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 Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)

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Wolf Shadow
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MessageSujet: Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)   Dim 11 Juin - 13:05



Breathing feels exhausting sometimes
Shae ξ Aristide


Un rayon de soleil filtrait des stores abaissés sur les immenses fenêtres de la chambre. Il venait caresser la joue de Shae, la réchauffant doucement, l'incitant à se réveiller et commencer sa journée. La soirée précédente avait été plus que débauchée. Le weekend, Londres devenait la capitale de l'alcool, et de la débauche. Moldus, sorciers, tous avaient leurs rituels. Celui de Shae, Logan, Ruth et plus récemment Aristide, était d'aller dans un bar s'échauffer un peu les esprits, puis d'aller se déchainer dans la seule boite sorcière qui en valait vraiment le coup, un espèce de bunker souterrain juste avant l'Allée des Embrumes, nommé le Dead Men Tell No Tales. Un nom long et pompeux de l'avis de Shae, mais qui résumait bien l'ambiance électrique du bar, la musique qui venait leur défoncer les tympans et les basses résonnant dans leurs corps jusqu'à ce que tout le reste s'efface. Se noyer dans les sensations était presque devenu un réflexe de survie récemment. Si elle s'abrutissait suffisamment l'esprit avant de s'effondrer dans son lit, les cauchemars ne revenaient pas. Elle avait tout testé. Le whisky, le rhum, la vodka. Parfois un mélange des trois - une idée désastreuse. Le Champifleur. Des trucs un poil plus dur dont elle tairait le nom.

Tout était bon tant qu'elle parvenait à oublier les atroces images qui revenaient la hanter. Alors ce matin là, en s'éveillant, Shae se sentait bien. Presque relaxée. Elle roula dans son lit en s'étirant, s'étonnant que les draps soient repoussés de façon si extrême. Un courant d'air la fit frissonner, la forçant à ouvrir un oeil pour constater qu'elle était nue. Elle ne se rappelait même pas s'être déshabillée en rentrant. A vrai dire, tous ses souvenirs de la veille étaient plus que confus. Une courbature la fit grimacer, et elle se redressa avec un grognement, s'asseyant dans le lit... s'apercevant enfin qu'elle n'était pas seule. Figée, elle détailla la masse de cheveux noirs bouclés et le corps qui lui appartenait, se rendant compte de plusieurs choses.

Un homme nu dormait à ses côtés. Et ce n'était pas Pedro. Le professeur n'aurait jamais pris le risque de dormir dans son appartement, et elle ne l'avait pas vu du weekend, un colloque important l'ayant appelé en Irlande. Elle était nue. Avec un mec nu. Le calcul semblait simple, mais elle se refusait à admettre l'inévitable. Elle avait... Elle avait couché avec Aristide Henry Howard de Norfolk.

- Non.... Non non !!!

Un gémissement sourd lui échappa et elle se recroquevilla, accablée, répétant les "Non" en boucle, inlassablement. Elle avait déconné, déconné grave. Elle ne se souvenait de rien ! Peut-être que ce n'était qu'une mauvaise blague ? Peut-être n'avaient-ils rien fait ? Peut-être qu'Aristide avait simplement voulu échapper au canapé carnivore pour une nuit et s'était effondré dans le premier lit qu'il avait trouvé ? Un flash de la veille lui confirma qu'elle se racontait des histoires, et elle se massa les tempes, la migraine l'assommant comme le poing vengeur de la destinée. Un tourbillon d'émotions circulait en elle, et la panique prenait le dessus. Elle se leva soudainement, d'un bond, ses cheveux blonds balayant ses épaules, allant attraper de quoi se couvrir, puis allant verrouiller la porte. Il ne fallait pas que Logan sache. Il ne fallait pas que Ruth sache. Il fallait que personne ne sache. Elle se tourna vers l'objet de son délit, la preuve vivante qu'elle avait fauté, et examina froidement ses options.

