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 Saturday Confessions (PV)

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MessageSujet: Saturday Confessions (PV)   Jeu 8 Fév - 14:40

C’était un samedi comme on en faisait d’autres. Un samedi pluvieux digne des premières semaines d’octobre. Ce fut le clapotement des lourdes gouttes d’eau contre le verre des fenêtres qui réveilla Theodora Selwyn. Encore enroulée dans ses chaudes couvertures, la sorcière garda un instant les yeux fermés. Elle avait passé une nuit paisible, bercée par l’orage qui l’avait accompagnée au lit, et n’ayant souffert d’aucun rêve trop difficile. En réalité, le seul souvenir qu’elle conservait de son dernier songe était un image affamante de cornish pasties dorées et fumantes. Un répit plus que bienvenu pour la matriarche, qui gardait dans sa main, chaque nuit, un médaillon qui contenait les photographies de son feux son mari et ses fils.

Elle ouvrit les yeux, dont les iris azurés se posèrent sur la chaîne d’argent enroulée autour de sa main en un mouvement quasi-automatique. Elle l’ouvrit et contempla quelques instants les portraits souriants des hommes de sa vie. Elle leur sourit en retour, bien que ses yeux trahissaient un deuil qui ne daignait toujours pas s’achever.
Madame souhaite-t-elle rester au lit ?” risqua la voix fluette d’Itsy, l’elfe de la famille Selwyn.

Surprise, Theodora plaqua le médaillon tout juste refermé contre son coeur et tourna vivement la tête vers l’Elfe de Maison qui s’affairait auprès des braises dans la cheminée. La sang-pur contempla les ruissellements qui zébraient les carrés de ciel grisâtres avec une mine déconfite. Il était vrai que ce samedi était de ceux où elle aurait préféré ne pas avoir à quitter le confort de son foyer.
Malheureusement non, Itsy. Je suis attendue dans la fin de la matinée.” répondit gravement la matriarche en s’extrayant à regret de ses draps chauds. “Fais-moi couler un bain et prépare-moi un petit-déjeuner. Ah, et fais-moi un assortiment de cornish pasties pour trois.

L’Elfe s’inclina et laissa sa maîtresse s’occuper de sa toilette. Après un bain presque brûlant, la sorcière enfila une longue robe noire cintrée par-dessus un corset soigneusement lacé et, de retour dans sa chambre, entreprit d’arranger sa chevelure blonde en un chignon parfaitement ouvragé. Assise face à son miroir, elle déposa minutieusement du maquillage : ses sourcils effilés étaient désormais nettement tracés, ses yeux soulignés de noir, et ses pommettes rehaussées par un habile jeu d’ombres.

Arrête de jouer avec la nourriture Jeremiah. Et tiens-toi droit, on dirait un gobelin.” réprimanda Theodora d’un ton sec en portant sa tasse de thé à ses lèvres pincées. Elle leva son regard autoritaire sur son petit-fils, qui baissa le sien d’un air honteux en reposant sa tranche de bacon pliée en accordéon pour se rehausser sur son fauteuil.
Vous disiez donc que vous êtes attendue pour une affaire personnelle ?” reprit Constance, l’une des belles-filles Selwyn. “Est-ce que ça a un rapport avec les Aurors ?” s’inquiéta-t-elle.
Non, rien de cela.” écarta la matriarche en un revers de la main. “Je rends service à une amie.
Cornélia Howard ?” déduit Marylene, assise à la gauche de sa mère. “Encore ses problèmes de famille ?
Pauvre femme…” commenta Marianne, l’autre belle-fille, sans détourner son regard à peine désolé de ses haricots à la tomate.
Certes, pauvre femme…” acquiesça Theodora d’un air absent.
Elle veut encore te demander de faire quelque chose pour arrêter la propagation de ces sordides rumeurs sur son mari ?” demanda Marylene sur un ton parfaitement dénué d’émotion.
Non, ce n’est pas une affaire de cet ordre-là. Cornélia ne supporte plus l’absence de son fils unique Aristide. Apparemment la relation entre Aimée et son héritier n’est pas au beau fixe et elle préfère qu’un acteur extérieur serve de médiateur ou je-ne-sais-quoi pour convaincre son bambin de reprendre sa place au foyer.
Pourquoi ne se débrouille-t-elle pas pour aller le voir elle-même ?” s’étonna Constance. “Après tout, c’est son fils !
Elle doit craindre la réaction de son mari...
Ce que je ne comprends pas, Mère, c’est que tu fasses le déplacement pour te mêler des affaires d’une famille que tu n’apprécies même pas.” déclara Marylene avant de boire une gorgée de thé.
Les Howard restent une famille au nom respectable, et je me dois de faire preuve de solidarité à leur égard, d'autant plus que Cornélia est une amie, distante certes, mais tout de même une amie. De plus, Marylene, tu apprendras qu'il faut savoir dépasser ses animosités pour le bien de sa famille. Même si ça veut dire qu’il faut que j’aille dans je ne sais quel cloaque du Londres moldus pour aller parler avec l’héritier d'Aimée Howard.

