'Amant, celui avec un grand A, qu'elle avait pensé être son ticket d'or à la richesse - elle n'avait pas connu beaucoup d'hommes, en tout cas pas intimement. Et elle n'y comptait pas. Venetia n'avait pas besoin de distraction - elle avait besoin de flouz. D'argent. Et Klaus en avait - au moins pour la soirée. Il la qualifia d'experte en choses plaisantes, lui arrachant un éclat de rire. Oh, s'il savait. Elle aurait voulu se rouler dans les choses plaisantes, ne vivre que d'elles, par elles. La qualifier d'experte était un euphémisme. Elle se contenta d'acquiescer, lorgnant la bourse puis le comptoir du Chaudron Baveur. Elle se redressa soudainement sur son siège et lui saisit le bras.

- Vous êtes tout à fait présent, je suis tout à fait vivante, je dis, tirons nous de ce bouge et allons déguster du vrai whisky. Je connais l'endroit parfait.

Elle le tira sans ménagement aucun, lui fourrant sa bourse dans les mains, une excitation digne d'une gamine venant colorer son visage d'un sourire réjoui tandis que des étincelles amusées brillaient dans ses yeux.

- J'étais prête à dévaliser la caisse du Chaudron Baveur pour nous assurer une bonne soirée, mais heureusement, vous êtes là !

Un rire léger vint ponctuer ce qui n'était pas tout à fait juste une plaisanterie, et elle serra le bras de son nouveau compagnon de route, l'entrainant dans les rues du Chemin de Traverse. Elle s'arrêta un instant, observant les alentours, avançant vers le fond du Chemin de Traverse, là où la rue se scindait pour atteindre l'Allée des Embrumes. Le Dead man tell no Tales n'était pas très loin. Bar à ambiances il mélangeait une populace riche et pauvre - et elle aimait son côté éclectique. Les alcôves intimistes permettaient des conversations sans interruptions - tandis que les pistes de danse étaient en général effrénées et pleines d'énergie et de sueur. Leur marche rapide résonnait sur les pavés de la rue, et l'air frais de l'hiver anglais qui s'installait lui rosissait le bout du nez.

Enfin arrivés, Venetia tira Klaus vers l'une des alcôves les plus éloignées, ayant de manière général horreur de la foule et de se sentir sans issue. Elle joua une fois de plus avec la pièce dorée dans sa poche, se souhaitant bonne chance, et s'installa, ôtant son manteau et autres attirails réservés à la météo froide de l'extérieur, tapotant la banquette à ses côtés pour l'inviter à la rejoindre.

- Ici, le whisky est délicieux. Je n'y viens que rarement - c'est un endroit fait pour les gens qui veulent s'amuser, pas brouiller du noir accoudés au comptoir comme nous le faisions si bien. Ils ont un Single Malt écossais, le Springbank. Considéré comme l'un des meilleurs du monde - même si je dois avouer que les Japonais n'ont rien à lui envier. Mais nous sommes en Angleterre, faisons honneur à notre pays, buvons écossais !

Elle rit encore, grisée par la tournure des évènements. Pas un seul instant n'avait-elle pensé se retrouver dans cette situation lorsque l'échine courbée, elle était venue se vider la tête au Chaudron Baveur malgré son dégoût notoire pour l'endroit. Quel dommage que Klaus ne soit pas un riche prince allemand venu la sauver de sa vie misérable... Mais elle ferait avec ce qu'elle avait - pour ce soir du moins.

- Et si il ne vous plait pas... Je vous laisserais choisir la prochaine boisson. Mais attention ! Il faut que ce soit très très bon. Comme du champagne par exemple ?

Elle conclut sa proposition d'un sourire en coin, se demandant dans quel état elle finirait à boire encore un whisky, puis du champagne. Peut-être était-ce une mauvaise idée - mais elle calcula mentalement. Elle avait encore une dizaine d'heures à tuer avant de retrouver son poste barbant au Ministère. Elle pouvait se permettre une folie - surtout quand ce n'était pas à ses frais.
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MessageSujet: Re: Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)   Dim 16 Sep - 11:27

