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 FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS

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Wolf Shadow
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MessageSujet: FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS   Lun 1 Mai - 23:29



kiss in Peru
Shae ξ Pedro


Shae plissa les yeux face au soleil brûlant qui la chauffait depuis déjà un bon mois. Lorsqu’elle avait posé les pieds pour la première fois en Amérique du Sud, excitée et avide de découvertes, elle ne s’était pas doutée que le pire ennemi qu’elle allait devoir affronter en premier ne serait pas des sorciers véreux, mais bien le satané soleil. Elle s’y était presque habituée maintenant. Sa peau laiteuse d’anglaise s’était couverte de tâches de rousseur à n’en plus finir, et de plaques rouges qu’elle apaisait par des sortilèges trafiqués et fonctionnant une fois sur dix. Sa masse impressionnante de cheveux que rien ne maitrisait si ce n’est les sortilèges de lissage intense rayonnait autour de son visage, crinière d’une lionne déjà blondie par le soleil. Poussant un soupir de soulagement, elle observait le soleil se coucher, les derniers rayons chauds caressant les planches de la terrasse de bois sur laquelle ils se trouvaient.

La terrasse appartenait à un petit bar miteux, mais correct, dans lequel ils venaient de s’installer pour clore une journée de randonnée et de rencontres en tout genre. Ils, c’était elle, et Pedro. Son professeur, son ami, son guide... Pedro prenait de plus en plus de rôles au fur et à mesure que le voyage avançait et Shae se trouvait bien embêtée. Les étiquettes claires lui convenaient, et depuis quelques jours, un sentiment confus semblait émerger dès qu’elle posait les yeux sur le visage fatigué mais serein de son ancien professeur. Du coup, elle évitait son regard. Elle évitait un peu de lui parler, se renfermant dans un mutisme hautement inhabituel pour elle. Ce qu’elle ne comprenait pas, elle évitait d’y penser. Se retournant sur ses talons après un dernier coup d’oeil au soleil couchant, elle entra dans le bar où il était déjà aller commander de quoi grignoter et de quoi boire.

L’âme téméraire, la jeune adulte posa un doigt sur le comptoir et commanda d’un espagnol affreux un verre de tequila. Il était tard, et elle en avait marre de cet état de confusion constante. Maintenant qu’elle était majeure, et même si il lui lançait un regard désapprobateur, l’alcool lui était permis. Elle observa le shot d’un air songeur une fraction de seconde avant de l’avaler d’un trait, poussant comme un soupir de soulagement. Voilà qu’elle était enfin libérée, tout du moins en avait-elle l’impression, de ses sentiments étranges et prenant qui l’étreignaient récemment. Peut- être était-ce sa soudaine liberté, à laquelle elle n’était pas encore habituée ? Peut-être était-ce le soleil, l’abrutissant jusqu’à lui faire perdre ses capacités ? L’alcool agissait vite sur son petit métabolisme encore peu habitué, et elle perdit vite son intérêt pour ce genre de questions.

Un petit groupe de voyageurs entra dans le bar, et le gérant décida qu’il était temps de mettre un peu de musique. La salsa mit l’ambiance de façon assez soudaine, et après un instant de flottement, la convivialité fit le reste. Souriant à Pedro, Shae se tordit de quelques pas maladroits puis décida de laisser tomber. Un deuxième shot d’abord, la danse - si on pouvait appeler ses mouvement de la danse - viendrait plus tard. Elle commanda de nouveau, haussant les épaules en sentant la désapprobation revenir.

- Juste ce soir, pour une fois...

Elle avait lancé ses mots, un peu pour lui, beaucoup pour elle. L’alcool était comme un élixir de courage, le courage dont elle manquait cruellement pour faire face et admettre les sentiments naissants qui venaient lui bouffer l’estomac. Des papillons ? Carnivores alors, parce qu’elle se sentait tituber un peu plus à chaque fois qu’elle sentait l’homme terriblement mur qu’était Pedro s’approcher d’elle. Son odeur, ses boucles brunes, tout la mettait en émoi - un émoi qu’elle méprisait autant qu’elle se méprisait d’avoir de telles pensées. Encore heureux qu’il ne soit pas Legilimens, songeait-elle. Le malaise serait au plus haut point.

La musique retentissait en rythme avec les battements de son coeur, et l’ambiance conviviale s’était muée en ambiance festive. Chacun y allait de son petit trémoussement, et les plus à l’aise enflammaient déjà le plancher du bar de pas compliqués et d’allégresse. En les observant, son coeur s’allégeait. Elle finit par les rejoindre, la tequila au bord des lèvres ayant pris le contrôle de son cerveau et de ses mouvements, et elle se lâcha, quelques minutes, sous les acclamations des locaux, avant de tituber d’un pas mal assuré vers la sortie.

Elle avait besoin d’air, et la nuit tombée maintenant depuis longtemps l’accueillit avec délice. Shae s’adossa au mur du bar, observant le paysage et les étoiles, des mots incompréhensibles sortant de sa bouche. Elle ne répondait plus vraiment de rien, et quand Pedro vint s’enquérir de son état de santé, elle lui tomba pratiquement dans les bras. Se trouver si proche d’un coup court-circuita le peu de bon sens qu’il pouvait rester chez elle - et du bon sens, c’était déjà rare pour Shae Viridian - quand elle saisit d’une poigne hésitante mais ferme, le col de l’homme pour coller ses lèvres aux siennes.

Aah.. On y était. Le grand feu d’artifice, l’accomplissement divin. Le baiser. Maladroit, alcoolisé, et intimidant, mais elle l’avait fais. Sans mots ni paroles, parce qu’elle ne savait pas les manier comme il fallait ; mais avec une pointe de douceur et d’hésitation, parce qu’elle était jeune et qu’il ne l’était pas. Parce qu’il était encore son professeur quelque part, et qu’elle n’était que son élève encore. L’instant fut de courte durée, et très vite - trop - il se dégagea, la laissant désemparée et honteuse. Merde. Elle avait merdé.

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Dernière édition par Shae Viridian le Lun 8 Mai - 23:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS   Mar 2 Mai - 0:27



kiss in Peru
Shae ξ Pedro


Le Pérou. Les eaux saumâtres du lac du Mont Churubamba reflétaient les sapins et les roches abruptes qu’ils devaient franchir. Sous un soleil arasant, la randonnée se faisait pénible. Pedro sentait bien que sa compagne d’infortune luttait pour ne pas exploser dans un hurlement strident, dont l’écho s’envolerait jusqu’au toit de la citadelle du Machu Picchu et ferait frémir les Jobarbilles d’un dernier souffle particulier. Malheureusement pour les deux explorateurs, il fallait tenir encore quelques heures à l’ombre rassurantes des pins, afin d’atteindre la seconde colline. Là où se trouvait l’Aconit Péruvienne. Une plante rarissime et d’une extrême beauté, qui valait son pesant d’or. Pedro avait prévenu à plusieurs reprises Shae qu’une telle expédition ne ressemblait en rien à des vacances. Que les péripéties qu’ils vivraient, marqueraient la jeune Anglaise au fer rouge, malgré la beauté du paysage.

Armés de leurs sacs de randonnée, de bonnes chaussures de marche, et d’un bâton de bois ramassé sur le bas côté d’un sentier cahoteux, ils étaient équipés pour gravir tous les monts. Mais c’est les muscles perclus d’ankyloses que les deux sorciers s’arrêtèrent à l’ombre d’un bar miteux. Malgré son apparence défraichit, l’endroit rayonnait d’un certain charme. Aucune âme qui vive aux alentours. Niché en plein cœur d’une forêt luxuriante et rocailleuse, il était peu probable qu’on vienne ici leur chercher des noises. Seul un âne, une vieille mobylette couverte de poussière et deux voitures cabossées stationnaient devant l’entrée. Pedro fit signe à Shae d’entrer dans le bar.

La bâtisse tenait miraculeusement debout par on ne sait quel enchantement. Mais la ventilation, la musique légère et la décoration donnait à cet endroit un petit quelque chose de reposant et d’intriguant. Il était nécessaire aux deux sorciers de prendre quelques forces avant de repartir vers leur but ultime. Encore deux jours de marche seulement. Pedro posa les deux sacs à deux sur une banquette peu confortable, puis sortit sa boussole et une carte des environs. D’un air sérieux, il se concentra sur la route à prendre, les raccourcis possibles et le temps qu’il leur restait. Shae, quant à elle, faisait le tour du propriétaire, vaquant à ses occupations.

Un homme solide et robuste à la peau basanée vint apporter deux grandes gourdes d’eau bien fraiche. Il parlait dans un espagnol incompréhensible et faisait signe à Pedro de regarder le coucher du soleil. C’était un spectacle rare et magnifique. De ce point de vue, on pouvait aisément observer la vallée et les lumières des petits villages Péruviens s’illuminer dans l’or naturel du soleil. Pedro esquissa un léger sourire, triste, mais sincère.