Marylene eut un petit rire mesquin en entendant le mot “héritier”. Il était connu que les Howard avaient perdu de leur superbe et, surtout, de leur fortune, malgré leurs efforts pour le cacher.
Bien, il est temps pour moi de prendre congés.” annonça la matriarche en se levant, presque immédiatement imitée par sa fille et ses belles-filles. “J’ai quelques petites choses à faire avant d’aller rendre visite au jeune Howard.

Elle saisit le sac en papier tendu par Itsy et quitta la pièce. Son manteau de fourrure enfilé, la sorcière s’aventura enfin hors du manoir, sa baguette tenue comme un manche de parapluie tandis que les gouttes de pluie martelaient le tissu d’énergie magique qui formait un dôme au-dessus de sa tête. Elle dépassa le portail en fer forgé et disparut soudainement pour réapparaître à des centaines de kilomètres de là, dans un Londres grisâtre dont le ciel semblait soudain plus sombre.

¤¤¤¤¤¤¤¤

La sorcière louvoya entre les passants et les tas de feuilles mortes ramollies par la pluie, se protégeant désormais avec son sac. Elle longea un parc, parcouru quelques mètres et atteint enfin le perron de l’immeuble où Aristide Howard devait habiter. Elle poussa la porte et gravit les escaliers, les claquements de ses talons résonnant dans la cage d’escalier. Puis elle s’arrêta face à la porte indiquée. La magie qui en émanait ne pouvait duper aucune sorcière : c’était bien là. Elle aventura sa main gantée de blanc contre la porte, et toqua plusieurs fois.

Pas de réponse. Ils avaient pourtant convenu de cette date-là... Elle patienta quelques minutes, les lèvres pincées. Une nouvelle fois, elle toqua avec plus de ferveur et laissa échapper de sa voix rauque et suave :
Mr. Howard ? C’est Mrs. Selwyn !
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MessageSujet: Re: Saturday Confessions (PV)   Lun 12 Fév - 21:42

Réponse pour Theodora 1
Saturday Confessions
Aristide feat Theodora and Co



Les restes d’un vendredi soir mouvementé tourmentait encore une fois la Chaolocation toute entière. Les protagonistes excentriques qui habitaient ici se faisaient une grasse matinée bien méritée dans leur chambre respective. Aristide lui, dormait toujours sur pupuce, le canapé carnivore qui commençait doucement à s’habituer à sa présence.
C’est la bouche pâteuse et les yeux collés de fatigue que notre grande nouille se fit violence pour sortir de ses songes confus. Préparant un café noir et corsé en prenant soin de ne pas utiliser le mug interdit de Morgan Bichon. À la place, il se servait de celui de Shae, qu’il ne prenait jamais le temps de laver après utilisation. Il faut dire que les cris de la blonde à son encontre lui semblaient moins terrifiants que ceux de Logan, et au fond, si ça pouvait l’emmerder au passage… il en était bien aise.

