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 Premier jour, première angoisse [LIBRE]

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MessageSujet: Premier jour, première angoisse [LIBRE]   Ven 25 Aoû - 17:38

Premier jour, première angoisse

Nous étions en milieu de matinée lorsque Orcus avait plongé dans sa cheminée londonienne pour s'extirper de l'âtre trônant dans ce qui était à présent son bureau. Maudissant pour environ la 1000ème fois de sa vie la Régie des transports par cheminée qui n'avait toujours pas réglé ce problème de suie, il se lança un récurvite pour rendre un éclat intact au costume bleu nuit qu'il portait en ce jour. Il existait bien d'autres modes de transports dans le monde sorcier, mais étant donné que :  le transplanage ne le déposait, au mieux, que devant les grilles, que le Poudlard express était bien trop lent, que les chevaux ailés étaient interdit dans sa copropriété, que les balais lui meurtrissaient douloureusement les parties et que les tapis volant étaient trop romantique pour sa santé mentale, il devait se faire à l'idée que la poudre de cheminette allait devenir son quotidien pour quelques temps. Cette déconvenue lui avait au moins donné l'idée de faire travailler un étudiant sur un enchantement auto-nettoyant dont il pourrait co-signer la découverte dans une revue quelconque, y gagner quelques gallions auprès des teinturiers et, surtout, apposer sur ses précieux costumes. Perspective d'avenir réjouissante.

Il fit le tour de son bureau encore vide à l'exception de quelques caisses comprenant ses effets personnels que les elfes avaient déposé à son intention. Fort bien, il les rangerait plus tard dans la journée, ressentant pour le moment le besoin de s'imprégner de ce lieu qu'il connaissait mal. Bien qu'il avait obtenu son dernier diplôme à l'âge de 25 ans, Orcus avait réussi à se passer d'un emploi stable jusqu'à maintenant. Il avait vécu de bourses, de recherches, en donnant des cours privés et en se chargeant de TP de temps en temps en dépannage. Ce mode de fonctionnement lui permettaient de passer des journées entières à ronronner sur son sofa aux prises de potions qui finiraient par lui déglinguer le cerveau s'il ne trouvait pas une occupation susceptible de le garder éloigné de ses mauvaises habitudes. Était-ce pour cela qu'il avait finalement accepté de prendre la succession du Professeur Sylvester, nouveau résident de Ste Mangouste pour un long séjour suite à un sortilège qui aurait mal tourné ? La rumeur disait que son postérieur était devenu aussi encroûté que la peau d'un détraqueur et dégagerait une odeur à faire passer un scroutt pour un bouquet de roses, mais ce n'était sans doute qu'une rumeur...

Bref, bien décidé à ne laisser quiconque attenter à son corps, Orcus quitta son office pour déambuler dans l'université. Nous étions pile au milieu des heures de classe, offrant au lieu un calme éphémère sublimé par un éblouissant soleil d'automne. Il fit le tour des cours intérieures semblables à des cloîtres et en admira la beauté, sans s'attarder toutefois d'avantage pour ne pas se donner un air de touristes auprès des quelques étudiants qui s'étaient installés ici et là. Alors qu'il marchait depuis à peine une dizaine de minutes, une boule vint insidieusement se loger dans son estomac. Beaucoup auraient pu croire que c'était là une manifestation d'angoisse à l'idée d'enseigner des cours magistraux pour la première fois, mais il n'en était rien. La raison était toute simple : il détestait cet endroit. Poudlard était pour la plupart un nouveau foyer, il était pour lui une bouche ouverte sur les enfers. Certes, il n'avait plus rien du petit garçon frêle et silencieux qui se faisait bousculer dans ces couloirs, mais l'homme avait la mémoire vive et la rancune tenace.

Définitivement non, un simple besoin de se ranger ne pouvait être à l'origine de sa décision de revenir ici pour une peine à durée indéterminée. Tandis que son pas s’accélérait bien malgré lui, il mit cette décision stupide sur de simples besoins triviaux à consonance monétaire. Il n'était pas du genre à se vêtir chez Tissard et Brodette, à manger la tambouille familiale d'un Weasley ou à se contenter d'un mode de vie bas de gamme. Ça ne pouvait être que ça. Ce n'était rien de plus que ça. Et certainement pas les conséquences d'un reliquat de culpabilité à l'idée que des innocents étaient en danger pendant que la plupart de ses concitoyens se regardaient le nombril dans une parfaite imitation des Singes de la Sagesse. Il avait dépassé tout ça et la seule chose qui lui importait c'était lui et lui seul. Point. « Problème réglé » se dit-il en poussant la porte de l’amphithéâtre n°7 dans lequel allaient se dérouler ses cours.