Alors que le soleil disparaissait derrière le dos des montagnes, une foule de jeunes péruviens s’amoncelaient dans le bar. Ils arrivaient en mobylettes, à cheval, en voiture, à dos d’âne, bref par tous les moyens possibles, d’horizons inconnus. Ils buvaient, parlaient forts, riaient, s’amusaient, jouaient au billard, aux fléchettes. L’alcool coulait à flot. Alors que la nuit venait de tomber pour laisser place à une lune pleine et éclatante, les lampions de couleurs chatoyantes s’allumaient tout autour du bar. Le barman augmenta le volume de la musique, voyant que les jeunes moldus souhaitaient un brin de folie plus prononcé. Pedro observait Shae du coin de l’œil. Il ne pouvait pas s’empêcher de veiller sur elle comme un père. Il l’aimait la contempler, savourer chaque instant, chaque seconde. Il savait bien que quelque chose d’interdit frémissait en lui, que le battement de son cœur trahissait ses sentiments. Mais ce n’était pas très orthodoxe de penser qu’un homme comme lui puisse tomber d’une jeune femme comme elle.

Shae avait grandi, avait murie et prit une certaine assurance. Il avait pu constater les efforts qu’elle avait fournis durant tout ce voyage. Un voyage qui n’était pas à la portée de tous.  Mais dès qu’il croisait son regard, elle semblait perdre de la hauteur. Comme si elle retombait en enfance, sous des airs de petite tornade tourbillonnante sur elle même. Elle avait bu, bien trop bu. Ses mouvements étaient maladroits, et Pedro se mordit plusieurs fois la lèvre inférieure en voyant les chevilles de la jeune anglaise se tordre sous l’effet de l’alcool. Elle dansait néanmoins sous le rythme de la musique, une salsa endiablée. Pedro, quant à lui, ne bronchait pas. Assis tel un roi sur son trône, il observait la scène avec un certain amusement. Des jeunes hommes jetaient des regards alambiqués de façon sporadique à la jeune sorcière, chose qui ne plaisait guère au Botaniste.

Puis soudain, elle disparut dans la foule. Pedro tendit le cou, inquiet par cette sortie inattendue. Il joua des coudes pour traverser la piste de danse pour finalement déboucher sur une petite terrasse en bois branlante. Shae observait un ciel recouvert de mille étoiles. La brise fraiche du vent s’engouffrait dans les ramures des arbres, laissant transparaitre le chant inaudible de mère nature. Docilement et tout naturellement, Pedro vint enrouler ses bras noueux autour de Shae. Il souhaitait la réconforter, montrer qu’il était là. Son cœur battait la chamade et une chaleur naissante envahissait son corps tout entier. Il avait l’impression de revenir 20 ans en arrière, le jour où Diana Clarkson lui avait donné rendez-vous pour le bal de fin d’année …

Shae se retourna, plongea son regard propre à elle seule, dans celui de Pedro. Il ne put s’empêcher de sourire bêtement, caressa du bout des doigts les formes délicates de son visage en porcelaine. Et sans qu’il ne s’attende à ça, elle lui agrippa le col de sa chemise, pour poser ses lèvres sur les siennes. Il ferma les yeux et le temps s’arrêta brusquement. Qu’est-ce qui se passait ?

Pedro se retira presque instantanément, titubant légèrement sur ses jambes, déboussolé par ce qui venait de se passer. Le regard hagard, il regardait de droite à gauche, comme pour se réveiller d’un rêve trop réaliste. Il avait encore ce petit goût cerise sur ses lèvres charnues. Son cœur battait si fort, qu’il avait l’impression de n’être plus qu’une bombe à retardement. Lui, l’homme solitaire, vivant d’un amour simple et naturel de ses plantes, se voyait revivre une histoire oubliée et enterrée depuis des années. Il était perdu dans ses sentiments, perdu dans ses actes et la seule issue possible était la fuite. Choqué et déboussolé, il observa Shae qui quant à elle paraissait navrée et complètement détruite par ce qu’elle venait de faire.

Il tendit une main maladroite devant lui, sans pour autant s’approcher d’elle.

« Shae … qu’est-ce que … tu … c’était quoi ? »

Il n’attendait pas de réponse. En fait, il n’en voulait pas. Il ne voulait surtout pas affronter cette réalité. Le rêve qui devenait réalité. Le désir, l’obsession, le mythe … l’irréel qui devenait enfin réel, palpable. Il pouvait s’en réjouir, mais pourtant ça lui faisait peur. Horriblement peur.

Pedro détourna les talons pour rejoindre le bar. Avant de disparaître dans la foule, il jeta un dernier coup d’œil en arrière.

« J’ai pris deux chambres séparées. Départ à 7h00, essaie de ne pas veiller trop tard. »

Sans plus un mot, il laissa Shae sur le bord de la terrasse.


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MessageSujet: Re: FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS   Mar 2 Mai - 1:16



kiss in Peru
Shae ξ Pedro



La lune brillait haut dans le ciel étoilé. Le vent soufflait - une brise légère, juste agréable pour palier à la chaleur de la journée - et dans son écho s'entendait les fêlures du coeur de Shae. Oh, elle avait merdé. Dans des propensions inimaginables, d'une façon dont elle n'aurait jamais pensé être capable. Esseulée sur la terrasse de bois branlante, elle se laissa glisser au sol, se prenant la tête entre les mains. Merde. Sa tête tournait et elle avait l'impression que son monde s'écroulait. Ils étaient partis pour deux jours de randonnée, avec rien d'autre que le silence, la nature désertique, et le bruit du vent pour compagnie, et elle, dans tout son égoisme, cédait aux appels les plus basiques de son corps et ... l'embrassait ?

Sa dernière phrase avait sonné comme un avertissement. Deux chambres séparées. Comme si il pouvait en être autrement. Il avait semblé si déstabilisé ! Un geignement s'échappa des lèvres closes de la jeune femme, perdue dans un tourbillon de pensées. Que faire, que dire ? Il n'avait pas semblé vouloir en parler ! Qu'était-elle censé faire maintenant ? S'excuser ?

Un sursaut d'orgueil la prit. Non. Elle ne s'excuserait pas. De quoi s'excuser ? De ressentir ? D'aimer ? D'être libre, de corps, d'esprit - et certes - un peu saoule, mais d'être passionnée ? Hors de question. Elle s'appelait Shae Viridian, par le caleçon de Merlin ! Elle n'était pas destinée à s'excuser. Ni à se trouver des excuses. Elle regrouperait le courage nécessaire et lui parlerait. Mais pas ce soir. Bientôt. Quand elle aurait trouvé les bons mots - les mots justes à poser sur ce qu'il s'était passé. Elle ignorait tout de ses sentiments et de ses ressentis à lui, mais elle n'aurait pas honte.

Ou peut-être que si. Tout était si embrouillé dans son esprit alcoolisé, que toutes sortes de pensées semblaient se former d'un rien. Les étoiles semblaient se moquer de son désarroi et elle les injuria peut-être un peu, avant de se diriger d'un pas mal assuré vers l'intérieur, où la fête battait encore son plein, malgré que l'ambiance se soit faite un peu plus calfeutrée. Déclinant les propositions de boisson ou de danse, la jeune anglaise se faufila jusqu'à l'étage où les chambres sommaires les attendaient. Se fiant à son intuition légendaire - elle ouvrit une porte et avisa le lit tristement éclairé d'un rayon de lune.

L'amertume envahit sa bouche, amère, et elle fut presque tentée d'aller frapper à sa porte. S'expliquer maintenant. Comme ça ce serait fait. Mais quand elle tourna les talons pour y aller, le courage lui manqua et l'angoisse tordit violemment son ventre. Ou peut-être était-ce la tequila. Elle se coucha, roulée en boule, plongée dans ses pensées. Les jours qui suivraient seraient inconfortables, autant que la paillasse qui semblait servir de matelas. Allongée sur le dos, les yeux grand ouvert, elle sentit tout doucement l'ivresse refluer. Elle ne dormirait pas cette nuit. Elle s'en sentait incapable.

Se redressant sur la paillasse, elle alla trouver son sac et en sortit un parchemin et une plume. Elle avait besoin de conseils. Elle se sentait trop perdue et dans le noir pour ne pas vouloir y remédier. Elle rédigea un courrier, une courte lettre à sa mère, paniquée. Elle trouverait un oiseau demain qui l'enverrait bien volontiers à Londres. Il fallait simplement qu'elle soit patiente et qu'elle parvienne à garder profil bas le temps de recevoir la réponse tant attendue. Le temps de réfléchir... Même si elle n'en avait pas envie. Pourquoi réfléchir ? Il lui plaisait, elle l'avait embrassé. Basta.

Shae Viridian n'était pas créature sujette à de profondes réflexions, à de longues introspections sur ses sentiments. Elle agissait sur le vif du moment, se basant sur son intuition et sa profonde confiance. Elle n'avait pas besoin de peser le pour ou le contre. Elle savait ce qu'elle voulait, elle l'obtenait, et elle réfléchissait après. Avec ce genre de méthode, rien ne pouvait mal tourner.. pas vrai ?

Seul le temps nous le dirait de toute façon.

La lune brilla longtemps, jusqu'à son déclin, vers 6 heures du matin. Les yeux cernés de noir, le sommeil léger et l'humeur dans les chaussettes, Shae entendit des mouvements dans la chambre voisine. N'osant sortir de la sienne, elle attendit d'entendre les pas lourds descendre et réunit ses affaires. Attachant ses cheveux en un chignon fonctionnel et reprenant son énorme sac à dos de voyage, elle descendit quelques instants après, le regard fuyant. Parler normalement. Faire comme si de rien n'était. Elle s'éclaircit la gorge et parvint à décocher une phrase

- Bonjour ! Bien dormi j'espère !

