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 Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Sam 3 Nov - 20:43




j'en tremble


venetia & klaus

Les mots disent plus qu'ils ne disent et peuvent donc, sans changer, dire des contraires

Elle était particulière et délicate, cette atmosphère. Un air de musique n'y aurait pas détonné, entre pudeur infinie et cette tension tendre, une main touchant une autre, des yeux fixés sur elle, lui donnant son attention irrévocable et complète. Elle n'y était pas habituée, et contrôlait mal les battements frénétiques de son coeur, le rougissement de ses joues, l'impression vertigineuse de ne pouvoir échapper à ces yeux non pas inquisiteurs mais diablement observateurs. Il avait la main chaude, un grand sourire aux lèvres, comme réconforté par sa dernière réplique, et le silence qui s'étirait, les instants volés à la parole et à l'explicite, étaient doux et agréables. Au moins n'avait-il pas l'air offensé par la brève évocation à la malheureuse soirée, et Venetia sourit aussi, par automatisme, incapable de ne pas répondre à son visage si communicatif. Un frisson plus tard en sentant le pouce rugueux contre le dos de sa main, et elle observait avec étonnement la couleur s'épanouissant sur les joues de son interlocuteur, achevant de tout à fait lui faire piquer également un fard, comme une enfant.

Elle n'en était pourtant pas à son premier tango, et elle était suffisamment vieille pour savoir ce qu'elle voulait et comment l'obtenir. Mais de lui, elle ne voulait rien d'autre que ce qu'il voulait bien lui donner, alors que sa réponse sonnait à ses oreilles comme une promesse délicate et murmurée. Un sourire ténu aux lèvres, elle hocha la tête et pencha le visage de côté en une imitation parfaite de la mimique favorite de l'allemand. Elle récupéra sa main et s'en servit pour boire aussi, le silence entre eux s'étirant plus confortablement. Non, elle n'en était pas à son premier tango, certes. Mais c'était là sa première valse, et elle se sentait comme une débutante à un bal, attendant rougissante qu'un inconnu séduisant veuille bien lancer les premiers pas. Elle ne pouvait pas décemment s'imaginer dans cette position sans ironie, ses bientôt trente printemps lui rappelant cruellement que sa jeunesse tendre était un souvenir confus et plein de petites luxures. Il fallait qu'elle soit meilleure qu'une débutante.

Venetia, illuminée soudainement d'une idée, se leva, lui adressant un regard réjoui, et fit quelques pas, se rapprochant d'une pile de livres entassés contre le canapé décrépi. Elle s'accroupit en tenant son châle de laine contre elle d'une main, de l'autre parcourant les volumes un poil poussiéreux, avant de finalement trouver celui qu'elle cherchait. Elle revint s'asseoir et lui tendit sa copie des Fleurs du Mal, de Baudelaire, avec une moue amusée.

- J'imagine que tu en as déjà une copie, mais j'aime vraiment bien cette édition. Je te la prête. Tu me la rendras au Ministère si tu veux. Je suis à l'étage de la Justice Magique.

L'invitation n'était qu'à demi-voilée, mais elle n'en avait cure : c'était là sa façon de leur donner l'excuse parfaite de se revoir dans d'autres circonstances qu'une soirée enfumée et alcoolisée, ou encore couverte de jus d'esprit frappeur dans une soirée glaciale d'automne touchant à sa fin. Elle lui sourit encore, ravie de cette fin de soirée délicate et jolie après tout le tracas qu'ils avaient traversé. Elle finit son verre de whisky, une flamme défiante dansant dans le fond de son regard. Si le courage liquide lui était suffisant, peut-être qu'elle se lancerait même au défi de l'embrasser à nouveau. Alors qu'elle rêvassait encore, un bruit soudain, un vent glacial et le claquement d'une fenêtre simultanés la firent sursauter et tourner un regard ébahi vers la silhouette bariolée de l'Esprit Frappeur inspectant son intérieur avec des lèvres pincées.

- Eh beh ! Pour un taudis c'est un tau- Ah vous êtes là vous !

Feignant la surprise, il s'inclina, ôtant son haut-de-forme pour laisser voir un crâne transparent plutôt dégarni. Sans voix, Venetia sentit l'indignation monter en elle, et elle tâcha de se maitriser.

- Qu'est ce que... ?

L'Esprit Frappeur haussa les épaules et lui coupa la parole d'un geste péremptoire, tandis qu'elle se redressait, serrant d'autant plus le châle de laine contre sa poitrine d'un air outré.

- Je m'ennuyais. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant amusé alors je me suis dis que j'allais vous suivre un peu. Et je vous retrouve, les yeux dans les yeux ! Moi qui pensait ! Enfin. Je vais vous tenir compagnie, vu les balais que vous avez de coincé !

Et c'est ainsi qu'elle le vit s'asseoir tranquillement dans l'air, mimant un air contrit, tandis que dans ses yeux brillaient l'étincelle mesquine et revancharde qui lui faisait craindre qu'elle n'avait pas fini d'en voir des vertes et des pas mûres avec cet empoté. Elle se rassit, bouche pincée, jetant un regard un poil suppliant à Klaus de l'autre côté de la table. Envolées, ses idées de fin de soirée un tant soi peu romantiques. De toute façon, il aurait fallu être réaliste deux secondes, avec son état de propreté et sa coiffure échevelée, personne ne l'aurait approchée, même avec un baton de cinq mètres.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Dim 4 Nov - 8:07

L'Allemand l'observait avec ce sourire-là qui respirait l'admiration, l'émerveillement et ce... ce Dieu-sait-quoi qui, lorsqu'il se trouvait avec la jeune femme, le faisait oublieux de certaines vérités cinglantes et gênantes dans les autres cas, comme le fait que les deux fonctionnaires n'avaient largement pas le même âge, que celui-ci, d'ailleurs, était bien loin de celui des jeunes qui peuvent se permettre de fricoter dans les bars, et encore qu'il avait déjà donné une grosse partie de son cœur à quelqu'un et que Klaus ne pourrait certainement jamais la récupérer. Mais là il ne pouvait pas y penser, l'Allemand n'avait même pas forcément envie d'y penser, et pour que cet instant, tendre, émouvant et singulier s'éternise, il aurait certainement donné tout ce qu'il posséda, s'il avait un pouvoir quelconque sur cette Terre, pour que ce doux silence s'éternisa. Mais chaque mouvement qui lui montrait son manque de contrôle semblait l'écarter un peu plus de cette volonté propre et enfantine.

