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 Now I gotta draw a line (pv Pedro)

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MessageSujet: Re: Now I gotta draw a line (pv Pedro)   Mer 31 Mai - 22:33



Now I gotta draw a line
Shae ξ Pedro


La brise légère du mois d'août anglais faiblissait déjà, métaphoriquement, quand Pedro se pencha pour exaucer le caprice enfantin de Shae. Un ouragan leur arrivait droit dessus, au doux nom de Batilda. Son apparence était sèche, austère, ombre d'une beauté d'antan qui semblait encore hanter son regard. En un mot ? Impressionnante. Batilda Mortimez était majestueuse. Shae recula d'un pas précipitamment, honteuse et bouche bée. Le charisme de la dame ne laissait aucun doute, et l'attitude princière qu'elle affichait, l'Elfe de Maison dans ses jupes, forçait au respect. Jamais Shae n'atteindrait ce niveau d'élégance, elle en avait conscience. Pedro s'était reculé aussi vite qu'elle, et ils donnaient l'impression de converser poliment, comme il se devait entre un professeur et son élève. Shae adressa un sourire poli, quoiqu'un poil crispé, à la maitresse des lieux, qui s'écriait déjà :

« Oh tiens ! Nous avons de la compagnie ! Et tu ne m’as pas prévenue mon chéri ? »

Shae se tourna vers Pedro dans l'expectative qu'il la présente, mais le bougre s'était renfermé dans un mutisme sans pareille, l'air sombre. Super. Un poil embarrassée, elle le fixa du regard avec insistance, le silence gênant s'éternisant une poignée de secondes supplémentaires avant qu'il ne daigne lâcher du bout des lèvres...

« Shae, je te présente ma mère … »

Elle le coupa aussitôt, levant les yeux au ciel pour conclure parfaitement sa propre présentation.

« Batilda Mortimez. Bienvenue au Manoir des Mortimez. Vous restez diner je présume ? Nous ferons plus ample connaissance autour d’un bon repas. Belmotrus ! »

Shae hocha la tête, un peu perdue, se laissant embarquer par l'ouragan Batilda en lançant sa propre présentation.

- Je suis Shae Viridian. Merci de votre invitation, madame Mortimez, ce serait avec plaisi-

Ah, la dame élégante ne l'écoutait déjà plus, trop occupée à les entrainer vers la salle à manger, tandis que l'Elfe, dans un craquement sonore, s'était probablement rué vers les cuisines afin de leur préparer un festin. Jetant un regard alarmé à Pedro, la jeune femme suivait Batilda, sa propre laideur semblant ressortir dans le regard acéré de la vieille femme. Elle ne s'était pas sentie difforme quand elle avait eu la cicatrice. Maintenant, elle le ressentait de plein fouet, sachant qu'elle ne vieillirait sans doute jamais de la sorte, avec tant de panache. Son propre destin semblait plus sombre et moins coloré.

Avançant en tentant de garder un air digne, tirant sur ses habits moldus, confortables et à l'exact opposé d'élégants et à la mode sorcière, Shae se sentait aussi mal habillée que l'Elfe de Maison. Elle n'avait pas prévu que sa soirée chez Pedro se transformait en repas huppé en présence de son aristocrate - car on le voyait à ses manières, Batilda avait été habituée au luxe - de mère. La salle à manger était toute aussi démesurée et impressionnante, réduisant les trois sorciers à de petits fourmis à l'échelle de la table, à la longueur impressionnante. Shae se demanda brièvement ce que Pedro pouvait bien faire avec une table aussi longue, lui qui vivait seul et était pour la plupart du temps en ermite dans son Manoir. La demeure était démesurée, tout était démesuré, et elle se sentait presque étourdie de constater les différences qui les opposaient. Pedro lui semblait d'un coup très lointain, aussi bien littéralement que figurativement.

Elle aurait beau courir, jusqu'à en perdre haleine, jamais elle ne rejoindrait son niveau. Elle ne posséderait jamais son propre Manoir, et elle n'aurait jamais l'élégance de Batilda et son aisance aux échanges de politesse. Elle ne serait jamais à la hauteur d'un homme renommé, d'un chercheur. Elle n'était qu'une blonde idiote et défigurée. Une vague de mélancolie commençant à la déstabiliser, elle se secoua un bon coup, se concentrant sur Batilda qui l'assaillait désormais de questions. Le regard de Pedro lui fit bien comprendre qu'elle n'avait pas droit à l'erreur, rajoutant à la pression qu'elle se mettait déjà bien assez toute seule. Il semblait encore et toujours la traiter comme l'étudiante, trop jeune, qu'elle était. Comme si elle allait se mettre à invectiver Batilda et perdre son sang froid, paniquer à cause de leur relation, paniquer tout court. Un sentiment de désappointement profond refit surface, et elle se força à l'ignorer, adressant un sourire poli à la mère de son amant.

- Je rendais visite au professeur Mortimez afin de lui emmener le compte-rendu final de notre expédition au Pérou, dont j'ai déjà envoyé la copie à la Directrice de Poudlard. J'étais en effet l'étudiante de votre fils, jusqu'à cet année, mais j'ai obtenu mon Certificat de Botaniste, et je me dirige donc vers un nouveau champ d'études cette année.

Elle se pencha en avant, détachant sa masse blonde, tentant de dissimuler sa gêne, et par la même sa cicatrice, ses mèches blondes volant devant ses yeux.

- C'est vrai que le professeur Mortimez est amoureux de ses plantes, mais après deux années à les étudier, je le comprends !

Un rire bref, rauque, sortit de sa gorge, et elle continua, bien décidée à satisfaire totalement les attentes de sa future belle-mère, bien que celle-ci l'ignore totalement à l'instant.