Il dormait là, paisiblement, les traits détendus. Meilleure mine que quand ils l'avaient repêché de la rue, un mois et demi auparavant. Malgré ses ronchonnements quotidiens et ses plantes quant à l'appartement, les plantes, le canapé, et un peu tout ce qui pouvait avoir l'outrage de le déranger, il avait fini par s'intégrer familièrement à la colocation, et reprendre des couleurs. Peut-être pas goût à la vie, mais au moins un poil plus qu'auparavant. Leurs joutes verbales étaient toujours dévastatrices et hilarantes à la fois, comme jouer une pièce de théâtre. Mais Shae ne pouvait pas se laisser attendrir par le souvenir d'un vieux béguin de ses seize ans. Elle devait garder la tête froide, et son esprit devait à tout prix cesser de lui renvoyer des flashs de la veille.

Entre l'alcool, le bruit, et l'ambiance suffocante, elle n'avait pas réussi à se noyer dans autre chose que son angoisse, le soir précédent. Elle se souvenait clairement de la crise de panique, de la suffocation, et de sa sortie précipitée de la boite pour tenter de respirer et retrouver son calme, sans grand succès. Elle se souvenait des larmes coulant sur ses joues, impossibles à stopper malgré la haine intense qu'elle éprouvait envers sa propre faiblesse. Elle se souvenait aussi de la main qui était venu les cueillir pour les arrêter, du réconfort maladroit et aussi arraché qu'elle l'était, qui s'était terminé par une sorte de réconfort physique qui avait su la tirer de ses cauchemars éveillés.

Shae ferma les yeux pour arrêter les flashs, se concentrant pour se focaliser sur Pedro. Pedro, qui serait brisé si il apprenait ce qu'il s'était passé. Personne ne devait savoir.  Elle ne pouvait pas se mettre à hurler et taper un scandale. Elle ne pouvait pas se permettre de jeter Aristide par la fenêtre non plus. Inspirant difficilement, elle s'avança à pas de loup vers le lit. Mentir ? La jouer franche ? Et si il ne se souvenait de rien lui non plus ? Un ronflement sonore s'échappa soudainement du jeune homme tandis qu'il roulait pour changer de position, et elle grimaça. Ok, au moins le charme de la nuit embrumée précédente était bel et bien rompu. Elle se pencha et le secoua sans ménagement, tentant désespérément de ne regarder que son visage.

- Aristide ! Réveille toi !

Sa voix était cassée, plus rauque que d'ordinaire, et malgré son ton qu'elle avait voulu adoucir, le réveil sonnait toujours un peu sec. Elle s'écarta légèrement, tentant à grand peine de conserver un visage de marbre, tant la panique semblait vouloir prendre le dessus. Elle avait merdé, elle avait trompé Pedro, elle avait montré sa faiblesse à Aristide, elle avait accomplit en une seule nuit plus de fautes qu'en une vie. Elle se sentait misérable et affreuse, et elle n'avait qu'une envie : fuir. Prendre un sac et disparaitre dans la ville, partir pour un autre pays, et échapper aux conséquences de tous ses actes. Mais il aurait été méprisable d'agir ainsi, et si Shae se défendait bien d'une chose, c'était d'être misérable. Elle n'assumerait juste peut-être pas aujourd'hui même. Ni le mois prochain. Elle... Elle allait attendre de voir comment les choses se dérouleraient. Juste pour... être sûre.

Avec un peu de chance, Aristide la regarderait avec horreur puis déguerpirait sans demander son reste, se demandant comment il avait pu s'abaisser à une telle décadence. Tant qu'il fermait sa gueule, elle n'en demandait pas plus, bien que l'idée d'être considérée aussi bassement réveillait chez elle une ancienne douleur dont elle voulait taire l'existence depuis longtemps.

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MessageSujet: Re: Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)   Dim 11 Juin - 22:06



Breathing feels exhausting sometimes
Shae ξ Aristide



- Aristide ! Réveille toi !