* OH Baby, baby ! * Scandaient ses méninges en souvenir de cette soirée trop arrosée passée dans un pub moldu de Londres. Depuis leur mésaventure d’avril au Dead Men, Aristide et son crew étaient considérés comme des rebuts de la nuit. Même le chaudron baveur n’accordaient plus ses faveurs à nos sorciers maintenant catalogués de pouilleux malvenus. C’était en grande partie de la faute d’Aristide… et lui seul aurait du subir les conséquences de son comportement d’infâme cancrelat si Shae ou même Logan avaient soigneusement évité de prendre son parti. En guise de punition les membres de la chaolocation s’étaient concertés pour lui poser une condition sine qua non. Rembourser ses dettes et crédits à la consommation sans l’aide pécuniaire de Callisto ou de sa cousine pour pouvoir rester en ces lieux. Ainsi, pour régler son ardoise longue comme le bras qui dormait au chaudron et s'échoir le droit de squatter pupuce, il trimait les soirs de chaque week-end à la sueur de son front. Barman au chaudron baveur... Ah ! Il était tombé bien bas ! Outre le service d’une clientèle assoiffée, notre aristo hautain s’employait d’une très mauvaise foi à nettoyer le vomi des soulards ainsi que les tables poisseuses et bièreuses de ce pub si fréquenté. Les sortilèges Récurvite et Tergeo n’avaient plus de secrets pour lui et Merlin, il était loin d’un jour avouer à sa mère à quel point il s’avilissait dans d’aussi basses besognes pour pouvoir se proclamer indépendant… Mère Howard JAMAIS ne saura ! Et il n’était plus temps de faire marche arrière. Sa fierté était la dernière chose à laquelle il se raccrochait lorsqu’il défaillait de vouloir rentrer chez lui. JAMAIS il ne ferait ce plaisir à son père. JAMAIS !

* Baby, baby ! *

Son café noir comme le mazout était maintenant brûlant. Aristide retrouva un poil de conscience et retira brusquement sa casserole du feu. Renversant généreusement la moitié du contenant par terre sans s’en inquiéter le moins du monde. CAFÉ ! Il devait en avaler une bonne rasade pour retrouver un semblant de lui même avant de se mettre au point pour son rendez-vous. Et quel rendez-vous ! Je vous le dis ! La mère d’Aristide sortait l’artillerie lourde ! Lady Selwyn ! Attention les yeux ! Un poids lourd de la communauté sorcière allait se ramener comme une fleur de fourrure à la Chaolocation ! Envoyer sa plus influente amie dans leur repère ! Truc de ouf, tsé ! Cornélia Howard était-elle si désespérée ? Qu’espérait-elle obtenir au juste ? Un check mate ? Aristide n’avait aucune intention de plier. Il attendait Theodora de pied ferme. Bien décidé à lui montrer la pire de ses facettes pour faire fuir cette dame de civilités pour toujours. Mug de Shae en main, humant les effluves qui s’en échappaient, Aristide se traîna dans le salon. Il n’était vêtu que d’un slip jaunie par l’usage. Tout en maigreur et d’os apparents il donnait l’air de quelqu’un qui avait oublié de se nourrir depuis 10 ans. Ses cheveux mal en ordre, et bien plus longs que du temp où il vivait chez papa maman, accentuaient la négligence générale. Un teint cadavérique ajoutait une touche particulière. En somme Aristide ressemblait à un toxico, ce qu’il était à peu près à force de partager le calumet de la paix chaque soir avec Shae. Que la vie était douce lorsqu’on pouvait squatter les ressources des autres…

