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 [EVENT] Bal de la Nouvelle Année 2000-2001

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Ministère
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Ministère
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MessageSujet: Re: [EVENT] Bal de la Nouvelle Année 2000-2001   Sam 2 Juin - 14:30


« Joie, bonne humeur, paix ». Ces trois termes, qui étaient devenus depuis des lustres les mots d'ordre des Fêtes de fin d'année, n'étaient pas, au contraire, les mots d'ordres de l'esprit qui habitait l'allemand. Celui-ci, comme tous les autres sorciers britanniques, avait reçu la fameuse lettre apportée par le hibou du Ministère. Pendant quelques temps il l'eut laissé dans un coin de son appartement, sous une pile, qui commençait d'ailleurs à grandir un peu trop, d'affaires à jeter. Mais c'est... dans l'après-midi du 31 qu'il la ressortie de son antre. Tout de suite il avait rejeté l'idée, de peur d'y croiser des visages qu'il aurait préféré oublié. Mais il s'était finalement remis en question, au dernier moment pour ne pas changer les habitudes, et avait finalement décidé de s'y rendre.

Pour l'occasion il avait dépoussiéré un de ses costumes trois pièces qu'il ne mettait que très rarement. La dernière fois étant pour son premier jour de reprise de travail, qui n'avait pas été des plus jouissifs mais qui avait eu une belle signification. Quoiqu'il en soit, il prépara ses affaires, rangea le barda qui trainait dans la pièce et enfila son costume. A sa pochette de costume il accrocha une de ces roses éternelles qu'il avait acheté quelques années avant la Guerre, avec sa tendre. L'allemand plissa alors un brin les sourcils. Elle allait très certainement être là. C'était inévitable... Mais il fallait bien faire avec, au moins maintenant il n'était plus un étranger des plus totaux, depuis qu'ils avaient travaillé sur une affaire en Ukraine. Il prit une inspiration et expira un bon souffle avant de secouer le chef, jetant alors ces pensées hors de son esprit. Klaus se plaça devant le miroir et ajusta une dernière fois son costume avant de quitter cet appartement pour la dernière fois de l'année.

Il arriva au lieu de fête aux environs de 20h, un tantinet après ce qui était annoncé comme début des hostilités. Il y avait déjà du monde dans l'endroit. L'allemand observa aux alentours, quelques visages lui étaient familiers, mais sans plus. D'un coup d'œil il repéra les endroits stratégiques, aussi appelés "points de collation". Des quantités de plateau-repas, d' « amuse-bouche » comme disent les français, et de récipients à punch, qui apparemment avaient un franc succès, au vu du nombre de personnes qui rôdaient autour de ceux-ci. Et c'est ainsi que le Sorcier, après avoir signé le registre à l'entrée, s'en alla rejoindre la cohorte des invités, et plus précisément les tables où il comptait bien goûter ce punch si étrangement désiré. Au passage il croisa quelques têtes familières, qu'il salua, des collègues, le coordinateur et d'autres anciens personnels du Ministère qui n'étaient pas revenus. Il se servit alors, laissant ressortir ses gênes germaniques de gros buveurs, plusieurs verres de punch, tout en discutant avec un groupe du 3ème qui se tenait à l'écart. Il fallait toujours, lors de réceptions spéciales, un groupe de personnes pour continuer à parler travail, eh bien à cette occasion c'était leur cas. Ils échangèrent quelques temps sur la dose de travail qu'ils recevaient en période de Fêtes et qu'ils allaient avoir dès le début de cette nouvelle année, se rappelant des autres soirs de Réveillon où les sorciers consommaient plus qu'ils ne le pouvaient et en venaient à montrer à la vue de tout le monde plus qu'ils ne le voulaient.

Quelques temps après, les vingt-et-une heure tapèrent et provoquèrent l'arrivée du nouveau Ministère de la Magie. Alors que ses collègues se contentèrent de baisser le ton pour continuer à discutailler, Klaus s'écarta un tantinet et se rapprocha du Sorcier, bien que cela ne fût pas nécessaire pour arriver à l'entendre, l'amplificateur faisait bien son œuvre. Il écouta ainsi, punch à la main, cet homme qu'il estimait beaucoup, parler. Du moins c'est ce qu'il tenta, finissant par décrocher après un calembour qui n'était pas des meilleurs. Plusieurs fois il cligna des yeux, secouant lentement son chef. L'allemand regarda son verre et se dit qu'il avait sûrement dû un peu trop abuser de cette boisson elle-même un peu trop chargée. Alors Klaus se rapprocha d'une table et y posa son verre, à moitié vide. Il s'y appuya et tenta de retourner son attention sur le Ministre, mais malgré ses efforts la reprise fut difficile, il se contenta d'en attendre la fin, observant les invités qui écoutaient alors, remarquant son amour perdu et son frère qui lui était cher, son ancienne coéquipière résistante, plusieurs hauts gradés du Ministère et de Poudlard.

Le discours finit peu à peu, ce à quoi Klaus put quand même se rattraper en se joignant aux dignes applaudissements pour Kingsley et les choses reprirent leur court. Jusqu'au moment où une vague de panique prit nombre des invités, dont l'allemand. Il se redressa tout d'un coup, portant une main à sa poche où il avait sa baguette. Il fronça les sourcils et regarda tout autour de lui, cherchant quelque chose des yeux. Quelques secondes après il sursauta de nouveau et sortit sa baguette, la tenant néanmoins le long de son corps, pointée vers le sol. Il fit quelques pas, d'abord lentement puis rapidement dans la foule. Où pouvait-elle bien être ? Il espérait que rien ne lui était arrivé... Non. Ça ne pouvait pas recommencer. Pas ici en tout cas, c'était fini. Ses yeux se remplirent de rage et se mêlèrent à l'épouvante. Puis soudain il la vit. Elle était avec son frère et d'autres sorciers. Il se rapprocha d'eux.

« Ave', je sens que ça recommence. Et... » Puis soudain il regarda, affolé, le sol. Il plaça les mains à la plat, parallèlement au sol, à la manière de ceux qui se sentent tremblant et qui ne veulent tomber. « Oh non... Il faut faire évacuer l'endroit, sans plus tard. » Puis il tourna le regard sur la brune qui l'avait aimée. « Toi aussi, je ne veux pas te perdre une deuxième fois. Ça recommence... »
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MessageSujet: Re: [EVENT] Bal de la Nouvelle Année 2000-2001   Jeu 7 Juin - 18:15

Événement de la Nouvelle Année



Alors que le discours du Ministre de la Magie s'est conclu par une salve d'applaudissements nourris, les sorciers ayant bu du punch commencent à ressentir des sensations désagréables, des hallucinations et autres éléments joyeux.

