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 Baddest blues [Avalon]

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Auror
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MessageSujet: Baddest blues [Avalon]   Mer 9 Mai - 19:38

16 Décembre 2000
21h


Une pluie cinglante battait les carreaux du Chaudron, dans un crépitement sourd qui détrempait Londres autant que son moral. La radio en bout de vie que Tom s'obstinait à garder crachotait un blues dont les notes se perdaient quelque part, au hasard, dans les volutes grisés de sa cigarette. L'âcre fumée floua les contours de sa mâchoire tandis qu'il en expirait les méandres, révélant un instant plus tard le dessin grignoté d'une barbe de quelques jours de son menton. Trevelyan égrena du bout des doigts la cendre tiède qui agonisait à l'extrémité de sa cigarette avant que de loger son front dans la paume de sa main, accoudé au comptoir, fumerolles en spirales s'exhalant avec l'éternelle même nocivité salvatrice dont il avait besoin.

C'était un de ces soirs.
Un de ceux où il s'était tué dans les salles d'entraînement jusqu'à finir en sueur, en espérant évacuer de son système autant quelques toxines que les souvenirs d'elle. Mais rien, ni se déchaîner, ni dormir, ni sortir, ni se perdre en mission, ne parvenait à lui enlever de la tête les instantanés d'elle qui lui cognaient inlassablement dans les côtes, comme des battements de coeur sur lesquels il n'avait aucun pouvoir. Il l'avait dans la peau et dans la tête, comme un tatouage au fer rouge dont il n'avait même pas envie au fond d'enlever la trace.

Il l'avait croisée ce jour-là, sur le Chemin.  
C'était suffisant pour qu'un soir aussi con qu'un autre devienne un de ces soirs.

Un de ceux qui ne trouveraient de réponse qu'en les promesses ambrées d'un whisky et les fumerolles moroses d'une clope. Ou plusieurs... Béret ombrant l'acier amer d'un regard qu'il gardait braqué dans quelque vide où n'apparaissait qu'elle, l'Auror trinqua avec le verre fantomatique d'un sorcier spectral qui avait choisi ce pub pour passer l'éternité. Pas plus mauvais choix qu'un autre, commenta-t-il pour lui-même en descendant une gorgée de son whisky tourbé. D'autres prenaient de pires décisions, comme laisser filer sous leurs doigts la seule et unique femme qui leur avait jamais donné raison de croire en quelqu'un. En une vie belle et bien.

Et dire que ce que la guerre n'avait pas pu détruire, il avait fini par le faire... Sombre con, se tança-t-il en croisant son reflet dans le vaste miroir qui lui renvoyait son reflet depuis le comptoir, là où s'alignaient les bouteilles que des crétins comme lui finiraient par vider. Ce qui lui broyait plus le ventre restait de contempler l'irrémédiable désastre sans avoir aucun moyen de le réparer. Ce qui avait tout brisé relevait trop de l'irréconciliable pour essayer de le rabibocher, mais la conscience de ce qu'il avait perdu était souvent plus douloureuse qu'une droite en pleine gueule.

La porte du Chaudron s'ouvrit en laissant filtrer de la capitale un mugissement de vent plaintif, et Trevelyan pivota légèrement en un chuintement de sa veste en cuir pour apercevoir le nouvel arrivant. Jetant  un oeil à l'horloge qui surplombait la cheminée du bar, l'Auror haussa un sourcil avant d'interpeller la silhouette de la voix rauque qu'on lui connaissait.

- Avalon Osbourne quitte son travail avant 23h.. Londres est sur le point de s'écrouler ou j'ai bu plus que ce que je crois. Un vague sourire apparut à l'ombre de son béret. Qu'est-ce que je t'offre pour célébrer ?

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MessageSujet: Re: Baddest blues [Avalon]   Jeu 10 Mai - 0:21