Bon. Il n’allait peut-être pas se présenter vêtu que d’un slip non plus. Même en ayant l’idée de se montrer le plus dégueulasse possible il y avait une limite. Personne n’avait besoin de voir la cicatrice brune et mate de son téton cramé. Enfilant le premier T-shirt qui lui tombait sous la main, il prit soin de dispatcher quelques slips puants par terre. Cela faisait quelques semaines qu’il n’en laissait plus aucun trainer. Les sorts d’alarme-à-tue-tête de la blonde avaient eu raison de son manspreading. Pas d’alarme aujourd’hui ? Il fallait croire qu’on commençait à nouveau à lui faire confiance…
Voilààà, manquait plus que sa pipe à champifleur posée en évidence sur la table et quelques cadavres de bouteilles à droite à gauche. Farfouillant dans le bac à recyclage, il retrouva les restes d’une soirée eau glouglousse et quelques bouteilles de vin moldue. Tiens ? Il n’avait pas le souvenir d’avoir participé au vidage de celles ci… Ses colocataires organisaient-ils des contre-soirées en son absence ? Ou bien quelqu’un se murgeait-il en cachette comme un sacré poivrot ? Aristide resta un moment tanguant devant le bac, reniflant le goulot des cadavres qu’il tenait dans ses bras rachitiques. Pouah. Ça sentait le poney aviné !

Alors qu’Aristide arrangeait la pièce à son gout, Algorab son corbeau sortait paresseusement le bec de sous son aile pour observer son maître d’un air blasé. Pouvait pas faire moins de bruit avec ses bouteilles lui là ?! Se jetant d’un battement d’aile maitrisé de son perchoir pour picorer les boucles en bataille de notre grande nouille, Algorab pinça de ses serres aiguisées le t-shirt froissé et troué d’Aristide.

Promenant un regard fier sur son chef d’oeuvre de décorateur d’intérieur notre sorcier en profita pour se rouler une clope bien méritée. Ça ronflait sévère dans les chambres voisines, un rictus moqueur se dessina sur ses lèvres alors qu’il y portait sa clope dégueulante de tabac brun.

* Oh Baby, baby ! * Cette saleté de tube pourri de chez les moldus ne semblait plus vouloir le quitter ce matin. Il se déhancha malgré lui sur la mélodie imaginaire, lèvres pincées sur sa cigarette et mug de café en main, Algorab s’agrippait encore plus fermement à son épaule pour résister aux soubresauts de son maître qui semblait en proie à une soudaine crise d’épilepsie.

« OOPS I DID IT AGAIN !! » Hurla t-il pour exorciser son mal en rattrapant maladroitement sa cigarette qui profita de ce moment de perdition pour s’enfuir.

On frappa à la porte.

Oh shit shit shit shit shit !!! Theodora !!! Aristide jeta sa cigarette dans l’évier comme prit d’un spasme. Les yeux écarquillés il pivotait de droite et de gauche comme s’il eut oublié comment ouvrir une simple porte. Shit shit shit shit !!! Si tôt ?? Et pourquoi diable stressait-il tout à coup ?? Peut-être qu’il avait un peu abusé avec sa mise en scène ! Devant l’imminence de ce tête à tête avec l’illustre Theodora Selwyn, son plan machiavélique lui donnait tout à coup un arrière gout de fausse bonne idée ! Se précipitant sur ses slips pour les fourrer à nouveau dans son sac il cru entendre le ton distingué de la sorcière à travers la porte.

«  Euh ! Ouais ! Euh ! J-j’arrive ! Une toute petite seconde !! » Cria t-il la voix enrouée. Rah !! Lancer un récurvite prendrait trop de temps ! Il envoya quelques bouteilles valser dans les coins de plusieurs coups de pied puis balança un slip qui trainait sur le café qui continuait de gouter sur le parquet. FAUSSE BONNE IDÉE ! RAH ! BON ! Plus le temps !! Se précipitant enfin vers la porte en lissant ses boucles rebelles contre son crâne, il inspira un bon coup avant d’ouvrir.