L'Allemand opina avec un sourire satisfait, constatant que sa métamorphose, à ce moment-là légèrement forcé, ne semblait faire éprouver de la pitié à la jeune femme. Pis encore, elle semblait y croire et cela réjouissait, d'une certaine façon, l'Oubliator à l'ego bien placé. Venetia... il pencha la tête, un air dubitatif sur le visage, quel nom curieux. En l'entendant, et sans même savoir pourquoi, Klaus avait fait le rapprochant entre le nom et le mot Vendetta, qui ne semblait pas si lointainement étranger au caractère de son interlocutrice. Ayant l'habitude de se souvenir avec difficulté du nom des personnes qu'il rencontre, l'Allemand pourrait pour une fois réussir ce haut-fait par ce moyen mnémotechnique. On fait comme on peut, après tout. Il observait la femme fatale en face de lui avec un intérêt qui croissait seconde après seconde, malgré le fait qu'elle était très concrètement en train de boire le calva qu'il avait commencé et dont il ne lui avait proposé, du moins lui semblait-il, une gorgée pour goûter. Mais l'Allemand se résolut à lui pardonner cet affront, l'ayant sauvé de la mélancolie.

Un léger rire s'échappa de la gorge de l'Oubiator quand fut posée la question de son éventuelle affiliation à la noblesse. Il observa les yeux de la jeune femme avec un intérêt plus clair. Quand il était petit, sa mère lui répétait toujours, « Mon enfant, souviens t’en toujours : les yeux seuls sont le miroir du cœur d'une femme ». Klaus afficha un sourire en coin, légèrement nostalgique, en ayant cette pensée et constatant ce qui se tramait dans les yeux de la brunette.

Puis il secoua la tête, comme pour s'enlever ces idées de la tête, ce n'était pas le moment. « Vous allez peut-être vous trouvez déçue, Venetia, mais non, je n'ai aucun titre de noblesse. » Oh, certes, son père, en raison de son activité, devait bien vivre sa vie, mais des Livre Sterlings, ça ne vaut pas beaucoup en Gallions. « Mais enfin, je ne roule pas sous l'or mais ne roule pas non plus sous les ponts. » Un peu insultant, comme formule, il s'en rendit compte après coup, il n'y avait aucune mauvaise pensée dans sa voix, mais de toute façon, la jeune femme n'avait pas l'air de ces gens-là. L'or, la fortune, la gloire et l'envie ne lui donneraient, du moins le pensait-il, que très peu de satisfaction. Une inconnue qui vient l'aborder dans un bar alcoolisé ou un simple remerciement pour un travail d'Oubliator donnaient bien plus de satisfaction qu'une fortune, qu'un grand manoir et que de longs titres à en faire frissonner la Couronne Moldue. Mais il savait aussi, de par l'histoire de son pays, que l'argent pouvait aussi corrompre même le meilleur et plus noble – de cœur – des hommes, que l'argent était un vice qui pouvait infiniment aider la vie, mais aussi la détruire, humainement parlant, et la rabaisser au plus bas niveau. C'était néanmoins concevable et totalement compréhensible pour lui que ceux qui « roulent sous les ponts », pour reprendre ses mots, veuillent avoir un peu plus, mais il dédaignait au plus haut point ceux qui voulaient toujours plus rouler dans l'or, s'enrichir toujours plus.

Son esprit se réveilla quand proposition fit éclat. L'Allemand haussa les sourcils avec un sourire amusé sur les lèvres. Il n'avait pas pensé que sa soirée serait occupée à boire du bon whisky, mais cela valait certainement mieux que de boire esseulé sa paie de double calva sans glaçons. Klaus opina alors vivement du chef en érigeant un large sourire sur ses lèvres alors que son regard se portait distraitement sur la main qui avait empoigné son bras, puis revient à son visage. « Comment résister à une telle invitation. Filons, je vous suis, vous qui connaissez le bon whisky ! ». L'Allemand jeta un regard navré au fond de calva qui resterait là jusqu'à ce que le barman vienne le vider dans l'évier. Il n'aimait pas un tel gâchis, mais il n'avait pas tellement le choix, et cela ne lui déplaisait pas trop. Il aimait trop cette excitation dans les yeux de sa compagnonne de bar, cette excitation puérile et qui le faisait frémir. Quand elle lui dit qu'elle était prête à commettre un méfait, il eut un bref sursaut, se demandant si c'était une plaisanterie ou non. Mieux valait-il éviter une réponse du genre de « Tant mieux, sinon j'aurais dû vous mettre aux arrêts ». Cela aurait pu rendre l'ambiance un peu moins chaleureuse. L'Oubliator se contenta alors de rire à sa remarque, préférant la prendre comme une plaisanterie, même si dans sa voix restait une once d'un Dieu-ne-sait-quoi de pas tout à fait plaisantant.