Son cœur se resserra un peu plus quand elle se décida à se lever pour s'écarter vers les ouvrages entassés, bien que le sourire rayonnant plaqué contre son visage fît du bien au cœur du bougon Oubliator. Il tendit les mains pour récupérer l'ouvrage, après s'être relevé de sa chaise et sourit avec une petite mélancolie. Baudelaire, forcément... Klaus se souvenait de la façon dont elle en avait parlé, la première fois que les deux s'étaient rencontrés, dans cette première étape, ce bar sinistre. Relevant les yeux vers la jeune femme il hocha un brin la tête en ajoutant : « Je ne connais pas cette édition et... hm, celle que je possédais, je n'y ai plus trop accès, ça me fera du bien de revoir certains textes, je te remercie. » Elle était chez ses parents, celle que la famille possédait, ses parents qui ne se souvenaient plus de leur enfant, autant dire que c'était assez compliqué de remettre la main dessus. Alors qu'il faisait quelques pas dans l'appartement, notamment pour ne pas rester trop statique, l'Allemand passa sa manche sur la couverture où trainait une fine pellicule de poussière, s'en débarrassant avec de petits effleurements délicats avant d'en observer avec intérêt les détails, la première, la tranche et la quatrième de couverture. Souriant vaguement il passa le doigt sur une page vers la deuxième moitié du volume et en l'ouvrit, un très léger rire, nerveux ou amusé on ne saurait vraiment le clarifier, s'échappa de sa gorge alors qu'il lisait, dans un murmure, les quelques vers sur lesquels il tombait depuis des années. « Plutôt que d’implorer une larme du monde, / Vivant, j’aimerais mieux inviter les corbeaux / À saigner tous les bouts de ma carcasse immonde... » L'Allemand resta un instant sur ces quelques vers avant de relever les yeux vers la femme. « C'est très gentil de ta part. Je te le ramènerai, avec plaisir. Et si jamais, comme tu l'as compris, tu peux venir me voir à la Brigade de réparation des accidents de sorcellerie, n'hésite pas, surtout... » Et il lui rendit en même temps ce sourire d'invitation. Oh oui, il allait bien profiter de cette occasion de la revoir encore une fois, quelle que soit l'issue de cette soirée, qui s'annonçait, malgré les débuts, loin d'être totalement négative en somme.

Mais la fin de sa phrase se perdit dans un frisson glacial qui commençait à devenir un peu trop répétitif. L'Allemand ferma les yeux, espérant de tout son être pour que ce ne soit qu'un défaut de la charpente et le froid de la rude saison qui passe entre les poutres, mais ce pressentiment, comme nombre de ses mauvais pressentiments, était justifié et la voix grinçante de l'Esprit Frappeur se fit à nouveau entendre. L'Allemand soupira avant de se redresser, alors que le logement de son amie était ainsi insulté. Il tourna alors les yeux vers l'Esprit Frappeur qui déjà était en train de s'installer. L'Allemand chercha ses mots un instant, tout à fait dépité, avant de se lancer, d'une voix tout à fait neutre - il n'allait quand même pas faire don de sa gentillesse à cet Esprit Frappeur, quand même. « Gaston, cela faisait longtemps. Je comprends votre solitude, néanmoins ce n'est pas une raison pour faire ce que vous voulez. Les Esprits Frappeurs sont soumis aux mêmes lois que les mortels, vous le savez bien. Ici, vous vous trouvez dans la propriété de la famille Bird, qui plus est une famille à sang Moldu. Vous êtes entré ici sans permission et tout en risquant, encore une fois, la Sécurité du Monde Magique. Cela aggrave encore un petit peu votre cas, je suis navré d'avoir à le dire. Ainsi je vous prie, si vous le voulez bien, de retourner à votre entrepôt. Le Ministère reviendra pour régler les derniers détails et envisager la clôture du bâtiment pour votre confort. » L'Allemand avait parlé d'une traite, totalement lassé par, à la fois le revirement très brusque de situation, et plutôt gênant, qu'on se le dise, mais aussi la répétition de la situation, l'Esprit remettant à nouveau les pieds dans les problèmes qu'il avait eu plus tôt. Mais Klaus ne retournerait pas dans son agressivité, craignant en même temps un saccage dans l'appartement qui risquerait peut-être même d'entrainer la chute totale et complète du bâtiment.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Dim 4 Nov - 22:14




j'en tremble


venetia & klaus

Les mots disent plus qu'ils ne disent et peuvent donc, sans changer, dire des contraires

Bras croisés sous sa poitrine, le pied tapotant doucement mais régulièrement au sol, la jeune femme observait tour à tour l'Esprit Frappeur puis son collègue du Ministère, les lèvres pincées. La chaleureuse atmosphère s'était muée trop soudainement, et de façon littéralement glaciale, ce qui impliquait que de la buée sortait d'entre ses lèvres à chaque expiration. Elle se sentait frigorifiée, sale, et rêvait de pouvoir bouter le sans-gêne hors de sa demeure sans toutefois oser ouvrir ses lèvres pour esquisser ces mots. Elle n'aurait pas supporté voir son propre appartement détruit, ravagé de la façon dont l'entrepôt l'avait été. Gardant bien en mémoire ces images sombres, elle conservait donc un silence prudent, calculateur, les yeux rivés sur un point vague de la table. A ses oreilles résonnaient encore les échos des vers de Baudelaire déclamés par la voix profonde de Klaus, tandis que les crépitements du feu les recouvraient peu à peu. Il fallait qu'elle remette du bois dans l'âtre.