Aristide ne se réveillait pas. Après des semaines à dormir sur un canapé capricieux qui manquait de l’avaler à chaque fois qu’il se retournait, ce soudain confort l’avait assommé pour de bon. Appréciant les draps d’un lit frais et king size. La tête enfoncée dans un oreiller moelleux aux parfums de propreté. Rien ne l’extirperait du pays de Morphée. Rien !
Toujours est-il que la soirée mouvementée de la veille contribuait aussi à son coma profond. Combien de pintes avait-il avalé cul sec pour impressionner la galerie ? Des tonnes.
Sa rivale de beuverie, Shae, l’avait entrainé sur des pentes vertigineuses où la défaite cuisante de se voir surpasser par une  "fille" avait blessé son égo de "meilleur alcoolique". SI tant est qu’on puisse encore appeler Shae Viridian une "fille".
Non, on ne parle pas ici de son côté masculin prédominant. Mais plutôt de son côté femme. Shae Viridian avait muté lors de ses années post-Serdaigle. Tout en elle avait changé. À commencer par son physique, plus mature, plus fort et un brun plus… cassé. Son caractère avait également subit d’étranges transformations. Le rire franc de la blonde avait laissé place à un maigre sourire étrangement cynique. Notre grossier Purple Swan se gardait généralement bien de lui avouer son inquiétude. Préférant batailler avec elle, sur les sujets futiles de la vie en colocation. Oui, Aristide Howard était inquiet. Aussi étrange que cela puisse paraître, il se souciait de ce changement radical qui officiait sournoisement chez cette paillasse de cheveux blonds et rétifs. De ce qu’il se rappelait de leurs années à Poudlard, la sorcière affichait toujours la dose de jovialité propre aux personnes dotées d’un tempérament expansif. Pour avoir déjà subit les conséquences d’une sortie à pré au lard avec le phénomène, Aristide savait. Il savait que ce n’était plus la même personne qu’il côtoyait aujourd’hui. Tout comme il n’était plus le même depuis son année passée chez papa et maman à broyer du noir avant de reprendre ses études. Il faut dire aussi, que les conversations des deux sorciers se résumaient généralement à se gueuler dessus. Se reprocher des choses, se montrer du doigt l’un l’autre et s’accuser de ne pas avoir débouché les toilettes après utilisation… Rien qui ne donnait l’occasion de s’épancher, donc.
Aristide était plongé dans un sommeil sans rêves, un sommeil de plomb imperturbable. Il était bien, il se sentait véritablement bien, paisible et serein. Un ronflement en toute réponse à l’injonction de celle dont il partageait le lit, il se retourna mollement, plein de sommeil.
Attendez… là.
CELLE dont il partageait le LIT ?! Aristide ouvrit brusquement les yeux. Ses paupières étaient collées de croutes et quelques uns de ses cils perdirent la bataille, arrachés. Il contempla le visage impassible et froid de CELLE dont il partageait le LIT. Estomaqué. Qu’est-ce que c’était que ce bordel ?! Un défilé de pensées terribles lui broya l’estomac, sa bouche était sèche et pour être honnête, son haleine avait encore les relents immondes de whisky pur feu d’une soirée bien arrosée. Il se redressa.

«  Shae ?! » Croassa t-il de sa voix rauque qui semblait couverte d’un voile gras.