La panique s'installe et alors que les membres de l'organisation tentent de calmer ce petit monde, une grondement sourd se fait entendre au niveau du sous-sol, en provenance de l'escalier y menant dans le coin de la salle. Enveloppant toute la salle, c'est soudain le silence complet pour les sorciers qui tentent d'identifier ce qui pourrait produire ce son.
Quelques secondes plus tard, un silence pesant s'installe, seulement brisé par quelques chuchotements inquiets. Et puis l'explosion, retentissant dans tout le bâtiment, faisant trembler les murs et tinter le verre des plafonniers en cristal. Une table, près des escaliers est balayée par le souffle de l'explosion et son contenu se renverse partout, éclaboussant les personnes présentes tout à côté.
Des hurlements éclatent, des sorciers se ruent et s'agglutinent près des cheminées pour quitter la salle. Une femme tombe sous le mouvement de foule, un enfant pleure dans un coin de la pièce en serrant ses mains sur les oreilles.


Instructions Du MdJ


Ce tour permet aux personnages de se positionner sur l'événement du moment. S'enfuit-il? Prête-t-il main forte aux forces du Ministère qui tentent de calmer la panique? Se rue-t-il dans les escaliers pour être le premier à découvrir ce qu'il se passe, peu importe le danger que représenterait cette attitude?
A vous de vous positionner !

Vous pouvez faire démarrer votre post dès l'explosion ou terminer rapidement ce que votre personnage faisait avant cela!


Odysseus FawleyPNJ



Les gardes postés en renfort n'avaient pas plus prévu l'attaque d'un visage bien connu du Ministère que le premier qu'avait désarçonné Odysseus. Les contours de leurs silhouettes inconscientes gardés secrets par un sort de Désillusion semblaient avoir tout bonnement disparu des environs ; mais l'effet de surprise ne tarderait sans doute pas à lui être perdu, car le patriarche du clan Fawley était intimement convaincu que bien d'autres sortilèges d'alarmes parsemaient le chemin jusqu'à son fils sans qu'il puisse même les déceler.

Qu'à cela ne tienne ; il était déjà trop avancé, déjà lancé trop loin pour renoncer, quels que soient les risques. Odysseus sentait déjà lui échapper la rose discrète du parfum de Viona, la douceur de cette vie qu'ils avaient créée tous les deux et en dépit des guerres. Le havre de calme du manoir qui abritaient leurs plus doux souvenirs ne serait bientôt plus que ça, lui aussi - un souvenir à chérir et regretter les soirs d'exil, sur une autre terre que la leur, dans une autre patrie. Mais Mattheus serait sauf, et rien n'importait plus.

Les geôles se dessinèrent enfin dans la pénombre ambiante, seulement brisée par quelques chandeliers qui scandaient les murs, diluant l'obscurité à la lueur maigrelette de leurs flammes. Odysseus renforça le sortilège qui étouffaient le bruit de ses pas contre les dalles scellées, forçant la noirceur du regard en inspectant l'occupant de chaque cellule, pétri du souhait désespéré d'y voir son fils et de fuir le Ministère le plus vite possible. Le sentiment d'urgence qui aurait pu instiller la panique dans le moindre de ses gestes y glissait au contraire le sang froid qu'il exigeait de lui-même ; il ne servait à rien de tout gâcher par de vaines précipitations. Mattheus devait sortir d'ici avant que le vote sur le décret Veritas, prévu deux jours plus tard, ne ruine pour toujours ses chances d'être innocenté. Se contenter d'espérer que le peuple sorcier valide ce décret lors du référendum n'était qu'une chance trop mince pour son fils.

- Mattheus ! s'essouffla-t-il en un cri étouffé qui jaillit de sa gorge sans qu'il ait pu l'empêcher.

Ses yeux que l'âge rendaient peu à peu défaillants n'auraient jamais pu le trahir à ce point ; les traits qu'il venait d'arracher à l'ombre était ceux que Viona et lui avaient donné à leur enfant, et sa résolution sauvage de le libérer fit bondir le coeur du sorcier d'un espoir écrasant. Ils n'avaient pas donné naissance à un fils qui avait si souvent fait leur joie et leur fierté pour le laisser périr dans l'anonymat crasseux d'une prison, quelle qu'elle soit. Ses entrailles se tordirent en lisant l'espérance folle qui venait d'allumer le regard jusqu'alors cave de Mattheus ; il avait regardé son père avec l'exacte même confiance aveugle lorsque tombé dans un ancien puits du manoir, Odysseus l'en avait secouru en le hissant vers la lumière et la sécurité.

- Père !

Dans un élan irréfléchi, son fils se rua vers la paroi invisible et dégorgeant de magie défensive qui les séparait, pour en être brutalement repoussa. Les genoux de Mattheus s'épluchèrent sur le sol cru de sa cellule tandis qu'il secouait la tête, sonné. La violence de ce rappel à la réalité sembla lui asséner un coup de massue sur les épaules. Son fils se relevait, le regard tourmenté.

- Va t'en, je t'en prie. Je t'en prie. Il enfouit son visage dans ses mains, reculant déjà. Ne prends pas ce risque pour moi, pas comme ça. Isaura et Amatus ont trop besoin de toi. Mère a besoin de toi, jamais.. jamais elle ne supporterait de te perdre.

Son coeur de père put à à peine supporter, plus que l'épuisement de son fils, son renoncement à tout espoir. Le Ministère et sa justice avait presque fini de le briser. Une colère sourde s'empara de lui et il sut, à cet instant, qu'il était même prêt à mourir contre quiconque se mettrait en travers de leur route si cela permettait de le garder sauf.

- Ta mère ne perdra aucun de nous, mon garçon. murmura-t-il avec en un chuchotement déterminé, harponnant le regard de Mattheus dans le sien. Je te le promets.

Odysseus recula d'un pas, en incitant son fils à faire de même depuis sa cellule. Il avait pu ces derniers temps soustraire quelques informations quant aux sortilèges de sécurité qui bardaient les geôles étroitement surveillées des prisonniers en attente de transfert à Azkaban ; et il était lui-même loin d'être un sorcier dénué de talent. Pointant sa baguette sur le mur intangible et potentiellement mortel qui le séparait de son enfant, le patriarche entreprit de faire céder les maléfices qui le séparaient de lui en y propulsant toute la puissance de sa magie et des contre-sorts. Des gouttes de sueur perlèrent rapidement à son front, et son souffle précipité, hâché, témoignait plus que tout de l'effort insensé qu'il mettait à briser les mesures du Ministère. Quand enfin il y parvint, un gémissement sourd suivi d'un grondement rocailleux ébranla les sous-sols tout entiers, et il sentit monter autour de lui une spirale de magie hurlante de protestation dont il se protégea avec l'énergie du désespoir.