Elle se leva et alla attraper une bûche déposée dans un panier en osier proche du petit poêle, gardant une expression prudemment neutre, évitant le regard vicieux des petits yeux porcins de l'Esprit Frappeur, tandis que Klaus lui intimait sereinement de décamper, sans une fois hausser le ton ni se montrer insultant. C'était là un beau tour de force, songeait-elle en observant les flammes, jouant du tisonnier afin de faire la place nécessaire pour son rondin de bois, qu'elle posa lentement. Suivant la déclamation de son interlocuteur favori, un silence s'était installé, aussi glacial que la personne le mettant en place. Elle frissonna de re-chef, restant près du feu afin de contrôler les tremblements convulsifs de ses mains. Par le caleçon de Merlin, elle devait presque avoir le bout des lèvres bleues à ce train-là ! Elle devait insister et bien faire comprendre à l'intrus qu'il ferait mieux de repartir fissa. Elle se redressa lentement, bras toujours croisés, de petits ronds de pouce tentant vainement de frictionner sa taille fine, sans grand succès.

- Il a raison vous savez, nous avons été grandement compréhensifs et sympathiques à votre égard... Je veux dire, un autre Agent du Ministère serait susceptible de vous aligner bien plus agressivement... Et sans tenter de communiquer.

L'Esprit Frappeur lui retourna un regard dédaigneux, où brillaient toute la condescendance et le mépris du monde. Il renifla grossièrement, lui faisant bien comprendre qu'il n'avait cure de ce qu'elle avait à dire, elle, tandis qu'il tournait un regard de chien battu vers le seul représentant du Ministère qu'il considérait digne de lui adresser la parole. Les mains de Venetia se serrèrent en poings, mais elle se contint, restant proche du fourneau, un grognement dubitatif s'esquissant de ses lèvres serrées. Ce qu'elle rêvait de le prendre par le col et de le jeter par la fenêtre, scellant le reste de l'appartement d'un sort. Ah si seulement elle savait, si seulement elle avait le talent de mouliner du poignet ainsi, de prononcer la bonne formule, et d'avoir suffisamment de talent pour y parvenir du premier coup ! Elle l'aurait bouté hors de chez elle, et aurait enfin pu terminer sa soirée tranquillement, voler un baiser à l'homme blessé, l'homme mystérieux, l'homme charmant qu'était Klaus, et s'en aller dormir avec un sentiment de satisfaction profond. Mais déjà, Gaston reprenait, d'un ton affreusement obséquieux.

- Monsieur... Je vous en prie, loin de moi l'idée de vous offenser... Je me demandais juste ce que vous lui trouvez à la gourdasse... Non parce qu'un homme de votre stature, de votre rang, de votre ... de votre élégance même ! Peut bien trouver plus joli minois à son bras. Vous savez, il suffit d'un coup d'oeil pour s'apercevoir que celle-ci est un poil... défectueuse.

Les joues rougies de colère, Venetia déglutit péniblement et attrapa sa baguette. Nourrie par une rage telle qu'elle n'en avait guère ressentie depuis un moment, elle se déplaça lentement, de façon presque féline tant ses pas étaient délibérés, de façon à se placer face à Gaston, son dos à lui bien au mur vers où elle voulait l'envoyer. Un souvenir de Poudlard, d'un des cours de Flitwick lors de leur quatrième année, lui était revenu en mémoire, et elle se sentait soudainement bien capable de l'exécuter à la perfection. Elle serra le poing sur sa baguette et la leva, croisant le regard ricaneur e l'Esprit Frappeur, persiflant qu'elle n'avait aucune chance d'y parvenir. Elle redressa fièrement le menton et déclara d'une voix blanche, rendue terriblement froide par la colère.

- Il suffit. Vos insultes sont, à défaut d'être intelligentes, grossières, vicieuses et ridicules. A l'image de votre personne. Vous n'êtes qu'un ersatz d'humanité dont je ne saurais tolérer la présence sous ce toit plus longtemps.

Elle se fendit rapidement d'un geste acéré, lâchant sans trace de colère, car c'était souvent ce qui faisait rater le plus basique des sorts, mais avec une grande concentration les mots nécessaires :

- Repulso.

A sa grande satisfaction, l'Esprit Frappeur passa au travers du mur dans un grondement terrible, basculant cul par dessus tête, lui tirant un rire libérateur tant elle en avait eu besoin. Venetia se redressa de toute sa splendeur, alla se pencher par la fenêtre pour voir la silhouette pousser un juron abominable et disparaitre, tandis qu'elle fulminait encore, un sourire mauvais aux lèvres. Elle fit volte-face rangeant la baguette dans le petit étui de sa ceinture, et se tourna vers son invité, composant une expression délicieusement neutre et rayonnante malgré tout de satisfaction.

- Mes excuses pour la gêne occasionnée. Il me fallait... Me défouler. J'ai désespérément besoin de me débarrasser de cette robe ruinée et d'une douche. Si cela ne te dérange pas, je vais te demander de m'excuser une dizaine de minutes, afin que je puisse enfin me changer. S'il te plait, fais comme chez toi, le café et le whisky sont à ta disposition.

Elle lui sourit doucement, et s'enfonça dans le petit couloir sur ses mots, claquant la porte de la salle de bain, se changeant et se débarbouillant de tout maquillage, matière gluante, et robe en morceaux. Au terme d'un peu moins que la dizaine annoncée, elle ressortit, fraiche et pimpante, enveloppée d'un nuage de parfum délicatement fleuri, des vêtements plus confortables sur le dos, mais toujours aussi seyants. Venetia revint prendre place à la table, se resservant un whisky, ses cheveux trempés pendant dans son dos. Elle lui sourit de nouveau, se sentant décidément bien plus à l'aise à présent. Il lui avait fallu étouffer ses cris de joie dans la salle de bain, tandis qu'émerveillée, elle avait sautillé sur place plus longtemps que nécessaire. Elle avait réussi son sort ! Du premier coup ! Et la tête qu'il avait tiré ce rufian !! HA ! C'était glorieusement jouissif, toute cette puissance contenue au bout de ses doigts. Elle allait devoir s'appliquer et s'exercer pour peut-être un jour, voir une chance d'amélioration ? Soudainement, tout était possible, et elle voyait en la vie un fruit délicieux où elle n'avait qu'une hâte : planter ses dents et lécher le jus en découlant.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Jeu 8 Nov - 15:01

L'atmosphère avait changé rapidement, bien trop rapidement, dans ce petit appartement. Aux premiers mots de la sorcière, une petite crainte s'empara de l'Oubliator et lui hérissa quelques poils de ses bras. Ce n'était pas une crainte apeurée, non, il ressentait toujours le même "rien" face à cet Esprit Frappeur, mais il craignait maintenant que les mots, peut-être trop attaquant, de son amie viendraient échauffer, à nouveau, ce pauvre solitaire. Il se voyait déjà en train de réparer les tables, meubles et autres objets précieux du lieu après qu'une tempête dévastatrice eut totalement bouleversé l'ordre relatif de l'endroit. Non décidement, ce n'était pas la peine, mais les mots étaient dits, il ne priait alors plus que pour le sang-froid, malgré tout, du ravageur préféré de la journée.