Arrivé au milieu de l'hémicycle, il s'arrêta net en fermant les yeux, faisant taire le bruit de ses pas se répercutant en un puissant écho. Ce lieu, au moins, ne ressemblait plus vraiment à l'école qui l'avait vu grandir. Le temps de quelques inspirations et il rouvrit les yeux. Sans prendre tout de suite le temps de balayer l'endroit du regard, il monta sur l'estrade et appuya ses fesses contre le bureau, levant seulement à présent les yeux sur les gradins vides. Il ramena ses mains devant lui et se rendit compte qu'il tremblait, une attitude émotive indigne de lui. Alors il farfouilla dans les poches de son manteau ouvert et en sortit une roulée de filet du diable qu'il porta à ses lèvres et qu'il alluma dans un claquement de doigts. Il inspira la première bouffée dans une extase s'illustrant par ses paupières mi-closes. Le large amphithéâtre était parfaitement silencieux à l'exception des discrets murmures provenant d'au-delà de la porte battante restée grande ouverte. Le calme régnait à nouveau, en ce lieu désert comme en son être.
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MessageSujet: Re: Premier jour, première angoisse [LIBRE]   Dim 27 Aoû - 20:23



Premier jour, première angoisse
Shae ξ Orcus



Lundi. Oh comme Shae haïssait ces conventions sociales qui voulaient que le lundi signifie le retour au monde du travail, et dans son cas, au monde étudiant. Le regard noir, une clope au bec et un thermos enchanté de café dans la main, la jeune femme dévisageait d'un air peu amène la grille de Poudlard sans parvenir à se décider si elle devait la franchir ou laisser tomber, et simplement retourner sous la couette. Elle s'était faite une promesse de tenir le coup et de poursuivre ses travaux de recherche, et en plus, elle avait entendu dire que son ancien directeur de recherches était à Ste Mangouste et que son remplaçant arrivait aujourd'hui.

Tout un tas de raisons logiques pour ramener ses fesses et faire bonne figure en somme. Sauf qu'elle avait encore déconné un peu le soir précédent, bien moins que les deux derniers mois, certes, mais suffisamment pour avoir des cernes de dix kilomètres de long sous les yeux et l'air ronchon de celle qui n'a eu qu'une poignée d'heures de sommeil. Ajoutant à cela sa veste en cuir trois fois trop grande, son jean déchiré aux genoux, et sa cicatrice, Shae Viridian faisait peur à regarder. Elle le savait, et avait accepté cette idée depuis un bout de temps à présent, préférant en jouer que de s'en débarrasser. Les quolibets et chuchotements se faisaient bien plus discrets maintenant que chaque oeillade qu'elle adressait promettait mort lente et douloureuse.

S'engageant dans les allées pavées des bâtiments universitaires, elle fouilla dans son sac, cherchant les rouleaux de parchemin décrivant son projet de recherche. Pompeusement intitulé "Solutions de protections efficaces" c'était avant-tout un projet destiné à rassurer sa propre paranoïa. Depuis que les rumeurs avaient commencées, et qu'elle était revenue du Pérou, elle ne dormait que d'un oeil. Travailler sur des moyens de renforcer les sortilèges de protection et les repousse moldus tournait à l'obsession. Elle passait des heures enfermée dans une salle de Travaux Pratiques, à tester différentes solutions, à chercher des nuances permettant à des individus de se protéger d'autres sorciers, de moldus, de cracmols, bref, de tout ce qui pouvait venir leur chercher des noises.

Son propre appartement avait été enchanté de façon à ce que la porte d'entre demande un mot de passe à la façon des dortoirs de Poudlard, uniquement aux sorciers habilités. L'important aux yeux de Shae était de jouer avec les nuances que la magie offrait afin de créer des protections efficaces et modulables selon les besoins. Elle savait qu'une offre de stage au Département des Mystères l'attendait patiemment, et elle n'y avait toujours pas répondu. Même Smethley avait essayé de l'encourager à dire oui, malgré la grande antipathie qu'elles se vouaient depuis des années. Sylvester lui avait écrit une lettre de recommandation longue comme son bras. Et voilà que le petit génie qu'elle était, entre son addiction à l'alcool et à la drogue, ses peines de coeur, et ses angoisses paranos, hésitait.

