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 Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Lun 1 Oct - 9:47




j'en tremble


venetia & klaus

Les mots disent plus qu'ils ne disent et peuvent donc, sans changer, dire des contraires

Il avait au moins eu la bonne grâce d'avoir l'air de regretter, songeait-elle tandis que ses talons claquaient bruyamment sur le sol détrempé et qu'elle arrivait au niveau des corps de ses amis. Mais est-ce que cela excusait la suite désastreuse des évènements ? Sa gorge grattait toujours, et elle avait un peu tremblé en entendant son prénom prononcé avec ce timbre si particulier. Mais il fallait qu'elle garde la tête haute : elle ne pouvait pas se permettre de s'effondrer maintenant. Pas quand il fallait encore s'occuper de tout le monde. Elle s'accroupit, observant douloureusement les visages de ses amis, le coeur serré. Ils ne se souviendraient de rien, c'était certain, mais elle avait encore de la peine à imaginer les affronter dès le lendemain, parler de cet inconvénient, et avoir l'air toute aussi heureuse qu'eux d'avoir échappé à un simple évènement moldu, dénué de toute magie. Elle continuerait sa vie ; jonglant entre sa double-identité et tout ce qui allait avec. Et c'était insupportable, proprement insupportable, de voir défiler la vie normale des autres, bienheureux, dans leurs minables tracas et autres mesquineries de la vie tandis qu'elle voyait sa propre existence déchirée entre deux mondes à l'opposé l'un de l'autre.

Bras croisés sur sa poitrine, prise de tremblements dans l'entrepôt redevenu à une température normale pour un mois de décembre, c'est à dire proprement glacial, elle put enfin voir l'Oubliator à l'oeuvre.
Il lui expliqua en détails ce qu'il allait faire, et elle l'observa, toujours un peu prostrée dans son coin à songer à la délivrance qu'elle aurait d'enfin choisir un camp et de totalement disparaitre de l'un ou l'autre des mondes. Mais la magie serait toujours en elle quoi qu'il arrive, dut-elle choisir le côté moldu... Et elle ne pouvait pas décemment oublier sa famille entière au profit d'une vie faites de sortilèges et de potions, le tout un peu ratés. Et hors de question qu'elle s'abonne à vit'magic pour espérer progresser. Si ses professeurs de Poudlard avaient si vite baissés les bras c'est qu'il fallait un talent certain, pas vrai ? Le genre de talent qui faisait de vous un Oubliator. Elle examina le visage de Klaus à la dérobée tandis qu'il ensorcelait ses amis un à un, tourmentée par ses pensées, et par l'air sombre et solennel de l'Oubliator. Oh il comprenait, lui, ce que ça faisait de voir des proches oublier. C'était gravé sur son visage, dans son corps, ses mouvements ralentis, la lourdeur qui semblait accompagner chacun de ses coups de baguette.

Le temps semblait figé, interminable, et chaque souffle douloureux qu'elle prenait n'apaisait qu'à grand peine son corps sous adrénaline. Gaston avait disparu, les laissant à leurs affaires, laissant échapper de petits caquètements de temps en temps. Venetia ferma les yeux ce qui lui sembla une seconde, mains posées sur les tempes, tout son corps douloureux. Elle ne voulait plus penser à rien, parce que si elle s'y autorisait...  Enfin, cela fut terminé et c'est la voix de Klaus qui la tira de cet état non pas somnolent, mais en quête vitale d'apaisement. Elle rouvrit les yeux et déplia sa carcasse fatiguée en se redressant doucement. Un seul mot parvint à franchir ses lèvres.

- Merci.

Venetia aurait aimé insufflé tout ce qu'elle ressentait dans ce simple mot, toute la gratitude, l'épuisement et le soulagement qu'elle ressentait en comprenant que le cauchemar de ce soir était bel et bien terminé. Elle inspira, se secouant légèrement, et les observa. Ses amis, quelques membres de sa famille éloignée dans le lot même. Tous persuadés d'avoir échappé de peu à un incendie. Ils se réveilleraient bientôt, et elle n'avait pas envie d'être là à ce moment. Venetia jeta un coup d'oeil à Klaus, hésitante. Après tout ce qu'il avait déjà vu ce soir... Elle n'était plus à ça prêt. Elle inspira encore, se donnant du courage, et - après une quinte de toux inopinée - parvint à articuler une question, une question vitale dans sa bienséance la plus profonde, et ridicule au vu de la situation. Le genre de question qui venait briser la gravité du moment et rappelait à l'humain de ne pas s'engoncer dans sa morosité. Elle en avait besoin là, maintenant, pour ne pas s'effondrer tout de suite et continuer de faire bonne figure.

- Je vous offre un café ?

Elle aurait même pu s'abstenir de la poser la question, lui prendre le bras et l'amener chez elle directement, mais quelque chose lui soufflait que ce serait assez mal pris, mal vu, et dans l'ensemble, une mauvaise idée. Non qu'elle en ait quelque chose à cirer... Mais elle ne voulait pas plus l'effrayer. La distance respectueuse du vouvoiement s'était de nouveau placée entre eux, et elle ne se sentait pas capable de le tutoyer. Les réminiscences de leur soirée semblaient lointaines à présent, et dans l'instant présent, elle voulait juste être rassurée par sa présence une poignée de minutes de plus - avant de se renfoncer dans la triste et froide réalité.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Lun 1 Oct - 13:44

