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 Remnants of the past

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MessageSujet: Re: Remnants of the past   Mar 8 Mai - 21:32

Elle connaissait cet endroit comme son propre foyer, y avait passé tant d'heures à jouer et à déambuler dans les couloirs étant enfant. Une éternité à ses yeux. Et pourtant le temps emblait ne pas avoir de prise sur l'hôpital, malgré toutes les horreurs qui avaient dû s'y jouer, toutes les souffrances qu'il avait dû étouffer. Le rez-de-chaussé n'était pourtant pas le plus terrible des services. Ici on ne faisait que réparer les gros bobos et les petites maladresses. Mais peu lui importait où elle se trouvait. Chaque pièce de cet hôpital laissait les souvenirs l'envahir. « Tout va pour le mieux Mr. Oakwood. Plus de peur que de mal mais la prochaine fois que vous jouez au Quidditch veillez à éviter les Cognards... » La guérisseuse qui venait de remettre le bras d'Adam en place adressa un sourire malicieux aux jeunes gens avant de quitter la pièce. Avalon lança un regard noir en direction de son compagnon qui ne paraissait pas vraiment traumatisé par sa mésaventure. Pour bien des raisons, Avalon n'avait jamais été une grande amatrice de Quidditch. Elle n'était pas vraiment sportive et n'avait jamais pris la peine de s'intéresser ne serait-ce qu'aux règles du jeu qu'elle comprenait encore de travers de temps à autre. Elle ne comprenait pas davantage comment on pouvait se passionner pour un sport qu'elle jugeait dangereux et sans grand intérêt pour le public. « On y voit rien ! » s'était-il insurgé la seule fois où son père avait eu l'audace de l'emmener voir un match. Depuis elle avait pourtant progressé, elle s'était prise au jeu durant ses années d'études et se laissait volontiers emporter par l'effervescence contagieuse qui animait les supporters durant la Coupe du Monde. Mais cela s'arrêtait là. Alors quand elle apprit qu'Adam s'était blessé durant un match amical avec certains de leur collègue, elle s'était insurgé. « Ne me fixe pas comme ça. » lui lança-t-elle alors qu'il lui adressait un sourire satisfait. « Tu sais que ça aurait pu être plus grave que ça et que tu as eu de la chance. » « Une chance insolente. » Elle lui jeta un coussin au visage dans l'espoir d'effacer ce sourire. « Je vais me chercher de quoi grignoter. Avant que mes nerfs ne m'ordonnent de t'étouffer. » compléta-t-elle en l'embrassant.

Le hall d'accueil était quasiment vide. Peu d'urgence semblait requérir la présence immédiate des équipes soignantes et la réceptionniste ne prenait même pas la peine de lever la tête en direction des quelques patients ou familles qui déambulaient ici. Avalon traîna un peu, laissant glisser son regard sur ces murs qu'elle connaissait par cœur. « Avalon ? Quelle surprise ! Vous venez voir votre frère, il est de garde aujourd'hui. Vous voulez sans doute que je le fasse prévenir ? » La jeune femme redressa alors la tête et aperçut un visage qu'elle peinait à reconnaître. Elle se souvenait de cette vieille guérisseuse au sourire aimable qui accentuait les petites rides qu'elle avait au coin des yeux. Elle avait débuté sa carrière à l'époque ses parents travaillaient eux-mêmes ici. Mais Avalon était incapable de mettre le moindre nom sur ce visage. Elle se contenta donc de lui rendre son sourire. « Je...non, ne vous donnez pas cette peine. » Son malaise était d'autant plus croissant qu'elle n'avait pas forcément prévu de voir Averroes, elle savait qu'il avait un travail monstre et qu'il n'avait certainement pas envie de la voir maintenant. Toutes les excuses étaient valables ces derniers mois pour qu'ils s'évitent l'un et l'autre. Elle ne parvenait pas à se l'expliquer. Elle avait bien tenter de lui tendre la main mais il n'avait jamais montré le moindre signe lui démontrant que ses efforts étaient appréciés. Alors, elle avait arrêté et s'en voulait un peu. Elle ne l'avait jamais laissé tombé. Jusqu'à présent. Mais Averroes n'était plus le même et elle semblait incapable de le débarrasser des spectres qui le hantaient... Avait-il seulement envie d'être sauvé ? Songea-t-elle avec une profonde amertume. « Vraiment ne vous donnez pas cette peine. Inutile de le déranger. » La guérisseuse tiqua légèrement mais n'en fit pas grand cas, comprenant bien vite que la jeune femme n'avait pas vraiment envie de s'étendre sur le sujet.
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MessageSujet: Re: Remnants of the past   Mer 16 Mai - 22:20

Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas remarqué la silhouette qui s'approchait d'elle. Mais cette voix, elle la reconnaîtrait entre mille. Lorsqu'elle releva la tête ce fut pour croiser ces prunelles qui partageaient le même azur que les siennes. L'instant d'avant, elle avait poliment refusé qu'on le prévienne de sa présence, craignant de le déranger et redoutant plus que tout les silences gênés qui pourraient s'installer entre eux et auxquels elle ne savait toujours pas faire face. Elle n'y avait jamais été habituée après tout. Mais il était là à présent et lorsqu'elle en prit conscience un sourire solaire et incontrôlé vint étirer ses lèvres. « Hé, salut toi ! Non, non tout va bien sois rassuré. Cet idiot d'Adam n'a rien trouvé de mieux que de jouer au Quidditch avec un batteur qui visiblement ne l'a jamais été... » Un rictus amusé se dessina à nouveau sur son visage. « Mais plus de peur que de mal... Rien en tout cas que la magie ne puisse réparer. Il s'en sort simplement avec un bras en écharpe. Chambre 31 si tu veux passer le voir. » Mais elle préféra ne pas s'étendre sur le sujet, elle avait présenté son compagnon tout récemment à ses proches, les deux hommes s'étaient croisés deux ou trois fois tout au plus et pour une raison qui lui échappait Averroes semblait un peu mal-à-l'aise en présence d'Adam. Sans doute peinait-il à imaginer que sa sœur ait enfin trouvé chaussure à son pied. Ils finiraient bien par s'apprivoiser, elle n'avait aucun doute là-dessus et comptait leur laisser le temps de le faire. « Mais de mon côté, sois rassurée, tout va pour le mieux. » commenta-t-elle avec un sourire malicieux. Elle n'osait admettre que l'inquiétude évidente de son cadet la gonflait d'orgueil.

« Et toi comment vas-tu ? Tu n'es pas trop débordé ? »
Par le passé, remplissant son rôle d'aînée avec un zèle évident, c'était bien elle qui posait ce genre de questions et qui ne cessait de veiller sur lui. Durant leur enfance comme durant leurs études à Poudlard, Averroes avait rarement eu l'occasion de pouvoir cacher ses ennuis à sa sœur. Durant leur vie d'adulte non plus d'ailleurs. Mais depuis la guerre quelque chose s'était cassé, quelque chose qui lui échappait et qu'elle semblait incapable de réparer. A tel point qu'elle n'attendait même pas de véritable réponse, elle s'attendait d'avance à l'entendre lui assurer que tout allait pour le mieux, que certaines urgences étaient plus délicates que d'autres mais que dans l'ensemble tout se passait bien. Il lui raconterait une anecdote amusante sur laquelle elle régirait comme par le passé puis il lui demanderait des nouvelles du Ministère, elle lui assurerait elle aussi que tout allait bien sans même prendre la peine de s'étendre sur son état de fatigue croissant. Leur conversation durerait un peu, allant de banalité en banalité jusqu'à ce qu'on rappelle le médicomage à ses occupations. Puis les enfants Osbourne s'enlaceraient avant de se quitter. Une dernière fois ils échangeraient un « On se voit bientôt. ». Promesse à laquelle ils croyaient l'un et l'autre, promesse qu'il était inutile de formuler par le passé, à l'époque où "bientôt" n'était jamais loin. Mais cette promesse-là ni l'un ni l'autre ne la tiendraient, noyés qu'ils étaient dans leur routine. Mais cette fois-ci, Avalon écoutait son frère d'une oreille peu attentive, trop occupée qu'elle était à le dévisager.

Cette fois-ci il n'aurait pas l'indécence de lui mentir, de lui cacher la vérité. C'était impensable. Car quelque chose n'allait pas. L'évidence crevait les yeux. Il ne pouvait le nier. Et pourtant il le ferait, assurément. Elle scrutait ce visage qui ressemblait tant au sien, essayait vainement de saisir une vérité qui lui échappait. Si Averroes s'enfonçait dans ses mensonges et ses demies vérités, ses traits quant à eux ne mentaient plus. Une angoisse certaine enflait en lui, une angoisse à laquelle Avalon n'avait pas accès mais elle était pourtant bien là, toute proche. Coupant son frère dans des explications qu'elle n'écoutait déjà plus, elle le saisit par la main et le guida à l'écart du passage, là où aucune oreille indiscrète ne viendrait à les entendre. « Averroes, est ce que tout va bien ? » insista-t-elle à nouveau, espérant au plus profond d'elle-même qu'il crache enfin ce morceau qui l'étouffait depuis si longtemps. Mais il nierait, elle le craignait. Face à la détresse de son frère, Avalon ne savait que faire. Son impuissance se battait violemment contre son incompétence. Elle s'était toujours vanté d'avoir toujours été là pour lui, une présence presque étouffante. Et elle avait baissé les bras au moment même où il avait sans doute besoin de quelqu'un. Elle l'avait lâché sous prétexte qu'il ne voulait pas de son aide et qu'elle avait ses propres démons à combattre. En cet instant, face aux traits tirés et aux yeux rougis de son cadet, elle se demandait comment elle avait pu se voiler la face pendant tout ce temps.
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