Elle espérait qu'il ne lui retourne pas la politesse, son visage exprimant déjà bien assez le peu de sommeil qu'elle avait eu. La randonnée d'aujourd'hui promettait d'être joyeuse, même si elle mettrait un point d'honneur à ne pas se plaindre ni ne ralentir. Son esprit de compétition et son orgueil surpassaient de loin ses capacités physiques, et se pousser dans ses derniers retranchement ne lui posait aucun problème. Si il y avait bien une chose dont elle aurait horreur, ce serait passer pour un poids mort. En tant que Botaniste bientôt diplômée, il en était hors de question. La science n'attendrait pas qu'elle soit fraiche et dispose, pas vrai ?

Osant enfin finalement redresser le menton, elle jeta un coup d'oeil à Pedro et ne put retenir le rougissement de ses joues, pour lesquels elle éprouva un profond sentiment de haine immédiat. Satané traitre de corps ! S'installant au comptoir et commandant un café, elle s'intéressa soudainement aux rainures du bois dudit comptoir. Fascinant... Autant pour les belles pensées courageuses et sans honte qu'elle avait pu avoir le soir précédent. La tequila, cette traitresse. Elle était entourée de traitres, voilà. C'était une espèce de ... conspiration cosmique.


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MessageSujet: Re: FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS   Mar 2 Mai - 9:26



kiss in Peru
Shae ξ Pedro


Ce n’était qu’un baiser après tout. Rien de plus.

Pedro se laissa tomber sur le lit, le regard braqué vers le plafond. Ses doigts glissèrent lentement sur ses lèvres, appréciant distinctement ce moment furtif, mais pourtant si profond. Il n’en revenait pas. Elle l’aimait. Elle avait franchi la ligne qu’il s’était forcé de contourner sans cesse depuis qu’il avait déposé ses yeux sur elle. Mais elle était saoule également. Alors l’alcool ne faussait-il pas cette action ? Peut-être que si. Car il était improbable qu’une si belle femme puisse tomber amoureux d’un homme aussi triste que Pedro. Elle était jeune, dynamique, belle, pleine de projets dans la tête. S’enticher d’un homme comme lui était une bêtise. Sa main droite le lancinait encore. Il émit un gémissement étouffé, puis retroussa sa manche pour voir l’état pitoyable de son bras. Rigel avait fait ce qu’elle pouvait. Mais le poison circulait toujours dans ses veines. Il maudissait son manque de vigilance et son penchant pour les plantes dangereuses. Cette main d’argent, magique, ne remplaçait en aucun cas l'ancienne. Ses veines saillantes montraient bien que son corps était couvert par la maladie. Aucun remède n’existait à ce jour. Peut-être que cette Aconit du Pérou pourrait contrer le poison ? Combattre le mal, par le mal.

Il ne pouvait pas laisser d’espoir à Shae. Lui faire croire qu’ils pourraient vivre heureux jusqu’à la fin des temps, alors qu’il n’était même pas certain lui même de finir l’année debout. Pedro n’était pas défaitiste, mais réaliste. Il voyait bien la couleur des veines de son avant bras, voyait bien que si rien n’était fait, la vie lui filerait entre les doigts. Il souffla lourdement, le regard braqué vers les hauteurs. Une multitude de questions se bousculaient dans sa tête, l’empêchant de trouver le sommeil.

Les premiers rayons du soleil pénétraient dans la chambre tandis que le chant du coq résonnait dans la vallée. Pedro était réveillé depuis bien longtemps. En fait, il n’avait pas dormi de la nuit. Passa de l’eau froide sur son visage fatigué, il se considéra un bref instant dans le reflet sale du miroir.

« Hé bien mon ami, tu as une sale tête … les nuits blanches, ce n’est plus de ton âge. »

Jetant un coup d’œil au cadran de sa montre, il constata qu’il était encore trop tôt pour frapper à la porte de Shae. Il descendit l’escalier grincheux, puis attrapa un journal et un café qu’il dégusta sur la terrasse. Une brume matinale s’échappait de la forêt endormie. La lumière laiteuse du soleil inondait le ciel, sous le cri étouffé des Sombrals. La nature avait une certaine prestance remarquable en cet instant et un sentiment de sérénité enveloppa Pedro. Il adorait se lever aux aurores pour profiter de cette tranquillité matinale. Les odeurs, les sons, la fraicheur du vent, tout semblait petit à petit reprendre vie après une longue nuit de sommeil.

Quelques péruviens descendaient de l’étage pour prendre un petit déjeuner copieux sur la table de la terrasse. Ils ne disaient rien, la tête encore trop embrumée par la soirée festive de la veille. Le tenancier apporta un thé vert à Pedro, puis hocha la tête en direction de la Gazette du Sorcier qu’il était en train de lire.

« Vous n’êtes pas d’ici je me trompe ? La jeune femme aux cheveux d’or qui vous accompagne avait l’air complètement perdue … que faites-vous dans un endroit pareil ? » dit-il dans un espagnol prononcé.

Pedro considéra brièvement le tenancier. La veille déjà, il leur avait apporté deux grosses gourdes d’eau fraiche, sans qu’il ne lui demande. Il sentait bien ces choses là et il était fort probable que ce péruvien n’était autre qu’un sorcier. Il esquissa un léger sourire avant de prendre le thé que lui tendait l’homme.

« Effectivement nous venons d’Angleterre. Le voyage fut plus difficile que prévu, elle n’a pas encore l’habitude de ce genre d’expédition. Nous cherchons à rejoindre Chinchao, peut-être pourriez vous nous renseigner sur la route à prendre ? »

« Chinchao ? Par le plus pitoyable des Caiporas … c’est à deux jours de marche d’ici dans les montagnes ! La route est dangereuse, surtout en cette période de l’année. Il faut faire attention aux golems. Que cherchez vous dans un endroit aussi sinistré ? »

Pedro lui raconta non sans mal qu’ils étaient en quête d’une Aconit du Pérou et qu’il était surtout là pour initier la jeune Viridian à l’étude de la Botanique sur le terrain. Le tenancier lui souhaita bon courage et lui indiqua sur une carte les zones à éviter. Après quelques minutes, la jeune femme descendit l’escalier, armée de son lourd sac de voyage. Elle adressa un regard furtif en direction de Pedro qui se tenait dans l’encadrement de la porte, prêt à mettre les voiles.

Il répondit à sa question par un silence lourd de sens. Elle se sentait encore coupable de la veille, son regard braqué sur les rainures du bar, plutôt que sur l’environnement qui l’entourait. Pedro se sentait mal à l’aise. Il n’aimait pas cette distance qui s’imposaient à eux, mais n’avait pas assez de courage pour lui adresser la parole. Puis même, il n’avait tout simplement pas l'envie. Peut-être qu’en marchant, ils finiraient par oublier tout ce qui s’était passé. Ce n’était qu’un accident, rien de plus. Elle avait trop bu.

« Prête ? » demanda-t-il au visage fatigué de Shae tout en remontant les lanières de son sac à dos.

Pedro présenta brièvement Miguel leur guide qui les mènerait jusqu’à Chinchao. Une fois sur place, ils devraient se débrouiller seuls. Les rayons du soleil frappaient déjà fort et la route cahoteuse présageait une marche pénible et périlleuse. Miguel parlait plus à lui même qu’aux deux acolytes, le tout dans un anglais très approximatif. Pedro n'écoutait pas, de temps à autre, il jetait un regard en arrière, inquiet, en direction de Shae. Un froid s’était installé entre eux, et il ne savait pas s’il en était responsable à part entière, ou si leur comportement à chacun avait crée cette tension palpable.

La montée se faisait de plus en plus sentir dans les jambes. Plus ils montaient, moins la végétation était luxuriante. Le soleil devenait un véritable ennemi et l’eau une amie indispensable. Au bout de plusieurs heures de marche, le groupe s’arrêta au sommet d’une crête pour se laisser choir au pied d’un rocher massif. A l’abri du soleil et du vent, ils avaient une vue imprenable sur toute la vallée de Churubamba. A court d’haleine, les pieds en compote, les muscles perclus d’ankylose, Pedro observait ce spectacle magnifique, souffrant en silence.

Il jeta un coup d’œil en direction de Shae et lui apporta une gourde pleine d’eau fraiche.

« Tiens, pense à t’hydrater. »

Quoi rien que ça ? Il ne pouvait pas faire mieux ? Non. Car chaque mot qui sortait de sa bouche semblaient bloqués par un mur invisible. Il n’avait pas le courage de rebondir sur ce qui s’était passé entre eux et préférait simplement faire comme si rien de tout ça ne s’était produit. Il était improbable et inconcevable qu’elle puisse lui apporter autant d’affection. Il n’y croyait pas … elle avait trop bu.



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MessageSujet: Re: FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS   Mar 2 Mai - 13:09



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Shae ξ Pedro



Ce n'était pas qu'un baiser après tout.

L'atmosphère était si lourde et épaisse qu'on aurait pu y trancher au couteau. Depuis des heures qu'ils marchaient, après une très brève pause quand Shae avait mis la main sur un oiseau suffisamment volontaire pour faire le voyage jusqu'à Londres pour sa lettre, très peu de mots, voir aucun, n'avaient été échangés. Leur guide était aussi sobre que Pedro dans ses mots, et Shae avait tenté de commencer une conversation pour vite abandonner avec la barrière de la langue. Depuis, elle marchait, seule avec ses pensées, et ses remords. Tout ça pour un pauvre baiser ! Il avait pourtant dû en donner et en recevoir des centaines ! Ce n'était pas si grave ? Ok, elle était encore son élève en un sens, mais elle était majeure non ? Qu'est ce qui posait tant de soucis pour qu'il l'évite de la sorte ?