Heureusement celui-ci se contenta d'afficher le mépris qui lui était propre et qui, sans surprise, ne fit pas sourciller, même un petit peu, l'Allemand – bien qu'il n'en pensât pas rien pour autant.  Ce dernier jeta un œil à la jeune femme, tout à fait vide pour n'offrir aucun cadeau à Gaston. Intérieurement, l'on peut aisément dire qu'il dodelina, sur le coup, du chef. Certes Gaston avait usé de mots méprisables comme il en avait l'habitude, mais il y avait bien des différences entre leurs deux identités, non seulement du milieu, bien qu'il ne jugeât pas vraiment de cela, mais aussi du comportement, de la personnalité, de l'âge. Il s'en rendait compte, l'Allemand le voyait pour la première fois. C'était pourtant clair mais là, ça le frappait d'un coup, cette dizaine d'année, au moins, qui les séparait, ce vieux bourru et cette jeunesse pimpante et toujours cinglante. Et pourtant, pourtant... Il y avait cette différence qui était tellement claire, singuliers - comment avait-il pu ne pas y accorder un certain intérêt ? - mais qui pourtant semblait... basse, si... futile. Au fond, qu'est-ce que cela changerait ? Sans doute rien.

Alors qu'il était songeur, son regard s'étant un brin déplacé vers le grand vide qui apparaissait habituellement à ceux qui réfléchissent trop, l'Oubliator n'avait alors pas réalisé que la jeune femme s'était déplacée, qu'elle avait sorti sa baguette, qu'elle l'avait tourné vers l'élément dérangeur. Par contre ce qu'il avait bien vu, c'était le sort, ce petit courant de magie, cette lueur indistincte et inexplicable, sortir de la pointe de la longue baguette qui était celle de sa collègue ministérielle, en sortir donc et venir heurter de plein fouet le supposé corps de l'Esprit Frappeur. L'Allemand reste quelques instants tout-à-fait immobile, retenant jusqu'à même sa respiration. Il était tout à fait partagé entre deux émotions, entre son intérêt pour ce sort, l'habilité et la maîtrise qui surprit, agréablement, mais surprit quand même beaucoup le Sorcier ; et à côté de cela la crainte que ça ne se finisse pas, qu'il y ait à nouveau une chance pour que tout à nouveau dérape, que cela ne rende encore plus furieux l'Esprit Frappeur... Mais les secondes passaient, les unes après les autres, et rien ne se passait. L'Allemand détourna le regard vers Venetia, qui était toute calme, déjà en train de déblatérer comme si rien d'incongru ne s'était déroulé. Lentement son chef approuva ses dires alors qu'elle se retirait vers sa salle d'eau, se contentant seulement de murmurer, presque sans bouger les lèvres « Oui.. Oui bien sûr, prends ton temps. » Et elle avait disparu.

Lentement Klaus se dirigea à la fenêtre, jetant un œil inquiet par celle-ci. Puis il retourna vers son manteau, en sortant un papier et de quoi écrire. « Prends ma fin d'après-midi pour écrire rapport, mission complexe, envoyer prochaine équipe sur entrepôt de Birmingham, Esprit Frappeur, susceptible. Klaus. » Après avoir écrit son mot, un sourire sur le coin de ses lèvres, l'Allemand le plia en quatre, l'approcha de ses lèvres et lui murmura de se rendre au Ministère, celui-ci, ensorcelé, s'envolant alors vers les cieux. Puis il rangea ses affaires et retourna auprès de la fenêtres, dos à celle-ci, s'appuyant légèrement sur le rebord, songeur.

Ses pensées furent interrompues par le retour de Venetia, toute pimpante. C’était indiscutable, cette tenue bien que moins édulcorée que sa robe auparavant vêtue, et avant qu’elle ne fût saccagée, lui offrait un certain charme supplémentaire. Quelques secondes, avant de réagir vraiment à son retour, il l’observa avec une certaine curiosité, tentant de déceler cette nouvelle odeur qui s’était offerte à lui en revenant, mais zieutant aussi ses cheveux mouillés et pourtant si seyant, summum de la beauté féminine selon l’Allemand, cherchant du coin des yeux les petites gouttes ruisselantes le long de son cou.  Mais, se reprenant de sa lubie, en guise de cadeau et en vertu de sa grande bonté, l’Allemand lui offrit pour son retour un large sourire. « Tu as été... c'était impressionnant. » Ce n'était pas grand-chose, et pas vraiment construit non plus. Craignant qu'elle ne le prenne mal, le Sorcier voulait quand même un tant soit peu la féliciter pour ce sort. Il retourna prendre place face à elle, l'observant silencieusement, un sourire en coin sur les lèvres et, comble de l’inattendu, pencha la tête de côté.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Lun 12 Nov - 9:58




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Ses félicitations la prirent de court, et elle se contenta d'arquer un sourcil surpris, avant de feindre la bonne grâce. Un sortilège de premier cycle aussi simple n'avait rien d'impressionnant au quidam lambda. Pas aux yeux d'un Oubliator qualifié du Ministère. Peut-être était-ce par sa verve, sa force de caractère, ou bien encore par son aplomb qu'il était impressionné ? De tout cela, elle pouvait se targuer d'être fière, elle aussi. Elle avait toujours su que son caractère de meneuse avait de quoi attirer et plaire. Elle finit par murmurer un bref remerciement, sans s'étendre sur le sujet, baissant modestement les yeux, se resservant un petit verre de whisky qu'elle sirota en retenant ses grimaces, sa main venant dégager le col de son chemisier.

