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 Burning cities and napalm skies (ft Aristide Henry)

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MessageSujet: Burning cities and napalm skies (ft Aristide Henry)   Dim 18 Fév - 0:01



Burning cities and napalm skies
ft Aristide - 5 août 2000

 

La journée avait défilé comme dans un rêve éveillé : un peu trop lente parfois, avec des vitesses renversantes qui lui avaient donné l'impression de rater des pans entiers, des heures pleines. Ruth était partie, et son départ laissait un vide ; dans l'appartement, dans sa tête. Elle avait eu une nuit difficile et un réveil collant de sueur moite, avec encore un pied dans les cauchemars du passé. Ruth avait hésité à partir, la dévisageant d'un air inquiet. Son stage de survie devait durer six mois, et laisser sa cousine à la merci de ses démons lui semblait soudainement une affreuse idée. Mais Shae s'était montrée intraitable. Elle devait y aller.

Et elle avait regretté d'être toujours celle qui se montrait forte et qui refusait de ne laisser porter ne serait-ce qu'une miette de ses fardeaux à Ruth. Elle avait regretté quand, une fois seule, les pensées angoissantes l'avaient à nouveau assaillies et qu'elle s'était rendue compte que Logan n'était jamais revenu de sa soirée amoureuse. Elle était irrémédiablement seule à affronter ses démons pour la journée. Hors de question de compter Aristide comme un possible soutien - elle ne s'en sentait ni le courage ni la motivation. Ces derniers mois avaient été fort heureusement vide de sa présence, car il semblait s'être réservé à utiliser le canapé sans plus causer d'ennuis - probablement par peur de Logan. Et bien qu'elle arrive à regretter leurs fabuleuses disputes, elle était curieusement rassurée de ne pas le croiser plus que ça.

Après les semaines à avoir pansé son coeur douloureux, elle avait fini par remarquer ce qui une fois par le passé avait su attiré son attention. La délicatesse des doigts décharnés lorsqu'il prenait soin d'Algorab, son corbeau, malgré les coups de becs vicieux de ce dernier. Les carnets de notes sur les étoiles laissés grands ouverts à trainer dans le salon, sur lesquels elle trébuchait en allant chercher ses cafetières pleines. Les yeux humides lorsqu'elle l'avait surpris devant une cassette de Grease. Le fait qu'il ait fredonné "You're the one that I want" sans trop vraiment s'en rendre compte pendant des jours après. La grande solitude trop souvent dissimulée derrière une morgue d'apparence sans faille de ses yeux verts. Cette multitude de détails qui parfois s'immisçaient dans son esprit pourtant déjà si plein, et qu'elle rêvassait - fantasmait à penser un jour pouvoir partager.

Elle savait déjà que ce ne serait jamais le cas - mais elle autorisait cette unique faiblesse à son coeur malmené dans l'espoir d'apaiser sa propre solitude, d'autant plus vive et cruelle qu'elle avait cru pendant un instant pouvoir y échapper entre les bras rassurants d'un autre. Y penser n'était que douloureux, et même si cette douleur s'atténuait, elle restait si sensible sur le sujet qu'elle n'en avait pipé mot à personne. Même à Ruth.

Elle avait paressé dans sa chambre, enchainant les clopes et les mugs de café, écrivant des sorts et des runes dans les airs pour passer le temps, refusant d'admettre qu'elle se terrait comme la lâche qu'elle était. Affronter Aristide dans un si mauvais jour lui semblait une épreuve insurmontable ; il aurait pour cela fallu qu'elle parvienne à s'extirper de la chape lourde et noire enterrant ses espoirs et qu'elle se bouge suffisamment pour faire bonne figure. Une mèche blanche lui barra le front tandis qu'elle se redressait péniblement avec un soupir. Le jour touchait déjà presque à sa fin, et son ventre gargouillait désagréablement. Elle avait pris la décision de couper sa tignasse folle sur un coup de tête, les raccourcissant jusqu'à la moitié de sa mâchoire, à peine plus long que ses oreilles, et par la même avait altéré la couleur de paille en un blond luminescent presque blanc. Cette altération n'avait pas arrangé l'état de ses cheveux déjà si secs, et elle méritait désormais totalement son surnom de paillasson. Elle s'en fichait un peu ; cela n'avait pas eu l'air d'émouvoir son affreux colocataire, et elle avait ruminé ce manque de réaction un moment.

