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 A fragile hope ¤ Aamon

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Rhiannon Gray
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MessageSujet: A fragile hope ¤ Aamon   A fragile hope ¤ Aamon I_icon_minitimeMer 15 Aoû - 16:53

Skye

19 décembre 2000, début de soirée.


Des mers avait grimpé la brume, sitôt la nuit tombée, et des falaises elle s'était déversée sur Skye.

Au coeur de la pénombre reine qui enveloppait le monde, les brumes dans les bras d'un vent cavalier se muaient en danseuses immatérielles, valsant au gré des bourrasques mordantes contre lesquelles s'effilochait le brouillard nacré de leur robe mouvante. L'étrange ballet tourbillonnant ondoyait au rythme lent du ressac, régulier comme un battement de coeur, que l'on entendait s'échouer dans le lointain contre le roc ancestral d'inébranlables falaises. Aux paillettes étincelantes qui tournoyaient dans l'air et dentelaient peu à peu tous les toits jusqu'aux moindres herbes, au froid sec qui balayait l'île, on devinait qu'un drap de givre d'ici l'aube aurait achevé de la parer d'un manteau blanc éblouissant ; l'hiver n'était plus loin, et l'Ecosse toute entière en frissonnait déjà.

Comme un refuge tout de chaleur et de quiétude, émergeait un cottage. La tiédeur d'une lueur ambrée se déversait des petits carreaux de ses fenêtres, teintant de miel le porche du cottage, et les guirlandes de houx comme les grappes volubiles de gui qui les ornaient s'ourlaient doucement du givre brillant qui poudrait aussi le toit. Depuis la cheminée, les volutes de fumée qui se dissolvaient en tourbillonnant  dans l'air glacial promettaient à elles seules le réconfort d'un âtre crépitant, où réchauffer les mains trop engourdies et les fatigues d'une longue journée. Ce n'était pourtant pas auprès des flammes que lisait Rhiannon, car l'épais tapis était occupé par la silhouette assoupie de Foghnan, illustre chat de la maisonnée dont le petit ventre tiède se soulevait à la cadence sereine de sa respiration.

Son comparse dans le crime, Gràineag, avait préféré s'étaler sur la pile de parchemins vierges dans laquelle Rhiannon avait allègrement pioché ces dernières heures, et ne semblait pas vouloir démordre de son lit d'élection. Blottie dans l'alcôve creusée de la fenêtre et calfeutrée sous un plaid, grimoire calé contre ses genoux relevés, la jeune sorcière tenta pour la énième fois de dissuader le petit être tout de poils et de griffes en lui montrant l'exemple de Foghnan, l'incitant à le rejoindre auprès du feu dans un gaélique résigné.

- Gar thu fhèin aig an teine Gràineag, fuirich le Foghnan. (Va te réchauffer près du feu Gràineag,  rejoins Foghnan)

Essuyant le refus aussi royal que tacite d'un chat aussi têtu qu'elle, Rhiannon haussa les épaules en reconnaissant sa défaite pour la soirée.

- Mar is miann leat. (Comme tu veux)

Toute concentration l'avait fuie, quoi qu'il en soit, depuis l'arrivée de cette lettre. L'étudiante inclina sensiblement un visage pensif vers la missive signée d'un nom qu'elle connaissait mille fois pour en estimer les savoirs et admirer tous les ouvrages ;  Swann Poldark, proclamait l'encre sombre. Le nom ponctuait le parchemin dans l'écriture familière qui avait annoté et corrigé tant de ses devoirs au cours des trois dernières années. Rhiannon replia précautionneusement la lettre, qu'une chouette effraie lui avait apportée deux heures plus tôt en tapant au carreau d'un petit bec cliquetant de froid. Elle avait longtemps espéré ces mots qu'elle avait déjà lus et relus plusieurs fois, mais se trouvait démunie quant à l'usage qu'elle en ferait maintenant qu'ils étaient en sa possession. Moins que tout elle désirait donner de faux espoirs à Aamon. Mais comment pouvait-elle seulement négliger l'infime possibilité de trouver au bout de cette lettre ce qu'elle en attendait depuis des mois..?

