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 Would you like some venom in your tea ? - With Callisto A. Rowle

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Purple Swan
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MessageSujet: Would you like some venom in your tea ? - With Callisto A. Rowle   Mar 8 Aoû - 17:08



Would you like some venom in your tea ?
Feat Callisto A. Rowle - 15 octobre 2020



Cette journée du 15 octobre était morne, grise et froide. L'humidité d'une forte bruine mouillait les chaussettes des élèves et faisait éternuer les plus frileux. Le temps était idéal pour Aristide qui préférait de loin la grisaille au soleil. Il s'était enroulé dans sa vieille écharpe aux couleurs des Serpentards, maintes fois trouée par les cendres qu'il perdait négligemment dans ses plis lorsqu'il fumait dehors.
Cette journée de cours lui semblait interminable. Il ne pouvait se concentrer qu'une poignée de secondes avant de divaguer. Shae. Shae occupait toutes ses pensées et ne voulait plus dégager. Il se repassait en boucle la discussion houleuse et intense qu'ils avaient eu il y a deux jours. Il rejouait la scène dans sa tête et changeait les parties qui ne lui plaisaient pas. Il se refaisait les dialogues dans leur intégralité.
Elle et lui. Garder le secret.
Qu'est-ce qu'il lui avait pris d'approuver ? Aristide H. Howard ne savait PAS garder de secrets ! Sur le moment, dans le feu de l'action, il s'était comporté comme un héros des romans des soeurs Brontë, assurant avec détachement qu'il ne divulguerait rien de leur "dérapage".
Alors qu'aujourd'hui, avec du recul et deux jours de marmelade mentale, ce scoop lui brulait les lèvres d'un feu violent.
Pire encore, ses retrouvailles avec Callisto après les cours risquaient d'être périlleuses. Sa comparse avait le don redoutable de lui tirer les vers du nez lorsqu’il faisait silence sur ses tourments. Ça ne loupait jamais.
Alors quoi ? Allait-il décommander ? Feindre une soudaine fièvre ? S’auto infliger un silencio en cas de danger ?

Nos deux ex-serpentards avaient pris l'habitude de se voir chez Madame Pieddodu pour boire un thé sans manquer au passage d'échanger moult ragots croustillants. Le choix du lieu de rendez-vous n'était d'ailleurs pas si anodin que ça puisque ce salon de thé à la décoration douteuse était l’endroit favori des jeunes couples. Un poste d’observation idéal pour une commère comme Aristide, qui prenait un malin plaisir à faire des paris sur la durée des couples qui se formaient.
S’il n’y avait rien de mieux à se mettre sous la dent, Callisto et lui analysaient avec minutie les articles de la gazette de Poudlard se moquant avec malignité des accidents de Quidditch.
Lorsque le filon de nouvelles fraiches venait à s'épuiser, nos deux commères professionnelles changeaient de registre pour se lancer dans un état des lieux de leur vie respective. Ces instants de complicité rendaient généralement la semaine agréable.

Les cours enfin terminés pour les étudiants d'Artma, notre grand dadais à la démarche molle se rendit clope au bec jusqu'à pré-au-lard. Un vent frais passa dans ses boucles et il réajusta d'un geste lent son écharpe de laine.
En retard, réalisa t-il, sans se presser plus que ça. Faire attendre les autres ne le culpabilisait pas le moins du monde. Esquivant les flaques boueuses de la rue principale, il tourna à proximité du magasin de plumes Scribenpenne et atterrit enfin dans leur repère.
Ça sentait les petits gâteaux à la cannelle et le thé noir au citron.
Callisto n'était apparement pas encore arrivée… Comment ?! Elle ne pouvait pas avoir oublié leur entrevue ?! Si ?
Il s’installa en ronchonnant à une petite table délicatement recouverte d’un napperon en dentelle. Les minutes passèrent et toujours aucun signe de la sorcière. Ce manque de respect ! Imaginez s’il s’était donné la peine d’arriver à l’heure ?! Comment osait-elle le faire attendre ?! Lui ! Aristide Henry Howard de Norfolk ! Inadmissible vous dis-je !
Après l’agacement, ne la voyant toujours pas pointer le bout de son nez chez Madame Pieddodu, ce fut l’inquiétude. Lui était-il arrivé quelque chose ? Avait-elle été kidnappée par une horde de centaures dans les bois de la forêt interdite ?! OH Callisto !!! Des centaures !!! Elle n’y survivrait pas ! Chaque fois que la porte s’ouvrait on aurait pu croire à l’arrivée de la jeune fille, mais ce ne fut qu’après 4 déceptions qu’elle fit enfin son apparition !

« CALLI ! » s’exclama t-il les yeux embués de soulagement. « Par ici ! »
Il lui fit signe de le rejoindre, un sourire étrangement pincé aux lèvres.
«  Qu’est-ce que tu glandais nom d'un botruc ?! » Mais à voir la mine défaite de la brune aux yeux éteints, il se rendit compte que sa question était malvenue.


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MessageSujet: Re: Would you like some venom in your tea ? - With Callisto A. Rowle   Mar 8 Aoû - 20:11

Would you like some venom in your tea ?

ft. Aristide H. Howard

Jeudi 15 octobre 2020

Callisto repensa à nouveau à la lettre qu'elle avait reçue le matin même. La toute première datait de la semaine des résultats de ses ASPIC, mais depuis l'été, elle avait déjà reçu trois hiboux de ses grands-parents, et elle ne comprenait pas pourquoi. Chaque lettre se soldait par une invitation à prendre le thé. Elle avait toujours vu ça comme une convocation à se faire laver le cerveau par deux vieux sorciers aux mœurs anciennes et douteuses, aussi elle n'avait pas pris la peine de répondre et avait caché les parchemins élégamment décorés dans sa malle. Ils avaient renié son père, l'avaient humilié, et maintenant ils revenaient en fleur pour espérer renouer le contact avec "la digne héritière des Rowle". Tout cela ne faisait aucun sens.