Les contours lumineux et tremblotants des lettres et runes qu'elle avait dessiné dans les airs s'estompèrent lorsqu'enfin, elle agita la main et se redressa, observant par les carreaux de sa fenêtre le soleil se coucher. Elle s'étira et agita sa baguette en direction de l'une des grosses caisses de bois flottantes occupant tout l'espace du plafond. Shae rangeait là la plupart de ses potions, pierres, cristaux, et encens. Ses livres les plus précieux étaient également entreposés dans l'une des caisses flottantes, profitant de la hauteur sous plafond pour n'encombrer le sol que lorsqu'elle se plongeait dans la lecture. Elle attrapa un petit coffre en bois sombre et l'ouvrit, en sortant une petite pipe en verre opaque, et un petit stock de champifleur destiné à calmer les remous de son esprit orageux. Nul doute que dès les premières senteurs, elle verrait le visage émacié d'Aristide arriver dans son antre.

C'était bien là les seuls instants où il osait entrer, à vrai dire. Lorsque certain qu'elle était déjà en quelque sorte apaisée, il franchissait le pas de la porte et venait s'affaler sans égards sur son matelas moelleux, lui voler une bonne moitié des bouffées de sa pipe, et finir par s'éclipser, parfois après qu'elle se soit assoupie. Un sourire nerveux lui agita la bouche, tel un tic, tandis qu'elle s'affairait à préparer et allumer le sésame. Peut-être avait-il peur d'elle. Comme elle avait tout fait pour, elle ne s'en plaindrait certainement pas.

Comme prévu, au bout de quelques minutes elle entendit un bruit de pas lourd faire grincer les lattes du parquet de l'appartement. Sa porte craqua, et dans son entrebâillement, apparut la masse de boucles noires qui faisaient parfois chavirer les pensées de la jeune femme. Elle laissa échapper un soupir imperceptible et se redressa sur un coude. Les orbes opales souvent indifférentes et cernées de noir depuis qu'il avait commencé à travailler les week-ends au Chaudron Baveur, tout en refusant catégoriquement de révéler ce qu'il faisait de ses semaines, la dévisagèrent une seconde qui lui parut une éternité, avant qu'il n'entre avec sa bravade habituelle.

Elle leva la pipe et lui offrit sans le lâcher du regard, finissant par le détourner à la dernière seconde, tandis que sa voix s'élevait, rauque et cassée comme à son habitude.

- Tu viens encore profiter de ma charité à ce que je vois.

Un grognement sourd interrompit la fin de sa pique moqueuse, rappel douloureux qu'elle n'avait rien avalé de consistant de la journée. Elle grogna en réponse, intimant à son estomac de rester silencieux. Elle n'avait que faire des organes anarchistes.

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MessageSujet: Re: Burning cities and napalm skies (ft Aristide Henry)   Mer 4 Avr - 14:59



Burning cities and napalm skies
ft le Paillasson- 5 août 2000

 

Trainer en slip toute la journée. Voilà qui était digne des ambitions paresseuses de notre ex-serpentard. Profitant du seul et unique jour de la semaine où il pouvait se permettre de glander, Aristide avait squatté Pupuce une bonne partie de l’après-midi, plongé dans un livre pour le moins édifiant et sobrement intitulé : «  La drague pour les nuls ». Il l’avait trouvé par hasard en fouillant rapidement (et sans autorisation) dans la bibliothèque personnelle de Logan. Caché derrière deux gros grimoires.
Passé le rire et les exclamations moqueuses, un coup d’oeil curieux dans cet ouvrage avait fini par attirer son attention totale. Y trouvait-on les secrets qui faisaient le succès ravageur de son colocataire ? Y avait-il des sortilèges de bonne apparence et autres recettes de philtres d’amour ? Ne vous méprenez pas, Aristide lisait ce livre par pure curiosité scientifique. Rien d’autre. Mais ses colocataires ne le comprendraient pas eux. Il prit donc soin de cacher sa lecture dans un autre livre plus grand sur les astres et nébuleuses.
Le soleil se couchait déjà lorsqu’une effluve que ses narines ne pouvaient plus ignorer l’extirpa de son étude des parades masculines et de drague en plusieurs étapes. Le paillasson ? Tel un appeau à Aristide, l’odeur puissante du Champifleur l’attirait inéluctablement vers l’antre de la blonde. Il était surprenant de constater la présence de la sorcière à la maison pour la simple et bonne raison qu’il n’avait entendu aucun signe de vie au court de la journée si ce n’est les croassements d’Algorab et les ronflements de Pupuce. Il passa doucement la tête dans l’entrebâillement de la porte pour vérifier que son odorat ne lui jouait pas des tours et fut presque étonné de voir la propriétaire des lieux allongée sur son lit. Tiens, c’était quoi cette coupe de cheveux ? Il lui semblait bien que quelque chose avait changé en elle ces derniers jours… Il observa la blonde quelques secondes comme si c’était la première fois qu’il la voyait avant de s’engouffrer tel le rustre qu’il était dans ce cocon végétal. Il avait maintenant l’habitude d’esquiver les laitues volantes de cette chambre aux effluves apaisantes sans le moindre mal.