Expirant un léger soupir, l'écossaise arrangea avec le plus grand soin les parchemins qui jonchaient son alcôve ; elle n'avancerait pas plus loin cette soirée-là la rédaction fastidieuse du dernier exposé que le professeur Poldark lui avait confié. Deux parchemins déjà portaient en arabesques d’encre le témoignage de ses pensées, lettres luisantes aux lueurs orangées de l'âtre. Sa plume s'était assez désaltérée au puits de l'encrier pour aujourd'hui.

Quittant le refuge du renfoncement douillet qu'Aamon et elle avaient aménagé, Rhiannon s'approcha à pas doux de la cheminée pour en tisonner les braises et garder les flammes vives. Dans l’eau du petit chaudron d’étain qui planait  au-dessus de l’âtre ronronnant, l’étudiante avait plongé les deux moitiés d’une pomme fraîchement coupée, quelques bâtons de cannelle et une poignée de clous de girofle, qui avaient depuis embaumé tout le cottage de fragrances hivernales. Elle acheva de calmer les incertitudes qui lui faisait encore battre le cœur en élisant pour compagnons de lecture un thé brûlant et une pomme aux rondeurs vermeilles.

Le craquèlement des bûches bruissant depuis la cheminée l'encouragea à se laisser aller, et c'est en se blottissant de nouveau dans l'alcôve, munie d'un livre de cours, qu'elle résolut d'attendre Aamon. Les vitres constellées de givre reflétaient l'ovale porcelaine de son visage et l'auburn sombre de ses cheveux, entrelacés en ce sombre début de soirée de feuilles et baies dorées. Gràineag malaxait sous ses pattes le gris profond de ses jupes en ronronnant lorsqu'une silhouette qui lui fit chavirer le coeur, comme au tout premier jour, se dessina dans les brumes au-dehors. Aamon serait à la maison d'ici quelques menus instants, et sa décision était prise, se dit-elle en caressant avec autant d'espoir que de gravité la petite lettre...

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MessageSujet: Re: A fragile hope ¤ Aamon   A fragile hope ¤ Aamon I_icon_minitimeLun 27 Aoû - 19:20

Bloomsbury, Londres - 19 décembre 2000

Le timide soleil qui avait étendu ses rayons sur eux aujourd'hui avait tranquillement laissé sa place à un ciel chargé de nuages lourds de promesses et s'éloignaient avec lui les lumières des échoppes et des cafés près de l'Université. La lumière de cette fin de journée était de celles qui tirent un soupir d'apaisement à ceux dont les yeux sont déjà tournés ailleurs, vers des souvenirs lointains, ceux dont la saveur ne revient qu'inopinément. Les décorations de Noël venaient de prendre le relais sur les vitrines et illuminaient les rues comme en plein jour, entraînant les mêmes sourires, les mêmes yeux d'enfants brillant d'émerveillement dans la nuit froide. Les immanquables bus à double étage transportaient leur lot de touristes braillant à qui mieux mieux, pris sans le vouloir dans l'effervescence du Grand Brouillard, comme ils l'appelaient, tournant la tête en tous sens pour ne rien manquer du spectacle.

Non loin du British Museum qui se dégorgeait lentement de ses visiteurs du jour se dressait la School of Advanced Study. Cette université spécialisée en recherches avait la particularité d'abriter dans son sein des étudiants moldus et sorciers que seuls séparaient les cursus mais qui se retrouvaient dans les lieux communs, comme la bibliothèque ou le parc, ou même la cafétéria. Des sortilèges repousse Moldus avaient été dressés pour les empêcher de parcourir les salles de classe ou rayons de la bibliothèques dédiés à leurs camarades sorciers et un autre sort retenait la langue d'un sorcier prêt à se dévoiler. Depuis la création de l'école en 1994, aucun incident n'avait été à déplorer et de brillants étudiants, moldus comme sorciers étaient diplômés chaque année, offrant à cette université le plus haut taux de réussite de la ville.