Soupirant, elle essaya de reporter son attention sur le professeur devant elle mais sa tentative fut infructueuse. Son esprit retournait toujours à la lettre, à la signification cachée qu'elle devait avoir –parce que bien sûr qu'il y en avait une, il suffisait juste de trouver laquelle. Cela avait le don de l'irriter au plus haut point. Elle n'arrivait pas à trouver quelconque sens au morceau de parchemin dans sa poche, en plus de ne pas écouter en cours. Encore une journée de perdue, elle le savait. La dernière fois, elle s'était comportée de la même façon, et ce jusqu'au soir. Puis elle avait essayé de tout ignorer et de retrouver un comportement normal. C'était sans compter l'acharnement des Rowle.

Son salut vint enfin lorsque la fin des cours sonna, et elle put rapidement déguerpir de la salle avant que le professeur ne l'approche, essayant de comprendre ce qui n'allait pas avec ce qui était probablement l'une des élèves les plus sérieuses de la classe. La sorcière retourna dans sa chambre, et hésita grandement à dire à Aristide qu'elle ne pourrait finalement pas venir. Il suffisait juste de prétendre avoir un devoir à rendre et elle serait libre pour le reste de la journée. S'asseyant sur son lit, elle découvrit le parchemin et le lut une autre fois.

Bien chère Callisto,

Ta grand-mère et moi-même te souhaitons un très bon mois d'octobre. Au Manoir, le temps semble gâté, le froid s'installe et les cygnes du lac ne vont pas tarder à migrer. Un bal a été donné récemment, dans la propriété des Malefoy. L'ambiance était sublime, et les mets délicieux. Tu aurais sans doute grandement apprécié.

Nous espérons que tu es toi aussi en grande forme, et que tu es traitée convenablement au sein de Poudlard. La digne héritière de la famille Rowle se doit d'être respectée. Notre proposition à venir prendre le thé au Manoir tient toujours, et notre demeure t'est ouverte, il suffit simplement de demander.

Nous te prions de recevoir nos salutations chaleureuses,

Rowena et Osbert Rowle.


Toujours rien. Elle souffla encore une fois de frustration. Même à distance et sans jamais les avoir vus, ses grands-parents lui pourrissaient la vie. Tombant sur le matelas, l'ex-Serpentard essaya de faire le vide dans son esprit, et remarqua avec irritation qu'elle devait le faire plus qu'à l'accoutumée ces derniers temps.

Une idée la frappa soudainement. Aristide était un sang-pur, il avait grandi dans ce monde qu'elle ne connaissait pas, aussi il saurait sûrement quel était le dessein des Rowle. Leur rendez-vous serait un moment parfait pour qu'il accepte de l'aider. Réveillée par la pensée qu'elle venait d'avoir, la sorcière se redressa et s'habilla pour s'accorder au froid qui régnait à l'extérieur.

Leurs rencontres à Pré-au-Lard étaient toujours une occasion d'échanger des ragots, de se moquer des élèves et des joueurs de Quidditch –qui de toute façon se comportaient comme s'ils étaient des dieux, en plus d'avoir l'école à leurs pieds–, ou bien de parler d'eux-mêmes. Callisto ne manquerait pour rien au monde un épisode de la vie d'Aristide, c'était bien trop croustillant. Pourtant, ce jour-là, son humeur maussade, accordée au ciel, l'empêcha d'être excitée à l'idée de voir son ami.

Elle sortit de Poudlard et entama la marche vers le village sorcier d'un pas molasse, enchantant ses robes pour qu'elles soient épargnées par la pluie –elle n'avait pas besoin d'ajouter le fait d'être trempée à sa liste–, et se rendit compte qu'elle était en retard. Haussant les épaules au vide devant elle, la sorcière ne fit pas d'effort pour aller plus vite.

Si cela avait été une journée normale, Callisto serait sûrement allée faire un tour à Honeydukes pour acheter des Gnomes au poivre à Aristide. Ça l'aurait mis de bonne humeur et la séance de commérage n'en aurait été que meilleure. Cette fois-là, elle passa devant le magasin de confiseries sans s'arrêter et entra chez Madame Pieddodu.

CALLI ! Par ici ! fit le timbre familier de la voix d'Aristide, Qu’est-ce que tu glandais nom d'un botruc ?!

Oh, désolée pour le retard, fut sa seule réponse.

L'ex-Serpentard rejoignit son camarade à la petite table aux décorations délicates et garda son regard planté sur la bougie à la vanille devant elle.
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Purple Swan
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MessageSujet: Re: Would you like some venom in your tea ? - With Callisto A. Rowle   Lun 4 Sep - 13:03



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Feat Callisto A. Rowle - 15 octobre 2020



Il aurait fallut être bigleux pour ne pas remarquer que quelque chose clochait. La sorcière s’était laissée tomber sur sa chaise comme si le poids du monde pesait sur ses épaules. Son humeur avait l’air de s’adapter à la grisaille qui s’abattait aujourd’hui sur pré-au-lard. Absente, à fixer la bougie qui trônait au centre de leur petite table, elle s’excusa à peine à propos de son retard. Le timbre de sa voix était monocorde et faible. Aristide la détailla du regard. Pas de gnomes au poivre aujourd’hui ? Anéanti à son tour, il fit la moue en pinçant ses lèvres gercées. Honeydukes était peut-être en rupture de stock ? Ce qui expliquerait l’attitude maussade de sa comparse… Il comprenait. Il y avait de quoi taper le bad. Les gnomes au poivre c’était la vie ! Un raclement de gorge en guise d’introduction, Aristide tenta de dédramatiser :

« Baaaaaah, c’est la pénurie de gnomes au poivre qui te met dans cet état ?! On se rattrapera à Halloween, en dépouillant les Poufsouffles ! »

Sa plaisanterie n’eut pas la moindre effet sur Callisto. Pas un sourire en coin, ni même un regard blasé à son encontre. Un silence inhabituel s’insinuait entre eux. Le comportement de la Snake Wand était anormal et l’inquiétude grandissait peu à peu chez notre Purple Swan qui commençait à se sentir dépassé par la situation. Ok, Aristide réfléchis… pouvait-il y avoir plus grave qu’une rupture de stock de gnomes poivrés ? Était-on… dans la mauvaise période du mois ? Il chassa cette idée de ses pensées, ces détails ne le regardaient pas et quand bien même, il ne s’aventurerait jamais à questionner son amie à ce sujet. Que pouvait-il faire pour alléger l’atmosphère ? Lui qui était plus habitué à plomber l’ambiance ?
Soudain, un éclair de génie le frappa. Ragaillardi par sa propre ingéniosité, il secoua ses boucles avant de frapper la table du plat de sa main. La bougie vacilla avant de retrouver son équilibre :