Les regards qui se détournaient sur son passage et les chuchotis l'agacèrent très rapidement, et elle se dirigea d'un pas vif vers un amphi qu'elle savait vide à cette heure ci. Poussant les portes à la volée, elle entra en lâchant une imprécation.

- Brûle ton tanga Merlin d'mes deux !

Elle commença à dévaler les marches d'un air décidé, et s'arrêta net devant la silhouette d'un homme adulte, adossé au bureau. Evidemment. Il fallait qu'elle entre dans le seul amphi où le prof avait décidé de se faire sa petite session d'encouragement pré-rentrée. Soupirant, elle se dirigea vers lui.

- Shae Viridian. Enchant-...

Elle s'interrompit, et fronça le nez, reniflant ce que fumait le professeur avec un sourire en coin. Dites donc, c'était pas du tabac ça. Mais pas du Champifleur non plus. L'élégant dandy en face d'elle était-il donc amateur d'herbe non réglementée par le ministère, aux effets plus que relaxants ?

- 'Scusez. Je reviens plus tard peut-être ? Vous avez l'air occupé avec votre... divertissement.

Son sourire s'étendit d'avantage, et elle laissa échapper un petit rire complice, lui fourrant son parchemin dans les mains.

- Tenez, c'est mon projet de recherche. Vous pourrez le lire quand vous serez plus ... posé j'imagine.

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MessageSujet: Re: Premier jour, première angoisse [LIBRE]   Lun 28 Aoû - 19:44

Premier jour, première angoisse

Orcus avait basculé sa tête en arrière autant pour mieux ressentir la fumée s'insinuant dans son être jusqu'à ses poumons, que pour relaxer ses cervicales encore tendues. Son champ de vision, déjà bien réduit par ses paupières lourdes à moitié refermées, ne percevait plus que le plafond voûté à caissons. A l'époque de la renaissance, chaque caisson était richement ouvragé. En cet instant, le seul qui n'était pas nu comprenait une inscription en lettres lumineuses noires scintillantes revendiquant un  très courageux « Fuck tu-c'est-ki ! ». Ce poète inconnu de notre temps rappelait à tous que cette partie du château n'avait rien d'ancien et était aussi authentique que la chevelure de la chanteuse des « Snargaloufs en rut ». Mais si sa vue ne percevait plus grand chose du monde qui l'entourait, l’ouïe, elle, se chargeait de le prévenir de la moindre intrusion. Dans ce lieu conçu pour amplifier les plus infimes murmures, une entrée tonitruante était loin de passer inaperçue. Si la plupart des humanoïdes auraient sursauté, ou au moins ouvert un œil à la tirade de notre artiste du verbe, ce ne fut pas le cas du jeune professeur de sortilège. Il était comme Starmania, une vieille comédie musicale : toujours un peu stone.

Il profita de sa dernière bouffée prise dans le calme avant de retrouver son port de tête bien droit et d'ouvrir les yeux sur l'adolescente la jeune femme, laquelle semblait bien partie pour faire la conversation toute seule. Un coup d’œil jeté vite fait sur elle lui permit de la classer dans la catégorie « caricature de junky », ce qui lui décrocha un léger et passager sourire en coin. Orcus était un brin moqueur, oui, il ne pouvait totalement réfuter son appartenance à la lignée Jugson. Avec un professionnalisme qu'il n'avait pas vu arriver, il sortit aussi vite de ses pensées quand un parchemin lui percuta les côtes.

- Je suis « posé j'imagine », dit-il pour commencer en baissant son regard sur elle, un regard qui se devait d'avoir une vague ressemblance avec celui d'un parent suspicieux prêt à donner une leçon. Je peux éteindre ma cigarette si cela vous gêne, il est vrai que les sorciers sont plus habitués à la pipe. Car il est évident qu'il ne s'agit de rien d'autre que de tabac des centaures, une jeune étudiante sérieuse et soucieuse de ne pas s'attirer des ennuis ne serait pas à même de s'imaginer autre chose, n'est ce pas ? D'ailleurs, permettez-moi de vous donner un très mauvais conseil : lever le pied sur les révisions et dormez un peu plus, ou des énergumènes à l'imagination trop fertiles pourraient s'imaginer que votre air de Croup albinos est imputable à tout à fait autre chose que votre trop grand zèle dans vos études.