Dans le bâtiment réservé aux sorciers, quelques rares salles de classe étaient encore allumées. Certains discutaient autour d'un projet important, d'autres encore fêtaient l'aboutissement de plusieurs mois de recherche. Aamon, lui, avait commencé la rédaction de son travail de fin d'études et souhaitait terminer son chapitre avant de quitter la salle. Il était assis depuis une paire d'heures dans ce fauteuil et, plus que la fatigue, ce fut une courbature qui l'enjoignit à le quitter. Il jeta un oeil sur la montre ornant son poignet et sursauta. Vingt heures, déjà.
Il se leva, étira lentement son dos qui craqua bruyamment et réunit ses affaires. Il enfila son manteau gris qui lui tenait plus chaud qu'aucun autre et ferma la lumière de la salle. Certains étudiants de dernière année, comme lui, avaient obtenu la clé des salles de classe pour pouvoir rester plus longtemps. Ils ne pouvaient cependant pas transplaner depuis ces salles, et devaient s’assurer que tout était fermé puis remettre la clé à sa place, dans l’accueil du bâtiment Sorcier.

Les mains dans les poches, son sac en bandoulière sur l’épaule, il enfila une écharpe que lui avait offert Rhiannon et qui était étonnamment bleue et bronze. Il sourit en y repensant et traversa le couloir jusqu’à l’entrée. Il croisa plusieurs salle ouverte, illuminée, et ne troubla pas l’ordre qui y régnait, peu désireux de léser le travail d’autres. Cette université était tellement différente de Poudlard. Poudlard serait toujours chère à son coeur pour ce sentiment de sécurité qu’elle lui avait procuré, mais ici, l’ambiance était studieuse, les sorciers présents uniquement car ils le souhaitaient et que leurs études étaient un choix. Ses camarades de promotion étaient inspirants et certains pouvaient même s’apparenter à des amis.

Après avoir rendu la clé, il se rendit dans la salle de transplanage et eut un sourire en se concentrant sur sa destination.

Le froid mordant le saisit avant même qu’il ne rouvre les yeux. Il se décida enfin et se retrouva en bas du chemin menant au Cottage qu’il avait acheté quelques années auparavant. Il avait été décidé que le transplanage ne se ferait pas devant la maison pour éviter d’effrayer les chats qui partageaient leur vie depuis quelques mois. Il alluma l’extrémité de sa baguette d’un geste et enfouit encore plus le bas de son visage au creux de son écharpe. Il remonta d’un pas vif l’allée, plus pour se réchauffer qu’autre chose et arriva rapidement en vue de la maison.

Entourée d’une barrière de bois, et d’un jardin anglais qui souffrait du froid depuis quelques semaines, la bâtisse de pierres était dotée d’une cheminée qui laissait s’échapper un flot ininterrompu de fumée, Rhiannon était là. Il devinait à la lueur orangée qui suintait des fenêtres qu’un feu était allumé et l’imaginait déjà, enveloppée d’un plaid attendant son retour en lisant un livre, ou jouant avec un des chats.
Il ouvrir le portail de bois qui grinça en laissant échapper quelques flocons de givre et jeta autour de lui, plus par habitude que par réelle nécessité les sortilèges de protection dont il exigeait que la maison soit entourée.

Il retira ses chaussures avant d’entrer et jeta un dernier oeil derrière lui. La nuit était déjà profondément tombée et la lune sortit un bref instant de derrière les nuages et illumina le jardin, éclairant un moment les particules de givre déjà installés, brillant alors de mille feux.

