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 Résistance - Entretien très privé. (PV Trevelyan)

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Poudlard
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MessageSujet: Résistance - Entretien très privé. (PV Trevelyan)   Dim 21 Mai - 18:42

19 Mai 2020 - 17h45

Aedan était dans la grande salle de "L'exutoire", un café littéraire moldu londonien dont la clientèle était très jeune, en parti composée d'étudiants, de ce que pouvait entendre Aedan. Il avait choisi cet endroit neutre pour organiser l'un de ses premiers entretiens pour la Résistance. La salle était pleine de box permettant l'intimité sans pour autant les cacher des autres, ni leur dissimuler les possibles personnes pouvant entendre leur conversation. Il s'était installé dans l'un de ces boxs, au fond de la salle, dans un coin. De là il pouvait voir l'entrée du café ainsi que la porte menant aux cuisines. Il ne craignait pas une intrusion dans cet endroit de Londres, proche des grandes universités et surtout peuplé d'étudiants et de jeunes couples.

La journée avait été ensoleillée et l'ambiance était détendue dans le café. Bien loin de ce que ça aurait été au Chaudron Baveur ou dans n'importe quelle enseigne sorcière du pays depuis le début de l'année.
Aedan avait déposé des feuilles devant lui ainsi qu'un bloc-note afin de ne rien offrir au regard de plus que l'image de deux hommes dans un entretien formel, comme un entretien d'embauche.

Parce qu'Aedan était là dans un but très précis. Un nouvel entretien de recrutement. La Résistance prenait forme et s'il était très fier d'en être à la tête, il ne pouvait se cacher la responsabilité qui était désormais la sienne. Celle de trouver des gens, de les recruter, de les rencontrer, de les évaluer et de n'en garder que ceux en qui il pourrait avoir une confiance aveugle. Car beaucoup d'informations passeraient par chacun d'eux et beaucoup permettraient de tous les détruire si l'un d'entre eux était une taupe. C'est pour cela qu'il avait une petite fiole de Veritaserum sur lui.
Avec les quelques compagnons qu'il avait déjà, ils étaient tombés d'accord sur le fait que cette entreprise officieuse et non autorisée devrait se passer des considérations normales pour la justice. Ils allaient se battre contre des êtres cruels désirant leur mort, ils ne pouvaient se permettre d'être faibles.
Et pour cela, les entretiens de recrutement se dérouleraient sous Veritaserum. Les personnes interrogées seraient mises au courant par Aedan, bien entendu...

C'est un ami de longue date qui lui avait parlé de Valentine. Trevelyan Valentine. Un auror, un peu lassé de la faible large de manœuvre offerte aux membres du Ministère pour se défendre et défendre le peuple sorcier contre les attaques de Cracmols et les descentes de la Police moldue. Il avait fait passer un message anonyme à Valentine, en espérant que celui-ci en comprendrait l'importance.

Et voila. Il était 18 heures, et il n'allait pas tarder. Aedan commanda deux cafés et versa quelques gouttes de Veritaserum dans celui de Valentine.
Il leva les yeux et le vit approcher de la devanture vitrée. Grand, carré, il était impressionnant. "Cette couleur marron ne lui va pas. Ne sait-il donc pas qu'une chemise saumon lui irait à merveille?"
Lorsqu'il pénétra dans la salle, Aedan lui adressa un bref signe de la main et l'observa s'approcher. Il se leva et lui tendit la main.

"Aedan Bridewell, enchanté. Puis, baissant d'un ton. Je vous recommande de ne pas encore toucher à votre café."

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[18:43:09] Trevelyan Valentine : Ta gueule

Aamon J. Williams
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MessageSujet: Re: Résistance - Entretien très privé. (PV Trevelyan)   Sam 10 Juin - 17:31

Jusqu'à ce que le temps l'y accule sans plus lui en laisser la liberté, Valentine avait hésité. Le message griffonné, scellé d'anonymat, lui était resté dans les mains jusqu'à s'en faire froisser par des phalanges blanchies de s'être trop crispées. Il avait perdu le compte du nombre inouï de fois où il avait soumis le fragment de parchemin à un examen minutieux - étudiant l'écriture, le soumettant jusqu'à des sorts de tests avant que de le prendre finalement en main. Et quoique le morceau de lettre ne dégage rien que l'odeur insipide d'un bête papelard, Trevelyan redoutait d'en voir suinter quelques relents refoulant l'embuscade.