«  Par Merlin, Calli ! Tu ne vas pas en croire tes oreilles ! Tu te souviens de Jessica Fleetworm ?! Celle qui s’était pris un râteau mémorable par Orlando Pimbus lors du banquet de noël  ?! »  Aristide poursuivit malgré le peu d’attention évident qu’il parvenait à capter chez la sorcière. « Jessica Fleetworm ! Grands pieds, long nez, ex-serdaigle ! Célèbre pour ses crises de larmes en cours de potion ! Bon, et bien… J’ai entendu dire… d’une source fiable… que… ben… en fait, elle…»

Mais Callisto semblait s’évertuer à ignorer ses efforts pour l’intéresser. Il s’arrêta, et la fixa, interloqué. Dévoiler des scoops inédits perdait de son charme lorsque l’interlocuteur n’y mettait pas du sien. L’écoutait-elle seulement d’ailleurs ?

« Ben, elle est morte. Dévorée par un snargalouf. » Conclut-il pour s’en assurer. Mais une vague réaction d’ennui de la part de Callisto le découragea définitivement de poursuivre. Il croisa ses grands bras maigrichons sur son torse et joua lui aussi au roi du silence.
Récapitulons, d’abord un retard, ensuite une absence de gnomes au poivre, puis une taciturnité digne d’un détraqueur. À bien y penser, garder le secret à propos de son dérapage avec Shae Viridian n’allait pas être aussi difficile qu’il ne se l’était imaginé. L’amie qui avait le don de le faire parler semblait injoignable pour le moment, elle voguait dans une réalité alternative de noirceur.

L’intervention d’une serveuse qui venait s’enquérir de leur commande vint briser la bulle de mutisme dans laquelle nos deux compères étaient en train de s’embourber.

« Un thé aux champignons noirs avec un nuage de lait de Yéti nain, accompagné d’un soupçon de ronca des Highlands. Et veuillez hâter le service cette fois ! Sans vouloir vous offenser, vous êtes aussi lente qu’un veracrasse et le thé tiède ne nous sied guère ! » Commanda-t-il d'un ton sec.

Aristide avait retrouvé son arrogance naturelle. Il toisa la serveuse jusqu’à ce que celle ci s’en aille. Puis, faisant mine de s’intéresser à autre chose, il se saisit de la gazette de Poudlard qu’il avait soigneusement plié dans sa besace informe pour en parcourir les nouvelles. Du moins, faisait-il semblant de la lire pour se donner une certaine contenance. Le fil de ses pensées s’emmêlait. Callisto était trop louche pour qu’on l’ignore ! Impatient, et n’y tenant plus, il envoya valser la gazette de façon théâtrale sur la table voisine, renversant les tasses et provoquant les plaintes des clients qui y étaient attablés.

« NOM D'UN SCROUTT À PETARD ! Tu vas me dire ce qui te tracasse et TOUT DE SUITE ! »


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MessageSujet: Re: Would you like some venom in your tea ? - With Callisto A. Rowle   Lun 11 Sep - 21:36

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ft. Aristide H. Howard

Jeudi 15 octobre 2020

Le regard toujours tourné vers la table, et non pas sur le visage de son interlocuteur, Callisto commença à détailler chaque dessin de la fine dentelle posée sur leur table, celle qu’ils choisissaient toujours car elle donnait vue sur tout le salon de thé, mais était quand même dans un coin tranquille pour qu’ils aient un peu d’intimité. Soupirant encore une fois, la sorcière se rendit compte qu’elle avait manqué le début de la tirade d’Aristide quand celui frappa la table du plat de la main, faisant trembler ce qu’elle soutenait. Sans lever les yeux, elle entreprit de tendre l’oreille, discernant quelques bribes du flux qui sortait de la bouche de son ami comme sortaient des limaces du gosier de quiconque se prenait un malheureux Limacius Eructo.

Par Merlin, Calli ! Tu ne vas pas en croire tes oreilles ! Tu te souviens de Jessica Fleetworm ?! Celle qui s’était pris un râteau mémorable par Orlando…

Et des morceaux de la lettre reparurent dans son esprit, éclipsant totalement l’ex-Serpentard. Pourquoi avaient-ils écrit « Tu aurais sans doute grandement apprécié. » alors qu’ils ne la connaissaient même pas ? Cela n’avait vraiment aucun sens. Et elle se triturait les méninges à n’en plus finir pour en trouver un. L’agacement commençait réellement à pointer le bout de son nez. Voulaient-ils qu’elle les aime ? Qu’elle les appelle « papy » et « mamie » comme elle le faisait avec ses grands-parents maternels ? Ils n’avaient jamais été là pour elle, par la barbe de Merlin ! Elle n’était même pas sûre qu’ils sachent à quoi elle ressemblait. Pire encore, elle n’avait jamais vu son père recevoir un hibou d’eux. Rien. Nada.

Leur soudain intérêt était à coup sûr dû à ses résultats aux ASPIC, leur montrant que la progéniture de leur Cracmol de fils était finalement bonne à quelque chose ! Ils avaient même osé lui dire qu’ils espéraient qu’elle soit traitée « convenablement », alors qu’eux-mêmes n’avaient pas été capables de se comporter en parents et d’aimer leur fils malgré sa différence. La moutarde lui monta au nez, et elle aussi eut envie de taper la table avec son poing, comme l’avait fait… –Aristide ne parlait plus ! Il avait les bras croisés et la fixait pensivement. Qu’avait-elle manqué ? L’arrivée d’une serveuse –celle qui sortait avec un Gryffondor de septième année– lui sauva la mise en l’empêchant de répondre un « Ah ? » totalement inapproprié à son ami à la chevelure bouclée. Ami qui commanda plus sèchement qu’à l’accoutumée. La serveuse se tourna vers elle, une pointe d’irritation bien visible sur le visage.

Un Earl Grey, avec des scones. Merci, fit-elle, et la phrase lui parut plus froide qu’elle avait voulu.