Oui. Shae. Elle avait les traits tirés et recouvrait son corps d’un drap assez fin pour qu’on en devine la nudité. Alors, ils l’avaient fait. Des souvenirs confus l’assaillirent. Oui. Et comment qu’ils l’avaient fait. Shae Viridian et Aristide Henry Howard de Norfolk l’avaient fait ! C’était surréaliste. Il n’aurait su retrouver l’élément déclencheur d’un tel revirement de situation. Tout ce qu'il arrivait à visualiser à son réveil brutal étaient les larmes. Les larmes de la Wolf Shadow lorsqu’elle s’était échappée discrètement du Dead men tell no tales pour prendre l’air et qu’il l’avait suivi. Elle s’était volatilisée lâchement en laissant Ruth et Logan s’alcooliser comme de coutume. Quant à lui, comptant bien lui faire des remontrances salées, il s’était retrouvé face aux larmes. Désarmé.  
Il se souvenait de l’étreinte qui les avaient liés à ce moment là. Il se souvenait du moment ou ils s’étaient accrochés l’un à l’autre comme pour se sauver mutuellement d’un mal obscur. Il se rappelait à quel point la voir en état de faiblesse l’avait ébranlé. Il n’avait su que dire. Il était resté muet.  Il l’avait juste tirée contre lui pour la consoler.
Et il avait déconné. Elle avait déconné. Ils avaient déconné. Ils se détestaient bordel ! Non ?
Non. La nuit qui les avait unis était si belle et libératrice qu’il n’y avait plus de doutes à avoir. Il ne pouvait s’empêcher d’y repenser. Il ne pouvait s’empêcher d’éprouver un drôle de bonheur culpabilisant. Il avait une envie terrible d’attraper Shae et de la serrer contre lui à nouveau pour ne pas perdre ce qui les avaient reliés la veille. Et alors qu’elle le jaugeait, l’air piteux d’une revenante d’entre les morts. Il l’entoura de ses grand bras malingres pour l’attirer à lui violemment. Il caressa sa chevelure de ses longs doigts osseux. Il sentait la résistance de Shae cependant, ce qui était loin de le décourager pourtant. Ils l’avaient fait bordel ! Il sentait la peau chaude de la sorcière contre la sienne. Tout allait bien, tout était doux, il vivait un rêve éveillé. Les mots étaient inutiles. Serrer Shae dans ses bras lui rappelait leur première étreinte maladroite à pré au lard. Il serra plus fort. Son odeur, sa peau, son souffle rapide qu’il sentait dans son cou. Elle résistait et semblait vouloir se détacher de lui mais son geste était plus fort. Plus fort.  

C’est alors qu’on frappa à la porte. Il lâcha prise brusquement, repoussé par une Shae Viridian rouge écarlate qui le vira hors du lit d’un coup de pied brutal.  

« NAN MAIS OH ! SHAE ! » Cria-t-il alors que la blonde le fusillait d’un regard meurtrier, lui ordonnant d’un geste péremptoire de faire silence.

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MessageSujet: Re: Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)   Dim 11 Juin - 23:15



Breathing feels exhausting sometimes
Shae ξ Aristide


Le réveil d'Aristide fut aussi serein et délicat que le sien l'avait été. Son visage de raton-laveur mort depuis trois semaines, accompagné par un bruit de ronflement interrompu en pleine ascension, semblait recouvrer la mémoire avec difficulté. Elle l'observait, anxieuse, prête à bondir pour le réduire au silence si il se mettait à hurler. Il croassa son nom avec difficulté, semblant se remémorer de la veille, se demandant comment ils en étaient arrivés là, tout comme elle se l'était demandé. Les évènements revenaient en boucle dans sa tête et elle se souvint, mortifiée, qu'ils avaient commencé bien avant d'arriver à l'appartement. Comme deux naufragés en plein coeur d'une tempête, ils s'étaient accrochés l'un à l'autre et ne s'étaient plus lâchés, profitant de leur avance sur les deux autres colocataires.

Pâlissant au fur et à mesure que ses souvenirs revenaient, Shae ne pouvait s'empêcher de penser à Pedro et de sentir son coeur se réduire en miette chaque seconde qui passait. Elle l'avait perdu, définitivement, avec cet écart. Déjà qu'elle n'était même pas bien sûre de l'avoir eu à un quelconque moment, véritablement, entièrement, elle savait d'or et déjà que quand il apprendrait son faux-pas... Parce que c'était un faux-pas, et rien d'autre, essayait-t-elle de se convaincre. BREF. Elle savait qu'elle le perdrait irrémédiablement. Peut-être même lâcherait-il ses plantes sur elle dans un élan de colère ? Non ahah, elle divaguait. Il ne prendrait jamais le risque d'abimer ses plantes. Serrant le drap contre son corps sec, elle reprit contact avec la réalité en sentant des bras osseux la tirer brutalement pour une étreinte des plus inattendues. Tentant de se débattre sans faire glisser ledit drap et en prenant bien garde de ne pas entrer en contact plus que de nécessaire avec le corps de son ... son QUOI ?