- Tu viens encore profiter de ma charité à ce que je vois.

Fit-elle pour la forme alors qu’elle lui tendait sa pipe d’un air absent. Aristide constata qu’il y avait un certain progrès dans leur relation. Au moins, il n’avait plus à chouiner de longues minutes avant qu’elle ne craque et daigne partager les vertus de ses herbes. Contre toute attente, il y avait finalement du bon à avoir une colocataire botaniste. Saisissant la pipe sans manières, notre grand cornichon s’affala comme un patapouf sur le lit et aspira une grande bouffée de champifleur en passant sa main libre sous sa tête.

«  Ouais » Murmura t-il, pour une fois avare de surenchère. Il recracha doucement la fumée opaque pour profiter le plus longuement possible de la saveur amère et âcre qui envahissait maintenant sa bouche. Apaisé, et se ramollissant instantanément, il se rendit compte à quel point son corps était tendu. Tirant une seconde fois sur la pipe, il fixa le plafond comme s’il voulait en analyser les constellations, il se demanda bientôt ce que les nombreuses boites flottantes pouvaient bien contenir. Il n’avait encore jamais questionné sa colocataire à ce sujet et plusieurs hypothèses lui avaient déjà traversé l’esprit. Au fond cette part de mystère lui plaisait bien. En fait, ces moments d’accalmie lui plaisaient bien tout court. Ils ravivaient des souvenirs adolescents, ces glorieux moments à Poudlard où squattant la tour d’Astronomie nos deux sorciers en devenir s’échangeaient déjà des clopes comme deux contrebandiers en fuite. Qui aurait pu prédire qu’une poignée d’années plus tard, le même rituel se déroulerait à Londres ? À bien y penser, Shae comptait parmi ses plus vieilles connaissances. S’il faisait les comptes, la sorcière était même la personne avec qui il avait passé le plus de temps, toute période confondue. Shae méritait-elle le titre d’amie ? La fierté du grand Aristide Henry Howard de Norfolk faisait tout pour lui faire dire le contraire. Cependant, il ne pouvait nier que cette blonde impulsive avait aujourd’hui une drôle d’importance dans sa vie. Quelque chose d’ambigu l’empêchait de trouver le terme approprié pour la qualifier. Ils étaient parfois complices, comme en ce début de soirée à grands renforts de champifleur. Alors que l’envie de s’étriper mutuellement prenait inexorablement le dessus au quotidien.

«  Tu te souviens de notre blind date à Pré-au-Lard ? » Lâcha t-il mine de rien en passant la pipe à son interlocutrice dont les grognements stomacales étaient de plus en plus sonores. Il regretta sa question presque instantanément. Fallait pas qu’elle se méprenne ! Loin de lui l’idée de se lancer dans un moment niais de confession/émotion ! Ou bien ?

«  T’avais une de ces gueules à l’époque. » Ajouta t-il un rictus au coin des lèvres pour briser la mièvrerie de son propos. «  D’ailleurs, en parlant de gueule. C’est quoi ces cheveux ? T’as mis les doigts dans une prise électrique moldue ? » Il se redressa sur son flanc, pour bien observer Shae. Son rictus s’élargissait à mesure qu’il détaillait la coupe étrange de sa colocataire. Leur proximité l’incita même à attraper une mèche entre ses doigts.