Comme il était pratique, n'est-ce pas..? De sous-entendre qu'un enjeu, assez grave pour l'envelopper d'une camisole de secret bien ficelée, méritait la neutralité d'un café littéraire moldu pour en délacer les mystères... De quoi piéger en maître un sorcier imprudent, dénué de toute méfiance, qui investirait l'Exutoire regorgeant de moldus avant qu'ils ne meurent tous, de la main de son hôte certes - mais d'une main que le monde croirait être la sienne. Quoique d'une lâcheté crasse, l'histoire de Pettigrow avait durablement marqué le monde sorcier et ne manquait sans doute pas d'être source d'inspiration aux esprits les plus dérangés.

Et quoi de mieux, tandis que les chiens de la guerre se léchaient déjà les babines, que de rendre un Auror coupable d'une tuerie de masse, ne serait-ce qu'en apparence ? Ta gueule, tu deviens aussi parano que Tara, se morigéna-t-il en vain d'une pensée aussi cinglante que le regard qu'il lança à l'enseigne du bar. Le soleil londonien en dora les contours tandis que Valentine, jetant un regard exercé aux alentours, jetait par terre la cigarette qu'il avait consumée pour l'écraser d'un pied nerveux.

Le cuir de sa mitaine retint la porte qu'un couple amouraché venait tout juste de laisser béante, et l'Auror pénétra dans le dédale de box qui architecturait la pièce. Sans délaisser sa veste en cuir, il balaya les lieux d'un regard bleu d'acier auquel n'échappa pas le signe qu'on lui adressait. Carrant fermement la mâchoire, Valentine se fraya un chemin jusqu'à l'homme désormais debout qui l'attendait dans un recoin plus isolé du café littéraire.

"Aedan Bridewell, enchanté."

A présent qu'il se tenait devant lui, Trevelyan se familiarisa de nouveau avec les traits du professeur qui officiait au sein de Poudlard. Pour l'avoir plusieurs fois croisé au cours des surveillances qu'il exerçait dans les murs du château, l'Auror reconnut le désordre de cheveux noirs, le vert franc des iris.  Il ressemblait à Bridewell, oui. De là à dire qu'il s'agissait réellement de lui...

Il braqua sur Aedan un regard inflexible, ignorant ostensiblement la main tendue.

"Je vous recommande de ne pas encore toucher à votre café.

- Si vous savez à qui vous avez écrit, vous savez aussi que vous pouvez toujours courir pour que je le touche tout court."

Il devait être bien naïf pour s'imaginer un instant que l'Auror s'emparerait d'un breuvage qu'Aedan aurait pu trafiquer à l'abri des regards, quelques instants avant son arrivée. Pour ne pas attirer l'attention sur eux de moldus trop curieux, Valentine s'assit à la place qui lui revenait avec la précision gestuelle d'un félin sur ses gardes, préservant soigneusement un calme incorruptible qui disait son aisance face à toute éventualité.

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MessageSujet: Re: Résistance - Entretien très privé. (PV Trevelyan)   Mer 14 Juin - 15:17

La main d'Aedan se referma sur du vide et il resta en lieu un écho d'amertume. Comme si une convocation à un message anonyme et secret était une mauvaise chose. Les gens étaient-ils donc incapables de se conduire correctement?
Perdu dans ses réflexions, il manqua le début de la réponse de son vis-à-vis.

- ... vous pouvez toujours courir pour que je le touche tout court.