Il suivit, avec une curiosité sans failles et une extrême appréhension, la connaisseuse. Avancer aussi profondément dans le Chemin de Traverse et l'Allée des Embrumes ne lui plut guère, mais il finit par se résoudre que, au moins pour ce soir, il cessait de mettre son masque d'Oubliator Breckenridge pour redevenir le Klaus qu'il était, avant Tout Ça. L'endroit était tout à fait inconnu à Klaus, cela se voyait : il guettait chaque endroit avec un intérêt remarquable, une curiosité, de la dubitativité à l'état le plus pur. Même si Klaus n'était plus que Klaus, il restait sur ses gardes, n'aimant pas fréquenter ce genre d'endroits. Entrant dans cette alcôve, il observa la femme se dévêtir. L'Allemand mit un petit peu de temps, mais finit par rassembler son sac en bandoulière et son manteau dans un coin avant de rejoindre Venetia sur la banquette et prit ses aises. Il observa l'alcôve avec intérêt, appréciant la simple décoration. « Je ne connaissais pas du tout l'endroit, comme vous devez vous en douter. Mais c'est vrai que c'est un endroit qui a l'air plutôt agréable, quand on est en bonne compagnie et pas tout seul, maugréant sur son pauvre sort. » Il l'écoutait parler de l'alcool, il n'y connaissait pas grand-chose et cela se voyait sur son visage. Aussi se contenta-il d'hocher du chef en lui répondant, d'une voix amusée. « Montrez-moi d'abord vos savoirs en matière de Whisky, je vous montrerai par la suite le peu des miens en le reste, si je ne suis pas impressionné par cela. Mais j'en doute, vous semblez... très savante là-dessus, Venetia. »

Du champagne, Klaus n'y avait pas réellement pensé, cela pourrait toujours être une solution de repli. Il haussa les épaules. « Vous semblez habituée à fréquenter les lieux d'alcool mais n'êtes néanmoins pas à l'aise dans ce genre d'endroits trop remplis, c'est assez paradoxal, ou peut-être aimez-vous la bonne boisson sans aimer la population, désireuse de garder une certaine distance entre vous deux, je me trompe ? » Il pencha la tête de côté, comme il le faisait beaucoup, avec un léger sourire sur les lèvres. Sans vouloir paraître trop insistant, il préférait quand même savoir à qui il avait affaire et ne pouvait jamais laisser trop loin son travail de fonctionnaire, pas quand il vivait avec lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept depuis sa reprise au Ministère.

« Enfin, qu'importe. Il faut aller commander là-bas ? » demanda-t-il, dubitatif, alors qu'il commençait déjà à se redresser.
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MessageSujet: Re: Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)   Dim 16 Sep - 20:19




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venetia & klaus

La rue assourdissante autour de moi hurlait.

Klaus avait eu un petit air alarmé depuis qu'elle l'avait tiré du Chaudron Baveur - sans régler sa propre consommation, cela allait de soi. Il avait eu l'air alarmé par sa petite plaisanterie qui n'en était pas une, et il avait eu l'air alarmé lorsqu'il avait vu la façade du bar - probablement pas du tout habitué à ce genre d'endroit. Elle avait pris un plaisir un peu perfide à s'imaginer le corrompre un tout petit peu, juste pour s'amuser, puis s'était refusée d'y céder : elle s'était promis qu'il rentrerait l'honneur et l'esprit intact. Peut-être un peu plein d'alcool... Mais rien de bien plus grave. Peut-être son âme n'était-elle pas totalement perdue - pas comme sa grand-mère maternelle semblait le jurer chaque fois qu'elle la croisait dans Birmingham. Voilà qu'en une soirée, elle se montrait charitable, et ne demandait que quelques verres - certes d'un des whisky les plus chers du marché, au lieu de dépouiller le pauvre homme de tout ces Gallions sans même la contrepartie du plaisir de sa conversation. Peut-être la solitude l'adoucissait-elle un peu trop. Venetia esquissa un adorable sourire. L'ambiance intimiste lui permettait de se relaxer, suffisamment pour que sa posture soit un poil plus négligée, son tailleur un poil plus froissé. Sensible au cuir craquant des banquettes, elle ne restait jamais très longtemps immobile, et ses yeux voguaient de la bruyante piste de danse étouffée par des sortilèges au visage de son interlocuteur qu'elle découvrait avec de nouvelles nuances à chaque changement de la lumière tamisée des bougies.