Les maléfices cédèrent dans une explosion qui projeta Odysseus et son fils plus loin encore loin de l'autre. Avançant à tâtons sur un sol parsemé d'éclats de roche et de chandeliers éteints, le sorcier couvert de poussière se rua dans la geôle pour s'assurer que son fils n'avait subi aucune blessure. L'explosion avait retentit dans tout le Ministère, à n'en pas douter, et si sa discrétion avait été totale jusqu'alors, les hostilités étaient désormais ouvertes. Un soulagement féroce se peignit sur le visage éprouvé de l'homme lorsqu'il franchit le seuil de la cellule et aida son fils à se relever, lui tendant une baguette avec un sourire où se lisait presque une victoire.

- C'est la baguette de ton grand-père. Je n'aurai jamais pu récupérer la tienne, mais elle devra faire l'affaire si nous devons nous défendre.

Un instant plus tard, il serrait contre le sien le coeur battant de son propre fils avant que de l'entraîner vers la sortie. Un sortilège de Désillusion glissé sur leurs deux silhouettes masquait d'un flou troublant leur fuite éperdue.


Résumé du tourPar personnage

Tricia Rose:
 
Avalon Osbourne :
 
Olivia A. Davies :
 
Averroes Osbourne :
 
Trevelyan Valentine:
 
Callisto A. Rowle :
 
Sienna Roscoe :
 
Diana M. Tugwood :
 
Klaus Breckenridge :
 


Awful pour Epicode
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MessageSujet: Re: [EVENT] Bal de la Nouvelle Année 2000-2001   Sam 7 Juil - 17:41


Bal de la nouvelle année
Il y eut du chahut au niveau du groupe de sorciers que Callisto avait repéré quelques instants auparavant. Ceux-ci s’agitaient de plus en plus, une femme renversa même un Auror. La jeune potioniste se retourna pour examiner les environs : des situations similaires éclataient çà et là, vite endiguées par la sécurité. Quelque chose clochait, sérieusement. Avant qu’elle puisse continuer son examen, un grondement sourd se fit entendre dans toute la salle, paralysant tous les invités et faisant parcourir sa peau de frissons. Son regard rencontra celui d’Elphias, qui fronçait les sourcils.

Tout à coup, une énorme explosion secoua le bâtiment entier, pareille à un séisme. Les sorciers s’agrippèrent entre eux et des cris retentissèrent de partout, lui vrillant les tympans. Une table se renversa même sous l’effet de l’onde de choc et entraîna des convives avec elle. La jeune sorcière sentit la panique monter d’un cran à nouveau.

Un gigantesque mouvement de foule éclata brutalement lorsque les invités se remirent de la secousse. Ils se mirent à pousser sans vergogne pour sauver leur peau, en faisant tomber certains. Elle-même manqua de trébucher lorsque quelqu’un tapa sur un de ses genoux. Heureusement, Elphias lui attrapa le bras d’une main forte pour la maintenir en position verticale.

Elphias, l’explosion venait des escaliers ! lui cria-t-elle pour se faire entendre par-dessus les hurlements de la foule.

Oui je sais, répondit-il sur le même ton. Il faut qu’on se sauve. La sécurité saura s’en charger, allez viens !

Callisto se laissa entraîner par la poigne du sorcier, en plein dans ses pensées. Sortir du Ministère était l’action la plus sensée pour la protéger, elle le savait. Mais elle lança un nouveau regard vers les escaliers, le cerveau tournant à plein régime. Si elle prêtait main forte aux Aurors et que ceux-ci revenaient vainqueurs, le Ministère aurait une dette envers elle. La potioniste cligna des yeux alors qu'elle réalisait ce qu'une telle dette pouvait lui apporter. Le Ministère pourrait la faire entrer dans le programme de formation des Langues-de-Plomb si elle se prouvait être un allié fiable ! Mais était-ce prudent de risquer sa vie pour ça ? Elle n’avait pas le temps de peser le pour et le contre, mais agir sur un coup de tête ne faisait pas partie de ses attributs…

Ils se rapprochaient de plus en plus des cheminées, et seraient probablement sortis de là en une poignée de minutes.

Et puis merde. Avant qu’elle ne puisse réfléchir davantage, Callisto décida de saisir l’opportunité qui se présentait à elle et se libéra de l’emprise d’Elphias. Celui-ci ne se retourna pas à temps pour la voir s’en aller, mais elle entendit brièvement sa voix avant qu'elle se retrouve étouffée par le brouhaha.

Se faufiler entre les sorciers se prouva être une tâche difficile, étant donné qu’elle remontait à contre-courant. Une pluie de coups de coude s’abattait sur elle et l’étroitesse de son passage l’empêchait de dégainer sa baguette. Elle se sentait comme une goutte d’eau au milieu d’une tempête.

Après de longues minutes et alors que la foule ne tarissait pas, Callisto trébucha sur un morceau de cane et se retrouva à terre. La force de l’impact lui coupa le souffle, mais elle s’efforça de ravaler sa douleur et de rouler sous une table voisine avant que quelqu’un la piétine dans sa hâte. Là, elle put respirer un peu. Son cœur battait la chamade et ses yeux étaient pleins de larmes. Elle avait failli y passer. Encore une fois. La réalisation lui fit l’effet d’une douche froide tandis que son souffle devenait laborieux. Et si elle y restait là-bas, au-delà des escaliers ? Sa propre stupidité lui éclata au visage. Comment avait-elle pensé qu’elle ferait la différence ? Tout en se balançant, elle ramena ses mains tremblantes contre sa poitrine et ferma les yeux.

Idiote, idiote, idiote… répétait-elle en mantra.

Des souvenirs de Poudlard lui revinrent. Dans chacun d’entre eux elle était une victime. Elle réprima un sanglot. La seule fois où elle s’était sentie puissante avait été pendant la dernière bataille… Ses ongles s’enfoncèrent dans la peau de son poignet. Ce jour-là, elle avait participé à la libération de son école, elle avait su se battre et n’avait pas été pitoyable. La pression sur sa peau se fit plus forte pendant quelques instants, puis s'annula. Sa main molle tomba sur ses genoux.

Doucement, Callisto releva la tête. Sans prendre la peine d’effacer ses larmes, elle sortit de sous la table, baguette en main, et se dirigea vers les escaliers d’un pas résolu, même si encore quelque peu fébrile. Elle prendrait son destin en mains. Elle ne serait plus une simple figurante dans sa propre vie.
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Callisto Rowle ☽ I am melting, but I’ve decided not to step away from the sun, I was forced into this mold by rough, red hands, but it’s time to let my wax liquefy so I can reform into the shape I choose.