« Aussi doux que la brosse à chiotte que j'utilise jamais. »


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MessageSujet: Re: Burning cities and napalm skies (ft Aristide Henry)   Mer 4 Avr - 22:50



Burning cities and napalm skies
ft le Castor - 5 août 2000

 

Trop consciente de son corps maigre affalé à quelques centimètres du sien, sur un matelas immense mais pas assez pour l'ignorer - Shae éprouvait de la difficulté à se concentrer. Sa réponse laconique et dépourvue de verve lui arracha un haussement de sourcil, mais elle se sentait trop abattue pour relever à haute voix ce manque décevant de conviction. Elle le sentit tirer une latte et se lancer dans une contemplation sérieuse de son plafond tandis que les vertus du Champifleur s'emparaient de son esprit trop agité et la plaçait dans un état léthargique plus qu'agréable. Fermant les yeux, Shae s'étira à son tour, se demandant ce qu'elle était en train de foutre de sa vie. Brisée par la culpabilité, incapable de faire correctement un job qu'elle n'appréciait que lorsqu'il n'impliquait aucune interaction sociale, elle se laissait dériver au fil des journées sans voir ni progression ni changement. Chaque jour ressemblait au précédent et au suivant à la fois. Rien, à part les rêveries sur des boucles d'ébène et des yeux clairs ne la tiraient de cet état consternant. Ruth avait bien raison de s'inquiéter, songeait la blonde en comptant les secondes, son souffle s'apaisant.

Mais peut-être que tout cela n'avait aucune importance. Peut-être était-ce là son destin, de vaguer sur la vie, indolente, telle une mouette dont le but se serait noyé trop vite dans les étendues obscures et mystérieuses de l'océan. Empêtrée dans ses grands questionnements philosophiques induits par le Champifleur, elle faillit ne pas entendre la question d'Aristide qui l'y arrache pourtant bien violemment. Leur blind date de Poudlard ? Oh, oui. Elle s'en souvenait. Reprenant la pipe, elle se réinstalla plus confortablement, le regard perdu vers le plafond. Comment oublier ? Le baiser, le téton, l'esprit frappeur, et son regard mi-dégoûté, mi-admiratif à la fin, quand ils furent condamnés à des semaines de retenue. C'était inoubliable. Elle s'était rendue compte à cet instant qu'il n'était peut-être pas aussi idiot et répugnant qu'elle aurait aimé le croire. Et des années après, ces émois adolescents résonnaient encore en elle avec l'amertume du temps passé et de l'inavoué. Soudainement tirée de ses pensées par deux doigts dans ses cheveux, elle sursauta presque brutalement et resta bouche bée. Merde. Qu'est ce qu'il foutait ce con ?

Une soudaine tachycardie la mit à mal et elle tenta de retrouver un semblant de contenance, butant sur les derniers mots prononcés avec un brin de fiel, juste ce qu'il faut pour la pousser à rétorquer avec un sourire en coin. Leur relation avait toujours ressemblé à ça et ce dès Poudlard. Une pique par ci, une rétorque par là, et ils étaient lancés, parfois pendant des heures de prise de bec entre deux échanges de clopes tordues et de fin de tabac miteux.

- C'est toi qui parle, avec ta salade frisée grasse ?

Elle tendit la main comme pour ébouriffer les mèches bouclées d'Aristide en se redressant également sur un coude, s'arrêtant à quelques millimètres, comme gênée, finissant par laisser retomber sa main. Merde. Pourquoi donc avait-elle eu envie de le toucher ?

- Vaut mieux pas que je touche remarque. Qui sait quel genre de Doxys vit là dedans...