Qu'était devenu Aristide après cette nuit ? Qu'était-il, déjà, avant cette nuit ? Son ami ? Non, clairement, leurs échanges étaient trop houleux et sans prétentions pour qu'ils se considèrent comme des amis. Mais ils n'étaient pas ennemis non plus. Lors des soirées, elle riait de ses blagues nulles, et ils buvaient ensemble jusqu'à se tenir l'un à l'autre pour rentrer, avant qu'elle ne le jette de force sur le canapé pendant qu'il la suppliait d'acheter un lit de fortune plus confortable. Il était... Aristide. Quelque chose d'indéfini et de profondément marquant, quelqu'un qu'elle n'aurait su précisément attribuer à un quelconque rôle lambda, mais qui lui aurait manqué si il venait à partir. Il était vivant, profondément, bruyant, et distrayant de toute la misère qui semblait s'acharner sur elle depuis quelques mois. Une distraction efficace, à en juger les souvenirs épars qu'elle avait de la veille.

Leur étreinte s'éternisait, et elle avait beau se débattre pour la forme, elle était presque réconfortée qu'il ne se soit pas mis à hurler d'horreur et à lui jeter des objets au visage. Elle aurait pensé qu'avec son apparence - sa cicatrice, son corps informe, trop dur, pas assez voluptueux - personne d'autre que Pedro, parce que lui comprenait, lui l'acceptait, n'aurait considéré une seule seconde de la voir comme une femme. De la percevoir comme désirable. Enfin, aussi désirable qu'elle pouvait être en lendemain cuite, entre l'odeur du fennec et l'haleine qui va avec. Nauséeuse et la tête lourde, elle se sentait dodeliner, presque prête à se rendormir, quand des coups frappés à la porte la firent se redresser brutalement, envoyant valser d'un coup de pied réflexe Aristide au sol, tandis que mortifiée et rouge de honte, elle émergeait en tenant encore le drap contre elle.

Son cri résonna dans le silence qui suivit les coups portés et elle lui lança un regard noir, brandissant un poing en chuchotant

- Mais putain ferme ta gueule !!!!

Elle se redressa dans le lit et tenta de prendre une voix normale, s'éclaircissant la gorge avant de gueuler.

- PAS MAINTENANT LOGAN JFAIS UNE EXPERIMENTATION LA ! PLUS TARD !
Elle entendit son colocataire interloqué de l'autre côté de la porte hésiter une bonne poignée de secondes puis tourner les talons en marmonnant sur un ton déconfit et en trainant des chaussons, et elle s'autorisa un soupir de soulagement. Elle se pencha par dessus le lit immense pour vérifier qu'Aristide allait bien. Entre la culpabilité et le stress, elle ne pouvait pas se permettre d'éclater de rire à la vue de l'ancien Serpentard nu comme un ver et outré sur le sol de sa chambre, aussi se contenta-t-elle de pincer très fort les lèvres et lui faire signe de grimper de nouveau sur le lit, son regard se faisant d'acier.

- Tu ne parles de ça à PERSONNE. Tu m'entends ? PERSONNE ne peut savoir ce qu'il s'est passé hier soir. La crise d'angoisse... et le reste.

Se redressant, fouillant dans son placard pour retrouver des vêtements plus décents qu'un drap transparent, elle tentait à tout prix de se focaliser sur autre chose qu'Aristide, qui évidemment, le pauvre, ne comprenait rien à la situation. Pour lui, ce devait être une sorte d'acte naturel, de fierté ? De contentement ? Secouant la tête, elle finit par s'emparer d'un quartz rose qui trainait sur son étagère la plus proche, tentant de déverser toute l'énergie négative dans le cristal afin de se concentrer plus efficacement sur la situation, et la meilleure façon de la gérer. Ils devaient sortir de l'appartement, discrètement. Elle lui jeta un regard en coin, sans oser monter jusqu'aux yeux, s'arrêtant à un endroit vague comme son menton, et reposa le cristal chargé dans son placard.

- Tu as de quoi t'habiller ? On va passer par la fenêtre, je te paie un brunch. Et TOURNE LA TETE pendant que je m'habille !!