Si il n'était pas d'accord avec le principe et n'éprouvait rien d'autre qu'un sentiment paternel envers elle - soit. Elle pouvait vivre avec. Ce serait fortement regrettable vu qu'elle ne le verrait jamais plus comme une figure de mentor, d'oncle ou de père. Elle le verrait désormais toujours comme l'homme qu'il était, et cet homme lui plaisait. Il faudrait faire avec non ? Que ce soit lui, ou elle, ils devraient vivre avec la conséquence d'être deux adultes avec des besoins et des envies, non ? Et elle avait envie de lui. Mais était-elle si égoïste ? Elle n'avait pourtant pas eu l'impression de le révulser à ce point. Il n'avait pas eu l'air dégouté par son geste. Surpris, déstabilisé, ok. Mais mécontent ?

En y réfléchissant bien, non. Il n'avait pas eu l'air mécontent. Enfin, ce matin, un peu plus. Comme un reproche. Qu'est ce qu'il pouvait bien lui reprocher hein ? Un soupir agacé s'échappa des lèvres de la blonde tandis qu'elle continuait de marcher sous le soleil et l'air chaud. Putain de pays. En sueur, elle lui jetait des regards à intervalles réguliers, ne sachant sur quel pied danser. Evidemment, il ne parlerait pas. Pas lui, pas le premier. C'était Pedro. Son silence était d'or, son silence était sa caractéristique. Elle détestait ses silences, mais elle avait appris très vite à vivre avec.

Maintenant, elle aussi cultivait l'art du silence. Au lieu de meubler la conversation par ces blablas habituels de petite pipelette, elle s'était également murée dans un silence qui lui pesait sûrement plus à elle qu'à lui. Que pouvait-il bien avoir à en faire, de son silence ? Il aimait le silence, elle le haïssait. Sur le point de craquer, le guide... Michel ? Non. Juan ? Non. Bref. Le guide annonça enfin une pause. Tout en haut d'une crête, au pied d'un énorme rocher leur offrant l'ombre et la protection tant désirée, elle se laissa choir, un petit bruit de soulagement lui échappant. Toute prise dans ses pensées, elle n'avait pas senti à quel point ses cuisses et ses mollets la faisaient souffrir. S'asseoir fut un soulagement vite gâché par l'idée qu'elle allait devoir se relever.

Pedro s'approcha d'elle, soudainement, et surprise, elle leva les yeux, croisant son regard. Oh. Il lui tendit une gourde, l'air toujours aussi impénétrable.

« Tiens, pense à t’hydrater. »

Elle saisit la gourde avec un profond sens de désappointement, marmonnant un remerciement. C'était tout ? "Hydrate toi bien" ? Il avait peur qu'elle ne prenne pas assez soin d'elle et devienne un poids pour l'expédition ou quoi ? Elle ouvrit la gourde et en but de longues gorgées, partagée entre la vexation et ... le plaisir de penser qu'il s'inquiétait tout de même un peu pour elle. Qu'importe les raisons. Le paysage était magnifique, et se tirant de ses réflexions sans queue ni tête, la jeune femme fut enfin en mesure d'en prendre conscience, et de l'apprécier réellement.

Elle se releva, grimaçant en sentant ses muscles fourbus protester, et elle avança jusqu'au bord de la crête, embrassant le panorama du regard. Rien à voir avec les reliefs britanniques. Elle tombait chaque jour un peu plus amoureuse du pays, de ses caractéristiques, et de sa beauté. La chaleur semblait s'être propagée dans le coeur des habitants, et elle se sentait accueillie, même mieux, presque comme chez elle. Une fois rassasiée du paysage, elle se tourna vers Miguel pour formuler quelques questions hésitantes en espagnol, pestant contre son inaptitude à fournir un sortilège de traduction correct. Il lui répondit du mieux qu'il pu, et elle finit par, une énième fois, regarder Pedro.

Incapable de détacher son regard de lui, elle choisit de faire comme si rien ne s'était passé. Elle ne supporterait pas d'autres heures de silence pesant. Quitte à ne plus parler du soir précédent pour l'instant, et d'en enterrer le souvenir - pourtant un poil agréable. Shae s'approcha de lui et lui toucha gentiment le bras pour capter son attention.

- Pas trop mal aux mollets ? J'ai l'impression que les miens vont se faire la malle à la fin de la journée !

Un bref rire gêné lui échappa, et elle secoua la tête pour recentrer son attention. Rester... normale. Ne pas être bizarre. Ne pas être gênante. Allez. Elle pouvait le faire.

- Chinchao est réputé comme un endroit assez sinistre, tu penses qu'on y trouvera véritablement cet Aconit du Pérou ? Tu peux me rappeler ses propriétés ? Il me semble qu'elles différaient énormément de l'Aconit magique qu'on trouve en Europe.


Elle se balançait d'un pied sur l'autre en parlant, principalement pour étirer ses muscles endoloris, mais aussi pour garder un semblant de contenance. Elle se sentait presque fragile dans cette conversation. Comme si il allait la rembarrer définitivement, et refuser toute forme de contact. Sans se l'avouer, elle était terrifiée du rejet. Terrifiée qu'après ce voyage, il disparaisse de sa vie aussi soudainement qu'il y était arrivé, presque 4 ans auparavant.

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MessageSujet: Re: FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS   Mer 3 Mai - 9:22



kiss in Peru
Shae ξ Pedro



Le silence venait d’être rompu. Pedro releva les yeux en direction de la silhouette de Shae, sans émettre le moindre son. Le mutisme était certainement son point fort. Il n’extériorisait rien, préférant garder ses pensées et ses sentiments pour lui. C’était probablement ça son plus grand défaut, son manque de communication. Mais il était fait ainsi et ne changerait en rien pour qui que ce soit. Il comprenait mieux les plantes que quiconque, mais l’esprit humain était bien trop complexe pour laisser le silence résoudre les problèmes. Alors Shae avait prit les devants. Elle se montrait à la fois hésitante, mais à la fois courageuse. Pedro était étonné de la voir arriver ainsi, engageant un sujet tout autre que ce baiser volé. Tout d’un coup elle s’intéressait à cet Aconit du Pérou … bien sûr, elle avait posé quelques questions quant au sujet de l’expédition, mais ne s’était pas intéressée aux vertus de la plante jusqu'à présent.

Pedro n’était pas dupe et voyait bien qu’elle essayait de briser la glace. Cependant, il n’était pas prêt d’oublier ce qui s’était passé la vieille. Rester plongé dans le mutisme n’était pas une solution. Pourtant, il n’arrivait pas à trouver les mots, ni même la force et le courage de parler du véritable problème. Il se contenta donc de hausser les épaules et d’émettre un grognement bourru. Cherchant dans son sac de randonné quelques biscuits secs, il finit par en tendre un à la jeune sorcière. Il n’était pas fâché contre elle, ni même vexé. Au contraire, il était plutôt flatté de voir qu’il pouvait encore plaire à son âge. Mais le Botaniste ne savait pas quoi penser des actes de sa jeune compagne. Shae avait le don de le surprendre, d’être imprévisible et d’agir parfois sans réfléchir. Et là, elle avait foncé tête baissée, sans essayer de voir plus loin que son petit cercle restreint.

Il l’aimait, c’était d’une évidence frappante. Pourtant, Pedro avait peur des répercutions de cet amour irrationnel, sur sa carrière, sur son image, sur sa famille. Alors qu'il avait enfin rétabli le contact avec son père, pourrait revoir cette barrière infranchissable s’imposer à lui. Cet amour était tout simplement interdit. Non pas parce qu’il était bien plus âgé qu’elle, mais parce qu’il avait été son professeur. Parce qu’elle venait tout juste d’atteindre la majorité et que les langues mal pensantes pouvaient déformer toute leur histoire, d’un simple coup de plume à papote.

Se relevant tout en étirant ses muscles engourdis, Pedro considéra Shae dans un silence long et agaçant. Puis, il s'élança:

« Cet Aconit est un véritable poison. Elle se trouve dans une zone dangereuse, sinistrée, et il n’est vraiment pas facile de la trouver. Mais une fois qu’on l’aura récolté et analysé, alors on pourra faire d’elle un antidote qui sauvera des vies. Du moins, je l’espère … »

Il n’était sûr de rien. Pedro se replongea aussitôt dans ses notes afin d’éviter le regard de Shae. Il ne souhaitait en aucun cas qu’elle puisse déceler dans ses yeux la peur de mourir, ou de perdre la fonction totale de son bras. Par moment, il sentait, dans des émotions fortes, le poison circuler dans ses veines. Chaque nuit, il revoyait les branches noueuses et tranchantes de cette plante tentaculaires, lui infliger le pire des supplices. Il revoyait le visage de Rigel, paniquée à l’idée de ne pas pouvoir le sauver et d’infliger toutes sortes de traitements inefficaces et inutiles. Sans dire un mot de plus, Pedro tourna les talons pour vaquer à ses occupations.
Il délaissait encore une fois Shae dans un silence peu rassurant.

2 jours plus tard ; vallée du Chinchao

Miguel avait laissé aux deux acolytes un vieil âne boiteux et quelques provisions pour la fin du voyage. La vallée offrait un spectacle qui faisait froid dans le dos. Bon nombre de péruviens la disaient maudite. Bien différente de la forêt luxuriante qu’ils avaient traversée jusqu’à présent, la vallée de Chinchao présentait un désert chaotique, où la végétation peinait à germer. Seuls des cadavres d’arbres calcinés s’érigeaient au cœur d’un marécage putride et glauque. Un groupe de corbeaux s’élevaient dans un ciel grisâtre, battement mollement des ailes, à l’arrivée de Pedro et Shae.