L'allemand fut réveillé de ses pensées par le mot de remerciement de la jeune femme. Malgré tout ce qu'elle avait fait, tous les souvenirs qu'il avait d'elle, en une soirée mitigée, ce que ça lui avait fait, il hocha lentement de la tête avec un petit sourire. Cela le sortait de ses sombres pensées et il l'en remerciait, très sincèrement. C'était un petit mot, simple, mais ça lui avait procuré un grand bien, sentant alors d'un côté accompli son devoir comme il devait l'accomplir, fait les choses qu'il fallait, mais aussi qu'il avait réussi à remonter dans son estime, un minimum. Dans cette petite intervention il n'y avait ni vouvoiement, ni tutoiement ; il n'y avait pas de marque ni de respect, ni de mépris ; il n'y avait que ce petit mot et ce grand moment. Cela ne rattrapait rien des erreurs qu'il avait pu faire précédemment, des imprécisions et maladresses qui n'avaient pas faire de cette mission une mission exemplaire et que les Supérieurs pourraient trop bonnement récompenser. Il ferait avec. De toute façon, la gloire et les tonnes de louanges, on sait ce qu'il en pense...

Enfin, l'Oubliator secoua doucement la tête, il ne fallait pas tanner la charrue avec d'avoir pêché le poisson, comme il aimait dire et se dire. Avant de penser à tout cela, il allait falloir passer quelques bonnes petites heures, assis derrière un bureau, à rédiger son rapport, ne sachant pas vraiment de quelle façon commencer, de quelle façon expliquer la raison pour laquelle il s'était laissé allé et avait provoqué l'Esprit Frappeur qui régnait en ce lieu. Mais ce n'était pas encore fini - il en était fatigué à l'avance -, Klaus allait devoir faire passer le dossier au Service des Accidents Magiques, puis faire un travail sur le propriétaire et s'expliquer avec lui... Bref. Ç'allait être un dossier qui resterait longtemps, très longtemps, trop longtemps, sur le bureau en bois de l'Oubliator, lui rappelant alors ce jour où il avait recroisé pour, peut-être, la dernière fois, une jeune femme, idée d'un soir, folie d'un soir, désirée et perdue pour un soir.

Mais il fut déchiré de ses pensées, défaitistes et pessimistes, ridicules et désespérées, par l'invitation de Venetia. Il plissa un brin les sourcils avant de tourner la tête vers lui. Cette question provoqua une drôle de sensation, plusieurs étranges sensations devrait-on plutôt dire, à notre Allemand. A côté de la logique et inévitable extrême surprise face à cette demande, qui allait en désaccord avec tout ce que l'Allemand avait pu imaginer auparavant, se trouvait alors un mélange entre un plaisir certain : celui d'être invité par la jeune femme, pour une seconde – soyons fous, peut-être une « deuxième » – fois, mais aussi celui du goût amer du vouvoiement, comme s'ils se connaissaient, mais sans plus. Klaus eu une petite moue intérieure à ce mots-là, un tantinet désabusé. Armé, à nouveau, d'un sourire assez... malicieux – mais pas méchant –, il réfléchit à la meilleure réponse qu'il pourrait offrir à la jeune femme. Alors il secoua lentement la tête de gauche à droite.

« Non... Il ne vaut mieux pas, Venetia. Néanmoins... Je peux T'offrir un café, oui. »

Un léger rire, très bref, s'échappa de la gorge de l'Allemand. Ç'aurait été... fou, insensé, de refuser, il appuya néanmoins le tutoiement qui, peut-être souligné de façon un peu lourde, comptait quand même dans la tête de l'Oubliator. Un petit repos lui ferait du bien et il pourrait bien faire passer ça comme un petit temps de latence avant de retourner au Ministère. Après ces émotions, une petite pause pouvait être compréhensible, même par ses supérieurs, aussi intransigeants pouvaient-ils, de temps en temps, être.

Mais avant… Il pencha la tête de côté, jetant un œil à la lignée de Moldus, encore inconscients, comme s’il les comptait, les détaillait les uns après les autres. L’Oubliator passa une main à sa petite barbe encore jeune et humide. Il plissa un peu des yeux avant de retourner la tête vers la femme. « Mais.. Ton frère ? Il est Moldu mais semblait assez cohérent. Il sait… tout cela ? » L’Allemand prit un air dubitatif. Il ne pourrait largement pas la blâmer, ce n’était pas le seul Moldu à connaître ce qui ne relevait pas de son Monde, mais parfois il fallait bien s’assurer que le silence régnerait quand même, ce qui était la volonté actuelle de l’Oubliator, son « Tout cela » reflétant bien tout ce qui ne pouvait être dit partout et avec tout le monde…

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Lun 1 Oct - 14:53




j'en tremble


venetia & klaus

Les mots disent plus qu'ils ne disent et peuvent donc, sans changer, dire des contraires

Le coeur battant la chamade en attente d'une réponse, les yeux fixés sur le béton mouillé, Venetia n'osait affronter le regard de l'homme qu'elle avait traité avec si peu d'égards et qui venait de lui sauver les miches. Mais dans l'instant suspendu, entre le bruissement de l'eau sur le sol et la peur frousse qu'elle venait de ressentir - sa dignité avait déjà pris trop d'accrocs pour qu'elle s'en soucie d'avantage. Alors, quelle que soit la réponse, elle saurait où s'en tenir. Peut-être la haïssait-il, peut-être était-il apitoyé par le triste tableau qu'elle présentait, la sorcière ratée dont il ne connaissait que les aspects les moins reluisants. Quoi que... Il ignorait encore tout de ses petits business douteux, et cela resterait ainsi à jamais, puisqu'elle n'attendait rien de lui autre qu'un sourire gentil, une tape sur l'épaule à la rigueur. Elle doutait qu'il soit le genre d'homme charmé par un joli minois à se laisser aveugler.