Les vêtements qu'elle avait choisi avant de sortir de la salle de bain avaient été soigneusement sélectionnés par son oeil critique pour envoyer le message clair du confort - certes - mais aussi de la vulnérabilité. Accepter de se laisser apercevoir dans des vêtements qu'on ne mettrait pas forcément hors de chez soi, accepter d'entrouvrir une porte un peu intime, pour laisser l'interlocuteur se rincer l'oeil, jouer un peu l'ingénue. Que cette vulnérabilité soit factice, peu importait. Il ne distinguerait pas la différence, lui. Elle essuya distraitement une goutte qui venait s'écraser sur son cou, perdue dans ses pensées. Elle aurait aimé savoir jouer le jeu de la vraie spontanéité, de l'honnête enthousiasme, mais elle calculait trop, tout, tout le temps, pour se permettre véritablement cette jolie faiblesse. Elle se massa les tempes en fermant les yeux une seconde, avant de les rouvrir, croisant son regard, l'observant avec un sourire en coin, sa tête penchée caractéristique lui tirant une étincelle amusée.

Elle tendit lentement le bras, délibérément, laissant la paume de sa main ouverte sur la table. Le contact, interrompu bien trop tôt à son goût, avait laissé en elle une nostalgie un peu étrange, une espèce de nostalgie pour quelque chose que l'on n'était même pas sûr d'avoir véritablement connu. Elle ne se souvenait pas avoir jamais été particulièrement à l'aise en touchant d'autres personnes : d'avoir ressenti ce réconfort. Le confort du contact, le frisson délicat et appréciable d'une main tenant la sienne. Et elle se surprenait à en vouloir, encore un peu, juste comme ça, sans raison. Elle voulait découvrir plus de choses sur lui, accéder à quelque chose de nouveau, de plus profond peut-être, et tenir sa main tout le long du chemin, sans rien dévoiler de son côté, pour ne pas ruiner la jolie image qu'il avait d'elle à l'instant T. Elle se fichait bien qu'il ait 40, 50, 100 ans même, elle se fichait bien des apparences. Elle était intéressée, et ce depuis leur première conversation. C'était assez ostensible que leur relation n'avait rien de simplement amicale, mais voilà qu'ils dansaient vainement, se tournant autour sans se toucher, s'esquivant pour se rapprocher la seconde d'après. Elle allait vraiment devoir apprendre à valser, parce que c'était la forme de communication la plus simple pour réussir à l'atteindre, semblait-il.

Perdue dans ses pensées, le silence entre eux s'étirait paresseusement, jusqu'à ce que des bruits de pas résonnent dans la cage d'escalier, venant rompre tout à fait ce qu'elle aurait pu espérer sauver de cette soirée. Elle se redressa, examinant la porte d'entrée. Son frère ne tarda pas à y faire irruption, s'arrêtant net en constatant la présence de l'intrus en son foyer, ses yeux se plissant une seconde avant qu'une expression affable ne vienne se plaquer sur son visage, tandis qu'il lançait un bref regard à Venetia, la jaugeant. Elle ressentit une pointe de culpabilité. C'était son anniversaire après tout, et voilà qu'elle oubliait tout pour se lancer dans des badineries avec un homme qu'elle ne connaissait après tout, que très peu. Criquet avança, se débarrassant de son manteau, le jetant un peu à l'arrache sur ce qui leur servait de canapé, tirant une chaise pour les rejoindre, attrapant le verre de Venetia sans qu'elle n'émette une protestation, le finissant d'un trait.

- Quelle soirée hein ?! Mais nous n'avons pas été présentés, monsieur... ?

- C'est un collègue du Ministère, l'interrompit Venetia, visiblement peu à l'aise.

- Cela ne me donne toujours pas son nom, V. Le jeune homme arqua un sourcil et se resservit un petit verre. Je suis Criquet Bird. Le frère. J'espère qu'il n'y a aucun souci avec ma soeur, hein ? Vous n'allez pas me l'embarquer, monsieur l'agent ?

Elle fronça le nez une poignée de secondes, agacée par cet étalage viril si peu nécessaire et roula des yeux, rétractant doucement sa main pour croiser les bras sous sa poitrine, observant son petit frère d'un air peu amène. Sérieusement ? L'embarquer ? C'était une idée ça. Elle aurait pu se contenter d'un petit rire gêné, tout en assurant que ce ne serait pas le cas, mais elle était fatiguée, un peu ivre, et navrée d'être interrompue toutes les dix minutes. Elle se contenta donc de lâcher d'un ton un peu las.

- Devrait-il m'embarquer, je le suivrais sans hésiter.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Mer 14 Nov - 21:17

Une fois Venetia réinstallée, fraiche et enthousiaste comme il avait acquis l'habitude de la voir, de l'imaginer, sa main fut de nouveau offerte à l'Allemand. Celui-ci, un sourire gravé sur les lèvres, ne se priva point de cette offre plaisante. Dans la paume de la jeune sorcière, l'Allemand vint lentement glisser l'intérieur de sa main, d'abord les doigts, puis peu à peu le creux de celle-ci, refermant alors son emprise sur sa proie, d'une façon douce, presque imperceptible par le touché. Mais par un de ces autres sens, par la satisfaction, par le bien-être, par cette singulière plénitude, tout se fit reconnaître et il sentit qu'il aurait du mal à de nouveau de détacher de cela, briser ce petit lien qui le maintenait à cet instant précis, mémorable, à jamais ancré dans le temps tel ces écritures que l'on fait, enfants, sur l'écorce d'un vieux chêne pour marquer à jamais cet amour de jeunesse qui ne durera, qui ne dura, jamais bien longtemps.

Elle se tenait là, silencieuse, muette comme une statue, ô combien éblouissante statue, mais statue quand même. L'Allemand ne pouvait décemment pas lui en vouloir, il était lui-même silencieux de voix, mais bavard d'esprit, bavard de pensée, une vraie pipelette. L'observant ainsi, à sa portée, victime de sa propre volonté, de ses désirs singuliers, l'Allemand était au comble d'une euphorie intérieure. Il était comme ce géant qui d'après les légendes eut, pour ce trouver une place dans le monde, à porte le Christ pour le faire franchir cette étendue d'eau ; il était comme celui-ci, il portait ce plaisir indistinct qui prenait peu à peu de la force, qui l'écrasait peu à peu, pour son plus grand plaisir. Oui, décidément, il était Christophe, il était le christo phoros, le porteur du Christ. Il aimait cette charge qui lui donnait un sens, un autre sens que sa condition dans la société, un autre sens que cette condition de géant, cette plaisante charge qui soulevait son esprit, qui le rendait eu phoros, porteur de joie, de bien-être.