Après le départ de la serveuse, Callisto observa Aristide sortir la Gazette du Sorcier du coin de l’œil, aussi discrètement qu’elle put. Il parcourait le journal trop rapidement pour être crédible. Soudainement,  il le balança sur une table voisine. Un couple de jeunes filles lui crièrent dessus, sans savoir que leurs plaintes tombaient dans l’oreille d’un sourd.

NOM D'UN SCROUTT À PETARD ! Tu vas me dire ce qui te tracasse et TOUT DE SUITE !

L’ex-Serpentard sursauta à ces mots, puis l’agacement remplaça la surprise et elle claqua sa langue contre son palais. Elle détestait entendre les gens lui crier dessus. Ses yeux trouvèrent ceux du sorcier, et elle tint son regard avec une aigreur mal dissimulée. Puis, soupirant pour l’énième fois dans la journée, elle s’affaissa un peu sur sa chaise et ses mains trouvèrent le napperon pour le triturer nerveusement.

Code rouge. Encore.

Aristide savait ce que signifiait le code rouge, et elle espérait qu’il n’était pas trop énervé de son absence pour qu’il puisse l’aider à comprendre la totale absurdité qu’était cette foutue lettre. Calliso tenta à nouveau un regard vers son ami, se forçant à le tenir pour qu’il comprenne à quel point le morceau de parchemin l’avait chamboulée.
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MessageSujet: Re: Would you like some venom in your tea ? - With Callisto A. Rowle   Mar 12 Sep - 14:38



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Callisto lui lança un regard noir. Si noir que, face à elle, le sinistros lui même aurait pris peur. Ses yeux lançaient des éclairs assassins et Aristide déglutit à grand peine, plus vraiment fier d’avoir haussé le ton à son encontre. Avait-il oublié le caractère incisif et redoutable de sa complice de commérage ? Probablement.
Il s’était emporté comme s’il avait eu Shae Viridian face à lui. Mais Callisto était à des années lumières d’adopter le même comportement belliqueux et si caractéristique de l’ex-serdaigle. Elle n’était pas du genre à renchérir et hurler plus fort que lui pour se faire entendre. Non, Callisto était du genre force tranquille, se débrouillant toujours pour le remettre en place d’un simple regard qui le rendrait muet d’appréhension.
Il soutint le regard tranchant de la brune, histoire de garder la face, non sans avoir l’envie d’utiliser un retourneur de temps pour effacer sa bévue.  
Bon, c’était un mal pour un bien vous me direz puisqu’il avait tout de même atteint son objectif… c’est à dire, capter l’attention de la sorcière. Un exploit ! Un réel exploit compte tenu de la situation où même la nouvelle croustillante de la mort de Jessica Fleetworm avait fatalement échoué !
Il l’avait compris, ce n’était absolument pas le moment de monter sur ses grands chevaux et il se retint d’en rajouter. Une fois la séance de regards assassins passée, la Snake Wand se " radoucit ", soupirant à vous en fendre l’âme. Elle tripota un moment la nappe de leur table avant d’enfin se prononcer sur le mal qui la rongeait.

- Code rouge. Encore.

Code. Rouge. Code rouge ?!

« CODE ROUGE ?! » S’exclama t-il après quelques secondes de silence consterné.

Callisto avait l’air au bout de sa vie. Le code rouge, il connaissait bien, ce n’était pas la première fois qu’ils y étaient confrontés. Il se frappa le front de ne pas y avoir pensé plus tôt. Quel crétin ! Tous les signes criaient pourtant à l’évidence !
Deux théières suivies de tasses en porcelaine et cuillères ornementés de fleurs des champs flottèrent bientôt jusqu’à leur table. Le thé se servit tout seul offrant des effluves amères et délicates aux narines de nos deux compères accablés. Les scones arrivèrent eux aussi, appétissants à vous en damner l'âme. Notre sorcier dégingandé porta ses deux lèvres gercées à sa coupe et avala quelques gorgées, puis dans un geste sans équivoque, il tendit une main lasse mais autoritaire pour que son amie lui confie cette fameuse lettre. Cette saleté de lettre mensuelle. De cette saleté de famille Rowle. Après avoir parcouru avec attention la superbe calligraphie dont les mots doucereux puaient le vice il reporta son attention vers la sorcière, l’expression grave.

« Je ne veux pas te bousculer, mais je crois qu'il va falloir se décider à leur envoyer une beuglante ! Prends ta plume, je vais te dicter de quoi les clouer au pilori... »  

S’emporta t-il plus que de coutume. C’était la première fois qu’il prenait clairement position sur cette affaire.
Lorsqu’ils abordaient ce sujet épineux, Aristide préférait jouer la carte de celui qui écoute sans se prononcer, inquiet de blesser les sentiments de son amie. Toujours mi figue mi raisin, il s’était bien gardé de dire ce qu’il en pensait vraiment.
Peut-être espérait-il que les sollicitations des Rowle ne cessent un jour. Mais force était de constater qu’ils ne lâcheraient pas leur petite fille de si tôt. Une lettre chaque mois, c’était du harcèlement ! Les Rowle, il les connaissait que trop bien. Toujours fourrés dans les festivités mondaines de la haute société sorcière on ne pouvait pas les rater. Pour vous dresser un tableau valorisant : «  Traitre à leur sang » , semblait être leur sujet de conversation favori. Ils étaient aussi de véritables professionnels de la calomnie, à revendiquer les pratiques désuètes et archaïques d’un temps révolu.
Non, on ne pouvait pas dire qu’Aristide les portait dans son coeur. Mais comment l’avouer à Callisto ? D’après ce qu’elle lui avait déjà confié, elle ne semblait pas leur accorder une grande affection, au contraire même. Et pourtant. Il était toujours délicat de se mêler de ces histoires familiales sans remuer le couteau dans la plaie.
Aristide plissa ses deux grands yeux verts opalescents. Il avait littéralement en horreur ce genre de pratiques hypocrites. Inviter Callisto à venir prendre le thé. Ah ! La bonne blague ! Il ne pouvait croire en leurs bonnes intentions, et quand bien même ne disait-on pas que l’enfer en était pavé ? Un sourire narquois agrandit ses lèvres humidifiées par le thé au lait de Yéti nain.