- Quant à moi.. Je suis née à Londres, et j'aurais 21 ans bientôt. Je vais étudier les Sortilèges poussés et expérimentaux, afin de continuer les travaux d'invention entamés par mon arrière-grand-père, Vindictus Viridian, que vous devez déjà connaître. Je prévois de continuer à faire de la recherche un bon moment, mais assez parler de moi ! Batilda, je peux vous appelez Batilda ? Parlez moi de vous ! Vous êtes venue prendre soin de notre pauvre professeur qui a eu quelques ennuis avec son bras ?

Rodée à ce genre de diners mondains dans l'enfance quand ses grands-parents tenaient à afficher un minimum d'aristocratie, Shae ne s'en sentait pas à l'aise pour autant. Se trémoussant sur son siège, sa voix faiblissant par instants, la jeune femme n'avait qu'une envie : fuir à Londres et se fumer un bon gros joint de Champifleur.


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MessageSujet: Re: Now I gotta draw a line (pv Pedro)   Sam 10 Juin - 9:40



Now I gotta draw a line
Shae ξ Pedro



Comment expliquer la situation ? Pedro n’était vraiment pas à son aise. Assis à l’autre bout de cette longue table en bois massif, son attention était essentiellement portée sur son assiette. Il ne décrochait aucun regard à sa mère, ni même à Shae. Trop honteux que les deux bonnes femmes puissent dévoiler ses plus sombres secrets l’une à l’autre. Au fond, il espérait qu’elles se détestent. Au moins, il n’aurait pas besoin de mélanger sa vie familiale avec sa vie affective. Pedro aimait les secrets et sa vie était le tableau même d’un grand mystère. Le dos légèrement vouté, les épaules avachies, il n’était pas à son aise, au contraire de Shae qui paraissait totalement détendue. Il était ce petit garçon de 8 ans, écoutant les remontrances de son père au beau milieu d’un repas familial.

Batilda écoutait la jeune sorcière avec une oreille attentive et hochait la tête en signe d’approbation, à chaque information. Elle semblait boire avec un certain plaisir toutes les paroles de Shae. Mais son regard se figea intensément lorsque la jeune Viridian lui demanda la raison de sa visite. Lentement, elle tourna un regard inquisiteur vers son fils qui faisait mine de l’ignorer. Comment avait-il pu lui cacher ça ? Comment son unique fils avait pu lui mentir sur sa santé défectueuse ? D’instinct, elle resserra ses doigts malingres sur sa fourchette en argent, puis adressa un sourire forcé et pincé à Shae.

« Hé bien, je suis heureuse de voir que mon fils s’investi autant auprès de ses élèves. De mon temps, les professeurs n’invitaient pas leurs étudiants au sein de leur vie privée. » répondit-elle d’un air solennel, mais sur un ton légèrement sec.

D’un signe de la main, elle demanda à l’Elfe de Maison de leur servir à tous du vin. Des verres en bronze lévitaient dans les airs, puis se remplissaient au fur et à mesure d’un rouge sombre, dont les fragrances d’un automne passé sublimaient les odorats les plus délicats. Tout dans cette pièce était richement décoré. De la simple cuillère, au plus grand tableau. Pedro était un homme simple, qui se satisfaisait de peu. Il était donc étonnant qu’un homme humble puisse décorer sa demeure avec des gouts de grand noble. Mais il suffisait de voir Batilda pour comprendre que tout ceci était son œuvre. Une fierté qui s’affichait clairement sur son visage.

« Non … absolument pas. Je viens ici, car je suis en partie chez moi. Tout ceci est mon œuvre. » dit-elle en écartant les bras pour indiquer l’ensemble du bâtiment. « Pedro est mon fils et sans mon soutient et ma présence, il n’aurait jamais pu être ce qu’il est aujourd’hui. »

Totalement faux. Pedro n’avait jamais eu besoin du soutient de ses parents pour exceller dans son domaine. D’ailleurs, la relation avec son père était plus que tendue et sa mère n’avait pas vraiment arrangé les choses en se mêlant de tout. Pourtant, Pedro ne pipa mot face à la remarque totalement déplacée de sa mère. Il se contentait d’analyser chaque petit pois dans son assiette, comme si le moindre défaut accordait toute son attention.

Batilda joua des longues plumes légères qu’arborait son chapeau. Les lèvres légèrement pincées, elle accorda toute son attention sur Shae. Elle avait ce regard étrange et perçant, qui pouvait vous mettre mal à l’aise dès qu’elle insistait trop. Souhaitait-elle pourfendre le bouclier invisible de la jeune femme et pénétrer son âme ? C’était un peu l’impression qu’elle donnait sur le moment. Batilda avait tout d’une grande dame. Son caractère, son allure, sa façon de s’habiller, tout en elle lui donnait de l’importance et émanait d’elle un grand respect. Un respect dicté par la peur de découvrir comment elle pourrait réagir en cas de faux pas.