Mais Klaus ne voulait pas s'arrêter là. Non. Ce fleuve était trop petit. Il préférait suivre, contribuer, longtemps encore. Une auteure lointaine à son esprit ne disait-elle pas, n'avait-elle pas écrit quelque chose qui disait, du moins par le titre, que la vie est un long fleuve tranquille ? Il en avait une quasi-certitude, du moins pour les trois-quarts de cette phrase. « La vie est un long fleuve », il ne pouvait dire le contraire. De nombreuses métaphores pouvaient être applicables : autant un fleuve qu'une route sinueuse Ecossaise, qu'un mont alpin, qu'un sentier des bois de S..., ou que n'importe quel autre lieu qui présente un mélange entre douceur et ardeur. Car non, quoi qu'elle soit, la vie n'est pas tranquille, tout le monde le savait, ou l'apprendrait rapidement, même l'homme richissime dans son château n'a pas une vie tranquille, plaisante. Il y a toujours une part de malice qui s'insinue dans n'importe quelle entrebâillure laissée à découvert pour le Malin, qui jamais n'hésitait à entrer et étendre son ombre.

Pourtant, dans cette pièce, dans cet endroit, Il n'avait pas sa place. L'Allemand avait cette main dans la sienne et nulle place n'était réservée pour quoique ce soit d'autre que la tendresse et ses émotions synonymiques. Il se vit se dresser sur ses pieds, doucement la soulever, l'entraînant par la main vers le haut puis l'amener contre lui. Il se vit reconnaître sa fraîcheur, entendre et sentir sa respiration, son pou entraînant. Il se vit regarder ses lèvres, d'une douceur qui lui était encore trop lointaines à son souvenir, les envier d'abord puis lentement s'en approcher, s'en éprendre, se laisser entraîner. Il se vit poser sa main, la seconde, la première tenant toujours celle de la jeune sorcière, sur le cou humide de celle-ci, la glisser à l'arrière, dans sa nuque, peut-être en lui provoquant un léger frissonnement qui ne donnerait que plus de plaisir à l'Allemand, qui continuerait alors, amenant sa paume au haut de la nuque, tout contre ses cheveux encore luisant de perles d'eau. Il se vit la rapprocher doucement de lui, étrangement, redressant la tête et accueillant avec un plaisir incommensurable s...

C'était une vision, c'était ce que Klaus se voyait faire, c'est ce qu'il aurait fait s'il avait pu. Mais déjà, à nouveau, il était dérangé dans sa volonté par cette porte qui s'ouvrait. L'Allemand ne regarda pas tout de suite, il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Une voix, qui n'était ni la sienne ni celle de la belle à ses côtés donna le coup fatal à son réveil, une voix qui était affreusement proche et un tantinet lointain à la fois. Il se concentra un bref instant avant de pouvoir remettre un visage sur celle-ci, qui avait fait échapper à la main de Klaus une autre tout aussi précieuse. L'Allemand releva la tête et offrit un sourire au frère moldu.

–Tiens, bonsoir Monsieur Bird. En effet, une soirée des plus mouvementées. Mais on ne s'en est, je pense, pas trop mal sortis.

Un léger rire, mélangeant étrangement un sentiment amusé et crispé, s'échappa contre son gré de la gorge de l'Oubliator. Et il se leva, alors que son amie déjà s'empressait de réagir, cela ne le décontenança en rien. « Mon nom est Klaus Breckenridge, et je connais le vôtre, ne vous en faites pas. » Il sourit en coin, bien sûr qu'il le connaissait, du moins il avait en connaissance son nom de famille, qui sonnait bien à l'oreille du Sorcier, qu'importe la particule qui le précédait. La main tendue vers le frère, Klaus ajouta : « Un plaisir de vous rencontrer hors des saccages. Et non, je n'ai aucune raison pour embarquer votre sœur... Quoiqu'elle en dise. » Un sourire satisfait vint se reposer sur les lèvres de l'Oubliator, qui reprit sa place, se détendant peu à peu. Il prit une gorgée de son whisky. « Nous étions simplement... en train d'essayer de discuter. Votre famille va bien ? Normalement il ne devrait y avoir aucun problème, mais cela peut toujours arriver, et dans ce cas il faut réagir vite. » L’Allemand répliquait à son nouvel interlocuteur avec l’amabilité qu’on lui connaissait, ne soulevant ni ne se heurtant vraiment cet excès de virilité qui était posé face à lui, il pencha légèrement la tête de côté. « Et vous-même d’ailleurs, vous allez mieux ? » Il observa, un brin intrigué sa blessure au front, ce n’était rien de grave, mais les Moldus, on sait comment ils sont.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Ven 16 Nov - 17:07




j'en tremble


venetia & klaus

Les mots disent plus qu'ils ne disent et peuvent donc, sans changer, dire des contraires

Criquet Bird se trouvait face à une situation louche. Et il n'aimait pas les situations louches - surtout celles qu'il ne maitrisait pas. Alors, quand il avait enfin réussi à se débarrasser de sa mère hystérique pour trois gouttes de sang au font, et à rassurer leur père - plus inquiet pour Venetia qu'il ne voulait bien l'admettre, il avait voulu filer le plus vite possible et rentrer à l'appartement, leur appartement, pour conclure dignement son anniversaire avec sa soeur chérie, cette soeur si différente mais si indéniablement loyale à leur fratrie. Cette soeur qu'il connaissait mieux que quiconque, et qu'il avait toujours suivi avec la plus grande admiration. De la voir simplement vêtue face à un inconnu - un intrus - était déjà suffisamment choquant en soi -  Venetia était coquette. Son apparence représentait tout pour elle - c'était la clé de toutes les premières portes à franchir. Même dans Birmingham au milieu de leur quartier ouvrier, il ne l'avait jamais vue sortir sans être proprement maquillée, coiffée, et vêtue de vêtements élégants. Il avait été l'un des rares, sinon l'unique personne à connaitre la Venetia mal-coiffée, celle qui restait emmitouflée dans des gros pulls moches et trainait pieds nus malgré le froid, par flemme.