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MessageSujet: Re: [EVENT] Bal de la Nouvelle Année 2000-2001   Dim 29 Juil - 16:01

Effarant, comme son propre sang-froid le trahissait dès qu'il sombrait lui-même au coeur d'une intoxication. Là où sa vivacité avait tant de fois arraché ses patients aux mains sournoises d'un empoisonnement, alors même qu'il était cette figure solide sur laquelle reposait la confiance de ses collègues en cas d'urgence, Averroes peinait à trouver pour lui le remède qu'il dénichait en un éclair pour les autres. Dans un éclat de détresse rageuse, incapable de purger sa propre tête de l'anxiété qui s'y infiltrait goutte à goutte, il constata une fois de plus et une fois de trop à quel point il se faisait cruellement défaut ; combien il était le dernier, cette fois, hier, toujours, à bénéficier de sa propre force. Tenter de faire taire l'écho hurlant des souvenirs et des cris qu'il entendait retentir dans la salle lui semblait aussi vain que neutraliser de la ciguë une fois avalée en fond de gorge.

Respire, s'intima-t-il en passant un doigt le long du col de sa chemise comme pour mieux faire passer l'air. Si la Langue-de-Plomb lui avait répondu quoi que ce soit, ses paroles s'étaient perdues dans le dédale des pensées qu'Averroes tentait de silencer. L'arrivée austère de l'Auror au milieu de leur cercle et la question qu'il lui adressa le força à se concentrer sur l'instant présent, et c'est après avoir jeté un regard inquiet à la silhouette statufiée de Sienna, comme frappée par la foudre, qu'il jeta un regard désorienté autour de lui avant d'avancer une réponse incertaine, une main nerveuse fouaillant ses cheveux en désordre.

- Je ne sais pas, ils...

Il ferma les yeux en s'efforçant de focaliser son attention sur l'origine de ce qu'il entendait, mais dut s'avouer incapable de localiser précisément les cris de terreur qu'il entendait surgir.

- Ils viennent de partout, avoua-t-il d'une voix tendue en balayant les alentours d'un regard égaré. Vous ne les entendez pas ?

Ils venaient de partout, oui. Lui emplissaient le crâne, y ricochaient, sans plus lui laisser le moindre répit. Respire, se répéta-t-il en refusant de perdre toute dignité devant une soeur qu'il chérissait, des amis qu'il estimait trop pour leur laisser voir ses faiblesses, une femme aux cheveux roux à laquelle il se dégoûtait de renvoyer une telle image. Mais malgré lui son souffle était fauché, tant plus rien alentours ne semblait plus faire sens. Pourquoi personne excepté lui n'entendait les cris d'épouvante qui lui vrillaient les tempes ? Comment pouvait-il être la seule et unique personne dans ce vaste hall à les percevoir ? Non loin de lui, une jeune fille se mit à remarquer un Augurey et un serpent, pendant qu'une femme tapotait frénétiquement ses vêtements dans l'espoir d'arrêter les flammes qu'elle sentait consumer sa robe.

L'espace d'une  seconde terrifiante, posant d'une main mal assurée son verre sur le vaste buffet, il crut être devenu complètement fou. Les gestes, les paroles et les actions de tous ceux qui l'entouraient  s'enchaînaient sans la moindre cohérence, et il était à deux doigts d'en attribuer la cause à un basculement de sa propre psyché lorsque son attention fut happée par les cris rageurs de Sienna.

- Tu t’en vas comme ça? C’est ça, ce qu’il reste de nous? Un signe de la tête comme si je n’étais rien ? Tu te rappelles au moins comment je m’appelle?!

Sous la colère perçait une douleur qui n'avait échappé à personne, et qui plongea le groupe entier dans un silence assourdissant. Elle dardait sur l'Auror un regard qu'Averroes n'aurait aimé affronter pour rien au monde, tant il y sourdait le torrent d'émotions contenues dont elle ne laissait jamais rien voir au travail, gardant calfeutré aussi soigneusement que lui ce qui lui pesait. Qui lui pesait si fort qu'à bout de nerfs, elle n'avait pas su retenir plus que lui sa propre vérité, dont les mots résonnaient encore sans plus  pouvoir être rembobinés.

Le médicomage esquissait déjà un geste en sa direction pour briser le mutisme ambiant lorsqu'elle bondit d'un geste que personne n'avait anticipé sur l'Auror, tout en le repoussant de toutes ses forces. Une table se renversa sous le poids de leur chute précipité, et du désordre constellé d'éclats de verre qui s'ensuivit jaillirent des mains volontaires pour aider Sienna à se relever.

- Sienna !

Un tel attroupement se formait autour d'eux qu'il ne put s'assurer que d'un regard qu'aucune coupure n'était à déplorer sur le visage de son amie. Mais ce qui affectait la médicomage semblait bien différent d'une blessure physique...

- Mais... Mais j'ai vu quelque chose tomber ?!

Fronçant les sourcils d'inquiétude et d'incompréhension à la fois, Averroes l'observa jeter des regards affolés autour d'elle avec la même agitation que lui. S'il était devenu fou, ou bien la folie était subitement devenue contagieuse ou il se déroulait durant ce bal quelque chose qui échappait à l'entendement, dont même Klaus semblait subitement affecté. Sa silhouette carrée émergeait d'une foule peu à peu gagnée par le tumulte pendant qu'Averroes glissait quelques mots à sa soeur d'une voix tendue, où menaçait de poindre son angoisse.

- Avalon, quelque chose ne va pas, et les Aurors ont recours à leur Patronus. Je vais chercher Sienna et je crois que l'on ferait mieux de s'en aller d'ici, tout de suite. Puis, se tournant vers la silhouette drapée de bleue qu'il avait rencontré au coeur du labyrinthique département des Mystères, Averroes ajouta gravement quelques mots, puisant un objet d'inquiétude supplémentaire autant qu'un étrange réconfort dans les yeux limpides qu'il riva aux siens. Venez avec nous, je vous en prie.

Il n'attendait que l'assentiment de la jeune femme pour aller chercher Sienna, et un coup d'oeil en sa direction lui suffit pour voir que sa présence n'aurait été qu'indésirable ; mais il n'eut quoi qu'il en soit pas l'occasion d'y songer plus longtemps.

- Ave', je sens que ça recommence. Et... Oh non... Il faut faire évacuer l'endroit, sans plus tarder.

Ca recommence.Il ne suffisait que de ça, que de quelques misérables mots, pour éveiller tout un monde de souvenirs douloureux que personne ici ne pensait avoir la force de revivre. La gorge serrée en constatant que Klaus cédait au même affolement qui menaçait de les submerger tous, Averroes acquiesça en cherchant du regard l'accord tacite d'Avalon et d'Olivia. La situation devenait trop chaotique pour qu'il y discerne aucune autre issue que celle d'un départ imminent, et chaque seconde semblait ajouter un lot d'incompréhensibles imprévus qui achevaient de brouiller la vision qu'il avait des choses. C'était trop. Juste trop. Klaus acheva de parfaire l'égarement du médicomage en couvant sa soeur d'un regard dont plus aucune retenue ne voilait l'amour qu'il lui avait voué des années durant.