Une montagne se dessinait au loin, alors qu’un épais nuage laiteux se dissipait devant eux. Le danger était palpable tout autour. Pourtant, rien ne bougeait dans les environs. Pas âme qui vive. Tout y était gris, noir, carbonisé. Comme si un véritable incendie avait réduit à néant la beauté fantomatique de cet endroit. Pedro se baissa pour analyser le sol. Du bout de ses doigts, il effrita la terre sèche et aride, puis la renifla pour y flairer toute odeur suspecte. Son nez se fripa sous l’odeur âcre et acide du terreau. Il se releva tout en observant le lointain d’un air sérieux, époussetant ses vêtements de cette terre contaminée. Rien ne les prédestinait à trouver une Aconit du Pérou dans un tel endroit, ou toute forme de végétation quelconque encore vivante.

« Bien … je pense que cette terre est dominée par un dragon. »

Sans rajouter un mot de plus, Pedro dégaina sa baguette magique planquée sous sa chemise depuis de début de l’aventure. Il s'était juré de ne pas s'en servir. Ces terres empestaient la magie noire et affronter un dragon n’était chose aisée. Surtout qu’il n’arrivait pas à savoir de quelle race il s’agissait. D’un bref geste de la main, il fit signe à Shae de le suivre, l’échine courbée, tout en évitant de se tordre les chevilles parmi les multiples nids de poules au sol.

Par moment, la terre se dérobait  sous leur poids. Parfois, on distinguait au travers des eaux noires, le cadavres d’hommes trop téméraires, ou encore les ossements d’animaux égarés, probablement morts de faim. Pedro savait que le plus pénible restait à venir. La montagne vers laquelle ils se dirigeaient ne leur réservait rien de bon. Là bas se trouvait l’Aconit, mais se trouvait fort probablement le territoire même du dragon.



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MessageSujet: Re: FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS   Mer 3 Mai - 20:00



kiss in Peru
Shae ξ Pedro


Ne tenant aucunement compte de ses propres angoisses intérieures, elle l'observait, patiemment. Il était apparemment désarçonné qu'elle vienne lui adresser la parole, lui qui avait semblé vouloir renouer le dialogue avec sa gourde d'eau, et maintenant c'était elle qui avait peur d'avoir mal interprété les signes. Ils devaient avoir l'air de deux andouilles, à se parler pour s'ignorer, se rapprocher pour se fuir aussitôt. Mais tout ça, Shae n'y pensait pas. Elle ne pensait qu'à son regard fuyant, suivant distraitement du regard les lignes de sa mâchoire carrée, et l'ombre de sa barbe. Le silence était tout de suite moins pesant lorsqu'on avait une occupation aussi distrayante que de reluquer son prof, et elle dut battre des cils pour renouer contact avec la réalité. Réalité qui la frappa avec la délicatesse d'un sumo japonais : ses rêveries diurnes ne se produiraient jamais. Il ne voulait pas d'elle, et présentement, il semblait réfléchir à un moyen de rendre sa réponse aussi courte que possible.

Quand il se releva, la dominant de sa taille, étirant ses muscles, elle inspira rapidement, se préparant au pire. Le pire, c'était la cordialité froide dont il fit preuve. La chaleur de son regard, le sentiment de bien-être habituel qui l'envahissait lors de leurs conversations n'étaient pas présent. Rien que le professionnalisme, et la solitude inhérente. Ravalant l'amertume qui brûlait sa gorge, elle écouta sa réponse en hochant la tête, prenant mentalement note des effets potentiels de ladite Aconit, sur laquelle elle préféra se concentrer, ignorant la douleur qui lui sciait les côtes. Putain, les histoires d'amour c'était ultra sur-vendu dans les livres, personne n'évoquait assez la douleur. Elle le vit terminer son explication et éviter son regard immédiatement, et elle secoua la tête, un peu désespérée. On en était là. Il la délaissa juste après, et elle tourna les talons, le coeur battant, tentant de retrouver sa concentration. Penser boulot. La plante. Sauver des vies. Découvrir de nouveaux effets. C'était son but, son objectif. Elle devait rester concentrée.

Allant s'accroupir aux côtés de son sac, elle fouilla un moment dedans pour en sortir un carnet déjà usé et bien rempli, d'où des feuillets s'échappaient. Elle prit des notes de ce que lui avait dit Pedro, et relut quelques pages griffonnées à la hate, illisibles aux profanes. Enterrant ses sentiments plus profondément qu'avant, elle se faisait douloureusement une raison. Elle avait commis une erreur, et ils n'en parleraient pas. Elle avait commis une erreur qui ne lui serait pas pardonnée, une erreur qui avait tout cassé. Pour la première fois de sa vie, elle devrait affronter de réelles, bien réelles conséquences à ses actes. Elle, l'enfant unique, habituée à ce qu'on cède, qu'on la cajole et qu'on lui pardonne. Habituée à ce qu'on accepte son égoïsme et ses désirs les plus farfelus, elle se retrouvait dans une situation où taper du pied n'y changerait rien, et un vieux sentiment revanchard s'éveillait en elle. L'envie irrépressible de faire souffrir ce qui la faisait souffrir, un vieux mécanisme qui datait d'il y a longtemps, de vengeance disproportionné.

Prenant une grande inspiration, Shae ferma les yeux un instant en se perdant dans le sentiment, et quand elle les rouvrit, elle s'était calmée. La violence ne résoudrait rien à son affaire. Il fallait qu'elle reste calme.

2 jours plus tard, dans la "vallée de la mort" (Chinchao)

Posant une botte sur la terre aride et acide, Shae tira l'âne qui rechignait. Pas étonnant. Elle aussi, en temps normal, rechignerait à s'engager dans une terre aussi désolée et ... morte. Tout était mort. L'ambiance lugubre et sinistre s'accordait malgré tout assez bien à ses ressentis des derniers jours. Les souches d'arbres morts sur lesquels seuls quelques corbeaux restaient, les dévisageant d'un air méfiant - ou bien était-ce affamé ? - étaient la seule source de végétation visible. Le silence était irréel. L'immobilité du paysage aussi. Même pas un lézard ne passait sur les pierres noircies parsemant le sol, et pas un insecte n'était là pour assurer que le silence ne soit pas total. Seul les pas de l'âne, de Shae et de Pedro perçaient ce silence, la poussière se levant à chaque mouvement. La sorcière, avec le départ de leur guide, avait pu dégainer à nouveau sa baguette qu'elle gardait précieusement à portée de main rapide et efficace.

Elle n'aimait pas l'endroit. Elle ne s'y sentait pas en sécurité. Sur le qui-vive, prête à immobiliser - voir dégommer - tout ce qui pourrait bouger de près ou de loin, elle n'avait pas l'air aimable, joyeuse, ou rayonnante. Assombrie par le silence qui lui pesait toujours et encore, elle s'approcha néanmoins de Pedro, accroupit sur la terre morte. Un dragon, annonça-t-il.

- Parfait, on aura de quoi faire un barbecue à l'arrivée !

La blague tomba à plat, comme à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche. Levant les yeux au ciel devant l'absence de réaction de son compagnon, elle le suivit, évitant habilement les pièges du sol inégal, guidant toujours l'âne qui peinait un peu plus. Elle dût plusieurs fois s'arrêter et rassurer la bête, plantant son regard bleu ciel dans celui de l'animal en répétant des paroles d'encouragement. Elle n'en tirait aucun plaisir, mais elle ne pouvait pas pester. Ses instincts les plus primaires lui hurlaient également de prendre ses jambes à son cou et de fuir, le plus loin possible. Mais elle n'allait pas se dégonfler, pas maintenant. Relevant le menton, elle continua d'avancer vers la montagne, aussi sinistre que le territoire l'entourant.

Franchement, les moldus ne savaient pas la chance qu'ils avaient, songeait-elle. Ils ignoraient tout des dangers les entourant. Elle, par contre, à la fin de cette aventure, elle allait devoir rédiger environ une bonne dizaine de rouleaux de parchemin pour raconter l'expédition dans son entièreté, avec problématique, développement, et conclusion. Et ce, en plus des rapports hebdomadaires plus courts qu'elle se devait de rédiger pour Poudlard, afin de rendre compte de l'avancée de leur expédition. C'était sa tâche, en tant qu'étudiante et assistante du plus renommé chercheur en Botanique que la Grande-Bretagne avait connu. Elle avait mis un certain temps à comprendre l'importance de Pedro dans son domaine d'expertise, mais maintenant, elle comprenait mieux la déférence de certains élèves, extatiques à l'idée de le rencontrer.

Ah ! La tête que tireraient ces lèches-culs si ils savaient qu'elle l'avait embrassé ! Déjà qu'elle avait eu droit aux mesquineries d'usage quand ils avaient appris pour l'expédition... Les rumeurs et suggestions qu'elle soit passé sous le bureau pour avoir la place étaient allées bon train. Elle les avait faites taire. Toutes. D'un coup de baguette par ci, une malédiction par là, une potion versée dans une boisson... Les mesquins n'avaient droit à aucune pitié de sa part. Elle les méprisait. Tout autant qu'elle méprisait les idiots suffisamment crédules pour croire à ce genre de ragots. Elle en avait inventé bien des meilleurs, lors de son époque à la Gazette de Poudlard. Ces gens là n'avaient tout simplement aucun style.