« MAIS BONJOUR !! Bienvenue !! Bienvenue !! » Criait-il presque aux oreilles de son invitée. «  Mais entrez !! Entrez donc !! » la pression lui faisait répéter ses formules de politesse deux fois. Il n’avait presque pas regardé Théodora. Son attention toute entière se portait sur les détails crasseux de la Chaolocation. Il laissa subitement Theodora sur le pas de la porte en sprintant d’une drôle de manière vers sa casserole. Attrapant le mug de Logan sans plus de cérémonie il hurla derechef « Je vous sers un café ! Entrez !! »
Si d’aventure Theodora se laissait tenter, dans cette tasse servie sur le mode express et posée à l’arrache sur la table flottait plus de marc que de café. Remarquant comme s’il la voyait pour la première fois sa pipe à Champifleur, Aristide jeta un torchon dessus tout en prenant soin d’écraser de ses pieds nus le slip sale imbibé de café froid.

* OOPS I DID IT AGAIN *  Criait son cerveau à ses oreilles alors qu'une gêne sans précédant lui malmenait le ventre. « Faites pas attention à la déco, mes colocataires ont de sérieux problèmes d'hygiène... Sans parler de la blonde alcoolique...»

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MessageSujet: Re: Saturday Confessions (PV)   Lun 26 Fév - 17:38

Euh ! Ouais ! Euh ! J-j’arrive ! Une toute petite seconde !!” prononça une voix étouffée derrière la porte, ce à quoi Theodora réagit en affichant un regard méfiant et suspicieux, réhaussé d’un sourcil levé.

La porte s’ouvrit presque à la volée devant Theodora, laissant apparaître dans son encadrement ce qui semblait être au premier abord un cadavre ambulant, mais qui s’avéra en fait être un être humain bien vivant. Aristide Howard de Norfolk se tenait devant elle, seulement vêtu d’un t-shirt et d’un vieux slip qui laissaient apparaître la maigreur presque maladive du jeune sorcier.

A cette allure de macchabé décharné, qui faisait écho au petit garçon chétif que la sorcière avait connu, s’ajoutaient des boucles noires qui témoignaient d’une négligence flagrante de l’apparence. Elle avait pensé faire face à un Inferius, elle savait désormais qu’elle était tout simplement face à un jeune homme ayant conservé son hygiène d’adolescent. Sur un ton qui avoisinait le cri, le jeune homme souhaita puis répéta plusieurs fois - sous le coup de l’émotion se dit Theodora - la bienvenue à la matriarche, et l’invita autant de fois à entrer.

La sorcière aurait préféré ne pas avoir à répondre à cette invitation. Elle avait déjà senti une odeur très inconfortable lorsqu’elle se trouvait sur le pallier, mais son premier pas dans l’antre d’Aristide Howard s’était immédiatement suivi d’un assaut contre son olfaction. Elle qui pensait que c’était à cause de l’entretien difficile des cages d’escaliers moldues… L’odeur qui régnait dans l’appartement du jeune Howard évoquait une sorte de mélange entre l’odeur de renfermé, de tabac froid, d’animalerie et de lendemains de fêtes. Elle était d’ailleurs persuadée qu’il y avait eu une fête la veille et que, à en juger par le sol qui collait sous ses talons, le sorcier n’avait pas eu le temps de nettoyer le désordre qui en résultait.

Je vous sers un café ! Entrez !!” annonça Howard avec empressement en essayant de ranger le chaos éparpillé à travers l’appartement. La matriarche Selwyn tenta d’ignorer le sous-vêtement qui perçait à travers l’ouverture d’un sac de voyage, mais peu importait où elle faisait fuir son regard, elle avait l’impression de remarquer des détails toujours plus honteux de la vie de débauche que semblait mener Aristide Howard.

Je prendrais plutôt du thé, je vous prie.” répondit Theodora de sa voix grave en retirant ses gants un par un, son sac coincé sous l’épaule.
Faites pas attention à la déco, mes colocataires ont de sérieux problèmes d'hygiène... Sans parler de la blonde alcoolique…” conseilla le jeune sorcier, comme s’il avait senti l’offuscation de la sang-pure lorsqu’elle remarqua le téléviseur posé sur un meuble à côté de la cheminée. Habitait-il avec des Moldus ? Elle avait promis à Cornélia qu’elle essaierait d’en savoir plus sur les habitudes de vie de son fils loin de la maison, mais elle n’était pas sûre de vouloir la voir faire une syncope lorsqu’elle lui aurait annoncé que son fils chéri s'acoquinait avec des êtres dénués de pouvoirs magiques.