Il ouvrit la porte et fut projeté dans une chaleur qui contrastait douloureusement avec le froid de l’extérieur. Mais son regard fut attiré comme un aimant par ce sourire qui bousculait son monde, chaque jour un peu plus et qu’elle lui adressait, sans réserve.
Il déposa son manteau à la place qui lui était dédiée et s’approcha rapidement du feu qui crépitait. Il s’installa près de sa belle et déposa un baiser sur ses lèvres avec ce sentiment maintenant si habituel d’être parfaitement là où il devait être. Et l’impression d’avoir ressenti ce sentiment cent fois, mille fois, ou peut-être est-ce un million, sans jamais s’en être lassé.

“Je suis content d’être rentré.”

Il y avait dans ces mots mille autres qui attendaient d’être déversés, qui couraient jusqu’à ses lèvres pour finalement être retenus mais qu’elle avait entendu autant de fois, sans qu’il ait besoin de les lui dire. Ces mots qu’elle connaissait, parce qu’il essayait de les lui faire ressentir chaque fois qu’il le pouvait. Il ferma les yeux un instant, savourant la fatigue de cette journée et la douce tranquillité de leur maison.

“Comment vas-tu ?”

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MessageSujet: Re: A fragile hope ¤ Aamon   A fragile hope ¤ Aamon I_icon_minitimeSam 4 Mai - 14:36

Avant que de clore le grimoire dont elle parcourait encore les enluminures, Rhiannon y glissa un ruban bleu en guise de marque-pages. L'ouvrage se referma en un soupir discret et sembla s'assoupir, éprouvé par les siècles, sur le rebord de fenêtre où elle le posa précautionneusement ; il y serait à l'abri des jeux curieux et griffes impertinentes du sieur chaton, dont les oreilles venaient de pivoter vivement vers la porte d'entrée tout juste entrebâillée. Une bourrasque glaciale s'infiltra en une longue plainte mugissante au coeur de leur foyer, mais les paillettes givrées nichées dans son tourbillon fondirent aussitôt à la chaleur moelleuse du cottage. Vadrouillant sans attendre vers l'origine du remue-ménage, Gràineag quitta le nid douillet qu'il s'était modelé au creux des jupes de Rhiannon et rejoint l'âtre en ronronnant ; l'étudiante, quant à elle, acheva en quelques gestes de ranger l'enchevêtrement de parchemins et autres plumes qui jonchaient encore son alcôve.

Si le petit monde qui l'environnait jusqu'ici avait semblé parfait, il ne le devint absolument que lorsqu'elle cueillit du regard le sourire désarmant de tendresse dont il l'enveloppa toute entière. Ses joues rosirent du même bonheur infiniment simple et précieux de la seule présence d'Aamon, et elle sut, comme elle l'avait su depuis les murmures amoureux d'un couloir secret, qu'elle serait n'importe où chez elle pour peu qu'il soit à ses côtés. Des lèvres froides d'avoir trop affronté les bourrasques au-dehors dessinèrent sur les siennes un baiser d'hiver, dont elle savoura en un doux sourire le parfum de cannelle et vanille mêlées.

- Bienvenue à la maison, chuchota-t-elle en posant la paume chaude de sa main contre la joue d'Aamon, qu'elle caressa du bout du pouce.

Il ferma brièvement les yeux, et Rhiannon s'attarda sur les contours cent fois rêvés, mille fois chéris de son visage. Combien de fois, depuis le premier soir, s'était-elle promis d'y écrire un jour le contentement serein qu'elle y lisait maintenant à la lueur ambrée des flammes..? Le coeur soudainement ceint d'une émotion qui infusa jusqu'au gris sombre de ses iris, elle s'imprégna de l'apaisement heureux qui baignait les traits d'Aamon en ayant l'intime conviction qu'elle ne connaîtrait jamais plus jolie victoire que celle de son bonheur, à lui. Trop de fois déjà d'obscurs souvenirs du passé l'avaient privé de la vie tranquille et de la douceur de vivre qu'il méritait, et trop de fois encore le procès de son père et la guerre après eux avaient assombri son regard. Jamais elle ne voulait retrouver ce qu'elle y avait décelé alors, et un instinct de protection s'insurgeait en elle en y songeant seulement.