Et ça l'agaçait, de soudainement se pointer chez lui, et de trouver un type trop vieux, trop gris et trop blasé par la vie, assis à leur table, absolument captivé par la simplicité qui se dégageait de la petite brune aux cheveux mouillés. Il avait eu envie de le bouter hors de l'appartement, mais s'était contraint à une nonchalance sympathique, et avait croisé le regard noir de sa soeur - un regard qui plus encore l'avait dérouté, et agacé. Il pencha la tête sur le côté dans une mimique inconsciente de son interlocuteur, et l'observa se lever, se présentant. Un regard franc, une poignée de main assurée. Criquet Bird serra la main de l'homme sans sourciller, jouant à la perfection son rôle d'individu appréciable et honnête. Il se renfonça sur sa chaise.

Venetia ne pouvait pas possiblement être sérieusement attirée par ce type. Son métier au Ministère n'était qu'une couverture, et jamais sa soeur n'avait exprimé l'envie de vivre une vie paisible, légale - frisson d'horreur - et pire encore, si ennuyeuse. Si elle était ainsi, c'était probablement par besoin de l'entourlouper, d'en faire une énième victime - et Criquet n'allait certainement pas l'en empêcher. Il se fendit donc d'un large sourire franc, et beaucoup plus agréable que les précédents.

- Notre famille se porte à merveille. Mais ne vous inquiétez donc pas pour moi ! Merci pour votre aide, et votre professionnalisme. Nous vous en sommes ... reconnaissant.

La phrase de Klaus avait réveillé les inquiétudes de Venetia, qui - remise de l'atmosphère calme et même un poil ambigüe précédant l'arrivée de son cher frangin - se leva et repoussa une mèche de cheveux sans gêne, lui attrapant le front comme un enfant, se penchant pour inspecter la plaie avec sérieux tandis qu'il grognait un avertissement d'homme à l'ego blessé et qu'elle roulait des yeux.

- T'es sûr ? Maman s'en est occupée ? Mhm. Okay c'est propre. Tu as pris quelque chose pour la douleur ?

Elle esquissa un sourire tendre quand son frère la repoussait en maugréant, et elle haussa les épaules, jetant un coup d'oeil amusé à Klaus.

- Je crois que je l'ennuie ha ! Mais c'est mon rôle. Va te coucher Criquet Bird, tu travailles malheureusement tôt demain. D'ailleurs... Klaus... tu devrais... probablement y aller aussi ?

Les derniers mots avaient été hésitants, presque déchirants. Criquet roula des yeux et elle se mordit la lèvre. Elle n'avait vraiment pas envie de conclure cette entrevue, mais ses choix s'amenuisaient, et elle avait aussi du travail dès le lendemain. Elle aurait voulu continuer à converser toute la nuit - apprendre à le connaître encore un peu, à savoir deviner ce qui se cachait derrière ses sourires, égoïstement. Mais la réalité la rattrapait, et avec la présence fraternelle, il était hors de question de songer à quelconque autre folie. Elle se contenta donc d'un pauvre sourire tandis que son frère acquiesçait et se levait, obéissant docilement - probablement pour revenir à la charge dès le départ de leur invité, elle le pressentait. Il ne la laisserait jamais tranquille à présent, pas après sa déclaration impudente et maladroite. Elle aurait voulu s'enterrer. "Il peut m'embarquer" mais quel genre d'idiote pouvait proférer de telles choses ? Elle s'agaçait elle-même et jetait un regard de reproche au whisky. Quand Criquet disparut dans les tréfonds du couloir, elle se pencha vers Klaus, baissant le ton.

- Désolée pour..  enfin ! Il est toujours un peu protecteur, même si je suis l'ainée.

Agissant à l'instinct, elle se rapprocha, l'observant, plongeant dans son regard une poignée de secondes trop longues avant de se rétracter. Son égoïsme n'avait pas de limites - sauf celles qu'elle s'imposait. Et elle s'imposait de ne pas franchir de ligne qu'elle ne pourrait plus retracer. Elle s'imposait de ne pas initier la possible descente aux Enfers de cet homme bourru et agréable, à l'oeil vif et à la poésie chantante. Elle sourit donc doucement, gardant une distance bien chaste entre eux, refusant même de penser à d'autres éventualités.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Sam 17 Nov - 10:59

L'Oubliator, pour le dire clairement et avec beaucoup de tact, se riait bien de la situation changeante. Oh, bien sûr ce n'était que de l'intérieur qu'il se moquait un tantinet ; sur son visage il ne laissait apparaître qu'un sourire en coin très éloquent face à ce jeune homme à l'égo un peu trop accentué, Klaus ne pouvait, honnêtement, pas le blâmer pour cela, et qui s'était sur le coup bien fait avoir. Alors l'Oubliator restait assis là, une main sur son genou et l'autre soigneusement attachée à son verre de whisky, l'index caressant le contour du buvant que, parfois, il amène à ses lèvres pour prendre une petite gorgée.

Klaus finit par se redresser quand elle congédia son frère, le verre n'avait pas quitté sa main. Levant légèrement ce dernier en direction du Bird, il le salua avec un léger amusement toujours audible dans sa voix. « Au plaisir, Monsieur Bird, reposez-vous bien. » Puis, une fois à nouveau débarrassés d'une présence inopportune, il observa un bref instant la jeune sorcière qui se trouvait face à lui. Bien sûr, la fortune était décidement contre eux, l'Allemand hocha du chef. Il se faisait tard et il valait mieux laisser aux Bird la possibilité de se reposer après cette longue et émouvante journée. Lui-même ferait mieux de s'atteler au plus vite à son rapport avant d'omettre quelques détails par inadvertance, en fin de compte.