« Prête ? dit-il avant de singer une voix féminine
Mes chers grands-parents adorés, merci de vous inquiéter quotidiennement de mon hydratation corporelle. Sachez que je bois déjà du thé chaque semaine en compagnie d’Aristide Henry Howard de Norfolk, donc allez bien vous faire foutre. Signé : Votre génialissime petite fille qui se porte mieux sans deux gros boulets dégénérés et vieillissants.
Puis reprenant sa voix normale il conclut, pas besoin de fioriture, simple, efficace, ça va droit au but. Tes grands-parents savent qui je suis, et je dois enfin t'avouer qu'ils m'adooorent. Ça fera bien dans ta beuglante. Je compte sur toi pour y mettre le ton adéquat. »
Pas peu fier de son trait d'esprit, il replongea ses lèvres dans son thé, et termina sa tasse en quelques gorgées, puis il chaparda un scone à son amie.

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MessageSujet: Re: Would you like some venom in your tea ? - With Callisto A. Rowle   Ven 22 Sep - 23:40

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ft. Aristide H. Howard

Jeudi 15 octobre 2020

Après un temps de latence, le visage d’Aristide changea, passant d’énervé à incrédule. Ses yeux prirent la forme de soucoupes, et si elle en avait eu le cœur, Callisto se serait moquée de son expression abasourdie. Il avait l’air d’un poisson hors de l’eau.

CODE ROUGE ?!

Callisto hocha de la tête, toute sérieuse, et croisa les bras en roulant des yeux. Elle en avait marre de toutes ces histoires. Et si Aristide pouvait lui donner un coup de main pour s’occuper une bonne fois pour toutes de ses grands-parents, ce serait un cadeau tombé du ciel. Il avait grandi dans ce milieu étriqué, plein de principes aussi tordus les uns que les autres –elle renifla bruyamment en pensant que certaines familles s’adonnaient très probablement à l’inceste pour garder leur ligne pure–, de fausse noblesse, et même si son influence se ressentait toujours un peu chez le sorcier, il avait réussi à s’en distancer et comprendre que la vie n’était pas celle que lui dépeignait sa famille et son éducation. Malgré cela, Aristide restait fidèle à lui-même : arrogant, couard, renfrogné, mais différent des autres, et –étonnamment, surtout au début–, plutôt agréable quand on apprenait à le connaitre. Bien sûr, Callisto ne lui avait jamais dit ça en personne, se contentant de lui lancer des piques sur son caractère amer de temps en temps, et elle ne le ferait probablement jamais. Il n’en finirait plus d’en parler !

Deux sets à thé lévitèrent jusqu’à la table, servant le thé de façon autonome, et les scones suivirent très rapidement. Comme un rapace, Callisto attrapa un des biscuits, le surchargea de crème, et le trempa dans la boisson à laquelle elle avait préalablement ajouté du lait et du miel –sa combinaison préférée–, puis le porta avidement à ses lèvres. Le stress engendré par le satané de morceau de parchemin lui donnait faim, et les scones de chez Madame Pieddodu étaient à tomber. Alors que la sorcière tentait de finir la pâtisserie sans s’en mettre de partout, Aristide lui tendit la main, et elle fouilla gauchement au fond de sa poche pour y dénicher la lettre des Rowle. Il la lut rapidement et lui lança un regard sérieux.

Je ne veux pas te bousculer, mais je crois qu'il va falloir se décider à leur envoyer une beuglante ! Prends ta plume, je vais te dicter de quoi les clouer au pilori...

S’ils l’avaient pu, les sourcils de Callisto seraient montés jusqu’à la racine de ses cheveux. Aristide n’avait jamais réellement pris parti dans sa lutte contre ses grands-parents, se contentant de hocher de la tête lorsqu’elle répétait qu’elle ne leur répondrait pas, et qu’ils ne méritaient rien de sa part de toute façon. A chaque fois, elle espérait qu’il lui dise quelque chose de décisif, qui l'aide vraiment à se décider sur ce qu'elle devait faire, mais alors il s’effaçait, ou essayait de changer de sujet –ce qui était une bonne idée, bien sûr, mais le problème ne pouvait être indéfiniment ignoré. Peut-être qu’il les trouvait assez ressemblants à ses parents et n’osait pas lui dire, elle n’en savait rien et n’avait jamais posé la question. Pourtant, elle continuait de lui en parler, car il était le seul sang-pur à qui elle faisait assez confiance pour aborder un sujet aussi personnel et délicat.

Aristide avait l’air assez fier de lui, et Callisto en conclut qu’il devait avait une idée bien formée derrière la tête. Elle concentra toute son attention sur lui, sa tasse de thé au bord des lèvres… et manqua de la faire tomber quand il prit une voix aigüe. Son premier sourire de la journée lui fut arraché par un Aristide la singeant, et des rires la firent se secouer sur sa chaise lorsqu’il s’exclama, très passionné, qu’ils pouvaient « aller se faire foutre ».

Pas besoin de fioriture, simple, efficace, ça va droit au but. Tes grands-parents savent qui je suis, et je dois enfin t'avouer qu'ils m'adooorent. Ça fera bien dans ta beuglante. Je compte sur toi pour y mettre le ton adéquat, conclut-il, un grand sourire au lèvres.

C’était excellent, Ari, dit-elle. Je pense que ça leur clouerait le bec une bonne fois pour toutes ! A moins qu’ils ne reprennent leurs lettres en me demandant d’arrêter de t’approcher. Je suis certaine que tu leur as fait une impression foudroyante !

Sa tasse se vida d’une traite, et elle fourra un nouveau scone dans sa bouche en faisant mine de réfléchir. Peut-être qu’elle allait répondre, cette fois-ci. Mais un souci persistait, et elle en fit part à son ami qui était en train de lui voler un des divins biscuits.