N'était-ce pas justement ce qu'elle risquait de faire, en décachetant aux yeux d'Aamon cette lettre encore mussée dans les plis de sa jupe..? Les mots qu'elle y savait écrits pouvaient être promesses d'un tel espoir qu'elle n'envisageait pas d'y renoncer, sans pour autant envisager de se pardonner si elle venait à raviver d'anciennes douleurs ; de celles qui ne s'éteignent plus, qui ne seront jamais révolues.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, Rhiannon lui offrit un sourire fragile.

- Comment vas-tu ?

- Plus chaudement que toi, observa-t-elle d'une voix amusée en glissant une main tendre dans ses cheveux, pour en chasser les derniers cristaux de givre fondus. J'aurais pu achever ma dissertation sur l'influence du choix de l'essence du bois d'un cadre sur le portrait auquel on l'associe si Gràineag ne s'en était pas mêlé, mais... Elle haussa les épaules, coulant un regard furtif vers la petite silhouette désormais endormie devant la cheminée, visiblement nullement perturbée par une mauvaise conscience.

Si passionnantes soient-elles, ses recherches sur le sujet et les découvertes exaltantes qu'elle ne cessait de consigner à grands renforts d'encres et de plumes ne réussirent pas plus longtemps à retenir son attention. L'air songeuse, un peu hésitante, le coeur battant plus vite que de raison, Rhiannon calfeutra entre les siennes les mains d'Aamon et se pelotonna plus proche de lui. Du regard, elle rechercha le bleu profond du sien et s'accrocha au merveilleux espoir qu'elle espérait voir naître de sa résolution pour ne pas faillir.

- Et.. Il y a une lettre que j'ai reçue aujourd'hui, dont j'aimerais te parler. Inspiration profonde, tandis qu'elle imprimait une pression rassurante sur les mains qu'elle blottissait délicatement au creux des siennes. Tu te rappelles, lorsque tu m'avais dit que le manoir avait été vidé de ses tableaux parmi les plus précieux lorsque tu étais petit..? J'en ai beaucoup parlé avec le professeur Poldark il y a quelques mois afin de savoir s'il pouvait en retrouver la trace, mais cela n'avait rien donné jusqu'à aujourd'hui.

Délaçant brièvement l'une de ses mains, Rhiannon fureta jusque dans ses jupes et en extrait la petite missive, dont le parchemin froissé attestait qu'elle avait été lue et relue déjà bien trop de fois par l'historienne. Elle posa le parchemin où se devinait l'écriture longiligne de Swann Poldark entre eux et rattrapa la main d'Aamon, le regard brillant d'une émotion mal contenue.

- Aamon, il pense avoir retrouvé la trace du portrait de ta mère...

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MessageSujet: Re: A fragile hope ¤ Aamon   A fragile hope ¤ Aamon I_icon_minitimeMer 5 Juin - 14:57

16 février 1987


Les années suivant le décès d'Alessa avaient été sombres. Persuadés que Mr Williams était responsable de la mort de son épouse, de nombreux membres de la famille Williams lui tournèrent le dos. D'abord fuyants, ils finirent par couper les points, définitivement.
Après avoir trouvé toutes les excuses possibles à son patron, Victoria avait un jour, des années plus tard, dit à Aamon que son père perdait un peu la tête à cette époque et depuis les disparitions successives de celui-don-on-ne-doit-pas-dire-le-nom et de sa femme.
La première avait effacé en lui son ambition et ses rêves de grandeur qu'il pensait mériter plus que quiconque, la deuxième lui ternissant le cœur, au profit d'une culpabilité dont il découvrait tout le goût et qu'il n'assuma finalement jamais.