- Toi aussi, je ne veux pas te perdre une deuxième fois. Ça recommence...

Interloqué sans pour autant avoir le temps de s'adonner à l'ampleur de sa stupéfaction, Averroes jeta à l'un et l'autre un regard confus qu'il savait ne pas devoir se prolonger, sous peine d'entamer une conversation qui devrait avoir lieu partout ailleurs que dans un Hall à deux doigts de verser dans la fébrilité. Ni Avalon ni son ancien fiancé ne l'avait jamais prévenu que la lumière avait enfin été jetée sur toutes les ombres de leur relation passée, oubliée, et qu'ils s'étaient enfin retrouvés après de trop longs mois. Il secoua la tête comme pour chasser les interminables pensées parasites dont cette révélation le tiraillait. Il était plus que temps de partir d'ici, de se délester de l'anxiété qui grimpait, et Averroes adressait un signe de tête engageant à tous, en invitant Olivia à passer devant lui d'un geste, lorsque...

- Allons-y tout de suite. Partez devant, je vais prévenir Sienna que..

...un chuintement sourd gémit depuis les profondeurs mêmes du Ministère de la Magie, intimant un silence qui glaça de suspens la salle entière. Comme tous les autres sorciers et sorcières autour de lui, Averroes attendit dans l'insupportable ignorance de ce qui allait suivre, gorge serrée et tempes palpitantes, le souffle haletant.

L'explosion brisa en éclats assourdissants le silence lourd d'appréhension qui pesait sur le Hall, tonnant
dans toute la salle et jusque dans son crâne. Un déluge de tessons de verre crépita aussitôt, rejoignant le chorus infernal du roulis de pierres éclatées qu'il entendait rugir, là sous ses pieds, dans les sous-sols du Ministère. Ca recommence, pensa-t-il d'une voix blanche, presque engloutie par le vieux sentiment de peur trop familier avec lequel il avait vécu trop d'années. A cet instant précis, la panique acheva de déferler sur le Ministère de la Magie. Averroes se protégea le visage d'un bras pour éviter les derniers projectiles de l'explosion, tout en cherchant d'instinct du regard la silhouette de sa soeur, l'appelant en vain tant le tumulte des cris, des bris de verre écrasés sous des pas précipités, des hurlements de sorciers cherchant à se retrouver dans le chaos, noyait sa propre voix dans toutes celles qui s'élevaient, en proie au même effroi, au même refus de revivre ce qu'ils avaient dû endurer sous le règne des Mangemorts.

- AVALON !

Son appel se perdit dans la mêlée désordonnée qui distribuait indifféremment mais avec la même brutalité des coups de coudes et coups de hanches, mais ni sa soeur, ni Klaus, Olivia ni même Sienna n'étaient en vue. C'est pas vrai. C'est pas vrai, pas ça, pas ça, plus jamais ça, c'est pas vrai.. était à peu près tout ce qui tournait en boucle tandis qu'il cherchait frénétiquement l'un des visages connus qu'il chérissait, les deux mains labourant nerveusement ses cheveux noirs, renouant avec l'ignoble sentiment de craindre pour la vie de ses proches, la sienne propre, et... celle de la jeune femme aux cheveux roux défaits par l'agitation, qu'il aperçut à quelques pas de lui.

S'engouffrant aussitôt dans la foule pour la rejoindre, Averroes fendit les flots de sorciers compressés sans accorder autre chose qu'une grimace aux coudes pointus qu'il reçut dans les côtes. Ses pensées se tendaient dans tant de directions qu'il ne s’appesantissait sur aucune en les redoutant toutes ; dans la mer déchaînée d'une foule en fuite, comme un ressac furieux, les cheveux roux et leurs lueurs dorées étaient comme la lumière d'une rive qu'il finit par rejoindre.

- Est-ce que tout va bien ? demanda-t-il en observant le visage opalin de l'oeil du médicomage averti, cherchant toute trace de blessure éventuelle causée par la ruée vers les sorties. Nous devons... HEY !

Il s'interrompit en s'interposant devant une jeune fille qui luttait à contre-courant pour se frayer un chemin résolu vers l'escalier d'où provenait l'explosion. Une détermination folle luisait dans un regard qu'elle avait gardé braqué vers les étages inférieurs du Ministère avant qu'Averroes n'intervienne. Elle possédait des traits évoquant ceux d'une poupée de porcelaine, et une robe élégante qu'il se rappelait avoir repérée plus tôt dans la soirée, portée par une jeune fille voyant un Augurey parmi les convives... Des traits trop jeunes, un esprit trop retourné par ce mal qui les affectait tous, pour qu'il la laisse courir le danger fou de se précipiter vers la source de l'explosion.

- Les Aurors s'en occupent, n'y allez pas ! s'exclama-t-il d'une voix vibrante, lui barrant le chemin de deux paumes haut levées, tant lui était insupportable l'idée de laisser une vie de plus filer entre ses doigts, comme tant d'autres durant la guerre.
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MessageSujet: Re: [EVENT] Bal de la Nouvelle Année 2000-2001   Dim 26 Aoû - 20:08

Le vacarme alentours entamait un tel crescendo qu'il faillit ne pas intercepter ce que balbutiait le médicomage, qui s'évertuait à grand peine et vainement en définitive de rassembler ses esprits. La confusion façonnait à présent pleinement les traits du guérisseur plus qu'elle ne les ombrait, et c'est en essayant de déchiffrer le masque d'angoisse qui métamorphosait le visage d'Averroes que Trevelyan tentait de donner sens à ses incohérences.

- Ils viennent de partout. Vous ne les entendez pas ?

Le regard affuté de l'Auror balaya brièvement les circonvolutions mouvantes des convives agités, dans l'espoir de percevoir l'origine de ces hurlements d'agonie que le médicomage était seul à entendre, mais il n'entendit rien. Rien que la voix de Sienna, gommant toutes les autres en sourdine, assourdissant le foutu reste du monde, lui empoignant le coeur, chaque mot comme une saccade, chaque saccade un battement brutal. Il ressentait chacun d'entre eux lui bastonner les côtes à une cadence aussi insupportable que chacun des reproches qu'elle lui criait des tréfonds de sa colère.

- Tu t’en vas comme ça? C’est ça, ce qu’il reste de nous? Un signe de la tête comme si je n’étais rien ? Tu te rappelles au moins comment je m’appelle?!