Il hocha la tête sur ces derniers mots en se pinçant les lèvres d'un air faussement candide, espérant que cette courte tirade remettraient les idées en place à la jeune impudente. On pouvait être drogué, certes - ou plutôt comme il aimait l'appeler, « usager en plantes hallucinogènes, récréatives et possiblement mortelles à un rythme de consommation ne dépassant jamais le journalier » - mais hypocrite de préférence.  Tenant toujours sa cigarette se consumant désespérément seule et décidant que le sujet était clos, il se retourna pour jeter les parchemins sur le bureau. Par un miracle que nous mettrons plutôt sur le compte de l'adresse, il parvint à dérouler les épais feuillets sans y faire tomber la moindre poussière de cendre.

- Alors voyons voir ça... "Solutions de protections efficaces".

Il se tordit le cou pour lancer un nouveau regard à l'étudiante, cette fois avec un sourcil arqué dans une expression très éloquente de « rien que ça ? ».

- C'est un peu vague. Vous savez qu'il doit y avoir des milliers de « solutions de protections efficaces » - ou plus ou moins efficaces - et que vous ne pourrez jamais les traiter toutes ? Il vous faudra réduire tout ça ou rendre votre sujet plus explicite, parce qu'en l'état je ne sais même pas si je m'apprête à lire un mémoire sur les protections hygiéniques, sur les sorts de coussinages, sur les potions contraceptives ou sur des amulettes boucliers. Puisque nous sommes tous les deux venus à la conclusion que JE suis posé, à votre tour de me poser votre sujet.

Et il retourna le parchemin pour prendre place face à lui et à son auteur, assit sur la chaise en bois prévue à son intention et qui mériterait bien un sort de coussinage amélioré, lui faisant croiser mentalement les doigts pour que son contenu emprunte le chemin le plus soporifique des 4 suggestions qu'il avait jeté à la volée et ainsi améliorer son confort arrière.
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MessageSujet: Re: Premier jour, première angoisse [LIBRE]   Sam 9 Sep - 0:04



Premier jour, première angoisse
Shae ξ Orcus


Tout au long de sa vie, Shae avait été confrontée à des personnes incapables de saisir, d'apprécier et de respecter son génie. Entre ses propres grand-parents, la Directrice de Poudlard et la plupart de ses camardes de classe, elle avait été servie en idiots obtus et butés. Atteignant l'âge adulte, la jeune femme s'était rassérénée : enfin, elle ne côtoierait plus que le gratin de ce monde. Des gens intelligents somme toute, capables de comprendre l'usage des mots, des gestes, et l'utilité des tests et autres expériences sur cobayes consentants. Mais évidemment, c'était une autre histoire en réalité. Les gens ne devenaient pas brutalement intelligents. Certains restaient bloqués au stade de leur adolescence et l'ouverture de leur esprit correspondait à l'espace réduit d'une chiure de mouche.

Le nouveau professeur ne semblait pas échapper à la règle de l'idiotie. Et en sus, il semblait trouver amusant de la menacer à mots à peine voilés. D'aucuns diraient qu'il était probablement de mauvais goût pour une élève de menacer son professeur de strangulation dès le premier jour de la prise de ses fonctions, mais l'envie la taraudait, furieusement. Une inspiration et une expiration plus tard, et elle restait souriante - probablement un peu plus effrayante que naturelle - mais sans péter un boulon et écraser des mégots de cigarette sur son sourire prétentieux. En soi, elle progressait, donc. Forçant son regard à rester neutre, contrairement à l'ennui profond que lui inspirait la tirade du professeur, elle ne put s'empêcher de lui jeter un regard irrité.

- C'est bon j'ai compris vous êtes un saint qui fume de la mandragore et je suis une junkie. Cool your tits, dude. C'est pas comme si quiconque allait y prêter attention ici.

Elle écarta les bras largement pour désigner les lieux. Poudlard ce repère de psychopathes et de psychotiques. Elle était probablement la plus saine du lot, songeait-elle en faisant rouler ses yeux au ciel de façon à signifier au professeur que son petit cinéma était aussi excitant que le contenu du slip de Merlin. Faisant craquer ses jointures tandis qu'elle prenait place dans un siège, elle croisa les chevilles, passant une main dans sa chevelure débraillée, esquissant un air sérieux tandis que le professeur se décidait à donner un avis sur le nom du projet de mémoire.