Sa façon de prononcer son prénom l'amusait énormément aussi - avec une pointe d'irrévérence et d'arrière-pensée. Elle l'aimait bien, ce petit Klaus, qu'elle avait pensé une coquille fragile sur le point de se briser et qui reprenait vigueur de plus en plus, se mettait à l'aise, et dont le visage exprimait bien plus que ses mots. Elle ne regrettait pas une seule seconde d'avoir embarqué le sombre personnage avec elle - peut-être s'y reconnaissait-elle un peu aussi. Il semblait lire en elle avec une facilité qu'elle aurait pu trouver déconcertante si elle n'avait pas été aussi confiante en sa capacité à ne céder que le plus évident à l'oeil nu. Il ne lui arracherait aucun secret sans qu'elle n'y consente ; aussi se permettait-elle son comportement fantasque telle une adolescente privée de sortie pendant trop longtemps. La vie était faite pour qu'on morde dedans, et à pleine dents. Se morfondre, laisser la mélancolie gagner, tout cela ne lui parlait absolument pas. Elle obtiendrait ce qu'elle voudrait, à la fin, et saurait en savourer le mérite. Aussi, quand il énonça sa brève analyse sur elle, Venetia lui adressa un sourire entendu, presque tendre.

- Je sais que je fais partie de cette population, mais je me destine à mieux. Et les masses sont effrayantes, n'est ce pas ? Si aisément manipulables.

Elle soutint son regard une poignée de secondes avant de détourner les yeux, laissant fleurir un autre sourire un peu moins sincère. Oh oui, les masses étaient effrayantes. La masse sorcière l'aurait lynchée sans une hésitation, serait-elle restée au Ministère au lieu de fuir avec son oncle. Elle avait entendu les histoires depuis son retour récent. Les Rafleurs. Les traques. Les accusations. Appeler les né-moldus "Voleurs de Magie". Son propre père n'y avait échappé que de peu. Elle ne regretterait jamais de s'être enfuie - même sans prévoir que ce ne serait que par chance. Elle aurait été l'une des premières à partir, elle en était certaine - et elle n'aurait rien pu y faire, pas avec ses maigres talents en magie. Et elle avait haï de toutes ses forces cette pensée. Redressant le menton pour se tirer de ces sombres pensées, elle lui adressa un sourire rassurant ; elle ne voulait pas qu'il pense s'être fait embarqué par une psychopathe lunatique.

- Mais n'ayez crainte ; je ne suis après tout qu'une simple employée de bas niveau au Ministère. Je ne vous corromprais pas, Klaus.

Un brin d'amusement revint sur son visage tandis qu'elle se penchait pour observer le bar - fort heureusement encore peu occupé, étant donné que le gros de la clientèle était en train de se déchainer sur des accords des Bizarr'Sisters comme pour oublier les horreurs du passé - mais là elle projetait. Le gentilhomme qu'était Klaus se proposa afin d'aller chercher les verres, et elle accepta gracieusement en lui répétant le nom du whisky, l'épelant clairement afin qu'il ne se trompe pas. Laissée seule une poignée de minutes, elle attrapa un miroir de poche et inspecta ses cheveux d'un air critique, puis sortit un tube de rouge à lèvres en espérant que cela distraie du désastre capillaire. Le vent et l'humidité anglais étaient les plaies de ce monde, songeait-elle avec ironie. Il revint, et Venetia le remercia d'un éclatant sourire, attrapant son verre avec grace, calant une mèche derrière son oreille. L'observant par dessus le liquide ambré, elle finit par demander

- Et à quoi trinquons nous ? Je propose... - elle fit mine de réfléchir - à la vie et aux décisions spontanées. Parce qu'il faut encore pouvoir en profiter avant le dernier coup de minuit.

Elle leva son verre et vint rencontrer le sien en un bruit absolument satisfaisant. Posant les lèvres sur le breuvage dont elle appréciait déjà l'arôme rien qu'à l'odeur, elle se renfonça dans la banquette et pencha la tête sur le côté en un mimétisme inconscient, lui offrant un sourire enjôleur.

- Parlez moi de vous Klaus ! J'aime votre voix. Et tutoyez-moi je vous en prie. Nous sommes amis pour ce soir, nous serons de parfaits inconnus demain.