Tu penses que je devrais prévenir mon père ? Il-Il ne sait pas pour les lettres, ni celles-ci, ni celle du début de l’année –civile, je veux dire. Je me demande ce qu’il penserait… Mais j’ai peur de le contrarier avec ces foutaises. Ça fait des années qu’il n’est plus en contact avec eux, tu sais, je t’avais dit qu’ils l’avaient déshérité –mais je crois que c’est courant chez les sang-purs quand l’enfant ne suit pas le chemin tracé. Je suis un peu perdue… D’un côté, j’ai envie de les envoyer paître, mais d’un autre– Mon père, le pauvre… Je ne pense pas qu’il me dirait vraiment quelque chose, mais il prend toujours tout sur lui. J’ai peur ce que soit la goutte d'eau qui fera déborder le vase.
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MessageSujet: Re: Would you like some venom in your tea ? - With Callisto A. Rowle   Mer 27 Sep - 12:38



Would you like some venom in your tea ?
Feat Callisto A. Rowle - 15 octobre 2020



Les traits auparavant tendus de la sorcière se décrispèrent tout à coup. Le masque de morosité qu’elle arborait depuis son entrée chez Madame Pieddodu venait de céder. Ses lèvres s’étiraient comme la corde d’un arc pour découvrir l’ivoire de belles dents brillantes. Elle décocha un premier rire ; et cela faisait du bien de la voir se dérider un peu. Ce rire encouragea Aristide à persévérer dans son imitation improvisée. Elle riait maintenant aux éclats.
Constater que Callisto puisse rire aussi franchement à ses bêtises le rassura sur deux points. Premièrement, cela prouvait que le spleen qui pesait sur ses épaules n’était pas complètement irréversible. Deuxièmement, l’humour douteux de notre grand nigaud avait l’air de s’affiner de plus en plus. Ce qui n’était pas pour lui déplaire. Tout le monde n’était pas apte à comprendre son ironie naturelle. Oui, il fallait une intelligence supérieure pour se faire. La plupart du temps, dans la plèbe ignare, il se prenait régulièrement des « Ta gueule Howard » ou pire encore, des silences suivis de regards assassins. Callisto n’était pas bon public, non, elle était tout simplement très intelligente. N’est-ce pas ? Ragaillardi par le scone qu’il venait de chaparder et d’avaler nature, il souriait lui aussi. Pinçant ses lèvres pour éviter de dévoiler le calvaire innommable qu’était ses dents. Callisto quant à elle retrouva son calme avant d’enfin prononcer ce qui fut plus de trois mots.

— C’était excellent, Ari, je pense que ça leur clouerait le bec une bonne fois pour toutes ! A moins qu’ils ne reprennent leurs lettres en me demandant d’arrêter de t’approcher. Je suis certaine que tu leur as fait une impression foudroyante !

L’intuition de la sorcière touchait juste. Une impression foudroyante. C’était peu de le dire. Lors d’une réception chez les Malefoy, Aristide s’était un jour inquiété des effets de la consanguinité chez les sang-purs et avait osé aborder ce débat avec les Rowle par un « Dites donc, j’ai entendu dire que votre fils était Cracmol, vous pensez que cela a quelque chose à voir avec les parties de jambes en l’air entre cousins ? »
Cela s’était soldé par quelques exclamations méprisantes et un silencio bien placé de sa mère, Madame Howard, qui guettait ses possibles bévues de loin. Les Rowle n’avaient apparement pas le sens de l’humour adéquat ni l’intelligence supérieure de leur petite fille.
Mais alors que l’atmosphère semblait s’être allégée, et qu’il se remémorait cet instant glorieux, son amie fronçait à nouveau les sourcils, retrouvant le sérieux des premiers instants.

— Tu penses que je devrais prévenir mon père ?

Outch. Callisto s’inquiétait donc pour son paternel… Le cracmol en question. Non pas qu’être Cracmol soit une tare hein, Aristide lui même avait un petit cousin Cracmol qui travaillait à la Poste de Pré-au-Lard sans que cela ne l’ai jamais empêché de vivre correctement. Mais un enfant Cracmol était une corde sensible chez les sang-purs. Considéré comme une malédiction qui faisait tache dans le CV de la supériorité. Un sujet tabou. La brune poursuivit, on touchait au véritable noeud du problème.

— Il-Il ne sait pas pour les lettres, ni celles-ci, ni celle du début de l’année –civile, je veux dire. Je me demande ce qu’il penserait… Mais j’ai peur de le contrarier avec ces foutaises. Ça fait des années qu’il n’est plus en contact avec eux, tu sais, je t’avais dit qu’ils l’avaient déshérité –mais je crois que c’est courant chez les sang-purs quand l’enfant ne suit pas le chemin tracé. Je suis un peu perdue…

Deuxième Outch. Evidemment que cela allait le foutre en rogne. Et oui, les sang-purs n’étaient pas réputés pour leur côté conciliant. C’en était presque caricatural chez eux de menacer de déshériter leur descendance pour le moindre pet de travers. Callisto pouvait légitimement être perdue. C’était du lourd. Aristide croisa ses doigts en posant ses coudes sur la table, appuyant son menton contre ses mains jointes. Il écoutait avec attention, plissant ses yeux verts comme s’il scrutait les abîmes d’un casse-tête chinois.

— D’un côté, j’ai envie de les envoyer paître, mais d’un autre– Mon père, le pauvre… Je ne pense pas qu’il me dirait vraiment quelque chose, mais il prend toujours tout sur lui. J’ai peur ce que soit la goutte d'eau qui fera déborder le vase.

Diplomatie or not diplomatie ? Notre grand nigaud ne savait plus exactement quoi dire. Son amie était bien trop inquiète pour qu’il se risque à retenter le coup des pitreries. Il soupira. Un long soupir de lassitude. Ces histoires finissaient par entamer sa bonne humeur. Tout ceci était bien trop criant de vérité. Il s’adossa contre sa chaise un instant, méditant sur la situation dans laquelle se trouvait Callisto.