Alors qu'Aamon avait sept ans et quelques mois, une nouvelle idée délirante ferma dans l'esprit de son père; il lui fut impensable que les aurors du Ministères trouvent une piste pour remonter jusqu'à lui et ses anciennes activités de mangemorts et il ferait tout pour leur rendre la tâche difficile. John commença ainsi une vie d'ermite.
Victoria s'occupait des courses et les autres domestiques furent renvoyés; elle confia plus tard à Aamon qu'elle était restée pour le protéger lui, par crainte que la folie de Mr Williams se dirige sur son fils.
Pour les courses, il jetait systématiquement un sortilège d'illusion sur la monnaie qu'il confiait à Victoria afin de modifier es chiffres inscrits sur la tranche des pièce; craignant qu'on puisse remonter jusqu'à lui. Il pouvait passer plusieurs dizaines de minutes à parfaire sa métamorphose s'il sortait chercher le pain.

Ce fameux matin de février, Aamon fut réveillé par des cris venant de l'entrée. Il descendit prudemment l'escalier, le coeur transi de peur. Dans le hall se tenaient quatre personnes. Son p-re, dans un long costume noir visiblement couteurs, mais troué par endroits, pour qui savait regarder; Victoria, dans un grand peignoir gris clair; et puis il avait un homme et une femme qu'il ne connaissait pas. Et son regard fut attiré par la femme. Elle avait de longs cheveux noirs et de grands yeux clairs desquels il ne pouvait se détacher, persuadé de les avoir déjà croisés.

- Arrêtons de nous disputer cher cousin, dit la femme en ajoutant une pointe de mépris sur les deux derniers mots. Ton fils n'a pas à entendre cela. Nous venons simplement récupérer ce qui m'appartient et tu ne peux pas me refuser cela.

Victoria et les deux hommes prirent le chemin du grand salon alors qu'Aamon restait planté sur sa marche et que la femme le scrutait, un sourire discret sur les lèvres. Plusieurs minutes s'écoulèrent dans un silence qu'il trouva terriblement gênant, mais le regard doux de la femme le gardait à sa place aussi solidement que s'il était attaché. Elle finit par reprendre la parole, d'une voix douce, presque un chuchotement.

- La dernière fois que je t'ai vu, tu étais tout bébé et tu tenais au creux de mes bras, Aamon.
- Veuillez m'excuser, balbutia-t-il, je ne me souviens pas de vous.

Elle rigola, doucement.

- Je n'en doute pas.

Victoria revint dans la salle, souriant à Aamon, suivie par son père et l'étranger qui tenait dans ses mains un sac noir faisant un bruit terriblement détonant, comme rempli de mille objets minuscules.

- J'ai tout
- Même le portrait?
- Surtout le portrait.
- Ces objets m'appartiennent, intervint John d'une voix blanche.
- Rien de ce qui était ou représente ma soeur ne t'appartiendra jamais plus. Rien.

Elle adressa un dernier sourire compatissant à Aamon, comme si elle se sentait triste à l'idée de le laisser là, de ne pas non plus l'emporter avec elle et de le savoir dans cette sordide demeure, vivant avec un père fou. Aamon, lui aussi, fut tenté un instant de lui demander de l'emmener avec elle, de le transformer en un minuscule objet pour qu'il puisse se glisser dans son sac et fuir le manoir. La porte se referma froidement, mouchant son espoir et le ramenant à la réalité. La réalité d'un froid début de journée dans le Londres sombre de février.
Aamon eut conscience alors qu'il venait de rencontrer de nouveau sa tante, qu'elle aussi détestait son père, qu'elle le détestait peut-être lui aussi..
Ce qu'il ne savait pas, en revanche, c'est que la famille de sa mère était riche et que toutes ces richesses avaient été l'héritage de sa tante, Anna. Et qu'un soir plusieurs années après leur rencontre, et alors qu'elle dormait, le compagnon d'Anna fit pénétrer dans leur maison une bande de pillards qui l'avait soumis au sortilège de l'Imperium un peu plus tôt dans la journée.
Réveillée par leur entrée dans la maison, elle combattit ainsi ces hommes avant de s'effondrer, victime d'un sortilège de Mort que lui envoya dans le dos l'homme qu'elle aimait. Pour faire bonne figure, les pillards égorgèrent l'homme puis, effaçant leurs traces, s'enfuirent avec leur butin.