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MessageSujet: Re: Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)   Lun 17 Sep - 9:34

Oh, bien sûr que les masses sont manipulables, mais... « Les masses sont aussi un danger, un des rares danger qu'il peut exister pour un tyran. Si Voldemort et ses semblables Moldus ont su rester aussi longtemps au pouvoir, c'est parce qu'il manquait la masse, en face d'eux. » Une masse, cet assemblage fit sourire en coin l'Allemand, définir un très grand nombre d'élément avec un nom au singulier, c'était encore une singularité comique de la langue. Un être, dans l'esprit de Klaus, quelle que soit sa puissance, ses armes, sa capacité à faire peur, n'est rien si la Masse n'est pas de son côté. « Ce n'est pas pour autant qu'il est bien de se confondre avec celle-ci... » Parfois elle faisait le « bon » choix - si tant est qu'il puisse y avoir un « bon choix » dans un mouvement de masse - mais souvent elle suivait simplement le berger qui inspire le plus confiance, qui emploie les meilleurs mots pour guérir les pires maux.

Quand elle annonça être au Ministère, il retint un très bref moment sa respiration. Tout de suite, une flopée de questions arriva à son esprit. Bien sûr. C'était le sujet qui le rendait intarissable que celui du travail, qui était pour lui devenu le point central de sa vie depuis quelques temps. « Oh, vous êtes au M... » mais il s'arrêta en plein milieu de sa phrase, fit une petite mine contrite puis reprit « Hm. Ne parlons pas travail en une telle situation, un sujet tabou pour ce soir. » L'allemand afficha un large sourire, cette discussion allait le faire porte un poids qu'il venait tout juste de quitter, ce n'était pas vraiment la peine, puis, comme dit, ni le lieu, ni l'environnement, ni la compagnie ne se prêtaient à cela. Puis Klaus se leva et écouta la jeune anglaise clarifier le nom du whisky plusieurs fois, comme s'il n'était pas capable de s'en souvenir. Elle avait un petit peu raison.

Il sourit d'un air entendu puis se retira. Une fois la limite de l'alcôve franchie, notre allemand fut parcouru d'un large frisson, à l'origine... mitigée entre les gens qui affluaient autour de lui dans ce bar et la situation qui était présentée à lui. Il prit une inspiration puis avança vers le comptoir, fit un signe au barman, puis deux, et le héla finalement. Celui-ci arriva avec l'air joyeux qu'on connait bien chez les barmans. Klaus s'éclaircit la gorge en essayant de se souvenir du nom de la boisson. « Bonsoir, hm... Deux verres de.. Sprin...gbank, voilà, deux verres. » Le Barman, qui s'était impatienté dès le "Bonsoir", haussa un sourcil et détailla un instant l'Allemand du regard, avant d'hocher du chef et de lui servir la boisson, écrivant après la note. Klaus manqua de s'étouffer en constatant la somme indiquée, puis reprit sa dignité et sortit les Gallions de sa bourse pour les donner au barman, emporta les boissons sous l'œil amusé de l'homme derrière le comptoir.

Klaus revint dans la loge et resta un moment... dubitatif. Quelque chose avait changé chez la jeune femme. Il y réfléchit. Vraiment. Pas trop longtemps mais il y réfléchit. Puis l'Allemand secoua la tête et afficha un large sourire « Et voilà pour vous, fraîchement servi ! » Ce sur quoi il offrit le whisky à la somme modique dans la main de la jeune femme pour aller s'asseoir à côté d'elle par la suite. Il haussa un sourcil en levant son verre, un sourire en coin sur les lèvres. « Eh bien, ce n'est pas très original de trinquer à la vie, mais faisons cela, soyons fous. » Il émit un léger ricanement avant d'entrechoquer son verre avec celui de sa compagnonne de soirée, écouta sa phrase suivante alors qu'il approchait le verre inconnu de ses narines. Il huma un instant le contenu avant d'en prendre une petite gorgée qu'il, il faut bien l'avouer, savoura comme il n'avait pas savouré un alcool depuis longtemps. Le flot de chaleur emplit son gorgée et un frisson de satisfaction et de plaisir lui fit trémousser les épaules. Ç'allait sans dire, c'était bien différent du souvenir lointain de whisky qu'il avait de la Guerre.