- C'est un peu vague. Vous savez qu'il doit y avoir des milliers de « solutions de protections efficaces » - ou plus ou moins efficaces - et que vous ne pourrez jamais les traiter toutes ? Il vous faudra réduire tout ça ou rendre votre sujet plus explicite, parce qu'en l'état je ne sais même pas si je m'apprête à lire un mémoire sur les protections hygiéniques, sur les sorts de coussinages, sur les potions contraceptives ou sur des amulettes boucliers. Puisque nous sommes tous les deux venus à la conclusion que JE suis posé, à votre tour de me poser votre sujet.

Son sourire froid se transforma en une grimace éloquente, qu'elle retint. Diantre, si l'envie de rouler des yeux et se lever n'était pas aussi forte, celle de lui en coller une dans la gorge restait bien présente. Pouvait-il être plus insultant et ennuyeux à la fois ? Elle poussa un soupir exagéré et fit craquer ses jointures une nouvelle fois, sortant sa baguette. Devait-elle absolument prouver sa valeur a chaque trouduc qu'elle rencontrerait ? Apparemment. Lui jetant son meilleur regard méprisant - un mélange de regard noir et de sourire dédaigneux révélant ses dents jaunies par le tabac, elle se redressa.

- J'ai toujours été très nulle en titres, je peux l'admettre. Disons qu'une démonstration sera plus... probante.

Elle se leva, s'éclaircit la gorge, et traça une courbe harmonieuse de sa baguette sans prononcer d'autre mot que "Protego". Elle se rassit avec un sourire satisfait tandis qu'un arceau blanc translucide se dessinait faiblement dans les airs, les englobant, elle, le prof, le bureau, et une petite partie de l'amphithéatre. Elle le fixa et répéta distinctement

- Solutions. De protections. Efficaces. Un seul mot, et personne n'entre dans la bulle, sans que je n'y sois consentante. Aucun sort, aucun moldu, aucun projectile, ne passe l'arc de cercle que mon sort vient de décrire. Et franchement, pour être honnête, je n'y ai pas mis tant de volonté que ça. Le périmètre maximum atteint est de 50 mètres carré, et il a duré une dizaine de secondes. Le processus entier est décrit dans les pages entre vos mains. Entre temps, j'ai également développé des sortilèges plus facilement applicables par les familles sorcières afin de filtrer les allées et venues dans leurs logis. Mon propre appartement est ensorcelé de façon à ce que personne ne puisse y pénétrer sans mon consentement. Evidemment, la colocation m'a fait modifier certaines subtilités auxquelles je n'avais pas pensé en élaborant le sort, mais je suis plutôt sûre que si vous vous tentiez à entrer dans mon logement sans que je n'y consente, vous le regretteriez, amèrement. Et la poignée de porte mords.

Elle conclut d'un air légèrement satisfait. Cette poignée de porte parlante était un petit bijou, quand elle y pensait. Surtout qu'elle était la seule à pouvoir décider des questions et réponses qui permettraient l'accès à la porte d'entrée. Le reste était couvert de multiples couches de magie. Elle avait entendu les voisins de palier se plaindre d'interférences avec leur TV récemment, un fait qui l'avait fait réfléchir à des moyens de rendre l'usage de tels sorts plus discrets. D'un mouvement du poignet, elle fit disparaitre le demi-cercle magique les protégeant et étouffa un bâillement avant de se frotter les yeux.

- Enfin bref, je sais de quoi je parle. Mais si vous avez aussi un soucis de fuites urinaires, je connais quelques marques moldues pas dégueu.


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MessageSujet: Re: Premier jour, première angoisse [LIBRE]   Sam 9 Sep - 11:54

Premier jour, première angoisse

La première réaction d'Orcus fut de hausser un sourcil perplexe sur la façon dont l'étudiante se donnait en spectacle. A peine arrivé et il se retrouvait déjà confronté à une jeune femme n'en n'ayant visiblement pas encore fini avec sa crise d'adolescence et pour qui lever les yeux au ciel en s'avachissant sur une chaise était le summum de la rébellion. D'aussi loin qu'il se souvienne, il avait toujours méprisé ce genre d’énergumène à l'école, les trouvant aussi faux que le postiche du journaliste vedette de la gazette du sorcier. Et pour ce qui était d'être faux, il en connaissait un rayon. Mais il était un homme à présent, ici pour remplir un travail et non pour donner dans le social, aussi il décida de rester aussi professionnel que possible. Après tout, c'était lui l'adulte...