« D’un côté tu as envie de les envoyer paître, mais d’un autre… ? » releva t-il, incrédule. « Tu n’envisagerais pas sérieusement de tenter l’expérience ? Si ? » Il fit une pause avant de poursuivre. « Je comprends ta curiosité, Calli, mais crois moi, les Rowle… » conscient qu’il marchait en terrain miné, il se reprit « Ces Rowle là je veux dire, tu n’as pas envie de les connaître… »
Il chaparda le dernier scone pour se rasséréner et oublier un instant qu’il avait presque insulté son amie en faisant une généralité patronymique. Son tact légendaire n’en loupait pas une… Il avala le scone précipitamment de peur qu’elle ne lui reprenne des mains et ajouta un peu plus calme.
« Je pense que tu devrais mettre ton père au courant au sujet de ces lettres, et ce avant de prendre une décision. » Dit-il avec une certaine douceur qui se faisait rare chez lui en temps normal. « Je suis sûr qu’il te donnerait moult raisons pour te couper l’envie de les rencontrer. Te couper l’envie pour de bon. Qu’est-ce qu’il t’a déjà dit à leur propos ? Vous en avez déjà discuté vraiment ? Et surtout, qu’attendrais-tu de cette rencontre ? Tu es bien consciente que s’ils mettent leurs sales mains fripées sur toi, ils ne te lâcheront plus ? C’est comme si tu te plantais dans une toile d’araignée. Et tu vas finir maquée contre ta volonté à un gars de la haute de dix ans ton ainé, qui louche et pue de la gueule ! Tu vas rien comprendre ! »


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MessageSujet: Re: Would you like some venom in your tea ? - With Callisto A. Rowle   Sam 28 Oct - 21:19

Would you like some venom in your tea ?

ft. Aristide H. Howard

Jeudi 15 octobre 2020

La moue d’Aristide se transformait à chacun de ses mots, prenant des nuances de plus en plus concentrées, et peut-être même inquiètes. Les bras croisés sur la table et les yeux rivés sur elle, il la laissa parler et déverser ses inquiétudes sans l’interrompre une seule fois. Après sa tirade, Callisto lança un regard à travers la vitrine, se mordillant la lèvre nerveusement, et observa la fine pluie s’écraser contre le bitume de Pré-au-Lard et le verre transparent de la devanture du salon de thé. L’atmosphère grise et morne de l’extérieur contrastait clairement avec l’intérieur chaud et cosy dans lequel les deux ex-Serpentard se trouvaient, et la sorcière réprima un petit frisson –de froid ou bien de peur, elle ne savait pas–, avant de reporter son attention sur son ami juste alors qu’il lançait un long soupir. Il semblait en avoir presque aussi marre qu’elle.

— D’un côté tu as envie de les envoyer paître, mais d’un autre… ? Tu n’envisagerais pas sérieusement de tenter l’expérience ? Si ?
lui fit-il, comme s’il n’en revenait pas.

Callisto sentit une pointe de gêne à son incrédulité, et cacha ses joues rosissantes –de honte ?– derrière ses cheveux. L’idée lui avait effleuré l’esprit quelques fois, mais elle s’était toujours forcée à taire sa curiosité et à faire comme si de rien n’était. Pour autant, et malgré toute la colère et la rancœur qu’elle ressentait envers ses grands-parents, il lui était arrivé de se demander comment les choses auraient pu tourner si les sang-pur étaient plus tolérants, si son père n’avait pas été renié et jeté comme une chaussette sale à peine majeur, si ce morceau de sa famille avait été normal.

Je comprends ta curiosité, Calli, mais crois moi, les Rowle… –Ces Rowle là je veux dire, tu n’as pas envie de les connaître…

La sorcière sourit amèrement. Elle avait toujours été choyée par ses grands-parents moldus. Les sorties le weekend, les après-midis passés à préparer des tartes au citron ou des fraisiers à la crème fouettée, les fois où c’était eux qui l’attendaient devant le portail de l’école, tous ces souvenirs, elle les conservait précieusement au fond de son esprit. Même lorsqu’elle faisait les quatre cent coups dans le jardin avec ses cousines, ou bien qu’elle décidait de faire prendre un bain impromptu à Daisy –le petit cocker que la famille avait offert à Poppy, sa grand-mère–, ils l’avaient toujours grondée avec réticence, et cédaient presque toujours à ses grands yeux larmoyants. Petite, elle avait toujours adoré ces moments-là.

Mais l’amertume et la pointe de trahison qui l’avaient envahie lorsque son statut fut révélé et que ses grands-parents jugèrent meilleur de l’éviter avaient basculé la balance. Les sentiments d'amour, de joie et les rires avaient été remplacés par une sensation d'oppression dans sa poitrine. Et, comme si consciente des pensées de la sorcière, cette gêne se fit soudainement un peu plus présente, la faisant serrer ses poings sous la table. Les Rowle, eux, c’était tout le contraire. Ils l’avaient ignorée toute sa vie, et ne faisaient leur apparition que maintenant... La voix d’Ari dissipa le brouillard de ses pensées.

Je pense que tu devrais mettre ton père au courant au sujet de ces lettres, et ce avant de prendre une décision. Je suis sûr qu’il te donnerait moult raisons pour te couper l’envie de les rencontrer. Te couper l’envie pour de bon. Qu’est-ce qu’il t’a déjà dit à leur propos ? Vous en avez déjà discuté vraiment ? Et surtout, qu’attendrais-tu de cette rencontre ? Tu es bien consciente que s’ils mettent leurs sales mains fripées sur toi, ils ne te lâcheront plus ? C’est comme si tu te plantais dans une toile d’araignée. Et tu vas finir maquée contre ta volonté à un gars de la haute de dix ans ton ainé, qui louche et pue de la gueule ! Tu vas rien comprendre !

L’ex-Serpentard eut une grimace de dégoût à ces derniers mots. Un consanguin en tant que mari, génial comme idée !

Il n’en parle pas souvent, mais je sais qu’ils l’ont laissé à lui-même avec une bourse de Gallions quand il avait dix-sept ans, même pas à la majorité moldue. Avant ça, je crois qu’il sortait à peine, et des cours lui étaient dispensés au Manoir Rowle. Du coup, quand il est arrivé tout seul pas loin de Warrington, il a dû réapprendre à vivre... Il ne parle pas beaucoup de son enfance, il ne doit pas en garder un bon souvenir.

Callisto passa une main dans ses cheveux, espérant chasser les images des conversations qu’elle avait surprises alors qu’elle n’était même pas encore à Poudlard, du regard perdu de son père, de ses mains fermement tenues par celles plus menues de sa mère, de l’homme d’ordinaire grand et fier qui semblait si troublé et fragile.