Il releva ainsi les yeux vers sa compagnonne et l'observa un instant, se repassant sa dernière intervention dans la tête. « De moi ? Eh bien... je n'ai pas grand-chose à te dire… Je viens de Londres, avec un père anglais et une mère allemande, d'où mon nom et un tout léger accent qui me revient quand je me mets en rogne. » Un léger et doux rire s'échappa de la gorge de Klaus. Dévoiler qu'il était au Ministère ? Sujet tabou. Dire qu'il était Né-Moldu ? Impensable. Que dire d'autre, alors ? « Je fréquente assez rarement ce genre d'endroits, donc tu as eu de la chance, si on peut dire, de m'y trouver. D'habitude, c'est surtout au travail que je passe mes j... mes journées. » Hm, et il n'avait même pas su résister à exprimer le mot imprononçable de « travail ». Enfin. « Amis pour ce soir et inconnus pour demain ? Je le regretterai bien, mais soit. » Ce n'était pas son genre à lui, mais si c'était son genre à elle, il haussa les épaules. « Quoiqu'il en soit, je te remercie vraiment de m'avoir fait connaître ce whisky, il est vrai qu'il remet en question tous mes goûts, bien que subsiste l'indétrônable Double-calva-sans-glaçons. » Un rire un peu plus nerveux arriva et annonça le déplaisir de l'Allemand face aux changements, même insignifiants quant à la classification des meilleurs alcools. « Quoi te dire de plus, je ne sais pas vraiment. Mais toi, par contre, tu sembles bien plus intéressante, Venetia. Voilà un nom assez lointain pour une jeune femme qui sonne d’ici. » L'allemand s'était fait bien rapidement au tutoiement, à peine prononcée l'idée il s'y était accoutumé, presque plus à l'aise ainsi qu'en vouvoyant la compagnonne.

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MessageSujet: Re: Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)   Lun 17 Sep - 15:26




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La rue assourdissante autour de moi hurlait.

Elle avait un truc avec les voix, surtout celles appartenant à des hommes mûrs songeait-elle. Dès qu'il ouvrait la bouche, elle se surprenait suspendue à ses lèvres, captivée, à attendre qu'il termine ce qu'il avait à dire. Peut-être était-ce parce qu'elle projetait sur lui l'image qu'elle avait eu de feu oncle Arthur. Peut-être était-ce parce qu'elle se sentait intrasèquement très seule. Même si il se moquait de son toast - même si il se présentait comme un enfant pris en faute dans une salle de classe, elle restait bizarrement contente d'avoir décidé pour une fois de s'octroyer une réelle interaction humaine. Le problème quand on mentait à tout le monde, c'était qu'on ne pouvait jamais être soi-même. Toute la journée, au Ministère, elle jouait un rôle. Quand elle flânait dans Londres, quand elle arnaquait des vieux croûtons, elle jouait un rôle. Elle apprenait donc ce soir à apprécier de ne pas avoir à jouer un rôle autre que celui de la charmante compagnie ; amusante et adorable. Peut-être un poil trop charmeuse pour être tout à fait innocente, mais elle se voyait mal reprendre son accent de Birmingham et s'enfiler le très cher verre cul-sec pour ensuite faire couler le champagne à flots. Elle ne prenait même plus la peine de tenter de décrypter l'homme en face, se contentant de prendre avec un sourire tout ce qu'il disait. Il semblait la penser mille fois plus intéressante - et bien qu'elle pense également l'être, il aurait été de mauvais goût de l'avouer.

- Je ne suis pas si intéressante.. Je trie des courriers, je classe des archives toute la journée, et je rédige des avis de perquisition...

Et évidemment, elle volait sans vergogne des objets ensorcelés pour les revendre sur le marché noir. Mais ce n'était pas chose à avouer face à ce qui semblait être un autre employé du ministère un poil plus zélé qu'elle ne l'était. Elle avait même du mal à comprendre comment on pouvait avoir envie de servir cette foutue institution. Elle reprit une gorgée du whisky, la savoura, et chercha quoi raconter sans trop s'y perdre. elle ne pouvait parler de choses trop sensibles - l'atmosphère ne s'y prêtait pas. Mais le whisky éveillait chez elle cette vieille mélancolie, cette envie d'ouvrir son coeur à qui voudrait bien l'écouter. Elle se lança férocement dans une bataille pour réprimer l'émotion vive qui venait de surgir en elle et qui menaçait d'éclater comme une bulle d'acier au fond de sa gorge. Le whisky gagna la bataille, et elle se mit à soudain parler, d'une voix un peu rapide, un peu triste, l'émotion contenue menaçant de céder à chaque instant.