« Vous êtes bien trop curieuse Miss Viridian. Mais je vais vous répondre, vous que mon fils a décidé de jouer la carpe ce soir … J’étais Médicomage à Sainte Mangouste. J’ai commencé ma carrière comme herbologiste, puis je me suis spécialisée dans la confection des poisons et antidotes. Par la suite, j’ai intégré Saint Mangouste comme infirmière aux soins des empoisonnements. Petit à petit, j’y ai fait mon nid et avec l’expérience et quelques diplômes, j’ai obtenu le grade de Médicomage. Mais rester à Saint Mangouste ne me suffisait pas. J’ai décidé de partir en expédition vers d’autres pays, comme la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Tunisie ou l’Afrique. On y découvre des empoisonnements bien différents de chez nous. J’ai pu rencontrer des Sorciers extraordinaires, des Chamans, des Druides, qui m’ont beaucoup appris. Puis j’ai eu mon petit Pedro et je m’en suis occupé quelques années. Mais rapidement, Sainte Mangouste m’a demandé de revenir, car ma spécialisation développée en matière de poison et antidote était telle qu’on ne pouvait se passer de moi. J’ai exercé au sein du plus grand département de Londres, puis à la fin de ma carrière, j’ai principalement formé nos futurs Médicomages. Maintenant je suis à la retraite et je m’occupe de cet endroit insalubre que mon fils laisse dépérir … »

Elle jeta un regard froid en sa direction. Batilda était déçue. Déçue de savoir que son fils lui avait caché ses problèmes.

« Mais vous m’avez dit qu’il a des problèmes avec son bras ? Quels genres de problèmes ? »

Soudain, Pedro se leva brusquement de sa chaise, puis posa lourdement ses poings sur la table. Il toisa d’un mauvais œil sa mère et Shae. Se jouaient-elle de lui ? Une sueur froide perlait sur son front. Il se sentait mal, la nausée au bord des lèvres. Le poison faisait à nouveau son effet … ce traitement n’était pas aussi efficace qu’il le pensait. Pedro quitta promptement la salle à manger, claquant la porte derrière lui.

« Hé bien jeune fille … allez voir ce qu’il a au lieu de rester plantée là comme une souche de Snargalouff ! » lança Batilda à l’adresse de Shae, comme si elle parlait à un Elfe de Maison.

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MessageSujet: Re: Now I gotta draw a line (pv Pedro)   Dim 11 Juin - 2:55



Now I gotta draw a line
Shae ξ Pedro


La soirée aurait pu bien se dérouler. Ils auraient pu n'être que tous les deux, par exemple. Apprécier la solitude d'être ensemble, la tendresse des bras de l'autre, une complicité qu'ils ne partageaient que dans le secret le plus total et en l'absence des autres. Ils auraient pu oublier le monde extérieur et vivre joyeusement, avec une bonne bouteille de vin, un repas simple et des draps de lin blanc. Idéalement, elle aurait pu fumer dans le parc en observant les étoiles, puis aller prendre soin de certains variétés de plantes en sa compagnie. Elle aurait pu explorer le Manoir comme une enfant curieuse, elle aurait pu se sentir à l'aise.

Elle aurait pu. Mais ce n'était pas le cas, et ce ne serait probablement jamais le cas. Tous ses espoirs étaient - pire encore que des espoirs - des fantasmes. A la lueur des bougies, le visage sévère de Batilda semblait perdre tout son charme et sa chaleur d'auparavant. Shae se demanda un instant ce qu'elle avait bien pu faire de mal, avant de se reprendre, son agacement prenant le dessus. La situation entière lui tapait sur les nerfs, entre le comportement de petit garçon de Pedro et sa mère qui semblait être aussi soupçonneuse et possessive qu'une goule. Merde à la fin ! Agrippant sa fourchette, elle se mit à manger en ignorant le ton sec de Batilda, lui retournant un sourire affable. Être discrets, avait-il dit. D'accord. Mais si elle devait aussi être discrète chez lui, et lui chez elle... Cela ne leur laissait aucun endroit à eux.

Surtout quand il s'efforçait d'ignorer la situation et la conversation. Shae le fixait du regard, clairement agacée et blessée de sa réaction, tandis que Batilda poursuivait, son verre de vin à la main, tout en la taclant bien au passage. Lui faisant comprendre que la demeure était quelque part, aussi chez elle. Ce qui n'était pas le cas pour l'invitée sans importance que représentait Shae ce soir. La lourde décoration ouvragée et tapageuse, aux antipodes des goûts de Pedro, était la patte, la griffe, la serre sans merci de Batilda, et Shae était une gêne dans ce tableau. Elle n'y avait pas sa place aux yeux de la matriarche et sans l'appui de son aimé, de celui pour qui elle aurait affronté d'autres dragons... Et bien elle se sentait gênée. De prendre une place clairement non-désirée, et de devoir subir les regards scrutateurs et perçants de la mère de son amant.

Le récit de sa vie, ses accomplissements, le tout ponctué d'un orgueil sans pareille, la laissa sans voix. Ce n'était qu'un échange de politesses, sans grand intérêt, et Shae n'écoutait que d'une oreille, fixant Pedro sans relâche tandis qu'il ne daignait même pas relever ne serait-ce qu'une fois le visage. S'emparant de sa coupe de vin et en buvant un trait, Shae acquiesçait mollement aux paroles de Batilda. Pedro ne releva pas une seule fois le visage et un sentiment effroyablement prodigieux de colère et de désappointement mêlés prenaient possession d'elle. Elle commençait à en avoir assez. Des mensonges, des non-dits. Des interdits. Shae n'était pas le genre de personne à faire les choses à moitié et à s'interdire de parler quand quelque chose la turlupinait. La colère qui montait en elle culminait lentement, comme le café qui monte dans une cafetière italienne.

Elle déplia lentement ses jointures blanchies de la fourchette, Batilda finissant par assener une question qui révéla la nature du problème. Pedro n'avait pas parlé de son bras à sa mère. Elle aurait dû s'en douter, il ne parlait jamais de rien, à personne. Mais elle avait cru comprendre que sa mère était venue spécialement pour sa convalescence, et en avait tiré la conclusion naturelle que Batilda savait, et que Pedro ne verrait aucun inconvénient à sa question des plus innocentes. Visiblement, elle avait eu tort, et ce tort avait conduit Pedro à se renfermer telle une huitre, puis quitter brusquement la table avec un regard noir et un bruit sourd.