Elle ponctua sa pique d'un sourire narquois et se laissa retomber lourdement sur le matelas, refermant les yeux pour ne pas affronter son regard qui lui semblait trop perçant. Elle tira sur la pipe une nouvelle fois, et lui repassa. Son estomac se fit de nouveau entendre, et elle grimaça, se demandant pourquoi elle avait eu envie, aussi brièvement que possible, d'effleurer Aristide, comme si il avait fallu s'assurer qu'il était là. Elle qui se vautrait dans sa solitude et son mal-être se rendait brutalement compte qu'elle était affamée. De nourriture - certes, mais surtout de contact humain. Elle voulait tenir quelqu'un dans ses bras, elle voulait être tenue et sentir des mains calleuses dans ses bouc-... Non. Les mains calleuses qu'elle avait aimé ne la toucheraient plus et elle devait s'y faire, des mois après, à se sentir bafouée. Elle n'avait même plus de boucles à proprement parler. Se tirant fermement de ces pensées et se concentrant sur l'instant présent et surtout la personne présente à ses côtés, elle se redressa et étira sa silhouette maigrichonne avec un grognement sourd.

- 'Tain... J'ai la dalleeeeee...

Et évidemment, le Champifleur n'avait rien fait pour arranger cet état. Décidée à rompre l'atmosphère un peu trop intimiste pour son confort, Shae se redressa, se massa les tempes en grommelant, et risqua un regard vers un Aristide parti sur d'autres réalités.

- On va chercher à manger au moldu du coin ? A moins que tu n'aies développé un don pour la cuisine grâce à ton job au Chaudron ? Presque bon à marier...

Un rire jaune sortit tout seul, et elle lui adressa un regard railleur, passant une main dans ses cheveux et grimaçant en sentant la texture sèche et cassante sous ses doigts. Presque tristement, elle regarda sa main.

- Merde t'as raison... C'est pas agréable au toucher.

Redressant le menton, comme tentant de provoquer une présence invisible, elle ajouta.

- A l'image de toute ma personne.


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MessageSujet: Re: Burning cities and napalm skies (ft Aristide Henry)   Lun 30 Avr - 23:30



Burning cities and napalm skies
ft le Paillasson- 5 août 2000

 

Le temps que mit Shae à réagir à sa remarque autodénigrante le fit se rendre compte de l’incongruité de son geste. La blonde faisait un error system si long qu’on ne pouvait plus mettre ça sur le compte des effets du champifleur. Il comprit que son élan au départ irréfléchi n’était pas le bienvenu et se trouver vautré dans le lit de la sorcière à lui frictionner un fagot de paille lui parut tout à coup inapproprié. Non pas que le politiquement correcte l’ai déjà inquiété depuis qu’il n’avait plus à subir l’incessant courroux maternel, mais ce qui se jouait à présent n’avait rien à voir avec une quelconque faute de comportement. Plutôt une faute de timing. Il lâcha la mèche captive entre ses doigts pour reposer mollement son bras le long de son corps osseux. Ok, il n’étaient pas « si » proches.

- C'est toi qui parle, avec ta salade frisée grasse ?

Et alors qu’elle avançait sa main pour, semble t-il, lui palper le cuir chevelu elle se ravisa à son tour.

Awkward.  

Nos deux sorciers s’y prenaient comme des manches en matière de rapprochement.  Tels deux handicapés du geste amical et de la parole affable, se dire un mot positif était comme apprendre un nouveau langage. Ils avaient tout à revoir.
Les yeux du sorcier légèrement rosés par les effets puissants du champifleur s’agrandirent sous la surprise. Que signifiaient ce geste censuré ? Avait-il halluciné ? C’était vachement bizarre là. Elle l’avait presque frôlé pour ensuite changer d’avis au dernier moment. Merlin, ça voulait dire quoi ça !

- Vaut mieux pas que je touche remarque. Qui sait quel genre de Doxys vit là dedans...

Alors qu’une confusion naissait dans le cerveau malmené d’Aristide, la gêne le quitta à l’instant même où elle prononça cette parade. Bah, Shae toute crachée… La sorcière se la jouait délicate comme si elle était la plus propre de l’univers. Un rictus de grand benêt aux lèvres notre anglais pâlichon oublia ces quelques sentiments d’embarra et s’enfonça encore plus dans le moelleux du matelas. Les deux étaient maintenant allongés comme deux patates incrustées dans un fond de casserole brûlé. La pipe passa à nouveau dans sa main et il profita, serein, de nouvelles bouffées pour s’anesthésier complètement les neurones. Shae qui l’avait presque touché. Scoop du siècle.