Et ainsi vint la seconde réaction du professeur de sortilège. Merlin tout puissant, rien qu'à formuler cette phrase en pensée lui donna l'impression de prendre 10 ans ! Il prit une profonde inspiration et, bien décidé à ne pas se laisser décontenancer pour si peu et, surtout, à ne pas devenir un vieux con avant l'heure, il reprit les choses et, plus précisément, le dossier en mains.

- Votre description de nos deux personnalités me convient.

Sans avoir le temps d'ajouter quoi que ce soit d'autres, elle lui fit sa petite démonstration avec une arrogance à faire passer un lord pour un bouseux. Un bras accoudé sur le bureau, il laissait reposer son menton contre le revers de ses doigts, écoutant attentivement les explications de la jeune femme. L'attitude était à l'image de ce qu'il se déroulait dans sa tête, à savoir qu'il réfléchissait sérieusement à tout ce qu'elle lui racontait, son cerveau n'ayant pas encore été transformé en galerie pour doxys. Visiblement, elle était fière d'elle, et elle pouvait l'être, de là à dire qu'il y avait quoi que ce soit d'exceptionnel... Mais ces réflexions sur sa démonstration se devaient d'être repoussées à plus tard, car si la gamine n'était pas inintéressante, il était hors de question de perdre son temps en de puériles luttes intestines.

Enfin bref, je sais de quoi je parle. Mais si vous avez aussi un soucis de fuites urinaires, je connais quelques marques moldues pas dégueu.

- Vous n'aurez qu'à m'envoyer un hibou pour m'en faire une liste, en tant que novice je serais ravi d'entendre votre expertise sur ce sujet.

Sur ce, il l'invita d'un geste à reprendre place en face de lui.

- Vous braquer ne vous aidera ni vous, ni moi. Je ne vous fais pas part de ma remarque pour avoir droit à vos simagrées, mais parce que c'est mon rôle de vous aider à obtenir votre diplôme. Est ce que mon prédécesseur vous a parlé de la façon dont les soutenances se passent ? Les examinateurs sont tous des hommes et des femmes d'un âge que nous qualifierons d'incertains. Ils auront une trentaine de mémoires comme le vôtre à lire en une semaine, alors vous croyez qu'ils vont se donner la peine de l'éplucher en long, en large et en travers ? Non. Ils vont lire le titre, l'intro et la conclusion et, si vous avez éveillé suffisamment leur curiosité ou que je leur dis que ce que vous avez fait mérite un peu plus d'attention, ils liront en diagonale le contenu. Vous voulez votre diplôme ? Soignez ces 3 parties. Et si je vous fais chier alors soit, sortez de cette pièce et continuez comme ça vous arrange. Après tout, moi ça m'est égal, je ne serai pas moins payé en fonction du nombre de recalés, tout comme je ne serai pas plus payé que vous décrochiez un A ou un O. En outre, vous êtes suffisamment grande pour faire vos choix...

Il recula aussi dans sa chaise et reprit plusieurs petites bouffées de sa cigarette, envoyant valdinguer la cendre quelque part derrière le bureau. Il tourna les premières pages du rapport d'un air distrait dans un silence passager avant de relever ses yeux vers la sorcière en herbe.

- … Mais je préférerais que vous ayez un O. Je préfère l'excellence à la médiocrité, or mon job est d'aider au mieux tous ceux qui se montreront un tant soit peu capable de se déloger la baguette du cul. Si ce n'est pas vous, pas de problème, vous êtes loin d'être la seule dans ma matière et le temps que je ne vous accorderai pas trouvera son utilité auprès de quelqu'un d'autre. Mais on a toujours besoin de quelqu'un pour avancer mademoiselle, qu'il s'agisse de moi ou d'un autre. Alors que décidez-vous ? Si vous voulez sortir je ne vous retiens pas, dit-il en indiquant d'un geste du bras le chemin de la porte, ou êtes-vous prête à écouter tout ce que j'ai à dire sur ce que je viens de voir et d'entendre avec un peu plus de largeur d'esprit, même si ça ne doit pas vous plaire ?  
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MessageSujet: Re: Premier jour, première angoisse [LIBRE]   Jeu 14 Sep - 22:59