Sonnée, elle le regarda quitter la pièce. Sérieusement ? Il l'abandonnait ici, seule avec sa mère agressive et son Elfe de maison hargneux ? L'ordre qui claqua la fit sursauter, et eut au moins le mérite de lui remettre les pieds sur terre.

« Hé bien jeune fille … allez voir ce qu’il a au lieu de rester plantée là comme une souche de Snargalouff ! »

Shae se leva brusquement, repoussant sa chaise dans un crissement sourd contre le sol, décochant une oeillade noire à Batilda qui s'en offusqua presque immédiatement. Elle prit une large inspiration et siffla entre ses dents, s'efforçant de ne pas remettre la vieille pie à sa place, et avança vers la porte que venait de prendre Pedro, déjà saoulée par toute la soirée. ouvrant brusquement la porte, elle le trouva, couvert de sueur, l'air mal en point, penché sur l'évier, le visage souffrant. Oubliant presque sa colère, elle s'avança prudemment vers lui.

- Pedro ? Tout va bien ?

Elle était fatiguée en réalité, déjà, de devoir se taire. Elle aurait dû le savoir, que la situation mettrait ses nerfs en péril. Elle avait bêtement cru que "l'amour" lui permettrait de surmonter ce genre de choses pourtant si naturelles pour elle, et elle s'était trompée. Maintenant, elle faisait face à un mur de taille, et l'agressivité qu'elle ressentait chez Pedro lui donnait envie de rétorquer avec tout autant d'agressivité et de colère. Il était la raison de ses nerfs en péril. Il était la raison du Pérou, il était la raison pour laquelle elle avait encore des cauchemars des semaines après, et qu'elle avait l'intime conviction que les cauchemars ne partiraient jamais vraiment. Elle lui en voulait, et elle l'aimait, alors elle s'en voulait de lui en vouloir. Elle s'en voulait d'être une quiche incapable d'exprimer convenablement ses sentiments, tout en ayant l'intime terreur de le faire.

Que se passerait-il si elle lui brisait le coeur ? Que se passerait-il si il le faisait en premier ? Elle le voyait déjà, dans sa moindre netteté, cette scène ignoble durant laquelle il lui expliquerait que leur relation était trop risquée, pas assez raisonnable, pour  un homme comme lui, et qu'elle serait jetée comme un vieux mouchoir. Oh elle lui compliquerait la tâche c'est sûr, mais la fin serait la même. Elle serait blessée, en pièces, déjà plus abimée qu'elle ne l'était déjà. Et il serait gagnant, dans son grand manoir, avec sa maman pour s'occuper de lui et ses plantes. Serrant la mâchoire, elle se préparait déjà au pire, sa colère grondant toujours dans le fond de ses entrailles. Elle avait une envie de confrontation presque sur-réelle, et certainement très peu saine, mais elle n'examinait et ne remettait jamais rien en question. Elle vivait et agissait.

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MessageSujet: Re: Now I gotta draw a line (pv Pedro)   Mar 13 Juin - 23:11



Now I gotta draw a line
Shae ξ Pedro



Alors que Shae se levait pour quitter la table et rejoindre Pedro, Batilda tapota ses lèvres sèches sur une serviette en coton blanc. Elle lorgnait la jeune sorcière balafrée d’un œil méfiant. Une si jeune femme dans la demeure de SON fils ? Comment pouvait-elle autoriser cela ? Elle avait trop vécu dans la méfiance de voir son mari lui filer entre les doigts, qu’elle ne pouvait pas supporter l’idée que son unique fils pourrait un jour quitter son amour écrasant. Elle n’avait que Pedro. Pedro était sa vie, son cœur, son souffle. Même s’il approchait des 40 ans, elle n’arrivait pas à se faire à l’idée qu’il puisse un jour se détacher d’elle. Qu’il puisse refuser son aide. Elle était vexée par l’idée même qu’il ait eu le toupet de lui cacher son problème de bras. Etait-il en mauvaise santé ? Qu’essayait-il de faire en éloignant sa mère ? Déçue et désarçonnée, Batilda lança un regard froid et ampli de mépris à l’Elfe de Maison. Celui-ci, sentant qu’il n’était pas bon de rester dans les parages plus longtemps, disparut dans un claquement de doigt sonore.

Batilda se leva à son tour pour se diriger vers l’une des grandes fenêtres étroites donnant sur le jardin resplendissant de Pedro. Sa pâte, son œuvre. Tout ce que Pedro entreprenait, Batilda se l’appropriait. Après tout, il était son fils, sa création, son œuvre. Alors n’était-elle pas en partie responsable de sa notoriété, de son intelligence et de sa créativité ? Cette pensée l’apaisa. Elle lâcha un long soupire et décontracta ses doigts malingres de sa baguette magique. Et dire qu’elle était prête à intervenir dans le Hall du Manoir et jeter cette « Chayé » de leur relation mère-fils.

De l’autre côté du mur, Shae s’était précipité vers Pedro. Il était dans un piteux état. Son front perlait d’une sueur froide, signe d’un véritable affaiblissement. Sa main et son bras le lancinaient d’une manière drolatique, comme si la plante vénéneuse venait tout juste d’infuser son poison d’une coupure tranchante. Pourtant, aucune plaie n’était visible sur son bras. Seul le circuit de veines gorgées d’un venin noir s’agrandissait jusqu’à l’extrémité de son biceps. Pedro ne savait plus quoi faire. Cette situation devenait pesante, tant pour lui que pour Shae. Mais pourtant, il ne pouvait pas se résigner à lui en parler. Pourquoi ? Parce qu’il s’agissait de son problème. Car au fond, il savait qu’il n’y avait aucun espoir. Et que s’il avouait à celle qu’il chérissait le plus au monde que sa vie ne tenait qu’à un fil, alors il avait de grandes chances de la voir fuir. Car elle n’était pas assez solide, assez forte pour encaisser une nouvelle pareille. Car elle était encore trop jeune et trop indécise. Malgré ce qu’elle avait vécu, affronté durant ces dernières années, Shae n’était qu’au début de sa vie.