Elle se résolut à trouver le courage de le regarder, et observa un instant interdite ce sourire en coin, sa marque de fabrique, et la flamme un poil désabusée qui brillait dans son regard. Non, définitivement, pas charmé. Il finit par secouer la tête négativement, et elle se prépara au refus, se faisant une raison. Son rythme cardiaque s'emballa encore, surtout à l'entente de son prénom, la fin la laissa interloquée, lui tirant un haussement de sourcil et une incapacité de parole. Pantoise, c'était le terme. Elle retint un propre sourire - attendrie par son insistance sur le tutoiement. Peut-être était-il froissé qu'elle s'en tienne au vouvoiement. Mais elle ne pouvait pas... Elle n'avait rien à lui offrir. Elle ne pouvait pas décemment le tutoyer, être charmeuse et charmante, en sachant pertinemment qu'ils n'avaient absolument rien à faire ensemble. Elle devait conserver une certaine distance, le traiter comme un collègue, un collègue charmant, qui ne la laissait pas totalement indifférente, mais un collègue.

Et elle devait faire passer le message n'est ce pas ? Elle se contenta donc de sourire doucement et d'hausser les épaules, le regard empreint d'une douce mélancolie. Elle ne voulait pas qu'il se fasse de mauvaises idées, se convainquait-elle.  

- A cette heure-ci, dans Birmingham, on ne trouvera pas de café qui soit autre chose qu'un jus de citrouille périmé, et surtout dans ce quartier... Laissez moi vous faire un café. C'est la moindre des choses.

Elle lui indiqua la sortie du menton et s'y dirigea, tâchant de se réchauffer en se frictionnant les bras. Elle avait eu un manteau en début de soirée, mais il avait probablement fini en cendres. Grinçant des dents à l'idée, elle se concentra sur la suite. Il évoqua son frère, avec l'inquiétude d'un Oubliator désireux de bien faire son travail. Elle hésita un instant. Les familles proches de sorcier avaient un droit de savoir ; sans connaitre plus de détails évidemment. Mais la ligne était toujours très fine entre un employé zélé et les directives du Ministère. Elle pinça les lèvres. Hors de question que son frère voit ses souvenirs modifiés. Elle ne pouvait pas en supporter plus. Tous les autres, elle encaisserait le mensonge, mais pas Criquet. Pas son petit frère. Elle tourna sur ses talons, et observa Klaus un moment, avant de décider de parler.

- Il sait. Et il sait d'autant plus fermer sa bouche. Mon père est un sorcier. Né d'une famille moldue. Ma mère une moldue. Mon frère est un moldu. Ils savent garder le secret. S'il te plait, ne modifie pas la mémoire de mon frère.

Elle reprit sa marche, se maudissant intérieurement, finissant par arriver devant une bâtisse d'apparence très modeste, de fameuses briques rouges anglaises. Elle ouvrit la porte, et grimpa les vieux escaliers de bois craquant à l'apparence usée, jusqu'au troisième et dernier étage. La porte au fond du couloir, la sienne, était la moins abimée du lot, et juste parce qu'elle avait insisté pour qu'ils la repeignent. Elle inspira et ouvrit la porte sur un appartement très modeste, sous charpente, mais décoré avec goût. Entassés de ci et de là, des objets d'arts et des tableaux, souvenir du stock d'oncle Arthur, garnissaient la pièce en lui donnant une apparence de brocante bien organisée. Une solide petite table de bois et deux chaises de fer forgé ornaient ce qui leur servait de salon, cuisine, et salle à manger. Le reste était miteux, mais soigneusement dissimulé sous de nombreux tapis, plaids, et autres astuces. Le tout respirait singulièrement la pauvreté, et elle le fit entrer avant d'aller s'affairer prêt du poêle à bois, agitant sa baguette d'un air extrêmement sérieux et concentré pour réussir à produire une petite flambée. Elle se sécha également d'un coup de baguette concentré, observant d'un oeil critique l'état de sa robe. Foutue. Elle alla attraper une laine pour se réchauffer et cacher le désastre, l'invitant à s'installer à la petite table.

- Je vous... Je t'en prie, installe toi. Navrée pour... le désordre.

Le vouvoiement ne le rendrait que moins enclin à ne pas toucher son frère, songeait-elle, tandis qu'elle sortait la cafetière et s'apprêtait à préparer le café. Il tenait à ce qu'ils se tutoient ? Elle le tutoierait. Cela ne coûtait rien, et lui faisait plaisir. Elle finit par s'installer également à la table, le silence s'étirant jusqu'à devenir inconfortable. Elle examinait ses ongles avec attention, ne comptant pas le rompre de sitôt. Tout cela était suffisamment embarrassant sans qu'elle n'en rajoute une couche. Criquet devait encore être chez leurs parents, au bout de la rue, aussi estimait-elle avoir un peu de temps pour convaincre Klaus d'omettre certains détails - comme son existence par exemple - de son rapport.