La journée n'avait rien eu d'exceptionnel. Loin d'être d'un ennui mortel on ne pouvait dire qu'elle fut exaltante. Certains s'en contenteraient. Avalon était d'une autre trempe, de celle qui ne supportait ni le surplace ni l'inutilité. Ses collègues se félicitaient de ne pas rentrer totalement exténués, ils pourraient profiter de leur famille ce qui n'était pas un luxe en cette période hivernale. Avalon aurait pu se réjouir elle aussi, si quelqu'un l'attendait. Il y avait bien Freyja mais Freyja vivait sa vie. Elle lui faisait bien la tête lorsqu'elle rentrait, lui signifiant ainsi qu'elle appréciait peu être ainsi abandonnée mais la plupart du temps le félin brillait par son indépendance. Alors cela faisait déjà une heure qu'elle déambulait dans les rues londoniennes. Le côté moldu l'avait toujours fasciné, elle avait pour ces gens ordinaires une véritable affection qu'elle ne savait s'expliquer. Elle admirait leur ingéniosité pour vivre sans une once de magie et elle se trouvait charmée de leur naïveté évidente quand il s'agissait de nier ce qui crevait les yeux. La magie était tout autour d'eux, sans cesse, et pourtant toutes les excuses étaient bonnes pour expliquer tous les événements inexplicables auxquels ils assistaient. Durant ses années de service au département des Accidents et Catastrophes Magiques elle avait eu tout le loisir de s'en rendre compte. Et pourtant en ce mois de décembre, comme chaque année les moldus se trouvaient plus sensibles que jamais à la magie. Celle-ci sortait évidemment de leur imagination et se révélait bien trop candide pour posséder un semblant de vérité. Mais au moins retrouvaient-ils en ces temps troublés un semblant de joie. La magie de Noël aussi imaginaire que naïve imprégnaient chaque rue de Londres. Commerces et réverbères s'habillaient de guirlandes scintillantes qui irradiaient de jolies couleurs vives, les chants emplissaient chaque place, des effluves épicés s'échappaient de chaque café et partout on croisait des enfants aux regards émerveillés ou des passants aux bras chargés de cadeaux. Un douloureux pincement s'insinua dans le cœur d'Avalon. Pour elle aussi ces fêtes étaient autrefois synonymes de joie. Mais ce temps-là s'était enfui depuis trop longtemps déjà et peinait à retrouver le chemin du retour. Elle était incapable de trouver une explication plausible pour justifier d'un pareil changement. La guerre à elle seule ne pouvait être une justification recevable. Sans en avoir toujours de souvenirs très nets, elle savait que les fêtes de Noël avaient longtemps été synonyme de bonheur. Un bonheur sincère qu'elle ne parvenait plus à retrouver.

Sans même s'en apercevoir, ses pas l'avaient menée jusqu'à la devanture du "Chaudron Baveur", une enseigne que tout sorcier britannique se devait de connaître. Elle y avait aussi passé d'agréables moments, des soirées endiablées pour arroser l'obtention de ses diplômes, des verres partagés avec des collègues en fin de journée, des rencards plus ou moins foireux avec des hommes plus ou moins fréquentables. Ce soir était bien différent de tous ces autres soirs mais elle avait pourtant besoin d'un verre. Juste un verre. Pour retarder jusqu'au bout ce moment où elle se retrouverait définitivement seule en tête-à-tête avec sa solitude. Entrée dans un bar sans être accompagnée avait pourtant des accents de mélancolie un peu glauque. C'était souvent le cas au Chaudron Baveur, l'antre des sorciers esseulés et des créatures abandonnées. Mais il était aussi un lieu de rencontre pour tous les sorciers qui peuplaient Londres. Avalon connaissait du monde et elle espérait ne pas se trouver seule trop longtemps. Il y avait toujours quelques braves âmes du Ministère pour descendre un ou deux verres. Ce soir-là, la jeune femme eut la désagréable surprise de découvrir que le bar était loin d'être bondé. Mais elle eut à peine le temps d'embrasser la salle plongée dans la pénombre du regard qu'une voix rauque l'interpella. En apercevant la silhouette de l'Auror Trevelyan Valentine, un large sourire se dessina sur son visage las. « Comme quoi tout arrive, Valentine. Ne jamais désespérer de rien. Mais je crois qu'effectivement tu as pris un peu d'avance sur moi... » commenta-t-elle en posant un regard sur le verre déjà bien entamé. « Une pinte d'hydromel Tom s'il-te-plaît. Cinq ans d'âge, si tu as. » lança-t-elle alors en direction du barman bossu qui s'était approché d'elle. « A mettre sur l'ardoise de Valentine, apparemment. C'est lui qui régale. » Elle adressa un nouveau sourire espiègle en direction de l'Auror, une plaisanterie bienvenue qui lui permettait d'éloigner durant un temps sa mélancolie passagère dont elle avait si honte. « Alors quoi de neuf au bureau des Aurors ? » demanda-t-elle d'un air badin. Elle avait bien remarqué la barre qui striait son front, les clopes qui s'entassaient dans le cendrier ou le regard inquisiteur de Tom quand il vint à leur rencontre. Elle n'était pas dupe, quelque chose n'allait pas. Mais elle ne s'estimait pas suffisamment intime avec Trevelyan pour entrer immédiatement dans le vif du sujet. Peu importait ce qu'elle avait fait pour lui par le passé, cela ne lui donnait sans doute pas le droit de s'immiscer ainsi dans sa vie.

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