« Vaut mieux pas, non. »

Prononça-t-il après un long temps mort alors que la blonde semblait déjà enterrée dans ses propres pensées. Un sourire de dents jaunes étira ses lèvres alors qu’il jubilait des effets que lui procurait ses bouffées aromatisées tout en s’imaginant un scénario tout autre que celui qu’ils venaient de vivre. Elle l’aurait touché et puis quoi ? Rien.

- 'Tain... J'ai la dalleeeeee... On va chercher à manger au moldu du coin ?

Grognait la blonde en s’étirant comme pour briser un coma de 100 ans. Aristide la détailla du regard et remarqua qu’elle avait encore maigri. La « dalle … » à ce train là elle allait finir par s’autodigérer oui ! Ça faisait des semaines qu’il squattait là, et autant de temps qu’il constatait la décrépitude progressive de la blonde. Perte de poids, cheveux de plus en plus nawak, humeur massacrante, cernes jusque terre même après 24h de silence cloitrée dans sa piaule humide. Et dernier point, qui n’était pourtant pas pour lui déplaire, surconsommation de vinasse et de champi. Tant qu’elle partageait, Aristide ne s’en souciait que très peu. Mais aujourd’hui, et même après une énième grosse latte de champifleur, une douche froide de réalité venait de le frapper. Viridian virait mal. Se devait-il de lui en faire la remarque ? Le genre de remarque chiante que personne n’aimait entendre ? Avec ses gros sabots, lui dire qu’elle avait une très très sale tronche ces derniers temps ne risquait pas de la surprendre… Il pouvait même se le permettre plus que n’importe qui d’autre, surtout parce que Shae en avait l’habitude.

- A moins que tu n'aies développé un don pour la cuisine grâce à ton job au Chaudron ? Presque bon à marier...

Cette dernière remarque le déstona presque. Shae venait d’utiliser les mots : « Cuisine », « job » et « marier » dans une même phrase. Avait-il bien entendu ?

«  Hein ? Nan, nan. Pour moi ce sera un kebab oignons, cornichons, champignons noirs. Merci. Tu m’en veux pas si je m’en fais un autre hein ! Je reste là, je bouge pas jusqu’à ton retour. Bisou. Salut, saluuut ! »

À ces mots, Il agita vaguement la main en guise d’au revoir, plus intéressé par la réserve personnelle de champifleur de la sorcière que d’un éventuel repas moldu. Elle marmonna quelque chose d’inintelligible à propos de « l’image d’une personne » qu’il ne releva pas, concentré à se servir dans le petit pochon bien compact pour remplumer la pipe au plus vite avant qu’elle ne réagisse. Puis son méfait accompli en vitesse éclair il s’extirpa de la gravité centrifuge du lit king size pour se trainer entre les cactus et autres salades.

« Ben Viridian tu claques le bad là ? Elle est très bien ta main ! Allez, t’avais pas faim ? Bouge ton boul d’hippo ! »


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MessageSujet: Re: Burning cities and napalm skies (ft Aristide Henry)   Mar 1 Mai - 12:02



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Aristide | 5 aout 2000
Ce qu'il pouvait être idiot, cet ébouriffé d'Howard. Débarquer sans sa chambre sans gêne, voler sa pipe, insulter sa chevelure, et presque la faire bader. Ce n'était pas dans son habitude de se montrer si susceptible à la critique sans profondeur - elle devait se sentir particulièrement vulnérable face à l'absence de Ruth. Irritée par le manque total de savoir-vivre d'Aristide et la baisse supersonique de son stock de Champifleur, elle se résolut à s'aventurer dans la cuisine avant de l'étrangler, se secouant pour se sortir de son état léthargique et déprimé. Ses pensées dérivèrent vers un nouveau produit récemment acquis - peut-être devrait-elle tester cette poudre de corne de dragon péruvien. Les effets étaient considérés excitants, éclairant l'esprit et ravivant la flamme intérieure. Sa flamme intérieure huh. C'était ce que le contrebandier qui lui avait vendu la chose contre quelques gallions, lui avait dit en tout cas, au détour de l'Allée des Embrumes. Elle revint dans la chambre et lui jeta un coup d'oeil agressif.

- T'es vraiment con !