Baissant les yeux sur Valentine, Aedan s'aperçut qu'il était déjà assis. En voila un qui ne perd pas de temps ! L'homme paraissait très suspicieux, alors qu'il n'y avait aucune raison de l'être. Heureusement pour lui, Aedan avait été prévenu par ses amis, et il n'avait pas l'intention de se laisser impressionner. Il lui adressa un sourire engageant, en espérant que cela suffirait à rompre la glace et écarta le café de devant son interlocuteur.

- Je sais à qui j'ai écris, Trevelyan Valentine, 40 ans, auror du Ministère, célibataire et sans enfant, mais cela ne veut pas dire pour autant que je connais vos habitudes alimentaires. Vous préférez un thé, c'est cela? Je peux en commander un.

Il leva le bras pour appeler un serveur qui passait dans le coin avant que Valentine ait pu répondre.

- Un thé pour mon ami, s'il vous plaît. De plus, ajouta-t-il à Valentine, vous avez raison d'être prudent. Mais en l'occurrence, je n'ai rien tenté pour vous empoisonner. La tasse est agrémentée de Veritaserum. Et je ne comptais pas sur une absorption malencontreuse ne vous en faites pas. Ohlala, regardez cette jeune femme !

Une très jeune adolescente venait d'entrer dans le café, toute de rose vêtue, grandie par des chaussures en cuir hautes d'environ 15 centimètres. Exubérante, elle posa un flyers sur leur table vantant les mérites d'il ne savait quel festival de musique avant de ressortir du café. L'audace de la jeunesse ne cesserait de l'émouvoir et un grand sourire déforma ses lèvres quelques secondes avant d'être mouché par la froideur du regard de Valentine.

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Aamon J. Williams
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MessageSujet: Re: Résistance - Entretien très privé. (PV Trevelyan)   Jeu 6 Juil - 18:08

Sourire avenant à l'appui, Bridewell s'efforçait de lui donner des signes de bonne foi que Valentine ignorait pour l'instant sans s'y appesantir - et se fichait pas mal de se donner des airs d'Auror paranoïaque. La prudence était de mise face aux inconnues trop nombreuses de l'entrevue qu'il s'était décidé à joindre, et il n'avait pour le moment aucune intention d'en démordre. La confiance était une chose qu'il n'accordait que trop rarement.

- Je sais à qui j'ai écris, Trevelyan Valentine, 40 ans, auror du Ministère, célibataire et sans enfant, mais cela ne veut pas dire pour autant que je connais vos habitudes alimentaires. Vous préférez un thé, c'est cela? Je peux en commander un.

Sans ciller ni piper un mot, il l'écouta résumer toute son existence à quelques informations de base, que n'importe qui aurait pu dénicher en fouillant ces poubelles qu'étaient les torchons de la Gazette. L'homme lui aurait déballé son adresse, le nom des bars qu'il fréquentait ou celui de Sienna que son sang-froid aurait pris un sérieux coup de chaud - mais Bridewell eut la sagesse de ne rien dire s'il en savait quoi que ce soit, et Trevelyan n'eut aucune réaction.

- Un thé pour mon ami, s'il vous plaît. De plus, ajouta-t-il à Valentine, vous avez raison d'être prudent. Mais en l'occurrence, je n'ai rien tenté pour vous empoisonner. La tasse est agrémentée de Veritaserum. Et je ne comptais pas sur une absorption malencontreuse ne vous en faites pas.

De Veritaserum, tiens donc ? Accusant la nouvelle par un sourcil dangereusement arqué et un rictus qui n'augurait rien de bon, l'Auror passa une main dans l'ébauche de barbe négligée qui partait à l'assaut de ses mâchoires. Il se demanda sincèrement si l'autre se foutait de sa gueule, ou s'il était assez stupide pour croire que lui-même prendrait pour parole d'évangile ce qu'il débitait.