- Mon oncle a choisi mon prénom. Il avait de l'ambition. Il était le petit frère de ma mère, nous n'avions que 20 ans d'écart. Il était le père que j'aurais voulu avoir je pense.

Elle s'interrompit et observa le verre de whisky avec un semblant de mélancolie. Oncle Arthur avait été brillant, génial, ambitieux. Même dans ses moments les plus bas, il avait gardé un esprit déterminé et avait su remonté les pentes que lui infligeaient la vie. Il se savait destiné à mieux, et il lui avait transmis cette rage de vaincre, cette niaque de ne pas se laisser rouler dessus par la vie. Et au bout du compte, il était mort, assassiné par des concurrents. Venetia et Criquet n'avaient pu que s'estimer heureux d'être laissés en vie. Ils étaient revenus à Birmingham, queue entre les jambes comme deux chiots abandonnés et misérables. Elle ne s'était jamais sentie aussi inutile et incapable d'accomplir quoi que ce soit par elle-même. Elle avait haï ce sentiment, mais n'avait rien pu faire d'autre. Alors elle avait serré les dents, et elle attendait son heure. Elle attendait d'avoir les moyens de revenir - que ce soit dans la société sorcière ou dans la moldue, et se faire un nom que personne ne se risquerait à calomnier. Crainte, haïe, aimée, adorée... Elle se souciait guère de l'avis final des gens. Elle voulait se sentir au dessus de tout cela.

- Même en étant moldu il me comprenait mieux que mon propre sorcier de père... Elle le regarda dans les yeux, son élocution se faisant hasardeuse, l'alcool frappant fort. Sa disparition est récente - excuse mon émotion.

Venetia renifla doucement et se tapota les yeux, une grimace déformant son visage quand elle constata que son mascara laissait une coulée noire sur ses joues, tel un espèce de raton-laveur flippant. Un rire nerveux la secoua, et elle fouilla dans son sac pour trouver un mouchoir, sans y parvenir, abandonnant pour s'essuyer directement avec le bout de ses pouces, se secouant pour se reprendre, redressant le visage avec son meilleur faux sourire placardé au visage.

- Ugh ! Je ne voyais pas la soirée prendre cette tournure. Tu vois, il vaut mieux que tu fasses la conversation. Raconte moi n'importe quoi. Ton premier amour. Quelque chose de joli. L'histoire de ton ami au double-calva-sans-glaçons.

Elle lui tapota le bras pour l'encourager, toutes traces de son émotion vive disparaissant brutalement, réprimées au plus vite. Elle chercha son verre sans le regarder et s'y agrippa comme à une bouée de sauvetage, reprenant une gorgée, puis une autre, jusqu'à finir complètement le verre sans plus trop le déguster. Quel gâchis, songeait-elle... Mais le besoin s'était fait pressant.

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MessageSujet: Re: Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)   Lun 17 Sep - 23:17

L'Allemand fronça des sourcils. Il n'aimait pas cela. Non, il avait même horreur de voir quelqu'un dans la mélancolie dans laquelle il pouvait lui arriver, à lui, de plonger. Bien sûr elle avait encore quelques souvenirs heureux, de son oncle, mais elle n'y voyait encore que la perte trop récente pour pouvoir s'en souvenir avec plus de satisfaction, plus de joie. Il ne se permit qu'une remarque, une seule. « En tout cas, ton oncle, aussi brave qu'il semble être par tes mots, avait de très bons goûts en matière de nom et je le remercie d'avoir fait en sorte que j'aie, devant mes yeux ce soir-là, une Venetia et non une vulgaire Anne ou Magnolia comme il est déjà arrivé d'en croiser. » Un sourire encourageant suivit sur les lèvres de l'Allemand, qui réfléchit un instant avant de continuer, comme une confession. « Je vais te dire un secret. J'ai toujours eu du mal quand il s'agissait de retenir les noms des personnes que je croise, même si je les vois dix fois dans une journée. Alors parfois, j'essaie de retenir grâce à des moyens mnémotechniques. Toi, ç'a été différent. Quand tu m'as dit ton nom, avec ce ton-là qui n'appartient à toi, j'ai à la fois compris ce « Venetia » et, étrangement, un « Vendetta ». Il y a quelques changements entre les deux mots, pourtant à mon oreille ils ont semblé pareil et je vois ces deux noms quand je te regarde. Tu as l'air... (il pencha la tête de côté, avec un sourire amusé.) Tu sembles en plein dans une Vendetta, à la croate, contre le monde entier, en total désaccord et en révolte constante. Et... ça me plait bien. »