Je vois…” murmura Theodora en rendant son regard mauvais au corbeau qui la toisait depuis son perchoir et poussait parfois des croassements teigneux. “Comment s’appelle-t-il ? Le corbeau j'entends.” demanda-t-elle en se débarrassant de son lourd manteau qu’elle envoya d’un coup de baguette magique s’accrocher au porte-manteau dans le couloir. Elle prit place sur l’un des fauteuils écarlates, le plus proche de la cheminée - dont l’odeur de cendres semblait avoir prit le pas sur d’autres effluves plus indésirables - et fouilla dans son sac à la recherche de son flacon de crème.

Avec qui habitez-vous Mr. Howard ?” demanda-t-elle en déposant une noisette de sa crème sur ses mains asséchées par le contact du cuir. Elle se massa les mains avant de demander : “Est-ce que la fumée vous importune ?” demanda-t-elle en sortant un porte-cigarette couvert de minuscules pierreries qui donnaient l’impression de multiples écailles étincelantes, et dont l’embout était serti d’une opale. Elle s’était également saisie d’un étui à cigarettes en cuir noir où étaient ciselées les armoiries des familles Selwyn et Pyrites. “Si cela vous dérange je peux fumer à la fenêtre.” continua-t-elle, espérant avoir trouvé une excuse pour ouvrir l’une des grandes fenêtres de l’appartement.
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MessageSujet: Re: Saturday Confessions (PV)   Dim 8 Avr - 16:03

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Se dandinant d’un pied sur l’autre sur son slip caféïné, Aristide remarqua qu’une fumée bizarre s’échappait de l’évier. Sa clope jetée à la va vite lors de l’arrivée de l’élégante Theodora, mangeait d’un feu naissant le plastique d’un gobelet broyé entre deux assiettes. Se rendant compte du phénomène avec stupéfaction notre grand dadais eut comme seul réflexe d’enfoncer l’assiette pour étouffer le malotru qui s’enflammait. Au passage, ses doigts délicats touchèrent quelque chose de visqueux qui lui arracha un vif « OHMONDIEU ! ». Puis secouant ses mains dans l’air comme s’il risquait d’attraper la mort, il se retourna aussi sec manquant de déraper dans son slip.
« UN THÉ vous disiez ?! » Cria t-il de sa voix stridente en se rattrapant in extremis au plan de travail. Il profita de sa perte d’équilibre pour envoyer d’un coup de pied hargneux ce slip gluant qui se colla d’un SPLORTSH sonore contre le dossier d’une chaise. Voilà ! Fier de son adresse surprenante pour la raideur de son corps ankylosé, il toisa les lieux d’un air conquérant.

“Comment s’appelle-t-il ? Le corbeau j'entends.”

Comme s’il venait de se rappeler qu’il n’était pas seul Aristide répondit à la question de son interlocutrice d’un ton qui se voulait badin, tout en se concentrant sur la bouilloire dans laquelle il venait d’y verser une eau calcaire. Préparer le thé était dans ses cordes. Il excellait même dans des préparations à base de poudre de météorite Mexicaine.

« Algorab, vaut mieux pas trop s’approcher. Je l’ai trouvé au chemin de traverse, il daigne parfois amener mon courrier à bon port… »

Theodora observait les lieux d’un air quelque peu crispé. Elle n’allait pas rester longtemps à en croire son expression faciale et c’était tant mieux. C’était même le but premier de l’opération, faire partir au plus vite Lady Selwyn qui n’était autre qu’une espionne missionnée par sa mère. Mais contre toute attente, la sorcière prit ses aises et retira son manteau pour s’asseoir sur…