Pedro n’était qu’un vieux débris, un déchet, un bon à rien … il avait toujours eu ce sentiment qu’un mauvais sort s’était abattu sur lui dès le plus jeune âge. Ses relations avec les filles avaient toujours fini en catastrophe. A croire qu’il était maudit. Il se rappelait encore de son dernier et unique amour, encore gravé au fer rouge dans son cœur de pierre. Line Breakstorm. Une jeune botaniste en herbe qui avait partagé avec lui ses années étudiantes et son amour pour les plantes. Et Shae lui rappelait beaucoup Line. La même fougue dans les yeux, le même caractère bien trempé. Mais elles étaient bien différentes. L’une était en vie, l’autre était morte il y a bien longtemps.

Sa vue se brouillait. Des larmes pointaient le bout de leur nez. Pedro se sentait mal, terriblement mal. Il contracta compulsivement sa mâchoire, essaya de ravaler toute la douleur qui l’habitait, inspira un grand coup, puis tourna son regard de chien battu vers sa douce et tendre. Elle était là, le regard ampli d’inquiétude et de colère. Pourtant, aux yeux du professeur, son visage rayonnait de douceur, d’un amour tendre et parfait. Elle était belle, encore plus belle avec cette cicatrice qui lui barrait la moitié du visage.

D’une main délicate, tremblante, mais tendre, il lui caressa la peau. Le grain de sa peau, les fragrances de son parfum subtile, le toucher de ses mèches rebelles, tout en elle le faisait frémir, vibrer. Il se mordit la lèvre inférieur et sans un mot, glissant sa main calleuse et ferme derrière la nuque pour l’embrasser. Cette saveur n’avait pas de mot. Cet échange de baiser mouillé par les larmes était curieusement doux et agréable. Il émanait quelque chose de serein, de confortable et d’étrangement rassurant. Pedro enveloppa Shae de ses bras noueux et solides, tel un grand aigle protecteur. Il avait besoin d’elle, besoin de la voir s’épanouir à ses côtés. Mais était-ce mission impossible ? Est-ce que leur amour était voué à l’échec ? Etait-elle capable de l’aimer et de surmonter les épreuves dont ils allaient devoir faire face ? Il n’en savait rien. Et bizarrement, il s’en fichait, tel un adolescent impétueux.

« Ca va … » dit-il en dégageant une mèche blonde derrière son oreille.

Il plongea son regard dans le sien, la dévorant de tout son être. Le silence valait tous les mots du monde. Pedro était fort dans ce domaine. Ne rien dire, laisser le silence prendre place et apaiser les consciences. C’était une force tranquille, un homme d’un calme profond et parfois révoltant. Jamais il ne s’était énervé contre elle, jamais il n’avait porté la voix contre elle. Pedro s’était toujours convaincu de la pousser vers le haut pour lui donner plus de confiance, plus d’autonomie. Il voulait la pousser vers ses limites, ses retranchements pour faire d’elle une sorcière exceptionnelle et talentueuse. Et il avait réussi. La vie était encore longue à parcourir. Shae avait encore un bon bout de chemin à tracer et des obstacles à gravir et affronter. Mais il était convaincu qu’elle y arriverait. Car il avait toujours cru en elle.

Oui. Il avait toujours cru en elle. Alors, maintenant, à elle de croire en lui. Il laissa échapper un lourd soupire, puis détourna le regard. Ca lui arrachait la gueule de lui parler de ça, de s’ouvrir enfin. De parler. Mais il le fallait. Il sentait que son cœur était lourd, trop lourd pour garder ce secret plus longtemps. Ca le fendait en deux. Ca le brisait de devoir exposer sa faiblesse.

« Non … en fait non, ça ne va pas. » dit-il dans un murmure presque inaudible. Il retroussa la manche de sa chemise, puis pointa son avant bras sous les yeux de Shae. « Cette chose me détruit à petit feu. Je n’ai pas trouvé de remède. Rigel me l’avait dit, il n’y en a pas … il n’y en aura jamais. Je suis condamné à mourir Shae. »

Silence. Il se sentait minable, faible, pitoyable. Autant mourir maintenant, sous ses yeux, pour que tout soit fini. Il ne voulait surtout pas qu’elle le considère avec de la pitié ou de la tristesse. Il ne souhaitait pas affronter ce qu’il avait toujours repoussé, fuis. Le professeur passa une main dans ses boucles brunes, l’air gêné et inquiet par la réaction de son aimée.

« Enfin, tout le monde est condamné à mourir … mais bref, tu as compris le message. Je … je ne sais pas combien de temps il me reste… La seule chose que je sais, c’est que … ce poison … ce truc noir qui parcourt mon corps … me rend malade. Il détruit mes cellules … Mais le pire … c’est que … je … je perds peu à peu mes pouvoirs. Je ne sais pas si tu as remarqué …, mais je n’utilise quasiment plus ma baguette magique …»

C’était difficile. Terriblement difficile de prononcer ces mots. Il avait l’impression d’être un Cracmol. De ne plus avoir sa place en tant que sorcier. Il était condamné et se sentait mourir avant l’heure. Perdre ses pouvoirs était quelque chose de terrible pour un sorcier. C’était comme perdre une partie de son âme, de son existence, de qui il était durant toutes ces années. Mais est-ce qu’elle arrivait à le comprendre ? Est-ce qu’elle arriverait à comprendre pourquoi il lui avait caché la véritable cause de son tourment ? Pedro déglutissait péniblement. Il avait l’impression d’avoir une enclume dans l’estomac. Jamais il ne s’était senti aussi mal à l’aise.