Elle trouva enfin une tenue décente et enfila le jean troué et le tshirt qu'elle avait attrapé au vol, allant enfin se chercher une cigarette pour palier à son stress qui menaçait de la submerger à chaque instant. Que devait-elle faire maintenant ? Lui expliquer ? Qu'elle avait déjà quelqu'un ? Que c'était compliqué ? Qu'elle avait merdé ? Ses tripes se tordaient à l'idée et elle se surprit à ne vraiment pas vouloir le blesser. C'était sa faute à elle, pas la sienne. Se mettre en colère contre lui était inutile, stupide, et elle ne voulait pas réduire à néant tout ce qu'il s'était passé la nuit dernière, parce qu'au plus profond d'elle, elle savait qu'elle en avait eu désespérément besoin, et qu'elle était arrivée à un point où repousser ce genre de besoin serait bien plus que dangereux. Tirant sur la cigarette comme une droguée, elle calma enfin sa respiration saccadée et se posa un peu plus calmement, le regard rivé au sol, allant vers la fenêtre et l'ouvrant pour tirer l'accès aux escaliers de secours couvrant la façade de l'immeuble. Que c'était pratique, par le caleçon de Merlin ! Elle le pressa, son ton redevenant plus doux.

- Allez ! On se dépêche !

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MessageSujet: Re: Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)   Lun 12 Juin - 2:38



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Ses fesses nues frappèrent le parquet dans un bruit sourd. C’était douloureux. Chuter d’un lit king size était réellement douloureux. Et ce surtout lorsqu'on avait, comme Aristide, un postérieur princier fragile. Fort heureusement, le comique de situation l’emplit d’une euphorie qui fit taire ses instinct de douillet de la première heure. Anticipant ses plaintes, la blonde lui somma de se taire de son langage châtié, poing levé, avant d'envoyer bouler l’importun colocataire qui venait de perturber leur étreinte. C’était du Shae tout craché. C’en était touchant de naturel et de prévisibilité. Il souriait béatement, comme un idiot, dévoilant ses dents torturées sans s’en inquiéter. Lorsque tout danger fut écarté, elle lui fit signe de la rejoindre à nouveau. Être nu par terre n’était pas la chose la plus agréable du monde et il ne se fit pas prier pour la retrouver. Soulevant le drap d’un geste vif pour dissimuler ses… parties intimes... il s’approcha de la blonde, les yeux brillants d’une attente qui ne trouverait pas l’écho auquel il s'attendait. L’air menaçant de Shae Viridian lui fit perdre quelque peu sa contenance.

- Tu ne parles de ça à PERSONNE. Tu m'entends ? PERSONNE ne peut savoir ce qu'il s'est passé hier soir. La crise d'angoisse... et le reste.

Il entendait... Il entendait très bien même. Mais il ne comprenait pas. Il ne comprenait plus. Qu’entendait-elle par « le reste » au juste ? Pourquoi était-elle si protocolaire tout à coup ? N’avaient-ils pas scellé hier soir, ne faisant plus qu’un, ce qui semblait être… une relation amoureuse ? Il n’eut pas le temps de l’arrêter pour éclaircir ce point puisqu’elle se leva, coupant court à la conversation, afin de chercher de quoi se vêtir. Il observa, perplexe, la jeune sorcière qui ne lui prêtait plus aucune attention. Alors comme ça Shae Viridian n’assumait pas ? Il n’était pas dénué d’intelligence, et le comportement de l’ex-serdaigle le mortifia progressivement à mesure qu’il réfléchissait. Son regard s’assombrit. Ils n’avaient pas l’air d’être sur la même longueur d’onde. Ils n’avaient pas l’air d’appréhender la situation d’un même oeil. Elle semblait à des kilomètres de partager son enthousiasme. Pourtant il n’avait pas rêvé, ou bien ? Ils avaient bien… Elle avait bien ?! Il secoua ses boucles ténèbres pour se défaire d’un sale sentiment. Qui était-il pour juger ? Certes pas Bouddha. Il était Aristide Henry Howard de Norfolk. Et il jugeait. Il sentait une amertume profonde l’envahir. C’était quoi ça, « tu ne parles de ça à personne ?! ». Il avait envie de le crier sur les toits lui ! Il avait envie de le dire à tout le monde. L’apparition de Logan, ou bien même de Ruth dans cette chambre ne l’aurait pas dérangé le moins du monde, au contraire. C’était la nouvelle la plus excitante de sa vie. Et elle lui demandait de se taire ?! Baignant dans une incompréhension totale, Aristide croisa les bras sur son torse frêle. Lui avait-il fait mal sans s’en rendre compte ? Est-ce que son apparence lui était-elle si déplaisante ? Ses… dents ? Était-il mauvais au… Est-ce que l’alcool… Son flot de pensées fut interrompu lorsque la sorcière brisa le silence