L'important était qu'elle garde la tête froide, et pour cela une seule solution : elle devait éviter ses yeux perçants.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Ven 5 Oct - 20:00

L'Allemand penchait la tête en écoutant la jeune femme parler de sa ville qu'il supposait natal. Il est vrai qu'il ne connaissait pas vraiment les villes « moyennes » du Royaume-Uni, n'ayant pas vraiment été élevé dans cet état d'esprit, ses parents venant, ou ayant été portés, dans un autre niveau de conditions sociales. Pendant son exil, sa traque, il avait beaucoup « voyagé », disons cela pour atténuer l'horreur que cela avait été, à travers le pays, mais il est vrai que jamais ne lui était venue à l'idée d'aller à Birmingham, peut-être trop... Dieu-sait-quoi... Quoiqu'il en soit, il haussa les épaules. Non décidemment, il n'en savait rien et ne pouvait faire autrement que de croire la jeune sorcière et ses dires en matière de boisson à cette heure tardive et en ce lieu... des plus inconnus. Elle était plus à l'aise et il le voyait bien, du moins légèrement. Il eut un petit crissement de dents avant de répondre, soufflant un tantinet par les narines. « Soit. Faisons cela et allons chez toi. Par contre tu me tutoies, sinon je retourne tout au Ministère écrire mon rapport. » Cela pouvait ressembler à une menace, c'en était aussi une, d'un certain côté, pas totalement mais quand même, il avait encore en travers de la gorge, c'est normal, nul ne pouvait lui en vouloir, une certaine soirée qui l'avait sorti puis replongé dans les ombres de ses noires idées. Il observa alors l'entrepôt alors que la jeune femme se dirigeait déjà vers la sortie, l'Oubliator vérifia que les Moldus étaient encore en place, que tout danger était hors d'état, puis suivit Venetia, les mains dans le dos.

Une petite moue contrite se dessina sur la bouche de l'Oubliator quand la réponse au sujet du frère se fit entendre à ses oreilles. Bien sûr, ses parents avaient été mis au jus, ils n'avaient pas vraiment eu le choix, des activités et de la véritable nature de leur fils, comme beaucoup, beaucoup de sorciers. Et les familles avaient droit à savoir la vérité, pas en trop grand nombre mais ils avaient le droit. Ç'avait toujours été un point débattu au sein du Ministère et un gros objet de désaccord chez les Oubliators. Heureusement, ou malheureusement, cela dépendait des cas, Klaus savait se montrer juste. Sec, mais juste. L'Oubliator hocha lentement du chef à la jeune femme avec un sourire qui se voulait rassurant. Il ferait des recherches sur ledit frère et déciderait de son sort un peu plus tard, même s'il se doutait que si ses collègues lui avaient laissé sa mémoire, l'Allemand ferait certainement de même. « Je ferai en sorte qu'aucun mal ne lui soit fait, je te le promets. » Ce n'était pas tout dire, bien sûr, mais c'était une façon de dire un petit peu, être rassurant, promettre le bien, sans promettre que rien à côté ne sera fait. Puis ils reprirent leur route, tranquillement. L'Allemand observait avec une extrême curiosité, qui paraîtrait pour certains presque insultante tant elle était importante et ne cessait de l'être, même les deux êtres arrivants dans le taud... l'appartenant qui était celui de Venetia.

L'Allemand resta un instant sur le pallier, observant, un sourire sur les lèvres, le modeste mais agréable lotis qui avait l'air de bien plaire à Klaus, malgré tout. Il entra doucement, refermant la porte derrière lui avec précaution, puis, tout en avançant, laissa son regard se balader sur la pièce, s'attardant sur les charpentes et objets en bois qui attiraient, malgré leur état plus qu'incertain, son attention. Du coin de l'œil il l'observa alors qu'elle allumait, avec une concentration qui lui semblait extrême, le feu d'une manière plutôt médi... acceptable. Klaus eut alors une petite moue contrite, il est vrai qu'il n'avait pas vu, au cours de l'affrontement, Venetia faire simplement mine d'utiliser sa baguette magique, si ce n'est pour stupéfixier quelques pauvres Moldus qui n'en avaient pas tant demandé. Il détourna le regard, pauvre petite, déjà qu'elle venait d'une famille de Moldus... C'est dire s'il avait eu de la chance à sa naissance, l'Allemand, aucune trace de sang sorcier depuis des générations et paf, d'un coup, ça donne un Oubliator. C'était quand même... quelque chose, ça.

Un sourire réapparu sur les lèvres de Klaus quand lui fut réadressée la parole, il hocha du chef en s'installant, ayant posé sur le dossier de la chaise son long manteau. « Ne t’en fais pas, même s’il y a un peu de… désordre, l’endroit est très chaleureux, et cela rattrape tout le reste. » Il posa alors, doucement, les avant-bras sur la table, joignant ses mains en s'entrelaçant les doigts. L'homme observa son hôte d'un regard dubitatif, la tête penchée de côté, ayant du mal à comprendre son comportement. Au bout d'un moment, après un long silence, qui ne le gênait pourtant pas spécialement, il se décida néanmoins à le rompre. « On évite le sujet de cet événement qui est parti en vrilles, ou tu veux en parler, Venetia ? ». Il garda la tête penchée sur le côté, comme il en avait l'habitude. Sur ses lèvres se dessinaient un léger sourire, qui se voulait chaleureux, amical, rassurant et amical, encore, à la fois.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Sam 6 Oct - 11:27