« Je … je suis désolé Shae. Désolé de t’avoir menti. Désolé vraiment … »

Les larmes noyaient ses yeux. Il se retenait pourtant de craquer, de pleurer comme un sale gosse. Comme d’habitude, il ravalait sa tristesse et essayait de ne rien transparaitre. Mais c’était peine perdue. L’honnêteté, le secret dévoilé, la maladie, l’inquiétude, l’angoisse, la peur … tout, absolument tout se lisait sur son visage.

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MessageSujet: Re: Now I gotta draw a line (pv Pedro)   Jeu 15 Juin - 22:42



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Shae ξ Pedro


Elle entendit comme un reniflement, et son monde s'effondra. Pedro pleurait. Oh il essayait de lui cacher, sans tourner la tête vers elle, penché sur son évier comme une âme en peine, mais elle avait entendu. Elle avait perçu. Son monde s'effondra, et elle sentit sa colère s'envoler. Elle ne savait comment agir. Les larmes la mettaient mal à l'aise au plus haut point. Elle s'était sentie prête à tout gérer, mais face à sa faiblesse, ses blessures ouvertes et à vif, elle se sentait minuscule, dépassée, bonne à rien. Pedro pleurait, et Shae sentait son coeur se briser à chaque larme, sa souffrance se déversant sur elle comme un torrent. Elle n'avait pas vu, elle n'avait su voir, les signes inquiétants, la maladie, la souffrance. Les traits soudainement tirés, elle s'approcha encore, doucement, comme sur un fil tendu qui à chaque instant aurait pu céder.

Elle attendit. Patiemment, silencieusement, qu'il s'ouvre à elle. Malgré tout, elle était encore là, parce qu'elle y croyait, dur comme fer. Il était le seul à lire en elle, et elle était la seule à lire en lui. Leur relation était un de ces ouragans desquels on ne sort pas indemne tant on se plonge dans l'autre. Le vent, la pluie, mêlés, en action, sans communiquer mais en agissant. Pedro sembla finalement rassembler suffisamment de force pour affronter son regard, et l'attira contre lui sans un mot, l'embrassant avec une ardeur qui fit précipiter son rythme cardiaque. Comme un noyé, comme le vent et la pluie se liant pour former un ouragan plus immense encore. Enfin, finalement, ils se relâchèrent, perdus dans le regard azuré de l'autre, Shae cherchant désespérément une explication au fond de son regard océan. Il ne révéla rien, rien d'autre que l'amour et une flamme vacillante de peur qui restait, permanente, au fond de son regard. Elle frémit et entrouvrit les lèvres quand il lui assura qu'il allait bien, prête à lui dire qu'elle savait qu'il mentait.

Qu'elle savait au plus profond, qu'il restait seul avec ses pensées, ses secrets. Qu'elle était jeune, qu'il avait déjà vécu. Qu'il ne s'ouvrirait pas si facilement, qu'il ne serait jamais totalement honnête avec elle. Elle pensait pouvoir faire avec, elle pensait réussir à garder leur relation au dessus de tout le reste. Ses yeux devinrent humides, et elle s'écarta très légèrement, presque imperceptiblement, quand soudain, il reprit, s'ouvrant d'une façon qu'elle n'aurait jamais pensé possible. Ses pensées tourbillonnèrent dans l'étonnement le plus total tandis qu'un air surpris se peignait sur son visage. Bouche bée, elle l'écouta lui parler de tout, ce qu'il lui avait caché depuis le début. Sur ses traits se peignirent un air douloureux, et elle recula totalement.

Il allait mourir. Elle s'éloigna d'un bon pas. Et il ne lui avait pas dis. Elle recula d'un autre pas tandis que les éclats de son coeur brisé parsemaient le sol. Elle savait que cela arriverait, d'une manière ou d'une autre. Qu'il lui briserait le coeur. Mais de cette façon ? De ce ton, défaitiste au possible, de ce regard, désespéré et triste ? Une colère froide l'envahit et elle dut se contenir. Toute la sincérité de Pedro se peignait sur son visage, et le regret qu'elle lisait ne lui suffisait pas. Ne lui suffisait plus. Elle s'entoura de ses propres bras, comme pour se protéger, et des larmes envahirent ses propres yeux, reflets de celui qu'elle aimait. Des sanglots saccadés la secouèrent, tandis qu'elle tentait désespérément de les refouler, aussi, fit-elle la seule chose capable de la tenir éloignée de sa propre tristesse. Elle se mit en colère. En rage. Furieuse, comme l'ouragan qu'ils étaient censés être. Indestructible, comme ce qu'ils étaient censé être. Elle lui jeta un regard blessé, et se détourna, attrapant une assiette d'un mouvement brusque qu'elle jeta au sol. Le bruit de porcelaine brisée lui donna le courage et des éclats dans sa voix enflèrent.

- NON ! Tu n'as pas le DROIT de penser ça ! Tu n'as pas le DROIT d'ABANDONNER !

Elle se retourna vers lui, furieuse, marchant jusqu'à le secouer, ses sanglots déformant sa rage en un espèce de désespoir.

- COMMENT OSES TU ! ME DIRE CA ! COMME SI CE N'ETAIT ... comme si... TU AVAIS DEJA ABANDONNE !

Elle pleurait encore plus fort, sa voix se cassant, tandis que toute la misère du monde semblait s'affaisser sur ses épaules. Un élan de colère la reprit, et elle le secoua encore plus, tapant de ses poings sur son torse.