Aamon ignora tout cela, et découvrit l'après-midi quelles affaires de sa mère lui avait été arrachées. Dans le grand Salon, au dessus de la chemine trônait à présent un grand vide, là où s'était trouvé le portrait de sa mère. Depuis ce jour, et pendant une année, il se remémora tous les soirs avant de se coucher sa mère et ce portrait.
Cependant, les souvenirs perdent en précision avec le temps et un soir, il toqua à la porte de Victoria, le corps secoué de larmes, réussissant tout juste à respirer.

- Aamon? Que se passe-t-il?
- Je... Je... Victoria, je...

Elle l'aida à s'apaiser à grand renfort de câlins, de caresses dans le dos, et il finit par respirer plus librement, même s'il ne pouvait arrêter de pleurer.
Je ne me souviens plus du portrait, exactement. Que se passera-t-il quand je l'oublierai complètement, Victoria?
Dans cette chambre, dans le noir de la nuit et à la lueur d'une unique bougie, Aamon et Victoria échangèrent leurs larmes, quand, perdu dans ses bras, il ne se savait pas capable d'échapper à ce chagrin. Comment lutter contre la perte des souvenirs, contre la peur d'oublier, la peur de ne plus pouvoir se rappeler le bleu des yeux ou le sens de la tresse. Victoria le serra contre son cœur, et quand il se fut calmé, l'assit à côté d'elle.

- Je vais te confier un secret Aamon. Un secret si secret qu'il ne te faudra en parler à personne, pas même à ton père.
- Promis, Victoria..
- Je ne veux pas que tu le promettes, Aamon, parce que je sais que tu n'en parleras pas à ton père. Je veux simplement que tu saches à quel point je t'aime pour te le révéler.

Elle se leva et se dirigea vers son armoire qu'elle ouvrit. Elle en sortit une baguette magique et se tourna vers Aamon. Stupidement, il se demanda si Victoria était une sorcière. Elle n'avait jamais pratiqué la magie en sa présence, il n'en avait jamais entendu parler. Plusieurs années plus tard, il émit l'hypothèse qu'elle s'était dite Cracmole auprès de John pour pouvoir continuer d'exercer auprès de lui, lorsque son esprit malade se mit à voir des complots le visant partout.
Il ne lui posa pas la question, attendant la suite. Elle posa la baguette sur sa tempe mais rien ne se produisit.

- Excuse moi, cela fait longtemps, je suis un peu rouillée...

Elle reposa la baguette sur sa tempe, ferma les yeux et ils attendirent un petit moment. Quand elle l'éloigna de son visage, un mince filament de lumière grise s'étira avant de se mettre à flotter dans l'air. Elle le recueillit dans une fiole qu'elle attrapa dans un tiroir de sa commode et, après avoir rangé sa baguette, se rassit à côté d'Aamon.

- C'est le souvenir que j'ai du portrait de ta mère, il est peut-être plus précis que le tien. J'ai une pensine ici, et tu pourras venir le voir quand tu voudras, tous les jours s'il faut. Tu n'oublieras jamais le visage de ta maman, d'accord? Jamais je ne le permettrai.


Skye, aujourd'hui.


L'air semblait s'être brutalement refroidi. Alors qu'il revivait intérieurement ces souvenirs, il commença à tordre ses doigts dans ses mains, geste coutumier et qui symbolisait chez lui un grand stress. Le portrait de sa mère pouvait être retrouvé. Mais qu'en ferait-il? Le souhaitait-il réellement? Ces souvenirs n'étaient-ils pas trop douloureux? Mais est-ce qu'il pouvait laisser ce portrait perdu errer chez des inconnus qui ignoraient jusqu'au nom de la femme qu'il représentait?
Non, il ne le pouvait pas. Il ne s'était pas rendu compte qu'il faisait les cent pas devant le feu, tordant toujours ses doigts. Il reprit contact avec la réalité et se tourna vers Rhiannon.

- Quand pouvons-nous le rencontrer?

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