- Tu as de quoi t'habiller ? On va passer par la fenêtre, je te paie un brunch. Et TOURNE LA TETE pendant que je m'habille !!

«  Je crois avoir laissé mes habits au pied du lit.» Prononça t-il d’une voix blanche en toute réponse, sans lui promettre de détourner les yeux lorsqu’elle se dénuderait.

Il l’avait déjà vu. Certes, ses souvenirs n’étaient pas aussi clairs que ça pour pouvoir détailler à la perfection les courbes de son corps, mais il l’avait déjà vu ! Il l’avait touché, maladroitement certes, mais ses doigts avaient caressé, contemplé, apprécié… Il se gifla plusieurs fois vivement avant de finalement se lever. Ce n’était pas le moment d’y penser. Toujours est-il qu’Il n’avait pas affabulé, Shae était en train de lui jouer un sale plan. Pourquoi ? Plusieurs hypothèses possibles. Plusieurs hypothèses qui dénotaient avec le comportement nocturne de la jeune fille. Les signes contradictoires qu’il analysait ne lui rendait pas la tache facile. C’était un véritable casse tête chinois.  
Hier : elle s’était abandonnée à lui. Elle s’était découverte, laissant ses cicatrices béantes fusionner avec les siennes. Il y avait quelque chose. Il le sentait. Ce n’était pas que le résultat de son imagination débordante. Il le sentait dans ses tripes.  
Aujourd’hui : simple, elle jouait la carte de celle qui ne voulait plus en entendre parler. Elle voulait garder le lourd secret de quelque chose qu’il n’était pas certain de conserver en lui bien longtemps.
Fallait-il lui montrer qu’il n’était pas qu’un rustre goujat à l’attitude irrévérencieuse ? Lui faire comprendre qu’il n’était pas qu'un… Qu’il était… Où avait-il merdé ?!
Il ramassa son tee-shirt roulé en boule et l’enfila. Une forte odeur de transpiration lui agressa les narines. Peut-être était-ce cette puanteur qui avait fait déchanter Shae Viridian au réveil ? Il partit à la recherche de ses vêtements. Tel un jeu de piste il retrouva, l’un après l’autre, les vestiges du rituel de cette nuit. Rappelant à sa mémoire le moment où la Wolf Shadow l’avait déshabillé avant qu’ils ne roulent sur le lit. C’était dur. Les mots de Shae étaient durs. Son attitude était dure. Il n’allait cependant pas le lui révéler ni le lui montrer. Il avait sa fierté.
Alors qu’elle s’habillait, dévoilant sa peau nue, Aristide promena un regard incontrôlé sur son corps avant de se détourner, trop tard. Ne jugez pas ! C’est justement lorsqu’on vous demande de ne pas regarder que vous le faites ! C’est humain ! Non ?
Une fois prête, elle s’alluma un cigarette avant d’ouvrir la fenêtre qui menait aux escaliers de secours de leur immeuble. Une clope bonne idée. Il était tout simplement inutile de se stresser la vie aussi vite pour quelques mots et une attitude froide. Il fouilla ses poches et retrouva le reste d’une cigarette roulée d’avance. Tordue, dégueulant de tabac brun fort et sec. C’était mieux que rien. Clope au bec il emboita le pas de la blonde qui s’était déjà engouffrée au dehors pour humer l’air pollué de Londres.
Ils marchèrent en silence jusqu’à trouver une enseigne moldu ouverte H24, et d’y entrer. Ça sentait la friture, la transpiration, et bien sûr les moldu à plein nez. Shae avait toujours eu le chic pour trouver les endroits les plus pourris possible. Ça devait être inné chez elle. Il n’avait sur lui que quelques mornilles. L’invitation de Shae à manger tombait à pic. La monnaie parallèle ne lui avait jamais semblé utile. Ils prirent commande et s’installèrent autour d’une table grasse qui n’avait pas l’air d’être nettoyée souvent.
La sorcière semblait chercher ses mots. Ce qui l’irrita au plus haut point. Allaient ils vraiment jouer la carte de la gêne ? Eux qui n'avaient jamais eu aucuns problèmes de "communication" jusque là ? Il décida de prendre les devants.