Elle sortit sa baguette et marmonna une formule entre ses dents, agitant gracieusement l'objet de bois pour tracer des symboles compliqués dans les airs. Un déclic se fit entendre et elle ouvrit la porte de son armoire à vêtement, laissant entrevoir une serre assez grande pour contenir tout un tas de plantes exotiques et dangereuses dans de bonnes conditions atmosphériques. La serre était une fierté personnelle. Cela lui avait demandé une sacré énergie et un bon bout de temps avant qu'elle ne parvienne à saisir comment construire cet endroit si spécial. Elle entra sans attendre, et farfouilla dans les tiroirs de son bureau, sortant le sachet de poudre d'un tréfonds douteux, l'agitant avec un froncement de nez. Mh. Elle avait assez végété, tant pis si elle ne dormait pas de la nuit. Elle voulait être en mesure de répondre du tac au tac et de bouger son cul décharné - et n'ayant rien en commun avec le fessier généreux et gracieux d'un hippopotame, malgré les dires d'un certain idiot - pour se trouver boustifaille.

Elle referma d'un coup de baguette la porte de la Serre, jetant un regard menaçant vers Aristide qui restait toujours dans son antre, tirant comme un pompier sur une pipe ne lui appartenant décidément toujours pas.

- T'as rien vu, got it wanker ? Et si on te demande, tu diras que tu sais pas.

Comment avait-elle pu se laisser attendrir par ses grands yeux lumineux ? Comment avait-elle pu se laisser à rêver une poignée de secondes qu'elle pouvait ressentir quoi que ce soit d'autre que de l'irritation envers sa personne ? La jeune sorcière réfuta froidement tout sentiment naissant, l'étouffant dans l'oeuf, et agita son petit sachet, prélevant une fine dose avec sa baguette qu'elle fit léviter tranquillement jusqu'au dos de sa main, ou elle appliqua délicatement son nez et inspira un bon coup. Pour une première prise, c'était une sacré prise. Se redressant sur toute sa longueur, elle se secoua et s'étira un bon coup, une flamme dans les yeux, son air morne prenant des teintes d'excitation hallucinée. Elle enfonça le sachet dans sa poche sans en offrir à son compatriote pique-assiette et tourna sur ses talons comme une fusée, enfilant sa veste de cuir élimée et une paire de godasses, s'allumant une petite cigarette pour la route.

- Bon bah j'y vais !! Je reviens !!!

Quinze minutes chrono plus tard, et elle était de retour, le regard pétillant, un kebab déjà à moitié engouffré dans le gosier, dégoulinante de gras, les cheveux dans tous les sens, les joues rouges probablement parce qu'elle avait escaladé les marches comme si elle gravissait l'Everest. L'adrénaline produite par ce petit bijou qu'était la poudre valait largement les 8 gallions dépensés pour la dose ! Elle sautilla sur place, se débarrassant de sa veste, de ses godasses, pour sauter sur Pupuce et se trémousser au rythme d'une musique imaginaire.

- Ch'Tiens !

Elle lui lâcha son propre sandwich sur le bide et termina son premier, s'en sortant un deuxième. Oubliées, ses inquiétudes envers Ruth ! Oubliées, ses angoisses, crises de panique, c'était fou ça, comme soudainement elle se sentait bien, légère, excitée à l'idée de repartir en vadrouille chercher des plantes, se battre contre des lianes, et gagner des sous ! Peut-être devrait elle directement aller sur place. Au Pérou. Hm oui. C'était une très bonne idée ça. Elle se tourna brutalement vers Aristide et lui saisit le bras, ses ongles s'enfonçant presque douloureusement dans la peau pâle du jeune homme, son regard illuminé le transperçant.

- Viens on va au Pérou. C'est trop cool ! Et leur tequila au cactus... Mec ! La tequila au cactus... Elle est trop cool. Viens on y va !

Elle se renfonça dans Pupuce en mordant à pleine dents dans son deuxième kebab, la sauce lui dégoulinant sur le menton, reprenant sans prendre le temps de finir sa bouchée :

- Et ch'après on ira'ch en Norvèche. Et en Auchtralie. Puis en Franche ! Ouais ! Chuichure que les étoiles chont touchours auchi belles au Pérou. Tu viendras ?

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