Secouant la tête, elle se concentra sur le sol, ses bottes s'enfonçant parfois dans du sol bien moins solide que la terre brûlée et sèche. Le paysage devenait plus marécageux, et les eaux noires lui inspiraient un dégoût bien senti. Le fait que des cadavres flottent parfois sur ces mêmes eaux n'y était probablement pas étranger. L'âne remuait de plus en plus, et elle dût s'arrêter une nouvelle fois pour le calmer, avant de se tourner vers son ainé pour le héler. Voilà qu'il était lancé, s'imaginant probablement déjà se battre contre le dragon et trouver sa plante. Elle leva une nouvelle fois les yeux au ciel, songeant à cette singulière braverie qui semblait l'habiter de temps à autre. Un vrai casse-cou.

- Pedro ! Attends un peu avant de t'élancer à l'assaut du dragon. C'est quoi le plan du coup ? Je veux bien foncer me faire de nouvelles bottes en cuir de dragon, mais notre ami la mule risque de passer un sale quart d'heure. Je pense qu'il faudrait trouver un endroit stable pour l'attacher, proche  d'eau potable. Le terrain devient trop pénible pour lui, et on risquerait de perdre nos provisions - ce qui serait fâcheux.

Elle lui parlait d'une voix claire et égale, sans un soupçon d'hésitation. Elle avait passé le stade de la honte de toute façon. Alors elle restait pro. Il lui manquait assez terriblement, la proximité qui s'était installée entre eux ne s'étant toujours pas réduite, mais comme elle n'y pouvait rien, elle ne disait rien et attendait son heure. Le bon moment pour en parler. Peut-être en affrontant le dragon du coup ? Si elle y passait, elle n'aurait aucun regret au moins. Puisqu'il semblait clair pour elle qu'ils allaient l'affronter. L'évidence même.


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MessageSujet: Re: FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS   Mer 3 Mai - 23:33



kiss in Peru
Shae ξ Pedro



Un jour un grand sage a dit « la volonté permet de grimper sur les cimes, mais sans volonté on reste au pied de la montagne ». Et c’était exactement ce qu’ils faisaient. Les pieds embourbés dans la vase et la boue, leur avancée se montrait bien plus difficile que prévu. A bout de souffle, Pedro s’arrêta pour observer la montagne qui s’érigeait face à eux, comme l’ultime défit d’une vie parsemée d’embuches. Il avait bien conscience qu’affronter un dragon n’était pas chose aisée. A la vue des dégâts subis dans cette vallée, la bête devait être féroce et impitoyable. Plus ils s’enfonçaient dans les vestiges d’une forêt jadis pleine de vie, plus ils remarquaient les traces affligeantes du passage d’un dragon en pleine colère. Des ossements complètement calcinés par le feu ardent d’un souffle puissant, de la pierre fondue et des arbres réduits à l’état de cendre et de poussière d’argent, gisaient à leurs pieds.

Shae ne put se contenir une minute de plus. Elle était prête à se lancer dans l’aventure, mais sans stratégie, sans plan d’attaque, était-ce vraiment jouable ? Elle avait raison, le mulet était plus un boulet qu’autre chose. L’animal sentait le danger et plus ils s’approchaient de la tanière du dragon, plus il rechignait à avancer. La solution était pourtant évidente, juste sous leurs yeux. Mais Pedro n’était pas certain qu’il s’agisse là de l’idée la plus brillante qu’il ait jamais eu. Pour le moment un silence de plomb régnait dans toute la vallée. Aucun signe distinctif d’un dragon dans les airs. Néanmoins il fallait rester sur ses gardes. Durant toute sa carrière, jamais Pedro n’avait affronté de dragon. Il se rappelait juste du Magnard à Pointes que Potter avait combattu à l’époque de sa deuxième année à Poudlard. Des souvenirs brumeux, mais encore palpables. La force d’une telle créature ne s’oublie pas.

Le Botaniste avait peur. Peur de s’enfoncer d’avantage, d’être confronté à la mort  et de ne pas réussir à veiller sur les arrières de Shae. Il regrettait presque de l’avoir embarqué dans cette aventure. Ne s’était-il pas juré de ne plus jamais recommencer ? De mener une vie bien tranquille après tout ce qui s’était passé ? Voilà qu’il relançait les dés de ce vieux jeu aux tambours accablant. N’avait-il pas compris la leçon ? Non. Son seul espoir de guérison se trouvait là  haut, probablement niché dans la tanière d’un monstre aux ailes impressionnantes et aux griffes d’acier. Quitte à mourir, autant mourir de manière héroïque. Se faire dévisser la tête par un dragon devait être moins douloureux que sentir le poison le happer petit à petit. Oui, il mourrait à petit feu et n’osait l’avouer à personne. Seule Rigel était au courant de son état de santé critique.

Il planta son regard triste dans les prunelles de sa compagne d’aventure. Elle seule le faisait vibrer. Lui donner encore cet espoir de vivre, de s’accrocher aux petits bonheurs d’une vie tranquille et paisible. Enfin, paisible était une notion très relative aux côtés d’une Viridian. Mais par son mutisme et son côté ours des cavernes, il gâchait tout. Comme d’habitude. Il aurait pu revenir sur ce sujet qui avait tant détérioré leur relation depuis plus de trois jours, mais il se contenta de répondre à la question de Shae. Il indiqua l’âne d’un signe de tête, puis tendit sa main valide pour attraper les rênes que lui tendit la jeune femme.

« Nous nous servirons de lui comme appât. Dès qu’on sera assez proche de la tanière du dragon, on lancera un sortilège de détonation qui éloignera le mulet. Quand il fera diversion, nous partirons sur le pan nord de la falaise. C’est là que se trouvent les aconits … »

Ce plan pouvait marcher. Mais le fait est que Pedro n’était pas sûr du tout d’y trouver ce qu’il cherchait. L’état des environs laissait peine à croire qu’en haut de cette montagne sinistre, un nid d’Aconit ait pu survivre à la colère d’un tel démon. Mais il fallait rester optimiste et croire que ce dragon n’avait pas tout détruit.

Il inspira profondément, puis tapota légèrement l’épaule de Shae tout en lui adressant un léger sourire, qu’il s’empressa de dissimuler rapidement sous des traits crispés. Non, il n’était pas encore prêt à renouer le contact, à faire comme si tout était normal entre eux. Malheureusement pour lui, il attendait des excuses qui ne viendraient jamais. Car pourquoi s’excuserait-elle de l’avoir embrassé ? C’était ce qu’il attendait depuis si longtemps. Mais pas dans ce genre de circonstances. Pas un baiser imbibé d’alcool. Il la voulait pleinement consciente de ses actes, et non pas un simple baiser volé pour finalement faire mine qu’il ne s’était jamais rien passé. Mais était-ce là une raison pour lui d’agir ainsi ? De se murer dans le silence et de croire qu’il n’était pas fautif dans cette histoire … non. Il avait sa part de responsabilité, sauf qu’il se refusait de l’admettre.

Alors il préférait avancer en tête de marche, les yeux rivés vers le ciel, tous ses sens en alerte au moindre mouvement suspect. Leur vie était en jeu et il n’était plus question de se focaliser sur ce qui n’allait pas entre eux. Le fait est, qu’ils avaient un dragon à éviter. Le sentier qu’ils empruntaient était raide, difficile d’accès et la roche ripait sous leurs pieds. Pedro manqua de s’écraser le visage en pleine terre à plusieurs reprises. Plus ils gravissaient la montagne, plus il était difficile de respirer. Les mouvements devenaient lourds, gauches. Chaque pas était un supplice et supporter le sac de randonné un véritable calvaire. Au bout d’une bonne heure de marche dans un silence parsemé de gémissements, ils arrivèrent devant l’entrée d’une tour en ruine. Il ne restait que la pierre carbonisée. Un véritable squelette qui s’érigeait droit vers un ciel voilé.

Pedro leva un sourcil circonspect. Il n’avait jamais rien lu sur cet endroit …

« Magicae Revelium » lança-t-il tout en leva sa baguette droit devant lui.

Le vestige de certaines runes était encore gravé dans la pierre. Du bout de ses doigts rugueux, Pedro suivit les lignes encore distinctes. D’après ses connaissances en la matière, elles n’étaient plus actives depuis longtemps. Il était devenu bien trop difficile de comprendre à quoi elles servaient, mais peut-être avaient-elles permises d’éloigner le mal qui s’était abattu sur cet endroit pendant un moment. Son estomac se resserra lorsqu’il aperçut de grandes traces noires se diriger vers une forêt de ronces gigantesques. Elles s’entremêlaient telles des tentacules d’épines géantes. D’après la carte, il s’agissait de la bonne direction à prendre. Pedro jeta un bref coup d’œil à Shae, puis souffla lourdement avant de tirer sur les rênes de la mule. Du courage il en avait et se demandait parfois pourquoi le Choixpeau Magique ne l’avait pas envoyé à Gryffondor au lieu de Poufsouffle … mais qu’importe, cette forêt d’épines ne présageait rien de bon. Ils devraient être deux fois plus vigilant. Car sortir d’ici n’était pas chose aisée.