En son for intérieur, Trevelyan prit la décision de ne refuser le thé commandé pour lui substituer un café que quand le serveur aurait déjà pris soin de submerger d'eau chaude un sachet insipide. Ca lui ferait les pieds. On le punissait bien lui de trop l'ouvrir en réunion en lui assignant des missions à s'avader d'ennui ; le serveur pouvait bien être puni par quelques allers-retours de l'allure affreuse qu'il s'était choisie. Lunettes lui mangeant le visage, chemise de bûcheron et barbe soigneusement taillée, il était difficile de croire en voyant un tel spécimen de moldu que tout leur peuple puisse constituer une quelconque menace pour le monde sorcier. Ce n'était pourtant rien comparé à celle qui les aborda en déposant un flyer sur le bord de table, disparaissant dans un tonnerre de talons frisant les échasses vers d'autres tables.

- Ohlala, regardez cette jeune femme !

Tandis que Bridewell tombait en extase devant le ridicule consommé de la tenue criarde, Valentine le toisa d'un regard aussi froid que l'acier gris de ses iris.

- Génial.

Il froissa de sa paume le flyer tapageur. A pas pressés, dont le crépitement se perdait dans le murmure étouffé des conversations ambiantes, le serveur revint en déposant sous les yeux de Trevelyan un thé fumant - eau chaude contre sachet insipide, comme prévu. De sa main gantée de cuir, l'Auror repoussa minutieusement d'un doigt la tasse jusqu'au rebord de table, et, sans jeter un regard au jeune serveur dont son attitude mouchait l'enthousiasme, articula avec soin, sans cesser de regarder Bridewell.

- Un café.

Sans rien opposer que son indifférence à la vexation évidente du serveur, il attendit que celui-ci emmène le spectacle désolant de sa barbe vers d'autres horizons pour mettre les choses au clair avec l'enseignant. L'envie d'une cigarette le démangeait, et il tergiversait encore d'attendre ou non pour devenir vraiment désagréable. Se raclant discrètement la gorge, il se rapprocha de la table et du professeur dans un chuintement de sa veste en cuir.

- Soyons clair, vous et moi. Vous me convoquez à l'anonyme dans un bar plein de Moldus, en pensant que je suis assez con pour prendre pour argent comptant qu'il n'y a pas de poison dans ce que vous me servez. Je ne crois pas un mot de ce que vous dites, Bridewell, professeur de Défense contre les forces du mal à Poudlard, célibataire et sans enfants. Crachez le morceau sur ce qui vous a amené à me contacter ou je me barre dans la minute qui suit.

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MessageSujet: Re: Résistance - Entretien très privé. (PV Trevelyan)   Ven 28 Juil - 16:46

- Génial.

Une longue minute s'écoula durant laquelle Valentine observait Aedan d'un regard qu'il aurait préféré ne jamais croiser. Non pas qu'il était impressionné, on lui avait longuement parlé du caractère emporté et désagréable de son vis-à-vis mais il s'était mis dans la tête l'idée saugrenue que peut-être cet état d'esprit était réservé au travail. Mais non, il n'était pas un agréable personnage souriant et sautillant en dehors de son bureau. Raté.

- Un café.

Aedan fronça les sourcils. Quel grossier personnage. Il lui passa brièvement en tête l'envie de se lever et de le planter là, sans payer sa consommation. Mais non, la Résistance avait besoin d'éléments infiltrés au Ministère, elle avait besoin d'informations. Trop besoin d'informations.

- Soyons clair, vous et moi. Vous me convoquez à l'anonyme dans un bar plein de Moldus, en pensant que je suis assez con pour prendre pour argent comptant qu'il n'y a pas de poison dans ce que vous me servez. Je ne crois pas un mot de ce que vous dites, Bridewell, professeur de Défense contre les forces du mal à Poudlard, célibataire et sans enfants. Crachez le morceau sur ce qui vous a amené à me contacter ou je me barre dans la minute qui suit.

Aedan le regarda droit dans les yeux et but lentement une gorgée de sa tasse. Le café était immonde. Il aimait le café pourtant, en général bien noir, sans sucre, le genre de boisson qui lui donnait mal au ventre mais dont il adorait l'arôme amer sur sa langue. C'était probablement ce bar moldu qui fournissait un café aussi dégueulasse mais il se demandait où ils pouvaient se fournir. Bref.

- Ce café est immonde.