- Tu vas te battre ! Tu m'entends ? Et on va trouver une solution !! Mais tu n'as pas intérêt de me faire ça ! De penser que tout se finit maintenant, cette année, dans un futur proche !

Elle finit par fondre en sanglots, s'agrippant à lui en reniflant terriblement, noyée dans son propre désespoir. Il n'avait pas le droit de lui faire ça. Pas le droit de l'abandonner, pas quand elle l'avait déjà vu mourir une fois, pas quand elle avait déjà cru le perdre, pas quand elle pensait l'avoir retrouvé miraculeusement pour de bon. Il n'avait pas le luxe de mourir deux fois. Il était revenu une fois, il ne repartirait plus, elle s'en était fait le serment. Son regard désespéré, toute la situation, était d'un grotesque tragique et sa rage n'était qu'une réponse purement instinctive à son désespoir, parce qu'elle se refusait d'y céder. Elle était furieuse qu'il semble accepter les évènements, furieuse qu'il n'ait rien dit, furieuse qu'il pense pouvoir la lâcher ainsi, dans une révérence purement tragique. Hors de question. Elle reviendrait le chercher si il le fallait.

Le bruit d'assiette cassée n'avait pas pu passer inaperçu. Batilda et l'autre là, l'Elfe de Maison, allaient débarquer et ruiner leur intimité. Shae continuait de s'agripper au torse de Pedro, rageusement, les yeux pleins de défi, prête à en découdre.

- Allons-nous en d'ici. Pour la nuit. Allons à Londres, n'importe où. Juste toi et moi. S'il te plait. Je t'en supplie.

Son ton, suppliant mais ferme, ne laissait place à aucune réplique. Elle l'aimait, et elle voulait qu'ils soient heureux. Et là, il n'avait pas l'air heureux. Alors elle allait le rendre heureux. Même si ce n'était que pour une nuit, une échappée belle à la faveur des étoiles, un transplanage dans un lieu secret, dans lequel ils pourraient échapper à la dure réalité, une nuit, une seule. C'était tout ce qu'elle lui demandait, tout ce dont elle avait besoin.

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MessageSujet: Re: Now I gotta draw a line (pv Pedro)   Sam 17 Juin - 15:12



Now I gotta draw a line
Shae ξ Pedro


Pedro ne s’attendait pas à une telle réaction de la part de Shae. Elle le martelait de coups, l’accusait d’avoir laissé tomber trop tôt. Pourtant, depuis le Pérou, le Botaniste n’avait pas arrêté un seul instant de chercher un remède. Une solution qui lui permettrait de retrouver sa magie, de revivre des instants forts et de continuer cet « idylle » avec Shae, car elle lui avait redonné un soupçon d’espoir. Un espoir qui s’était volatilisé le jour même où Rigel lui avait coupé la main. Il puisait sa force et son courage en elle. Ils ne formaient qu’un. Alors oui, il pouvait comprendre sa colère et son désarroi. Il pouvait comprendre que sa future disparition allait l’anéantir. Mais elle devait l’accepter, car de toute évidence, aucun traitement ne permettrait de faire barrage au poison. Il le sentait, telle une armée de mille aiguilles, parcourir le circuit de ses longues veines et artères. Il voyait son sang se noircir et la magie s’en aller avec. Qu’allait-il devenir ? La vie se dissipait doucement et ça, Pedro le sentait. Il ne pouvait pas le nier.

Combien de temps tiendrait-il encore ? Aucune idée. Alors il se contenta de sourire. Un sourire fragile, discret, mais pourtant là, bien présent. Elle continuait de crier, de lui cracher sa rage au visage, pour doucement se calmer. Shae était une tempête. Un petit tourbillon qui prenait différentes formes au gré de ses humeurs. Et c’est bien ça qui l’avait séduit. Parce qu’elle dégageait une fougue sans nom, une vérité absolue. Elle n’avait pas peur des conséquences, des regards des autres et des jugements. Elle se fichait bien de ce que son entourage pouvait croire ou dire. Ce qui comptait c’était elle et lui. Rien d’autre.

Elle lui proposa plus calmement de s’en aller d’ici. De vivre un moment ensemble, seuls, loin des jugements, et des raccordements à sa maladie. Une nuit ou deux à Londres, profitant seulement de la douceur et de la chaleur de leurs corps. Comment refuser face à ces yeux larmoyants ? Comment décliner l’invitation face à la crise qu’elle venait de lui faire ? Pedro glissa ses doigts dans ses boucles blondes, puis étira ses lèvres perdues dans une barbe mal rasée. Il était prêt. Prêt à faire le grand saut avec elle, revivre sa jeunesse perdue une seconde fois. Shae lui faisait le même effet qu’un retourneur de temps. Il se sentait revivre, il se sentait plus vigoureux et plus téméraire. Mais avant même de prononcer ces simples mots « oui, partons », la porte s’ouvrit brusquement.

La silhouette longiligne de Batilda se dessina dans l’encadrement de la porte. A ses côtés, l’Elfe de Maison qui courbait l’échine, comme s’il venait de subir une salve de coups de fouet dans le dos. Le visage de la vieille sorcière était fermé. Ses lèvres pincées, sa peau sèche, son regard noir, elle n’avait pas l’air de très bonne humeur ... Dans sa longue robe noire qui faisait ressortir ses formes anguleuses, Batilda émanait quelque chose de terriblement dangereux. Et ça, Pedro et Shae pouvait le ressentir sur plusieurs mètres tout autour d'eux. La main de Pedro se resserra automatiquement dans celle de Shae. Il avait presque 40 ans, certes, mais face à une femme comme sa mère, Pedro n’osait broncher. Pour couronner le tout, sa baguette n’avait plus vraiment d’utilité. Hormis quelques sorts de base, il était incapable d’être menaçant ou de se battre.