j'en tremble


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Elle avait délibérément ignoré la menace - la voix bourrue et l'agacement qui en suintait. Elle était passée outre sur la promesse vaseuse dont elle sentait la tournure bien utile. Elle l'avait accueillie chez elle - avec l'intention de prouver sans avoir besoin de mots qu'ils vivaient tous deux dans deux mondes différents et qu'il l'avait probablement échappée belle. Elle avait encore fermé les yeux pour ignorer le mélange de surprise et de pitié qui devait se lire dans ses yeux à la vue de son appartement, de sa difficulté à allumer un simple feu, et elle avait conclu mentalement qu'il devait être suffisamment poli et subtil pour éviter d'en rajouter une couche. Concentrée sur son objectif, celui d'en dévoiler suffisamment pour le convaincre de les laisser tranquille, sans trop en dire pour autant, elle ne vit pas arriver la question fatidique. Comme un coup au plexus, Venetia rata une respiration, le souffle bloqué dans la gorge, un très court instant étourdie. Mince, il aurait pu l'éviter celle-là. Elle resta un instant silencieuse, tout son corps se tendant imperceptiblement, et osa affronter son regard, tâchant de conserver une expression impassible sur son propre visage. Le sourire était là - et il évoquait tout ce qu'il fallait, la chaleur, l'amitié, mais elle ne pensait plus pouvoir s'y fier.

Pas quand les mots qui sortaient de sa bouche contredisaient toute la douceur de ce maudit sourire. Peut-être avait-elle imaginé le Klaus de leur rencontre ; peut-être avait-elle projeté tout ses espoirs et ses fantasmes idiots sur le pauvre bougre. Elle plissa les yeux un instant, réfléchissant à la meilleure façon de formuler une réponse. Elle se sentait prise au piège comme une putain de biche entre deux phares de voiture, et elle n'aimait pas ça : acculée, son premier réflexe était de mordre, griffer, et se barrer. Mais elle devait se contrôler ; elle ne pouvait pas s'en faire un ennemi, pas ce soir. Pas quand la mémoire de son jeune frère en dépendait. Elle priait soudainement pour que sa mère lui tienne la jambe une énième fois et qu'il ne rentre pas tout de suite ; elle allait devoir jouer finement. Ravalant sa fierté, son agacement, et les petits débris de sa confiance à peine née et déjà éclatée, elle se redressa lentement et lui sourit tristement. Les meilleures arnaques se basaient toujours sur des vérités.

- Regarde où je vis Klaus. Regarde comment je vis. Elle désigna d'un geste de la main la pièce autour d'eux. C'était tellement joli ce qu'on avait ce soir-là, mais c'était un joli mensonge, et j'étais un peu trop éméchée. Il fallait que je parte, sinon j'allais commencer à y croire un peu trop. Je suis vraiment désolée si j'ai heurté tes sentiments. Ce n'était pas mon but.

Elle se tut un instant, comme par peur d'en avoir trop dit, et se leva lentement, lui tournant le dos le temps d'aller récupérer des tasses et d'y verser le café chaud. Elle lui déposa une tasse, tenant la sienne fermement, se réchauffant les mains, et se rassit, l'observant, buvant une petite gorgée avec reconnaissance, la chaleur du breuvage remontant de la couleur sur ses joues. Elle croisa les chevilles, le regard un peu perdu dans le vide. Ce qu'elle savait sur lui était pour l'instant assez maigre. Il s'appelait Klaus, il travaillait au Ministère, en tant qu'Oubliator. Des Oubliators nommés Klaus, il ne devait pas en exister quarante, mais elle allait devoir fouiner un peu et se renseigner. Et au vu de son zèle, ce n'était pas le genre d'Oubliator qu'elle apprécierait de voir prendre de la place dans sa vie : elle lui mentirait trop. Par omission, par obligation, elle ne pourrait de toute façon que mentir face à ce paragon de la justice haute et bien-pensante qu'il représentait. Il fallait étouffer tout ersatz d'amitié à la racine, en arracher les bourgeons déjà pourris, et continuer sa petite vie mesquine de larcins.

Parce qu'elle savait, en un instant terrifiant de clarté, que Klaus était le genre d'homme à piétiner votre vie pour ses beaux principes, et à vous juger du haut de son joli piédestal pour vos choix de vie. Et elle ne survivrait pas cinq minutes à son regard perçant, si il venait un jour à apprendre tout à son sujet.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Dim 7 Oct - 20:46

PAF

L'Allemand haussa les sourcils en redressant le buste d'un seul coup, comme s'il avait reçu une balle en pleine poitrine. Ah ouais quand même. Elle y allait fort... Il fronça les sourcils puis réfléchit un instant, penchant la tête de côté. Peu à peu, un léger sourire apparut sur les lèvres de l'Allemand. Oh, pas un sourire amusé, non, il restait tout aussi blessé, mais il comprenait maintenant... Il sembla chercher ses mots, avant d'entamer, d'une petite voix. « Eh bien... quand je parlais d'un « évènement qui est parti en vrilles », je parlais surtout de ce qui s'est passé il y a une heure, l'anniversaire, alors je t'aurais laissée me parler de ton frère, de ta famille Moldu, de ce que vous aviez prévu ce soir, et tout ce que tu aurais eu envie de raconter, alors que moi, tranquillement et avec mon café je t'aurais tranquillement écoutée déblatérer. Puis, soyons fous, peut-être qu'on aurait échangé sur notre passé réciproque et... qui sait ? J'aurais aussi parlé de mes parents moldus, de toute ma famille moldue, et de tous ces gens qui ont, de gré ou de force, totalement oublié jusqu'à mon existence-même, des ravages de la Guerre et de notre haine commune de la paperasse ministérielle. » Klaus reprit son souffle un petit instant. Ses yeux transperçaient le vide et plongeaient directement vers le regard de Venetia, c’était presque si des flammes ne jaillissaient pas de ses orbites pour venir cramer tout cet univers, réduisant tout en cendres sur son passage.