Il se repoussa au fond de sa banquette et accrocha le regard de l'auror. Il n'y avait plus trace d'amusement en lui, ni de bonne humeur factice; il avait voulu rendre cet entretien agréable afin de favoriser la confiance, et Valentine avait mâché ses efforts pour les recracher par terre. Qu'à cela ne tienne.

- Je viens de boire moi-même du Veritaserum, donc tout ce qui viendra maintenant ne sera que pur vérité. J'imagine qu'un personnage rustre et désagréable comme vous sait au moins à quoi sert cette potion. Oups, désolé, la vérité je vous avais prévenu. J'ai entendu parler de vous, par une amie de longue date qui travaille aujourd'hui au bureau des Aurors. Pas la peine de me demander je ne vous dirai pas qui elle est.
Je sais que vous êtes lassé du manque de moyen mis en œuvre par le ministère pour lutter contre les mises à mort de Sorciers dans le pays. Je sais que vous avez envie de faire plus. Avez-vous entendu parler de la Résistance Valentine ?

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MessageSujet: Re: Résistance - Entretien très privé. (PV Trevelyan)   Sam 21 Oct - 17:04

L'acerbe menace de ses derniers mots se fondit dans le brouhaha ambiant. Le temps que Bridewell digère son animosité et la lampée de café qu'il venait d'avaler, les deux hommes se jaugèrent enfin à l'aune d'une honnêteté que Trevelyan commençait à s'impatienter de voir survenir. Tout le monde pouvait bien penser d'un commun accord que son franc parler ne découlait que d'un manque de sang-froid, l'Auror savait être en parfaite maîtrise de son tempérament ; s'il provoquait jusqu'à ce que l'enrobage de politesses s'effrite, c'était par pur désir d'en venir droit au but sans perdre une once de temps à slalomer de flous en demi-vérités. Tandis que le professeur dardait sur lui le regard droit et sans plus de concession qu'il avait attendu, Trevelyan se détendit enfin. Cela aurait mis d'autres que lui trop mal à l'aise, et d'autres encore se seraient sentis coupables d'avoir exaspéré Bridewell jusqu'à ce qu'il jette aux chiens son amabilité.

Pas lui. Cela tenait certainement à son métier autant qu'au caractère qu'on lui connaissait depuis gamin, mais là où beaucoup aimaient se faufiler et se défiler en digressions et faux-semblants, Valentine n'était jamais tant dans son élément que quand tout le monde autour de la table jouait franc jeu. Les apparences ne résistaient jamais longtemps aux aspérités brutes de Trevelyan. Rien dans le subit changement de comportement de Bridewell ne l'émut donc outre-mesure - cela lui décrocha même l'ombre sans joie d'un sourire en coin.

- Je viens de boire moi-même du Veritaserum, donc tout ce qui viendra maintenant ne sera que pure vérité. Les yeux de Trevelyan s'étrécirent et une lueur d'intérêt alluma son regard. Voilà qui équilibrerait un peu la donne et répartissait mieux le pouvoir dans ce petit entretien - si ce café était vraiment mêlé de Veritaserum. J'imagine qu'un personnage rustre et désagréable comme vous sait au moins à quoi sert cette potion. Oups, désolé, la vérité je vous avais prévenu.

L'Auror haussa des épaules indifférentes. Bridewell pouvait même le traiter de connard si ça le chantait, et l'auteur de ce café avec, du moment qu'il cessait de déblatérer sur toute autre chose que l'objet de cette invitation.

- J'ai entendu parler de vous, par une amie de longue date qui travaille aujourd'hui au bureau des Aurors. Pas la peine de me demander je ne vous dirai pas qui elle est.