Beaucoup se retournèrent en même temps que lui, mais aucun d'entre eux n'avait à nu sur le visage la stupeur douloureuse qui s'y était gravée. Jamais il n'avait trop voulu imaginer la teneur des premiers mots qu'ils échangeraient depuis des mois, mais pire que la rancoeur mâtinée de rage qu'elle avait laissé éclater au grand jour,  la douleur qu'il sentait y poindre le laissa interdit. Rien qu'un silence de sa part avait suffi à la pousser à bout - et il soupçonnait en une prise de conscience amère que n'importe quelle parole en aurait fait autant. Trevelyan la savait assez forte et parfois bien trop courageuse pour prendre sur elle plus que ce qu'elle aurait jamais dû, et se savoir seul coupable d'une telle perte de contrôle lui inspirait un dégoût profond de lui-même.  L'infini bleuté qu'elle gardait braqué sur lui le crucifiait sur place. Lui qui s'était tellement juré, qui lui avait tellement promis de ne jamais la faire souffrir prenait en pleine figure la profondeur de toutes leurs déchirures, de leurs sutures mal recousues, de ce qui n'avait jamais vraiment guéri et déversait à présent sa souffrance au pire endroit, au pire moment.

Il expira un souffle hâché.

Rien qu'une seconde devait s'être écoulée, mais le temps autour de lui avait renoncé à sa course et ne se mesurait plus qu'à l'aune de ce qu'il aurait voulu dire et ne venait pas, ce qu'il aurait voulu respirer et ne passait pas. Ce qu'il restait d'eux ? Des yeux comme des puits insondables de regrets, aimantés au milieu d'une foule qui ne comprenait rien de la violence des jours heureux qui lui revenaient en souvenirs et par vagues, comme un ressac qui n'aurait jamais de fin, qu'il ne voulait de toutes façons jamais voir finir. Le monde tournait, le bal dansait, mais comme depuis le début, comme dans ce bar bondé un soir de mai, il n'y avait qu'elle et rien qu'elle qui comptait, plus rien qu'elle seule qu'il regardait. Les yeux qu'il sentait s'attarder pesamment sur eux pouvaient bien aller se faire voir.

En un sursaut de lucidité, Trevelyan amorça un geste pour la rejoindre lorsqu'elle se rua précipitamment sur lui, et il crut le temps d'une seconde d'effarement qu'elle venait le rembourser en gifle de ce qu'il lui avait donné en déceptions ; mais l'élan de Sienna les précipita sur une table qui céda sous leurs poids comme lui-même céda sur ses jambes, et ils se retrouvèrent sur le sol nu du hall du Ministère avant qu'il ait même pu comprendre ce qui s'était passé. Au fond, est-ce que ça avait une quelconque putain d'importance ?

L'absolu le plus secret de ton parfum, là dans le creux de ton cou, est-ce que c'est seulement possible de sentir aussi bon ? La douceur insoutenable de ta peau tiède. La caresse de tes cheveux, l'odeur de miel qui s'en échappe à chaque mouvement...

Plus qu'une envie, le besoin instinctif de resserrer ses bras sur elle jusqu'à combler le gouffre qu'il sentait se creuser béant au creux de son ventre le démangeait. Elle était là, juste là à portée d'étreinte, plus proche qu'elle ne l'avait été depuis des mois et plus belle qu'il avait même osé s'en souvenir. Le temps d'une pulsation de coeur, le manque d'elle lui flanqua l'impression d'avoir loupé la plus grande marche de sa vie et de tomber dans un abîme de souvenirs où tout, de son sourire à son parfum, de sa respiration lorsqu'elle dormait à ses yeux brillants, n'était plus rien qu'un rêve foutu, perdu. Comment disait cette chanson passée à la radio lorsqu'ils étaient allés chez elle, en France..? Toutes les peines, toutes, contre une seule de nos minutes..

Des mains tendues pour les aider à se relever s'incrustaient déjà autour d'eux, et Sienna en saisit aussitôt une pour retrouver son équilibre.

- On est quittes maintenant.

Mais n'être plus rien, après tant, c'est pas juste. Les poings serrés et toujours perclus d'une incompréhension qui lui donnait la désagréable impression de ne rien maîtriser, un peu désorienté, il essuya du revers du pouce les quelques gouttes de punch que le saladier brisé avait projeté sur ses lèvres. L'Auror s'apprêtait à se relever de lui-même pour s'assurer que Sienna n'avait pas souffert de la chute lorsque la silhouette de Diana se profila à son horizon. Un bras tendu plus tard, elle le releva sans ménagement en l'entraînant d'un geste brusque à l'écart. Il dégagea son bras d'un geste sec en jetant un regard de biais au groupe effervescent qui entourait Sienna, plus enclin à la rejoindre que se faire assaisonner comme le dernier des abrutis.

- Valentine, peu importe ce qui t’arrive maintenant, ce n’est pas le moment.  Les sorciers se comportent de façon curieuse. Et j’ai vu ton Patronus.

La mâchoire carrée de Trevelyan se tendit en une crispation de mauvais augure. Si Diana avait jamais cru pouvoir le tancer comme s'il était le plus crétin de ses apprentis, il allait s'empresser de remettre les choses au clair avec toute la diplomatie qu'on lui connaissait. Rabattant sèchement le col de son manteau contre son cou, l'Auror planta le bleu acier de ses yeux dans ceux de sa collègue.

- Si je t'ai appris à faire ton boulot, Diana, c'est que j'ai pas besoin que tu m'apprennes à faire le mien. Il haussa un sourcil abrupt comme pour appuyer son propos, avant de l'assurer malgré tout de sa fiabilité pour gérer la crise qui se profilait. Il m'arrive rien. Mais à peu près tout le monde ici commence à déconner, à voir et entendre des choses que personne d'autre ne perçoit. J'ai demandé à Jaz de boucler l'entrée si ça devait mal tourner.

Aussi succinct et concis qu'à son habitude, il lança de nouveau un regard vers Sienna avant de revenir à sa collègue.

- Un instant, tu veux ? Elle est médicomage. On aura besoin d'elle si tout ça s'envenime, assena-t-il avant de faire volte-face. Aucun mensonge n'était aussi crédible qu'une vérité.

Ses rangers martelèrent le précieux sol du Ministère jusqu'à arriver au petit groupe aggloméré autour de Sienna qu'il dissipa d'un signe de tête sans égard pour la politesse. Elle dardait autour d'elle des regards égarés, aussi confus que son collègue avant elle, et il comprit à ses paroles affolées la raison qui l'avait poussée à se précipiter sur lui. En dépit de tout, de sa colère et de tout ce qui était cassé entre eux, elle n'avait pas hésité une once d'instant pour l'écarter d'une mort qu'elle pensait certaine. Mais autour d'eux rien ne témoignait d'un quelconque objet assez volumineux pour blesser qui que ce soit, et encore moins qui serait tombé depuis le plafond du Ministère. En un froncement de sourcils inquiet, il acquit la conviction qu'elle souffrait des mêmes illusions qui semblaient se répandre comme une traînée de poudre parmi les invités.

Très calme, il s'efforça de capturer au creux des siens les iris bleus qui cherchaient autour d'eux une raison de se rassurer et décida d'essayer de l'être, cette raison.