« Oh que non ! Vous n’allez nulle part mes chéris ! » grinça Batilda d’une voix rauque.

Pedro se raidit. Se battre avec sa mère était impossible. Elle avait des années d’expériences en magie devant elle et connaissant son caractère fourbe, il savait qu’elle avait plusieurs tours dans son sac. Alors protester, contester, ériger une barrière était une perte de temps. Mais il n’allait pas lui laisser le doux plaisir de dicter sa vie. Bombant le torse - malgré une force physique très amoindrie - Pedro avança d’un pas décidé vers sa mère.

« Non. Laisse nous tranquille. Je fais ma vie comme je l’entends … je ne suis plus ton petit garçon et ça, depuis bien des années. Retourne chez toi maman, et laisse moi tranquille. Si tu m’aimes autant que tu le prétends, laisse moi tranquille … »

Batilda resserra ses doigts osseux sur sa baguette magique qu’elle brandissait face à Shae et Pedro. Ses lèvres se compressèrent si fort l’une contre l’autre qu’on aurait cru les voir disparaître dans le pli de ses rides. Malgré la colère qu’elle dégageait, elle n’en restait pas moins belle, menaçante et classe.

« Te laisser partir ? » lança-t-elle sur un ton dédaigneux. « Mais mon pauvre garçon, tu as perdu la tête ? Tu es malade je te rappelle. Et tu dois suivre un traitement. Ce mal qui te ronge t’a complètement grillé les neurones. Tu écouterais d’avantage une pauvre sotte qui n’a qu’une seule envie qui est de te sauter dessus, plutôt que ta mère ? Ta pauvre mère qui se fait du soucis pour toi ... car tu l'aurais peut-être oublié, mais je t'aime. Oui je t’aime Pedro. Bien plus que cette gamine pourrie gâtée. »

Les propos de Batilda étaient puérils, bas et démunis de bon sens. Pedro fronça les sourcils et essaya de se concentrer pour faire front. Mais il sentait que le poison faisait effet une seconde fois. Des flashs blanc lui brouillèrent la vue. Il massa douloureusement ses tempes, puis contracta tous ses muscles pour garder l’équilibre. Il n’allait pas bien, c’était évident.

« Désolée mon chéri, mais je fais ça pour ton bien. Regarde toi, tu ne tiens plus debout. Tu perds la tête. Et cette fille ne fait qu’aggraver ton état. »

« Maman … arrête. Arrête ton cinéma. Cette fille, comme tu dis, je l’aime. Elle s’appelle Shae Viridian et je l’aime ok ? Tu devras t’y faire, tu devras vivre avec cette idée en tête ! Tu n’es pas la SEULE femme dans ma vie ! »

« Oh je sais bien Pedro chéri … et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai supprimé la première femme de ta vie pour que ta « vie » ne tourne pas en cauchemar. »

« Pardon … j’ai … j’ai … pardon ? TU AS QUOI ?? »

La colère était montée avec une telle puissance que Pedro vacilla, perdant l’équilibre et se rattrapant in extremis sur le bord d’une table. Il n’en croyait pas un mot, c’était impossible … Improbable. Line … elle avait tué Line ? Le botaniste fixait le vide, sentant le monde se dérober sous ses pieds. Batilda était folle, ou alors il avait mal entendu ? Non, non, non, non, non ! Son corps suait de toute part. Tout son organisme luttait entre la maladie et la rage qui le dévorait de l’intérieur. Il haïssait cette femme. Il la détestait tellement … Se rendait-elle compte qu’elle lui avait pourri sa vie ?

« Oh n’en fait pas tout un plat ! Si Line était encore de ce monde, tu n’aurais jamais eu de but dans la vie. Tu n’aurais jamais essayé de te surpasser pour en arriver où tu en es aujourd’hui. Mais cessons … tu es dans un piètre état et ça me fend le cœur de te voir ainsi. Et vu que tu perds totalement la raison, je vais devoir … »

« TU VAS PAYER ! VIPERE ! »

Pedro fit un bond surréaliste, se jetant droit sur sa mère un couteau de cuisine en main. La haine et le désespoir se lisaient dans ses yeux bouffis par les larmes. Mais soudain, son corps se figea comme de la pierre.
Batilda venait de le pétrifier de sang froid. Elle caressa sa baguette magique du bout de ses ongles vernis de noir, puis se rapprocha lentement de son fils. Il ne pouvait rien dire, rien faire, seulement voir sa mère se rapprocher. Elle posa sa main sur son visage, le regardant droit dans les yeux. Ce regard d’amour étrange et fou, Pedro aurait voulu ne jamais le voir. Mais elle était là, lui souriant tendrement. De la folie … elle était folle, folle de son fils. Pedro était la propriété de Batilda et ni Shae, ni personne ne se mettra en travers de leurs chemins.

« Il faut te soigner Pedro, tu es malade. Et je sais ce que je dis. Rappelle toi, je suis médicomage. Alors un petit séjour à Ste Mangouste te fera du bien. Mais avant tout, oublions ce qui vient de se passer. »

Elle releva ses yeux de serpent vers Shae, pointa sa baguette sur les tempes de Pedro et dans un murmure sans nom, prononça des paroles interdites. Le regard de Pedro devint vitreux l’espace d’un instant. Avant même que Shae ne se jette sur eux, Batilda et Pedro transplanèrent dans un craquement sonore. Batilda avait embarqué Pedro à Sainte Mangouste.


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Now I gotta draw a line (pv Pedro)

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