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MessageSujet: Re: FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS   Jeu 4 Mai - 1:06



kiss in Peru
Shae ξ Pedro


Pas besoin d'être devin pour présager qu'ils allaient avoir chaud aux fesses - sans mauvais jeu de mot. L'air était lourd, et l'odeur lui prenait de plus en plus le nez. Elle avait la baguette qui la démangeait de toute façon. Trois jours à ronger son frein et à douter, hésiter, tout cela l'avait rendu nerveuse, à bout, et elle attendait presque avec impatience de pouvoir enfin se venger sur quelque chose. Que ce quelque chose se révèle être un dragon... Et bien disons que l'adversaire serait à la taille de son courroux. Bien qu'elle n'y paraisse pas, la petite Viridian se targuait d'être une adversaire plutôt talentueuse. Evidemment, quand votre adversaire vous sous-estimait, tout était plus simple, surtout quand on avait l'informulé facile et le maléfice rapide... et vicieux. Certains l'avaient appris à leurs dépends... Ce qui n'avait pas été pour lui déplaire. En elle sommeillait un instinct guerrier - paresseux, certes, mais bien présent. Un instinct qui lui soufflait que revenir en Angleterre en racontant qu'elle avait affronté un dragon ferait des envieux... et des admirateurs. Ruth lui manquait. Sa cousine - aussi proche qu'une soeur - avait eu le coeur brisé par son départ, et malgré des échanges de lettres fréquents, semblait toujours lui en vouloir. Des récits mirobolants couplés à quelques cadeaux et Shae était sûre de regagner l'affection de sa chère cousine.

L'âne remua une nouvelle fois, et Shae tira d'un coup sec sur les rênes, impatiente et agacée, tandis que son mentor semblait songer à tout un tas de choses en même temps. La jeune femme se perdit une nouvelle fois dans la contemplation de son visage et de ses mains rugueuses, se laissant aller à une rêverie plus que mal placée. Se secouant mentalement, elle retrouva avec grand déplaisir la réalité, l'odeur de souffre et le paysage désolé les entourant. Oui, bon, elle avait connu plus romantique - ou au moins décent - comme paysage. L'ambiance dangereuse et lourde devrait pourtant suffire à la maintenir concentrée - elle sentait ses poils se hérisser à chaque brise légère, apportant avec elles la promesse de plus grands dangers à venir. Le regard de Pedro finit par se plonger dans le sien, tarissant son souffle, ses prunelles d'un bleu profond et triste la sondant, tandis qu'il tendait la main pour prendre les rênes de l'âne, qu'elle lui tendit sans protester, sous le charme. Comment avait-elle pu être aussi insensible à son physique jusque maintenant ? Elle comprenait mieux les pintades gloussantes des cours de Botanique à présent, et se trouvait presque gênée de l'attention qu'il lui portait. Une attention quasi-paternelle, bien sûr...

Il lui expliqua succinctement  son plan d'attaque, et elle approuva d'un signe de tête, tapotant l'âne avec désintérêt. C'était un bon plan. Il pouvait fonctionner. Mettre la main sur cette plante était crucial, aussi, ils feraient ce qu'il faudrait. Même si ça impliquait se faufiler en retenant son souffle dans une montagne habitée d'un dragon fou furieux et destructeur. Elle était pratiquement certaine que ce comportement était inhabituel, même pour un dragon. Vivre dans un tel environnement n'était idéal pour aucune créature vivante. Même si on était un énorme dragon féroce, cracheur de feu, et pas content. Quelque chose avait dû se passer, mais elle n'était pas Magizoologiste, et encore moins dresseuse de dragons. Perturbée dans ses réflexions par Pedro qui lui tapota l'épaule et lui sourit - ce qui perturba une fois de plus son rythme cardiaque - elle entrouvrit les lèvres pour souffler un mot d'encouragement qui mourut dans sa gorge. Peut-être n'en étaient-ils pas encore là.

Ce satané baiser avait vraiment de satanées conséquences, jusqu'au bout. Shae se maudissait de ne toujours pas en avoir parlé, mais le bon moment était passé. Elle allait éviter de mettre le sujet sur le tapis alors qu'ils s'apprêtaient à gravir une montagne boueuse, en trainant un âne en guise de sacrifice, et qui s'ensuivraient très probablement par leurs morts respectives. Quoi que. En voyant les choses sous l'angle de la mort quasi-certaine et rapide, elle aurait aimé être sûre d'être en bons termes avec lui. Pour mourir sans un regret, disons immédiat. Incapable d'ouvrir la bouche, elle se contenta de le suivre dans la montée, sentant presque immédiatement ses jambes - pourtant aguerries par les longues journées de marche effectuées depuis le début du voyage - protester et la faire souffrir. Grimaçante, elle entama la montée, se hissant au niveau de Pedro, qui décida de rester en tête, accélérant.

Elle aurait pu être vexée, mais elle avait senti la tension et l'angoisse qui semblait l'habiter, et elle en comprenait les raisons. Il se sentait responsable. C'était idiot, sachant qu'elle était majeure, vaccinée, et qu'elle avait décidé de venir en ayant conscience du danger, mais c'était ainsi. Elle ne pouvait pas décider à sa place de ce qu'il ressentait, ou non. Prenant une respiration régulière pour ne pas trop souffrir durant la montée, qui se révélait périlleuse et glissante, sur la roche, Shae s'étonnait elle-même de sa maturité et de sa patience. Il fallait bien croire qu'elle finissait par évoluer, aussi surprenant que cela puisse paraitre. Ce genre de voyage ne vous laissait pas le choix. Être soudainement confrontée au monde, dans toute sa brutalité et sa réalité, cela marquait. Au fer rouge, d'une sensation brûlante et profondément puissante. Elle n'était plus la tête brûlée prétentieuse des couloirs de Poudlard. Oh, bien sûr, cette part d'elle survivait dans un coin, mais elle était devenue bien plus que ça. Une Botaniste aguerrie, une adulte sûre d'elle, et une combattante vive et inventive.

La seule chose qui n'avait pas vraiment changé, c'était son ego. Il restait sur-dimensionné, quoi qu'il arrive - et cela expliquait probablement pourquoi elle était si susceptible et si prête à sauter à la gorge du premier impudent qui oserait s'y attaquer. La progression, lente, difficile, ponctuée de jurons prononcés tout bas et de dérapages sur le sol inégal n'était définitivement pas de tout repos, et quand enfin ils parvinrent à l'entrée d'une tour en ruine, promettant d'être le nid du Dragon, Shae reprit sa respiration avec difficulté, les mains sur les genoux, courbée en deux pour récupérer. Si elle, à vingt ans et hyperactive, subissait aussi lourdement cette montée, elle n'osait imaginer ce qu'il en était de Pedro, à qui elle jeta un regard en coin. Elle n'était pas inquiète... juste... prudente.

Impressionnée, la jeune sorcière recula d'un pas pour mieux admirer le squelette de pierre de la fameuse Tour, qui avait dû être magnifique dans ses beaux jours. Pedro consultait la carte, et il les guida tout droit dans un énorme buisson de ronces. Shae le stoppa d'un bras, et, sortant sa baguette, elle mit silencieusement le feu aux ronces avant d'en écarter les vestiges d'un bras, avançant sans prononcer un mot - ce qu'on aurait pu considérer comme un miracle sans tenir compte du dragon probablement dans les parages. Elle n'allait pas prendre de risques inutiles en gueulant des sorts simples tout aussi efficaces en informulés. Malheureusement pour elle, son geste se révéla inutile : d'autres ronces, véritable forêt d'épines, les attendaient derrière la couche superficielle qu'elle avait réussi à réduire en cendres. Un soupir de lassitude s'échappa d'entre ses lèvres, et elle s'y engagea à la suite de Pedro, évitant les griffures autant que possible.

Parvenus de l'autre côté de la monstrueuse formation piquante, au terme d'un moment interminable, ils débouchèrent sur les vestiges d'une salle en voute, aux proportions gigantesques. Abasourdie, il fallut quelques instants à Shae pour apercevoir le trou béant, au fond de la salle, d'où s'échappait des volutes de fumée. Pedro l'avait repéré également, et elle ne pensait pas trop se mettre en danger en affirmant que le dragon résidait tout proche. Un poil trop proche ? Un grondement sourd confirma leurs craintes, et d'un commun accord, plus un souffle ne fut perceptible durant les secondes suivant ce grondement. Une série de bruits lourds et de bruits évoquant un animal ramper se firent entendre, et Shae jeta un regard terrifié à Pedro. Ok, elle se sentait combattive et badass, mais un dragon, c'était peut-être un peu trop d'un coup non ? Il leur fallait agir, et vite.

Silencieusement, ils laissèrent l'âne dans la salle, s'éloignant suffisamment pour se mettre à l'abri, suivant toujours la carte. Selon celle-ci, un chemin déboucherait sur le versant de la montagne qu'ils cherchaient à atteindre, les mettant à l'abri du dragon le temps de l'atteindre. Pratique, songeait la sorcière avec une pointe de pessimisme. L'âne occuperait-il la bête seulement assez longtemps ? Elle en doutait fortement. Un sortilège lancé depuis l'autre bout de la salle fit braire le mulet à en faire trembler les murs, et les deux sorciers filèrent sans plus attendre, suivant le chemin de la carte en tentant de ne pas prêter attention aux cris de l'animal qu'ils laissaient en pâture à un monstre, dont ils entendaient encore les pas accélérés par leur appât. Fort heureusement, les bruits finirent par s'éteindre au fur et à mesure qu'ils avançaient, et ils débouchèrent enfin sur le versant, étonnamment presque luxuriant comparé à la désolation qu'ils quittaient, là où se trouvait supposément l'objet - la plante - de leur désir.