Nul doute que ça devait être sacrément reluisant, dans son genre. Il se demandait de quelle allure pouvait se targuer ce qu'on racontait sur lui... et qui le racontait. Diana ? Tara ? Jaz ? L'envie lui démangeait de poser la question pour démasquer la responsable de ce murmure d'informations. Si l'enseignant était vraiment sous Veritaserum, il n'aurait aucun autre choix que de cracher le morceau, non ? Trevelyan n'en fit pourtant rien, sentant d'instinct que le noeud du rendez-vous s'apprêtait gentiment à être démêlé dans l'instant qui suivrait. Et si grande était sa méfiance, son désir de savoir l'était désormais tout autant ; il n'était plus question de brusquer Bridewell pour exiger réponse à des questions qui attendraient. Mais il avait bien l'intention de découvrir tôt ou tard - et mieux vaudrait tôt -  l'identité de celui ou celle qui chuchotait dans l'ombre à son sujet.

- Je sais que vous êtes lassé du manque de moyen mis en œuvre par le ministère pour lutter contre les mises à mort de Sorciers dans le pays. Je sais que vous avez envie de faire plus. Avez-vous entendu parler de la Résistance Valentine ?

La question demeura figée dans un suspens que seul brisa le cliquetis de sa tasse de café, déposée là par un serveur au regard noir. Sitôt le jeune homme reparti, Trevelyan accentua le sortilège informulé qui dissimulait leur conversation à d'éventuelles oreilles indésirables.

- Ca et là, commenta-t-il brièvement pour commencer.

La Résistance. Et lui, repu de lassitude face à l'inaction crasse du Ministère, face au manque d'audace intenable des mesures prises par les plus hautes instances. Lui, exaspéré de ne pas pouvoir faire plus, étranglé de frustration par les mains trop passives qui coupaient à court à ses envies de justice. Les faibles réactions du Ministère laissaient aux Aurors du Bureau si peu de marge de manoeuvre qu'ils auraient tout aussi bien pu regarder les meurtres s'empiler en sirotant les bons cocktails de Perdita. Cette discussion prenait un tour qui demandait toute la confidentialité du monde, quoique ses aspirations aient déjà été dévoilées au professeur Bridewell. Devant cet étalage de connaissances sur ce qui le tenaillait, Trevelyan voyait rétrécir le champ des possibles quant à la chuchoteuse de l'ombre. Il n'y en avait qu'une au Bureau pour savoir aussi bien, une seule qui partageait sa rage et toute son impuissance. Tara. L'unique et seule autre femme qui savait, celle dont l'absence hantait ses bras, le rendait fou, celle dont les cheveux blonds n'accrochaient plus sa veste, n'était plus là.

Les mots de Bridewell lui ricochaient en tête, trouvant dans son besoin de faire plus un écho tellement juste que le visage de Valentine devint subitement grave. Avant que de proférer le moindre mot de plus, l'Auror pesa le temps d'un regard absolument franc l'immensité des enjeux soulevés à cette table. L'enseignant pouvait ne lui causer Résistance que dans le seul but de l'appâter, d'attirer sa confiance, mais s'il disait vrai... s'il en était vraiment, il s'en collerait des baffes d'être passé à côté de l'occasion pour préserver sa seule petite sécurité. Des centaines de sorciers attendaient plus de sécurité, eux, chaque damné jour de cette guerre qui passait.

- Un mouvement souterrain de sorciers qui ont envie de prendre les choses en main plus sérieusement que le Ministère, avança-t-il pour préciser le peu qu'il connaissait de la Résistance.

Sienna l'aurait tué de s'intéresser à une organisation officieuse qui se foutait des lois.
Sienna n'était plus là.
Un regain de rage désespérée contre lui-même et le monde entier lui serra la mâchoire. Il fallait qu'il se rende bon à quelque chose, n'importe quoi - qu'il se bouge, qu'il agisse pour la seule cause en laquelle croire qui lui restait. Deux doigts émergeant de sa mitaine de cuir poussèrent d'un geste décidé sa tasse de café encore chaude et fumante en direction de l'enseignant pour qu'il y verse le même sérum qu'il avait lui-même absorbé.  

- Versez. Même si vous savez déjà que je n'ai pas besoin d'une potion pour dire ce que je pense et savoir que j'en ai ma claque. Versez, et on verra ce qu'un personnage rustre et désagréable dans mon genre et vous avons à nous dire sur la Résistance.

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