Il se mordit légèrement la lèvre inférieure, puis pencha la tête de l’autre côté avant de continuer : « Néanmoins, si tu tiens vraiment à nous remettre en mémoire cette soirée qui s'annonçait très bien et qui a fini en désastre, regrettant déjà mon portefeuille, mon honneur et ma fidélité, ou les trois en même temps... Alors on peut y aller ? J'étais comme toi : c'était trop beau pour être vrai, ça n'allait pas, c'était si... harmonieux, parfait. Je t'ai cru, j'ai essayé au début de te croire, me disant que ça serait juste pour un soir, puis qu'on ne se reverrait sans doute jamais, que c'était l'histoire d'un soir, alors que non, ça n'a même pas été pour un soir. Forcément, mon grand défaut c’est de croire trop vite aux folies qui ressemblent à celle que nous aurions pu vivre quelques petites heures. Alors forcément il y aurait quelque chose de soudain, de brutal, de dévastateur. Et bien sûr, ça n'a pas loupé. Ça ne loupe jamais, c'est comme ça et ça le sera toujours, quoiqu'on fasse. Et ne viens pas me parler de cet endroit pour te justifier, tu ne me connais pas, tu ne sais pas ce que j’aime, ce que je n’aime pas. Tu ne sais pas que j’aime le toucher du bois, que j’aime les charpentes qui se dressent à l’intérieur d’un appartement, tu ne sais pas que j’aime la simplicité, la sobriété. Tu n’avais pas le droit de me juger ainsi, dès le premier coup d’œil. Personne n’en a le droit, et sur qui que ce soit. »

L'Allemand avait, au début, gardé le ton posé, bien que son âme heurtée se faisait percevoir, mais il s'était peu à peu laissé emporter, sa voix s'échauffant, parlant avec ses trippes et son ton avait commencé à prendre, bien que non amplifié, celui qu'il avait adopté pour parler avec l'esprit frappeur. Certes, tout cela était l'œuvre d'un malheureux et démoniaque quiproquo, mais elle était quand même allée bien forte en appuyant sur ce qui s'était passé. Klaus tourna lentement le regard, serrant la mâchoire. Il se remettait mot à mot ses propos en tête, il n'avait pas bien pensé à tout ce qu'il avait dit, et ne pensait pas si peu de bien d'elle. Mais c'était un peu trop tard, maintenant. Il regarda la tasse de café puis l'attrapa doucement et sans réfléchir plus en but une gorgée. Le liquide brûlant se dissipa dans sa gorge et lui provoqua un mal qui, ajouté à tout le reste, commençait à faire un sacré carnage. Mais l'Allemand n'eut même pas un clignement d'œil, se contentant de déglutir lentement. Ce n'était pas le moment de perdre encore le peu de fierté qui lui restait. Klaus prit alors la tasse entre ses mains, soufflant doucement dessus, installant alors un silence glacial qui aurait fait trembler l'Esprit Frappeur lui-même. Mais il avait exagéré, il s’était emporté pour vraiment pas grand-chose, il ne le reconnaîtrait sans doute jamais mais il le pensait, c’est l’essentiel. Klaus n’en était en outre pas encore au moment où il le regretterait, mais… peut-être que ce moment ne tarderait pas arriver, à leur plus grand malheur, et serait-il cette fois celui qui s’en irait, qui fuirait une soirée en laissant derrière lui toutes les possibilités bienheureuses, alors parties en fumée.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Dim 7 Oct - 22:32




j'en tremble


venetia & klaus

Les mots disent plus qu'ils ne disent et peuvent donc, sans changer, dire des contraires

Elle était l'idiote de compétition la moins en vue de tout le putain de Royaume-Uni. Le sourire l'avait perturbée au départ, parce qu'elle n'avait pas bien compris ce qu'il y avait de si drôle, et maintenant, elle se taisait, le coeur serré. Ce qu'elle pouvait être conne. Tristement drôle, la situation n'arrivait pas à lui arracher un seul sourire - elle se savait livide. Elle ne savait que dire, engoncée dans la glaciale atmosphère, seul le crépitement du feu tentant vainement de réchauffer l'ambiance qui s'était gelée jusqu'aux tréfonds de son âme. La voix de Klaus, son ton, avait écrasé tout espoir que quoi qu'elle puisse dire rattraperait l'ignoble erreur qu'elle venait de commettre. Regard fixé au sol, elle se sentait comme une enfant, avant qu'un sursaut de dignité ne la rattrape et qu'elle inspire doucement.

- Tu as raison. Je n'avais pas le droit d'émettre un jugement sans te connaitre. Mais c'est comme ça que ça fonctionne par ici. Il faut savoir évaluer les possibilités, calculer les risques, sinon on se retrouve dans la merde, on s'est fait avoir et on a un Esprit Frappeur sur le dos.

Un rire crispé lui échappa et elle le regretta immédiatement. Ugh. Elle ne faisait que s'enfoncer. C'était un miracle qu'il soit toujours là, à siroter son café d'un air glacial, attendant une réponse. Que devait-elle faire ? S'excuser ? Cela ne changeait rien à la réalité. Il avait vécu une existence douloureuse et elle avait rajouté une couche en essayant de le préserver. Elle avait cru avoir affaire à un bigot - il était né-moldu. Il avait voulu une conversation tranquille, charmante, il avait imaginé et s'était projeté dans une vision adorable de sa personne, seulement pour qu'elle mette les pieds dans le plat de la moins gracieuse des façons. Elle se frotta les tempes, hébétée. Tout lui échappait, elle avait l'impression de ne plus rien maitriser et de tourner tout ce qu'elle touchait en désastre total. L'anniversaire de Criquet, d'abord. Puis maintenant ça. A son grand désarroi, elle sentit les larmes monter, et fit tout son possible pour les combattre, et les dissimuler. Le comble du pathétique. Elle renifla légèrement, et essuya ses yeux du bout de sa manche.