- Sienna ?

Sans même toucher les joues ni le menton de Sienna, mais les doigts à portée d'une caresse qui n'existerait plus, il l'incita à relever le menton vers lui en espérant l'apaiser d'une voix dont il n'avait jamais réservé la gravité douce qu'à elle.

- Il n'y avait rien. Rien n'est en train de tomber, tout va bien. On va trouver ce qui est en train de se passer. Un instant de silence. Le goût du punch lui restait encore en bouche. Et blondie..? Déteste-moi tout ce que tu veux, mais ne pense plus jamais, même une seule seconde, que j'ai oublié quoi que ce soit de toi. Londres sera tombée avant que j'ai oublié ton nom. acheva-t-il en un écho du passé, la voix soudain plus rauque mais son regard perçant de sincérité.

Il s'éclaircit la gorge et se détourna subitement d'elle, captant en bruit de fond l'écho d'un affrontement qui n'aurait jamais dû arriver entre Lloyd Price, leur collègue, et sa jeune apprentie Tara Blackwell qui semblait vouloir lui cracher ses quatre vérités. Etouffant un juron, il se mit à maudire le punch que sa disciple avait ingéré ; comme s'il avait besoin de ça pour parfaire ce parfait bordel ! Maeja semblait atteinte du même délire, et elle n'avait visiblement pas décidé d'abandonner le verre de punch que Trevelyan lui avait intimé de laisser sur le buffet. D'abord les invités, puis elles ! L'espace d'un instant, son regard entama quelques allers-retours entre les premiers convives à portée d'observation et ses apprenties. Des disputes éclataient aux quatre coins de la salle, nées de vérités qui auraient longtemps dû rester ensevelies. Tout le monde dans la salle, excepté le service de sécurité, semblait souffrir des mêmes hallucinations et crises de confusion ; et tout le monde dans la salle avait bu de cet infâme punch, excepté le service de sécurité.

La gorge brusquement sèche, il se retint avec toutes les peines du monde de paniquer Sienna en l'assaillant de questions sur d'éventuels autres symptômes qu'elle ressentait et se contenta d'interpeller Diana, dont il distinguait encore la silhouette à quelques pas de lui. Le vacarme et l'agitation autour d'eux était tels qu'il dut crier pour espérer se faire entendre.

- DIANA ! ON BOUCLE TOUT ! dit-il en lui montrant ostensiblement un verre de punch traînant sur le buffet à sa droite, priant pour qu'elle comprenne le sous-entendu.

Toute son attention revint aussitôt sur Sienna, qu'il scruta avec une inquiétude qu'il tentait pourtant de dissimuler le plus possible. Le punch ? Qui aurait pu le trafiquer, et quand ? Dans quel but y glisser une potion qui n'empoisonne pas, mais accable d'hallucinations quiconque y trempe les lèvres ? Avec la sécurité de Sienna, celle du Ministre et des convives en leur centre le plus délicat, les questions s'empilaient à une vitesse déstabilisante, mais plus déstabilisant encore fut le grondement sourd qui surgit des tréfonds du Ministère.

Trevelyan s'immobilisa, adoptant instinctivement une posture défensive vis-à-vis de Sienna, sans même penser que son comportement protecteur l'horripilait tellement auparavant. Il avait déjà entendu ce genre de chuintement grinçant, pierreux, venu des profondeurs d'un sous-sol ; toute une partie de Poudlard avait produit le même avant d'exploser lors de la dernière bataille.

- A COUVERT ! eut-il à peine le temps d'hurler pour avertir la foule avant  d'attraper la main de Sienna au creux de la sienne, mitainée de cuir, et de l'entraîner derrière l'un des immenses piliers de marbre du Ministère. Une barricade de fortune face au souffle puissant de la déflagration qui détonna en rugissant, et qu'il essaya d'amortir le plus possible pour elle en s'arqueboutant dans son dos.

L'explosion avait eu à quelques pas d'eux seulement, et des débris de pampilles tombées du lustre retombèrent en un cliquetis qui ne resta audible qu'une poignée de secondes avant que survienne le chaos. Des cris de panique absolue se mirent à ricocher d'un bout à l'autre du grand hall et les sorciers à se piétiner dans leur débâcle vers les plus proches issues. Ce que l'instinct de survie avait de pire se déployait dans une déroute chaotique où émergeaient des pleurs d'enfants, des prénoms hurlés et des mains tendues que la foule terrorisée séparait sitôt réunies.

Il resserra l'emprise de ses doigts sur ceux de Sienna ; il occupait toute sa concentration à garder son sang-froid, sans le laisser se court-circuiter de la savoir là, de la savoir en danger, au coeur d'un attentat en plein coeur du Ministère. Jamais il ne pourrait agir sans la savoir saine et sauve quelque part loin d'ici, où elle n'était qu'une plus grande cible de par sa proximité avec lui. Ce qu'il avait toujours craint et redouté se déroulait sous ses yeux sans qu'il puisse rien y faire, et c'est avec un regard d'une détermination qui ne céderait à aucune protestation qu'il l'enveloppa, sans qu'on puisse y démêler l'amour de la fermeté. Jamais il n'avait autant ressemblé au loup façonné par son Patronus, tant se lisait sur son visage la vengeance crue dont il ferait preuve si quiconque touchait à un cheveu de Sienna.

- Je veux que tu quittes cet endroit tout de suite. Sainte-Mangouste aura besoin du plus de médicomages possible, et tu as besoin d'aller mieux pour leur prêter main forte, ajouta-t-il en espérant qu'elle se rende à son dernier argument.

Au loin, il entendait déjà les types de la Brigade s'époumoner pour faire évacuer le plus de monde possible et serra les dents de frustration. Hormis les Médicomages utiles aux soins des victimes déjà blessées par le mouvement de foule et celles à venir, personne ne devrait sortir d'ici avant d'être repassé par la barrière magique érigée, et avant que le dernier sort de sa baguette ait été vérifié. L'explosion venait des geôles où les détenus en attente de transfert mijotaient quelques jours, et rien ne prouvait qu'un complice encore dans l'assistance ne profiterait pas du flot paniqué pour se glisser hors du Ministère. Laisser des centaines de personnes victimes d'hallucination déambuler dans les rues de Londres, révéler le secret magique et se désartibuler sous l'effet de la panique, vraiment ?  

Imprimant une légère pression sur la main de Sienna, il inspira profondément avant de laisser jaillir l'évanescence nacrée de son Patronus, qu'il envoya rejoindre Diana après lui avoir confié un message :

- Je me dirige vers l'entrée. On ne peut laisser sortir personne, il peut y avoir des responsables de l'explosion parmi les invités qui en profiteraient pour s'enfuir en douce. Tout le monde ici est trop confus pour être lâché sans soin et sans contrôle dans les rues de Londres.