L'allemand réfléchit un petit instant à ses paroles avant que ses joues ne prennent un léger teint écarlate, noyant d'ailleurs cela dans une petite gorgée de son rhum, puis resta encore muet quelques instants  avant de reprendre, l'observant avec intérêt. Oh, devant sa peine, il n'éprouvait pas de pitié, mais il compatissait silencieusement. Ne va pas donner à quelqu'un d'autre ce que tu n'aimerais pas recevoir. C'est ce qu'on lui avait toujours dit. Il l'observa se morfondre, puis reprendre peu à peu vigueur. Il ne pouvait rien pour elle, il en était désolé, mais être désolé, ça ne sert à rien. Alors il parla, désireux, à tout prix, de remettre un sourire, un vrai, sur le visage de la jeune compagnonne. « L'histoire de mon premier amour finit, comme beaucoup d'histoires incluant un premier amour, mal. Mon ami au double-calva-sans-glaçons s'inscrit dans une époque... pas très joyeuse non plus. Mais on va essayer de démêler un peu de plaisir là-dedans… »

Ainsi l'Allemand commença son histoire, il posa sa paume sur celle de Venetia, elle-même sur son bras avec un maigre sourire qui ne se voulait autre chose que gentil. « Nous étions dans le sud de l'Angleterre, pendant la Guerre. Alors qu'il se passait tu-sais-quoi, j'étais traqué comme beaucoup d'autres. On m'avait parlé d'un établissement en pleine campagne qui accueillait les gens comme moi. C'est là que j'ai rencontré cet ami, Admète qu'il s'appelait. Je n'ai jamais su son nom de famille et il n'a jamais su le mien. » Un léger rire s'échappa de la gorge du Né-Moldu, un rire doux, nerveux et un brin nostalgique à la fois. « Il s'agissait d'une de ces personnes qu'on ne rencontre qu'une fois dans une vie, ce qui le rendait si exceptionnellement lui. » Le whisky de l'Allemand descendit encore d'un trait, regrettant un instant qu'il ne s'agisse pas de ce calva dans son verre. « A force de nous voir tous les jours, d'avoir les mêmes épreuves à vivre, d'avoir beaucoup de souvenirs en commun, mais surtout et plus que tout, des espoirs, nous nous sommes beaucoup liés. Nous étions comme des frères. Il connaissait tout de moi, et je connaissais tout de lui. » Il était lancé et aurait du mal à s'arrêter, mais il parlait son cœur, non avec mélancolie mais avec plaisir, avec un plaisir qu'on prend quand on se souvient des souvenirs heureux, longtemps après avoir passé l'étape du deuil. « Un jour... (l'Allemand eu un rire un peu plus bancal, cette fois-ci, son index vint se glisser un léger instant sous sa paupière droite) un jour nous nous sommes « promis le souvenir ». Nous nous sommes jurés de toujours nous souvenir l'un de l'autre, et vivre pour lui – nous sentions, lui surtout, que nous ne survivrions pas tous les deux à la Guerre – en buvant ce double-calva-sans-glaçon qui était devenu plus qu'une habitude, un moyen de communiquer, de nous dire Bonjour, Au revoir et Merci. Il l'aurait fait certainement autant que moi je le fais, depuis. Peut-être plus aussi souvent qu'avant je le faisais, mais je me souviens de lui par ce moyen à chaque fois que j'en ai l'occasion. Et ni lui... Ni lui ni son calva ni quoique ce soit ne partira jamais de mon esprit, qu'importe les Sortilèges d'Amnésie, qu'importe le temps et la sénilité. » C'était le cœur de l'Allemand qui avait fini ces derniers mots car son corps n'y arrivait plus, dans sa voix se mélangeait à la fois une légère tristesse et une grande joie, à raconter cela et se libérer de ce poids. « Tout le monde devrait avoir un ami comme ça, et tout le monde devrait le garder, mais ce n'est pas aussi simple. C'était lui, c'était moi, ça ne pouvait que se passer ainsi et avec cette fin. » Il haussa simplement des épaules.

L'Allemand resta silencieux quelques instants, songeur et essayant de reprendre son calme. « Pardon, tu vois, c'pas beaucoup plus glorieux. » Il laissa échapper un léger rire.

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Ὁ μὲν βίος βραχὺς, ἡ δὲ τέχνη μακρά (ft Klaus Beckenridge)

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