Elle n'était même pas navrée, oh non. Le mot ne couvrait pas suffisamment le champ lexical de l'émotion qu'elle ressentait. Dévastée. Elle se sentait dévastée. Elle inspira longuement pour se calmer, sans grande réussite. Que devait-elle dire, que devait-elle faire ? Que voulait-elle ? C'était là la question à cent millions. La sorcière en elle, celle qui avait été à Poudlard, qui avait su être émerveillée par le monde magique et voulait désespérément y trouver sa place, celle là lui hurlait de se faire pardonner, d'essayer quand même, de tenter sa chance avec un saut dans le vide et de se laisser un coup d'essai au bonheur, ou au moins à quelque chose d'agréable sans être utile. La sorcière en elle aimait le luxe, mais pouvait s'en passer, elle pouvait se contenter d'une vie de surprises et de plaisirs avec un homme solide à son bras. La moldue, l'ouvrière élevée à Birmingham, celle qui avait trafiqué, arnaqué, menti, volé, martyrisé, celle qui voyait les autres comme des proies avant même qu'ils n'ouvrent la bouche était circonspecte. Elle ne voyait pas bien l'intérêt de faire penser au pauvre bougre qu'il avait la moindre chance à quoi que ce soit de solide. Elle s'amuserait - certes - mais pour combien de temps avant que le manque d'argent et les dettes ne fasse tout voler en éclat ? Combien de temps avant qu'il ne découvre ses travers, son manque de droiture, de morale ?

Elle ferma les yeux un instant, déchirée. A sa place, elle se serait déjà barrée, elle aurait claqué la porte, et serait passée à autre chose. Mais il était toujours là - à attendre un miracle probablement - à attendre qu'elle dise quoi que ce soit de bien, de beau, quelque chose qui fasse que tout s'arrange. Mais elle n'avait pas ce pouvoir, et elle se sentait simplement déchirée entre deux choix impossibles, trop consciente de ses propres torts pour vouloir lui infliger ça. Mais il était encore là. Il était adulte, et il avait déjà vu des trucs qu'elle n'avait pas eu envie de lui dévoiler. Elle devait arrêter de se prendre la tête à sa place. Il avait l'air d'être suffisamment grand et vacciné pour savoir se retirer d'une situation déplaisante tout seul. Elle n'allait pas se sentir responsable de lui pour lui. Venetia se leva lentement, attrapant une bouteille de whisky cachée sous l'évier, s'en servant un petit verre, lui posant également un verre à côté dans l'éventualité qu'il veuille également en boire.

- Je n'ai malheureusement pas de calva ici...

Elle se rassit doucement, l'observant sans trop savoir quoi dire. Elle avait eu l'envie brutale et idiote de le prendre dans ses bras, de lui toucher la main du bout des doigts, d'initier un contact. Quelque chose, n'importe quoi, pour signifier que tout n'était pas perdu dans ce monde pourri, et qu'il ne fallait pas désespérer, pas à cause d'une nana comme elle. Elle but une petite gorgée de whisky, grimaçant au passage parce que ce n'était pas du très bon whisky, et reprit d'une petite voix un peu intimidée.

- Tu pensais vraiment que c'était spécial ?

Elle ne savait pas trop ce qu'elle attendait d'une telle question, posée prudemment, avec toute la fragilité de celle qui a plus peur de la réponse que d'autre chose. Les secondes s'égrenaient, et soudainement, elle priait pour que Criquet ne rentre jamais. Que cet instant puisse s'étirer, un instant où il était là, face à elle, concentré sur eux, avant qu'il ne reparte et qu'elle ne se retrouve seule, triste, le matin venu, avec le goût amer d'hier dans la bouche, la vérité froide et criante de sa solitude lui revenant dans le visage.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   Hier à 18:12

L'Allemand était là, en face de la jeune femme, à souffle doucement sur son café. Il semblait être, après sa petite crise, redevenu calme mais... non. Son âme, son esprit, était tout à fait... déchirée, oui, c'est décidemment ça le mot. C'est comme si son âme avait été mise dans une centrifugeuse et que celle-ci avait décidé de tourner pendant dix minutes avant d'exposer, recouvrant alors tous les murs, toutes les parois, de son corps de morceaux informes et totalement inidentifiables. Néanmoins il y avait quelques amas visqueux de chairs qu'on pouvait à peu près réussir à classer.