« PAS SUR PUPU… ! » Aristide manqua de s’étouffer, la sorcière venait d’éviter le canapé carnivore de justesse pour lui préférer un fauteuil une place. Des sueurs froides ébranlèrent notre sorcier tout entier. « Haha… Non rien j’ai… J’ai eu un spasme. Ouh baby baby ! I did it again ! J’adore cette chanson ! Baby baby ! Vous connaissez ? Un titre moldu qui fait fureur en ce moment !» fit-il en se déhanchant comme un manche à balai, pour répondre au haussement de sourcil de sa visiteuse visiblement interloquée. Finissant son pas de danse, il attrapa le mug qu’il avait initialement proposé à Theodora pour y plonger ses lèvres gercées. Dé-gueu-lasse. Une moue de dégout déforma son visage alors qu’il s’approchait de son invitée par de grandes enjambées. Puis s’adossant au mur pour lui faire face il tenta un sourire si forcé qu’il en aurait effrayé Voldemort.
Theodora semblait tout à fait impassible, empruntant une poker face parfaite tout en se massant délicatement les mains. L’ex-Serpentard profita de ce temps mort pour détailler la matriarche d’un coup d’oeil curieux. Cette lady avait une prestance indéniable. L’avoir dans le salon de la Chaolocation suffisait à donner du cachet à toute la décoration ambiante. Il plissa les yeux et déglutit. Cette situation était gênante. Terriblement gênante. Tellement gênante qu’il replongea ses lèvres dans le mug pour se donner l’impression d’avoir quelque chose à faire.

« Sluuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu »

“Avec qui habitez-vous Mr. Howard ?” Theodora n’était apparement pas du genre à faire trainer les formules de politesse.

« uurp. KOF KOF » Recrachant la moitié du liquide qu’il venait d’avaler dans son mug, Aristide écarquilla de grands yeux. La question était claire, concise, il n’y avait aucun moyen de l’outrepasser par un changement de sujet brutal. Avec qui habitait-il ? Ou plutôt, chez qui squattait-il ? La réponse n’allait certainement pas être reluisante. Sa mère devait certainement être derrière cette investigation et il brûlait de rester secret à ce sujet. D’ailleurs il pria Merlin pour que la grasse matinée de ses colocataires ne s’éternise jusqu’au départ de Theodora. Mentir ne lui apporterait que des ennuis, rester vague semblait être l'option la plus sage.

“Est-ce que la fumée vous importune ? Si cela vous dérange je peux fumer à la fenêtre.”

«  Boah, la fumée ne me dérange pas, faites comme chez vous ! Je vous cherche un cendar ! » Il fouilla dans le fatras de la table basse du salon pour retrouver un cendrier oublié et déjà quasiment plein de cendre et de mégots.

« Et pour répondre à votre question, j’habite avec des crétins insensibles aux théories de l’univers. » Il marqua une pause. « Vous avez un magnifique étui à cigarettes, je peux le voir de plus près ? » Il n’attendit pas la réponse pour s’en saisir en déposant le cendrier sur une desserte couverte de livres et parchemins près de la sorcière. «  Oui, vraiment magnifique. Je peux le garder ? » Après quelques micro-secondes d’un silence pesant il ajouta. « Je plaisante, les initiales ne m’iraient pas. » Il ouvrit cependant l’étui pour gratter une clope, puis calant la cigarette entre ses lèvres il s’enquit « Je peux ? » pour l’allumer aussi sec d’un incendio rapide et habilement exécuté.  

« Vous savez le quartier est charmant ! Il y a ce qu’on appelle un kebab au coin de la rue, c’est vachement exotique et dépaysant ! La légende dit même qu’un sorcier se serait kebabisé par amour. Je sais pas trop ce que ça veut dire. C’est un genre de private joke à Londres. Tiens je vous inviterai la prochaine fois ! Vous n’êtes pas végétarienne ? »
Aristide recracha la fumée salvatrice de sa cigarette. Par Merlin que ça faisait du bien de fumer une vraie clope.
«  Mais dites moi plutôt ce qui vous amène Lady Selwyn ! Que puis-je faire pour vous ? J'imagine que vous ne me gratifiez pas d'une simple visite de courtoisie ?»

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