L'ampleur du désordre allait exiger des Aurors une organisation sans faille qu'il comptait rejoindre dès que Sienna serait à l'abri... Elle pourrait lui donner toutes les claques qu'elle voudrait et le maudire tout son saoul sans qu'il lâche cette main-là avant de l'avoir mise en sécurité.

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MessageSujet: Re: [EVENT] Bal de la Nouvelle Année 2000-2001   Jeu 20 Sep - 16:25

La peur. Il n'y avait plus rien d'autre que la peur. Elle voyait des choses qui, clairement, n'existaient pas, et n'arrivait pas à chasser de son esprit la peur que cela représentait pour elle. Encore un pan de mur sembla se précipiter vers elle et elle ferma les yeux en se jetant au sol.

Il n'y a rien, il n'y a rien, il n'y a rien, il n'y a rien...

Elle se balançait d'avant en arrière, assise par terre, la tête entre ses mains, dans une fragile tentative de se tenir à distance des visions qui l'assaillait et le cœur battant de la peur qu'un objet s'effondre sur elle, l'écrase, réduisant à rien sa vie. Sa vie ne défilait pas devant ses yeux mais elle s'amusa un instant, un terrible et impromptu moment, à se rappeler certains de ses patients s'agitant de la même manière, ceux qui restaient un moment hospitalisés en psychiatrie à cause de potions mal préparées ou de sortilèges ratés, épuisés par des hallucinations trop réalistes.
Elle ne pouvait pas répondre aux cris, aux voix, elle ne voulait pas, attention, le plafond tombe, nous allons mourir, laissez moi tranquille, je ne veux pas vous voir, oh Merlin, je vais mourir, ici, maintenant, fuyez d'ici, partez, je vais mourir maintenant, sans avoir eu le temps de vivre, oh non, je vais mourir.
Elle leva les yeux vers le chaos qui s'étendait tout autour d'elle pour s'apercevoir que le nombre d'objets se précipitant du plafond vers elle avait augmenté et elle gémit de peur. Des pas s'approchèrent d'elle et Trevelyan apparut.

- Sienna ?

Elle résista un instant à la voix, à Sa voix, puis, le visage défait de larmes et de terreur, se tourna vers lui.

- Il n'y avait rien. Rien n'est en train de tomber, tout va bien. On va trouver ce qui est en train de se passer.

Il lui tendit une main qu'elle regarda un instant, laissant sa phrase se frayer un chemin jusqu'à son cerveau. Donc, c'était bien une hallucination ou une illusion et rien de cela n'était réel. Elle se figea un instant en voyant un pan de plafond tomber sur Trevelyan mais se ressaisit en le voyant disparaître au moment où il aurait dû lui fracasser le crâne. Les muscles de son visage se contractèrent alors qu'elle serrait les mâchoires. La personne a l'origine de sa peur aurait deux mots à lui dire. Elle attrape la main de l'homme qui avait un jour partager sa vie alors qu'il ajoutait:

- Et blondie..? Déteste-moi tout ce que tu veux, mais ne pense plus jamais, même une seule seconde, que j'ai oublié quoi que ce soit de toi. Londres sera tombée avant que j'ai oublié ton nom.

Comme elle avait détesté ce surnom au début, lui jetant parfois au visage que sa couleur de cheveux n'était pas la seule chose à la définir. Par la suite, elle avait compris comme ce surnom n'était qu'un symbole fort de l'amour et l'affection qu'il lui portait et elle s'en était amusée. Aujourd'hui, ce soir, il résonnait comme un terrible rappel de ce qu'ils avaient été, et elle n'était plus sûre de le détester, ou de l'aimer, ou qu'il l'amuse encore. Il n'était plus que nostalgie. Il se retourna, lui ôtant la difficile tâche de répondre, car justement, ce soir, Londres paraissait brûler.
Elle secoua la tête, et se ressaisit, des choses plus importantes se jouaient ce soir. Plus importantes que cette terrible envie qu'elle avait de le serrer contre elle, de lui prendre la main et de transplaner à l'autre bout du monde.

Elle sortit sa baguette et tenta un futile "Finite Incantatem" qui ne fonctionna bien évidemment pas. Elle avait encore des réflexes liés à la peur de ce qui tombait du plafond, et rentrait parfois la tête dans ses épaules, attendant le choc qui ne se produisait jamais.
Elle se tourna vers Trevelyan, attendant les ordres ou conseils mal avisés qui ne tarderaient pas à venir, mais le vit au final se figer devant le grondement sourd qui se fit soudainement entendre depuis le sous-sol, sous leurs pieds.

- A COUVERT !


Elle ne put réagir avant d'être entrainée par l'auror derrière un immense pilier du Ministère et son coeur battait la chamade lorsque l'explosion rugit tout autour d'eux. Le monde se transforma brièvement en un univers éclatant et chaotique, la lumière blanche éclairant les moindres recoins de la salle, le son de l'explosion recouvrant les cris et pleurs qui formaient la musique actuelle du bal. Elle sentait Trevelyan contre elle, et alors que la peur aurait dû exploser en elle, plus féroce encore qu'auparavant, elle ressentait un étonnant soulagement de le savoir là, ce sentiment incongru de penser qu'il allait tout arranger.

Il se tournèrent l'un vers l'autre, et elle s'amusa un instant des paroles qu'il allait prononcer, qu'elle connaissait déjà. Son regard en revanche ne l'amuse pas.

- Je veux que tu quittes cet endroit tout de suite. Sainte-Mangouste aura besoin du plus de médicomages possible, et tu as besoin d'aller mieux pour leur prêter main forte.

Alors qu'elle s'apprêtait à répondre, elle remarqua que les hallucinations avaient disparu, comme soufflées par l'explosion qui venait de se produire. Elle lui adressa un sourire et, alors qu'il envoyait un Patronus, se débarrassa de ses chaussures à talons qui valdinguèrent dans un coin de la salle, fit un premier coup de baguette qui attacha ses cheveux en un chignon plus fonctionnel qu'élégant et un deuxième qui raccourcit un peu plus sa robe, pour lui permettre de courir plus facilement. Elle le regarda, plantant son regard assuré dans les yeux qui avaient été tellement absents et s'autorisa le geste qu'il s'était refusé auparavant. Elle délia leurs mains, en posa une sur sa joue, frémissant à ce contact et lui dit:

- Il n'y a pas un monde où je te laisserai ici seul, risquant ta vie. Je viens avec toi, et c'est non négociable.

Elle reprit sa main et, avant qu'il n'ait pu rétorquer, l'entraîna vers les escaliers qui menaient au sous-sol, suivant quelques hommes et femmes du Ministère, ou de la Brigade Magique qui s'y engouffraient. Elle s'attendait à un discours moralisateur et avança à grands pas pour y échapper.

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[EVENT] Bal de la Nouvelle Année 2000-2001

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