Avançant lentement, précautionneusement, les deux sorciers fouillèrent les environs avec minutie, accroupis entre les roches et les herbes acides. Enfin, un son étouffé sortit de la gorge de Pedro, et Shae le rejoignit immédiatement, contemplant le fruit de leur labeur d'un air ravi. Sans souffler mot, elle lui pressa rapidement le bras en symbole de victoire, risquant un sourire lumineux dans sa direction. Enfin ! Le voyage, le danger, tout cela n'aurait pas été en vain ! Sans le baiser d'il y a trois jours, elle se serait probablement jetée dans ses bras sans réfléchir tant le soulagement l'étreignait, mais elle se contenta de son sourire, et se redressa lentement. Le chemin du retour semblait désormais être la partie la plus périlleuse ...

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MessageSujet: Re: FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS   Jeu 4 Mai - 12:31



kiss in Peru
Shae ξ Pedro



L’aconit se dressait là, sur le flanc de la falaise, tel un trésor convoité. Sous les bourrasques de vent, elle frétillait docilement, encore fragile, comme plongée dans un sommeil profond et artificiel. Sa robe bleu sombre dénotait clairement dans cette atmosphère sinistre et macabre. Le flanc nord de la montagne n’offrait en rien des conditions favorables au bon développement d’une végétation seine et vigoureuses. Pedro s’arrêta un instant, observant cette petite plante comme le saint grâle tant mérité. Elle était nichée sur le flanc, inaccessible, surplombant un vide qui donnait le vertige. Le vent s’engouffrait dans les branches mortes des arbres maigrichons, et son froid pénétrant traversait les vêtements comme une armée de mille aiguilles.

D’un pas hésitant, Pedro s’avança au plus proche du rebord de la falaise. Il pouvait y apercevoir tout en bas le lit d’une rivière agitée. Ici, la nature se montrait hostile, froide, peu accueillante. Ils en avaient fait du chemin pour en arriver là. Mais le plus dur restait à venir. Pas étonnant que personne encore n’ait eu le courage d’attraper cet Aconit. Il tendit la main, mais son bras était bien trop court pour attraper la plante. Il fallait sauter trois bons mètres dans le vide, pour essayer d’atteindre ce petit bout de roche suspendu. Une entreprise bien risquée. Pedro sortit sa baguette magique et lança un « Accio » sur l’Aconit. Mais elle ne bougea pas d’un pouce. Il fallait penser autrement, juger la situation sous un autre angle. Il regarda tout autour de lui. De la roche, de l’herbe et quelques arbustes maigrichons. Bien, il fallait improviser. D’un geste souple et ample de la main, à l’aide de sa baguette magique, il fit léviter plusieurs roches dans le vide, créant ainsi un chemin permettant d’atteindre le nid d’Aconits.

Délicatement, il posa son pied sur la première roche suspendue. Il déglutissait péniblement, jugeant un peu trop tard que cette initiative n’était franchement pas la meilleure des options. Mais ils n’avaient pas d’autres choix. Une bourrasque de vent trop virulente pouvait le faire basculer dans le vide. Alors, il n’aurait pour dernier souvenir, que le regard affolé de Shae. Prenant son courage à deux mains, l’adrénaline fusant dans ses veines tel un torrent aux eaux tumultueuses, il s’élança d’un bond irréaliste sur la seconde roche flottante. Puis vint la troisième et la quatrième, ainsi de suite pour finalement atterrir au plein cœur des Aconits. Son cœur battait la chamade. Son front perlait d’une sueur froide et ses jambes tremblaient de façon grotesque sous la retombée d’adrénaline.

Tout en se redressant, il observa Shae et lui accorda un léger sourire, pour lui indiquer que tout allait bien. Voyant qu’elle s’apprêtait à le rejoindre, il tendit le bras en avant et lui ordonna de façon ferme de ne pas faire un pas de plus. Il jugeait l’entreprise trop périlleuse et ils n’avaient pas besoin d’être à deux pour ramasser des Aconits. Toucher ces plantes à mains nues signait promptement son arrêt de mort. Il usa alors, d’un sortilège de découpe et déposa délicatement chaque Aconit dans sa besace. Puis, un grognement sourd le fit sursauter. Shae s’agitait. Elle gesticulait ses bras dans les airs, comme pour indiquer à Pedro de faire au plus vite. Ses paroles se mouraient dans le vent qui les emportait vers le nord. Même s’il tendait l’oreille, il n’arrivait pas à entendre ce qu’elle disait.

Jugeant que sa besace était assez pleine, le Botaniste fit marche arrière. Le cœur légèrement serré, il délaissait là un trésor dont il avait tant à exploiter et à découvrir. Mais il était temps de partir. Retourner sur ces roches flottantes le rendait malade. Son courage s’était envolé et il regrettait presque d’avoir joué les funambulismes au dessus du vide. Ses entrailles se tordaient sous l’angoisse de tomber. Ses jambes paraissaient aussi molles que du chewing-gum. Il inspira profondément, puis se lança tout en maugréant intérieurement sur sa stupidité. Une pierre, deux, puis trois … il se sentit partir en arrière, des images défilant plein la tête. Puis une parole de son père lui revint à l’esprit. Assez acerbe lui donnant la pulsion nécessaire pour un dernier bond d’une force impressionnante. Il retomba aux pieds de Shae. Il se sentait mal, l’envie de vomir lui irritait la gorge. Pourtant il ne laissa rien transparaitre. Pas devant Shae. Il ne souhaitait montrer aucun signe de faiblesse et ne voulait surtout pas la décourager.

Un souffle chaud les frappa en plein visage. Une peur tentaculaire envahissait le corps entier de Pedro. Le figeant quelques instants. Le dragon n’était pas loin. Merde … avait-il compris leur stratagème ? Il pressa la main de Shae, puis la considéra d’un air désolé. Il fallait avancer, faire marche arrière était dorénavant impossible. Derrière eux se dessinait le vide, et devant eux, l’antre du démon. Baguettes fermement encrées dans leurs mains, les deux sorciers marchèrent d’un pas décidé, la peur au ventre.

Après avoir traversé l’épaisse forêt d’épines et de ronces. Après avoir subit de nombreuses écorchures et entailles plus ou moins profondes, ils débouchèrent dans cette vaste salle. Une salle curieusement plongée dans la pénombre. Le tout était de trouver la sortie de cette tour, de rejoindre l’extérieur, de dévaler la montagne en toute hâte et de traverser le marécage pour se réfugier dans la forêt luxuriante tant regrettée. Le tout en évitant de se faire rôtir par un dragon. Facile ! Mais la pièce semblait étonnement différente. Comme s’ils n’étaient jamais venus dans cet endroit. Un grognement sonore et étouffé fit trembler les murs.

« Lumos ! »

Une petite boule de lumière argentée apparut au bout de la baguette magique de Pedro. La hauteur des plafonds était impressionnante. La roche des murs suintait une forte humidité, laissant apparaître une prolifération importante de champignons et de mousse brunâtre. Alors que la montagne apparaissait comme sèche, aride et démunie de toute forme de vie, cet endroit renfermait assez de vie bactérienne pour nourrir une terre desséchée. Sans un mot, Pedro avança, compressant la main de Shae entre ses doigts.

Pointant sa baguette au sol, ils pouvaient distinguer avec aisance, un monticule d’ossements et de crânes en tout genre. Une vague de frissons désagréables parcourus le dos de Pedro. Le professeur savait maintenant où ils se trouvaient.

« Nous sommes bien dans la tanière de ce maudit dragon … » dit-il dans un chuchotement inutile. « Il faut trouver la sortie au plus vite … Je pense que cet endroit recèle encore un peu de magie malgré tout. Peut-être que si l’on retrouve les runes que j’avais vu à l’allée, on arriverait à retrouver une porte dérobée. »

Alors qu’il relevait la tête pour essayer de retrouver ces fameuses runes gravées, une odeur de souffre écœurante le frappa en plein visage. Un craquement d’os lourd fit sursauter les deux sorciers, qui laissèrent échapper un cri d’effroi à la vue du corps qui venait de s’exploser parmi les ossements. C’était leur mule qui venait tout juste de tomber, à quelques mètres d’eux. L’abdomen complètement déchiqueté, la cervelle en bouillie et les pattes complètements déformées, il n’y avait plus rien de vivant dans son regard, ni même dans son aspect maintenant difformé par la douleur. Pedro déglutit péniblement, lorsqu’il vit deux énormes yeux jaunes briller d’une intelligence suffisante, sous le reflet de la lumière de sa baguette.

« SHAE, COURS ! »

Jeter quelques maléfices à un dragon ne servait à rien. Ils possédaient une carapace d’écailles très résistantes. Alors pour se débarrasser au mieux d’un dragon la seule issue possible était la fuite. Trouver cette maudite sortie et  courir le plus vite possible. Mais l’avancée dans les ténèbres et les ossements, se montrait plus compliquée qu’il ne l’avait imaginé. Soudain, le dragon cracha un jet de flammes ardentes sur Pedro, qui eu le bon réflexe en se protégeant automatiquement d’un charme du bouclier. Shae quant à elle continuait à tapoter contre les parois humides de la tour pour trouver une sortie …

Plus Pedro résistait, plus son bras le lancinait. Il fallait faire vite s’ils ne voulaient pas finir en rôti pour dragon …



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FLASHBACK : kiss in Peru (pv Pedro) TERMINADOS

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