Dans l'un nous pouvions retrouver tout le dégoût que Klaus ressentait pour lui-même à ce moment-là, toute la haine qu'il éprouvait pour s'être laissé aller il y a quelques instants à cette plainte écœurante et franchement vomitive. S'il y avait bien quelque chose qu'il haïssait plus que tout autre, plus que Voldemort, plus que les Mangemorts, plus que celui qui avait tué son ami de la Guerre, plus que la Haine elle-même en réalité, c'était bien la Pitié, ce sentiment d'affaiblissement et de démonstration d'affaiblissement. Et que penser alors quand la pitié n'émanait que d'une personne en particulier, lui-même ? S'il l'avait pu, si ç'eut même été dans ses capacités, l'Allemand serait sorti de son corps, allé juste face à lui-même et se serait infligé le Sortilège Doloris une bonne dizaine de minutes durant pour essayer de réparer la faute, impardonnable à son goût et pire que toutes, ou presque, qu'il venait de commettre. Depuis la Guerre et ses évènements il ne supportait plus ni de voir sur les visages des autres une moue inspirant la pitié ni de voir, autrement plus grave, les autres éprouver de la pitié à son égard. Après tout ce que le monde avait connu pendant ces sombres moments, ce n'était plus possible d'accepter ça, de voir ça, ou que ce soit. La pitié ridiculisait la chose, la faisant passer à ses yeux pour de l'enfantillage et de la plainte incohérente. Les choses s'étaient passées, les drames étaient ce qu'ils étaient, on ne pouvait rien y faire, alors il fallait les laisser loin derrière soi ou enfouies dans un coffre au plus profond de son âme. Enfin. Il ne s'agissait là que d'un amas à peu près compréhensible de toute la salle.

Sur une paroi adjacente se trouvait, toujours assez décrépie, lépreuse, mais moins importantes, la répulsion que ressentit l'Allemand face à la jeune femme. Cette chose lui disait de partir, de foutre le camp. Pire encore, Venetia avait l'air toujours admirative et étonnée par la magie, alors l'Allemand devrait transplaner d'un coup, juste devant elle, avec la maîtrise qu'il connait, ne laisser de sa présence que la tasse de café qui, une demi-seconde après son départ, irait se briser au sol dans un fracas terrible, suivie de peu par la chaise en bois qui tomberait en arrière en réponse à la violence du départ. Il ne réapparaitrait pas, plus jamais, il prierait pour pouvoir arriver à l'oublier, sans jamais pour autant aller jusqu'au supplice d'oubli qu'il connait bien. Tout s'arrêterait là, ses sentiments, bons et mauvais, et l'Allemand retournerait à sa vie et ses journées d'avant, dans l'espoir et l'attente que son amour, son seul et véritable amour, pourrait un jour revenir à lui et reconstruire ce qui avait été détruit.

Néanmoins, en faisant attention, il y avait quelque chose qui n'allait pas dans cette salle : face à ces deux démonstrations de rancœur se trouvait, à l'exact opposé, une source de lumière qui jaillissait et diminuait comme les lampes des bunkers pendant la Guerre, moldue, quand la sirène sonnait fort dehors pour prévenir des bombes, alors tout le monde attendait, silencieusement, la lumière hésitait entre l'espoir, totalement allumée, illuminant tout dans la petite salle morbide, jusqu'aux âmes les plus pénétrées par l'Obscurité, ou la peur, le désir d'oubli. C'était pareil avec cette petite chose, qui renvoyait toujours à Venetia, qui à certains moments avait assez de force pour faire s'élancer Klaus vers elle avec plein de bonnes volontés et de sentiments liés, et d'autres fois qui le retenaient en lui disant de ralentir la cadence, de se calmer un peu.

Et lui, imperturbable, sirotant son café, il était déchiré, tiré de toutes parts. Il pencha la tête vers sa jeune voisine. Une de ces trois parcelles allait finir par prendre du terrain sur les autres, il allait se frapper, la frapper et se barrer ou... qui sait ? Un léger sourire - vrai, faux, navré, désolé, ironique ? Dieu seul saurait, et encore - se développa lentement sur ses lèvres à cette dernière pensée. Elle se levait, avançait vers l'évier, oh forcément, la cachette idéale et intemporelle, puis en sortit une bouteille. Dommage. Ç’eut été meilleur avec un calva pour désinfecter toutes ces mauvaises pensées mais Klaus accepta avec un sourire reconnaissant le whisky. Il le récupéra d'une main légère et le posa à côté de son café, son index glissant sur le bord du verre alors que la sorcière reprenait place et lui posait alors une colle, encore une fois. L'Allemand leva doucement les yeux de son verre de whisky, qu'il gardait encore à distance raisonnable, vers ceux de la jeune femme, lui offrant alors un regard pénétrant comme il sait les faire.

« Je ne sais pas. Je n'ai pas vraiment de réponses à te donner. Sur le moment, avec les effluves d'alcool et ce je-ne-sais-quoi, oui. Je le pensais. Je me suis même trouvé à l'espérer. Mais... » Klaus passait une main dans ses cheveux, alors qu'il se penchait un brin en arrière, puis il se repencha en avant, posant le coude sur la table et sa joue contre la paume de sa main. Un petit sourire, toujours faible mais existant, subsistait sur ses lèvres. Il haussa un brin les épaules avant de reprendre : « Maintenant... c'est une autre question. Et je n'ai pas les réponses innées à toutes les questions que je me pose, c'est fort dommage, d'ailleurs. » Un léger rire, maintenant. Mais celui-ci ressemblait plus à un rire nerveux qu'à un rire d'amusement, en réalité. S'il avait les réponses à toutes ses questions, qu'est-ce que cela serait à la fois tragique mais aussi bien plus simple, mais la vie n'est pas comme ça. Bien souvent elle est tragique, mais elle n'est pas simple, elle est plus complexe qu'une pièce de Gogol ou d'un Shakespeare avec seulement deux acteurs pour interpréter tous les rôles. On essaie de s'y attacher, on voit à peu près où ça va nous mener, mais tout se passe d'un coup, on n'arrive pas à suivre tant ça va vite. Et puis on est largué et seules les paroles viennent encore à nous, sans que le sens aille de pair avec.

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MessageSujet: Re: Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)   

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Peut-être je me mens, peut-être j'en tremble (ft Klaus Breckenridge)

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