« C'est normal, pour ton frère, ne t'en fais pas. » Alors qu'elle s'était rapprochée, alors que lui-même s'était rapproché, il fit comme elle, se risquait à replonger son regard dans la douceur des siennes, puis tourna le regard vers la table où non loin étaient posées ses affaires ainsi que l'élégante édition des Fleurs du Mal. Un léger rire crispé s'échappa de la bouche de l'Allemand. Ç'allait être une bonne occasion pour la revoir, il l'avait pris comme une invitation, mais maintenant c'était... quelque chose de plus, sentant que le départ était de mise, la volonté, elle, n'y était pas. Ses yeux se baissèrent sans trop savoir eux-mêmes pourquoi alors que son pouls augmentait, doucement mais sûrement. « Oui. Il vaudrait mieux que je vous laisse en effet. » L'on peut dire que sans nullement exagéré jamais aucune fausse déclaration n'eut l'air aussi fausse, même dans ces vieux drames romantiques de Noël, faisant jouer nombre de sentiments ridicules, péripéties audacieuses pour toujours arriver à la même fin. Mais... quelque chose le bloquait.

Quelque chose de terrible, qui lui empoignait le cœur et le serrait fort, l'empêchant de battre, puis le relâchait, le laissant alors rattraper son retard, puis le resserrant. L'Allemand releva le regard vers la sorcière, il ouvrit légèrement la bouche et agita les lèvres, sans qu'aucun mot n'arrive réellement à en sortir, il ne les possédait plus, il n'y avait plus accès. Klaus se retrouvait orphelin de la parole. Alors il fit ce qu'il avait toujours su faire, bien que sans sa baguette, ç'eut peut-être été un peu trop d'un coup pour cette fois, il agit. Tout doucement, après avoir déposé son verre de whisky presque vide, tel un chat qui, pensant qu'on ne le voit pas, s'approche sur la pointe des coussinets, l'Allemand se rapprocha de sa délicieuse proie. Son esprit, son intellect, ne comprenait plus et n'arrivait plus à posséder aucun de ses mouvements, il n'y avait que ses sentiments qui prenaient le pas sur la Raison et tenaient les fils de cette marionnette. Ainsi, c'est comme s'il se voyait à la troisième personne, encore une fois.

Le Sorcier arriva à une distance plus que personnelle du visage de la jeune femme. Son souffle s'arrêta, son cœur battit encore plus fort, s'ils eussent été dans un cartoon, sûrement que l'organe aurait bondi hors de sa poitrine tant la force était présente. Il observa les douces courbes de son visage avec une émotion palpable. Une main se déposa avec délicatesse sur sa hanche alors que l'autre vint se plonger dans le cou humide, se rapprochant alors encore un peu plus d'elle. Son regard vogua de ses yeux à ses joues pour finir à ses lèvres, qu'il dévora du regard avant de venir les rencontrer avec les siennes, lui offrant ce léger, doux et rapide moment de tendresse. Quelques éternelles, longues et petites secondes après, il s'en écarta avec autant de délicatesse, se permettant alors pour une nouvelle fois de respirer.

« Voilà... Maintenant, je peux partir. »

Klaus s'écarta peu à peu, se détachant de l'emprise qu'il avait lui-même de la Sorcière. Du coin de l’œil il crut percevoir un mouvement mais n’y accorda pas plus d’importane sur le moment, sa main gauche tremblait, son genou aussi, mais il essayait tant bien que mal de dissimuler ce fait. Il tourna les talons et s'avança vers la chaise qu'il avait occupée, rangeant l'édition des Fleurs du Mal avec précaution dans une poche intérieur de sa veste, mettant celle-ci sur ses épaules de ses membres tremblants.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Sam 17 Nov - 19:39




j'en tremble


venetia & klaus

Les mots disent plus qu'ils ne disent et peuvent donc, sans changer, dire des contraires

Il avait toujours cette étrange crispation, cette retenue presque violente au fond du regard, tandis qu'y brillait un millier de non-dits et d'idées. Elle aurait pu tout ignorer, se cantonner à son idée chaste de départ - ignorer la déchirure qui semblait chez lui aussi vive que chez elle à l'idée de se séparer quand il prononça la fatidique phrase qui était tout autant de mise. La flamme semblait brûler plus vivement encore que jamais - et tout autour d'eux se consumait en un virevoltant tourbillon de fumée et de cendres, plus rien d'autre n'existait. Elle le suivit des yeux, quand il alla déposer le verre de whisky, elle-même tourmentée par sa stupide morale qui venait d'installer ses valises, tourmentée par un désir un peu fou de faire quelque chose qu'elle regretterait peut-être, tourmentée d'avoir mis cet homme-là sur un piédestal qu'il ne méritait peut-être même pas, tourmentée par sa lenteur presque féline, tourmentée par ses yeux sombres.

Alors elle fit la seule chose possible, optant pour la seule solution possible, et abandonna toute idée de lutte. Elle s'abandonna à l'instant, frissonna en sentant ses mains, les siennes venant aussi naturellement se poser sur lui, tandis qu'en l'espace d'un instant-éclair, d'un instant-tonnerre, leurs lèvres se rencontraient. Ce fut doux, tendre, et infiniment trop court. Elle battit des cils, muette, abasourdie par l'intensité qu'elle avait perçu en ce geste si joli et pourtant si tristement banal, et resta droite, reprenant son souffle tandis que ses talons redescendaient tout doucement jusqu'à toucher le sol ; elle s'était hissée sur la pointe des pieds durant ce moment sans même s'en apercevoir.  Elle porta une main confuse à ses lèvres, l'observant, tandis qu'il récupérait ses affaires et annonçait son départ. Aucun fierté masculine si typique ne suintait de ses paroles, et elle se permit donc un sourire, un sincère. Elle lui sourit d'un air de connivence, réjouie comme une adolescente à qui l'on vient de chiper son premier baiser, contrôlant les tressaillements de son coeur avec toute la dignité qu'il lui restait.

Elle sourit encore, et ouvrit la porte, le voyant la franchir et le suivant des yeux jusqu'à ce qu'il emprunte le bringuebalant escalier, la refermant prudemment avant de se mettre à sautiller comme une enfant surexcitée, les joues cramoisies. Venetia Bird reprit une respiration et s'éventa, avant d'aller, bienheureuse, se préparer au sommeil. Cette journée n'avait pas été si catastrophique au final. Et les suivantes le seraient d'autant moins. Elle devait juste ... éviter de lui dire qu'elle cherchait un époux.

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Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)

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