Premier jour, première angoisse
Shae ξ Orcus



Avachie sur la chaise, la jeune sorcière tint une cigarette entre ses deux doigts, l'examinant quelques secondes avant de se décider à l'allumer. La glissant à la commissure de ses lèvres, elle attendit encore une poignée de secondes, et l'alluma d'un coup de baguette, exhalant lentement la fumée qu'elle venait d'inspirer. Tout était une question de tempo, de rythme, quelque part. Le rythme de cette journée s'était annoncé plus rock'n'roll que le mur qu'elle venait de percuter. Face à elle, le professeur terminait sa première tirade sur les soutenances de mémoire, les professeurs, et les examinateurs. Et il avait raison - c'était bien là le drame. Elle considéra un instant laisser éclater l'indignation et la colère qui enflaient en elle : mais non. Une année à voyager dans le monde et à affronter des dangers bien plus horribles qu'un professeur à la langue bien pendues avaient certes déclenchés chez elle une drôle de régression en terme de drogue et d'alcool, mais elle avait aussi appris à tenir sa langue quand il le fallait. L'envie de secouer la tête et de marmonner "Bullshit" était néanmoins tenace.

Les examinateurs de Poudlard attendaient des élèves une certaine rigueur, certes, elle le savait. Elle était déjà diplômée. Deux ans d'étude de la Botanique sous la tutelle ferme - sans mauvais jeu de mot - de Pedro, et elle avait su pondre un mémoire sur l'usage des plantes exotiques dans la défense de la maison personnelle du sorcier. A vrai dire, elle était un peu parano, en terme de défense, de base. L'idée qu'on puisse s'introduire chez elle lui était insupportable et sa paranoïa n'avait d'égal que son talent pour inventer des manières extravagantes de se débarrasser des potentiels assaillants. Se tourner vers les Sortilèges pour poursuivre son oeuvre avait été tout naturel, surtout après une année à découvrir qu'il existait des gens bien plus tarés et malsains que ce qu'elle pensait sur cette planète. Elle qui pensait avoir déjà eu sa dose de traumatisme... Se secouant pour ne pas replonger dans les scènes morbides qu'elle avait vécu, la jeune femme finit par se masser les tempes et entrouvrit les lèvres pour enfin répondre, probablement après une éternité d'attente.

Sa voix rauque brisa le silence pesant tandis qu'une volute de fumée s'échappait d'entre ses lèvres gercées laissant apercevoir ses dents jaunies par l'usage trop quotidien du tabac, et elle s'exprima d'une politesse froide, dont la sincérité semblait vaciller d'une seconde à l'autre.

- Je comprends vos inquiétudes, professeur. Pour avoir déjà passé des soutenances, je sais exactement à quoi m'attendre, et vous avez probablement raison de souligner que je n'ai en aucun cas l'air prête.

Elle buta un peu sur ces derniers mots, peinant à admettre la réalité. Elle perdait pied, et sa spirale de soirées alcoolisées n'aidait en rien. Le regret et la culpabilité montaient lentement en elle, et la jeune femme crispa les poings, s'enfonçant les ongles dans les paumes. Il était hors de question qu'un inconnu complet ne la voit dans un tel état. Même ses amis les plus proches n'avaient pas ce droit. Relevant lentement le menton et terminant sa cigarette, elle lâcha une nouvelle expiration plus contrôlée, sans pouvoir arrêter les tremblements de sa lèvre inférieure. Putain de réactions incontrôlées. Elle pinça fermement les lèvres pour ne laisser transparaitre son soudain désarroi, et elle se leva, se détournant pour lâcher une excuse bidon lui laissant l'occasion de se défiler, comme la bonne lâche qu'elle était face à ce genre de situations impliquant une prise de responsabilités.

- Mais ce n'est pas votre problème, c'est le mien. Je reviendrais avec une version plus présentable de mon mémoire quand je serais en mesure d'en produire une. Merci d'avoir pris le temps de me recevoir aujourd'hui.

Elle attrapa son sac, le perchant sur son épaule qui semblait presque décharnée sous l'immense veste de cuir qu'elle portait. Fragile sous ses apparences de junkie, la jeune femme aux cernes plus immenses que ses yeux n'avait rien de la flamboyante étudiante confiante qu'elle était il n'y a pas dix minutes. Dépitée et dégoûtée de sa propre attitude, elle ne désirait qu'une seule chose : fuir et rentrer chez elle, dans son appartement bardé de sortilèges, là où personne n'entrerait la remettre face à ses propres débâcles.

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Premier jour, première angoisse [LIBRE]

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