Je sais bien que ce ne sont pas des gens bien ; qui laisserait son unique enfant seul face à un monde qu’il ne connaît pas ? Mais j’aimerais savoir pourquoi ils n’ont donné aucun signe de vie depuis plus de vingts ans, pourquoi refont-ils surface maintenant ? Pourquoi avoir choisi le début du conflit pour entrer en contact avec moi ? Pourquoi ne pas avoir commencé avec mon père ? Je sais que c’est une très mauvaise idée de chercher des réponses de leur côté, que rien ne me garantit qu’ils seront honnêtes, et j’ai tellement peur de décevoir mon père en leur répondant, mais je n’ai pas envie de le blesser plus qu’il ne l’est en le faisant parler de sa vie d’avant…

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MessageSujet: Re: Would you like some venom in your tea ? - With Callisto A. Rowle   Lun 20 Nov - 15:29



Would you like some venom in your tea ?
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Je sais bien que ce ne sont pas des gens bien ; qui laisserait son unique enfant seul face à un monde qu’il ne connaît pas ? Mais j’aimerais savoir pourquoi ils n’ont donné aucun signe de vie depuis plus de vingts ans, pourquoi refont-ils surface maintenant ? Pourquoi avoir choisi le début du conflit pour entrer en contact avec moi ? Pourquoi ne pas avoir commencé avec mon père ? Je sais que c’est une très mauvaise idée de chercher des réponses de leur côté, que rien ne me garantit qu’ils seront honnêtes, et j’ai tellement peur de décevoir mon père en leur répondant, mais je n’ai pas envie de le blesser plus qu’il ne l’est en le faisant parler de sa vie d’avant…

La bruine prenait des allures de pluie battante, on entendait le clapotis de l’eau frapper en rafales plus ou moins fortes la vitrine de leur refuge. Une ambiance particulière régnait chez Madame Pieddodu. Les conversations des jeunes gens attablés étaient timides et semblaient s’ajuster à la grisaille. Aristide observait Callisto avec déférence. Ses vannes semblaient mal venues et ne faisaient qu’alourdir un sujet déjà pénible. Pouvait-il modérer la curiosité de son amie ? Proférer des avertissements suffirait-il à la décourager ? Force était de constater que les intentions de la sorcière étaient encore incertaines. On aurait dit une enfant qui, attirée par le feu, devait toucher la flamme de ses doigts pour en appréhender la brûlure.  
Que pouvait-il trouver de mieux à dire pour l’empêcher de vouloir découvrir un pan de sa vie ? Peut-être qu’une rencontre entre Rowle était inévitable après tout ? Aristide n’était plus sûr de rien, d’ailleurs il n’avait pas la sagesse requise pour comprendre l’envergure d’une telle situation. Les états d’âme de Callisto envers son père semblaient être le frein principal à cette rencontre. Qui sait ce qu’elle aurait fait si son père ne comptait pas dans la balance ?
Quelles étaient les intentions des Rowle ? Se triturant les méninges, notre sorcier dégingandé ne savait plus très bien quoi en penser. Devait-il se montrer rassurant ? Réconfortant ? Compréhensif ?  Ou bien au contraire, dur et autoritaire ? Qu’avait-elle besoin d’entendre ? Attendait-elle inconsciemment un soutien de sa part pour l’encourager à prendre contact avec ses grands-parents ? Le sourcil arqué, Aristide touilla son thé en ajoutant une dose conséquente de lait de yéti nain. Le mélange du liquide doré au lait visqueux et jaune pâle dansait la valse dans sa tasse et absorba le sorcier quelques secondes.

«  Une chose est sûre, ils ne méritent pas l’attention que tu leur portes en ce moment. Je ne peux pas prétendre savoir ce qu’ils ont en tête mais je crois pouvoir affirmer sans me tromper que leur démarche n’est pas innocente. Quant à savoir pourquoi ils n’ont pas donné signe de vie plus tôt… J’imagine que tu es simplement victime de ton excellence, faut dire que t’es loin d’avoir raté tes ASPICs… Les bons résultats ça fait toujours son petit effet chez les consanguins. »

Sur ce dernier trait d’humour cynique, il trempa ses lèvres dans sa tasse et avala bruyamment quelques gorgées. Consanguin. Il repensa à la blonde démoniaque, Shae. C’était le sobriquet préféré qu’elle proférait à son encontre lorsque ça pétait entre eux. Il était amusant de se dire qu’il employa lui même ce terme aujourd’hui pour dédramatiser.
Initialement dénué d’autodérision, Aristide sentait que quelque chose changeait en lui. Côtoyer le paillasson avait des effets incontestables sur sa personne. Était-ce un bien ? Était-ce un mal ? Le souvenir fugace de la nuit qu’ils avaient partagé se fit soudain vif à sa mémoire. Oh shit. Nique la logique. Il reposa sa tasse abruptement comme pour s’en débarrasser mais le sourire niais qu’il affichait trahissait sa pensée profonde. Le moment était terriblement malvenu pour se réjouir. Calli avait besoin de lui, de son attention toute entière, et lui… Lui déviait, obsédé par ce qui lui était arrivé. Obsédé par ce secret brûlant qu’il avait promis de garder contre sa volonté. Il planta son regard de serpent dans celui de son amie et explosa

«  CALLI ! QU’EST-CE QUE TU PENSES DE SHAE VIRIDIAN ?! » Cria t-il en frappant la table du plat de sa main en brisant éhontément la quiétude qui régnait chez Madame Pieddodu. Les regards se tournèrent vers eux comme s’ils avaient lâché une bombe.
« MELEZ-VOUS DE VOS RAVEGOURDES VOUS ! » Lâcha t-il sur un même ton à l’adresse des curieux qui semblaient plus gênés qu’indiscrets envers cette effusion de voix soudaine. Ses joues prenaient des teintes roses et ses yeux brillaient d’une drôle d’exaltation, Conscient de l’égoïsme brutal qui l’envahissait à présent, il reprit plus bas :
«  Sois honnête, moi je m’en fous mais c’est pour un ami… qui… l’aime bien. »
S’attendait-il à entendre des louanges au sujet de cette excentrique ? Cherchait-il une quelconque approbation de la part de son amie ? Toujours est-il qu’il avait le besoin d’en parler. Le besoin de mener le sujet sur quelque chose dont il ne pouvait plus se débarrasser. Sa passion grandissante pour Shae Viridian, la sorcière la plus farouche et tarée qu’il lui était arrivé de rencontrer.


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