«  Alors comme ça tu veux vraiment garder le motus sur… notre… Sur ce que nous…»

Il buta sur ses mots. Peut-être bien que si. C'était vachement chaud. La gêne était belle et bien présente. Mettre des mots sur ce qui leur était arrivé sans avoir la certitude de partager le même ressenti était une affaire complexe. Il se sentait bête de s’être enflammé. Il n'était plus aussi sûr de lui qu’au moment où ils étaient encore dans la chambre du méfait. C’était comme si ce changement d’environnement l’avait ramené à la raison. Il garda le silence. Il sentait venir l’explication assassine qui allait tuer dans l’oeuf ce qu’ils avaient partagé la veille. Il attendait. Cherchant à sonder Shae de ses yeux vert opalescent, mais le regard de cette dernière était fuyant. Il secoua ses boucles et accorda son attention au dehors, à travers la baie vitrée qui offrait aux clients de cette bourgade, le spectacle d’une vie grouillante de Londoniens occupés. Il soupira. Allait-il vraiment attendre la sentence sans rien faire ? Non. Ce n'était pas son genre.

« Tu sais quoi ? T’as raison, personne ne nous croirait de toute façon » Ironisa t-il pour dédramatiser alors qu'il sentait une boule lui broyer l'estomac.
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MessageSujet: Re: Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)   Lun 12 Juin - 13:45



Breathing feels exhausting sometimes
Shae ξ Aristide



A la vue de la cigarette tordue et toute cassée de son compagnon de fortune, la sorcière ne put s'empêcher d'esquisser un sourire triste. Cette cigarette aurait été l'allégorie parfaite de sa vie, et tout en escaladant le rebord de la fenêtre pour accéder à l'escalier de secours, elle songeait à la meilleure façon de gérer la... situation. Que devait-elle comprendre de cet écart ? Pedro n'était-il pas l'homme de sa vie ? Il avait été le premier, le seul, à un se prendre d'un quelconque intérêt pour elle. A voir son potentiel. Quand elle le regardait dans les yeux, elle sentait tout le rayonnement qu'il voyait en elle, tout ce qu'elle avait désespérément attendu toute sa vie dans le regard d'autrui. La compréhension, l'acceptation, l'affection. Il avait été le seul à témoigner de tous ces intérêts là envers elle, et pour pousser le vice, même le désir sexuel avait été comblé. Elle se rendait compte de la chance inouie, de l'improbabilité de leur histoire, et malgré tout, telle une enfant pourrie gâtée, il avait fallu qu'elle gâche tout. Parce qu'il n'était pas assez ceci, cela. Parce que malgré tout l'amour qu'elle lui portait et qu'il semblait lui porter en retour, les terribles éléments dont elle avait besoin, la protection et la stabilité, semblaient toujours manquant dans leur histoire.

Il ne serait pas toujours là, la nuit, pour la protéger des terreurs. Il avait sa carrière, il avait sa maison, d'autres choses à penser, d'autres priorités. Leurs mondes étaient si diamétralement opposés que Shae voyait dans l'avenir une figure effrayante, aux serres acérées, prêt à lui arracher son premier amour avec hargne. Et Aristide dans tout ça ? La jeune femme se sentait perdue. Qu'est ce qui chez l'ancien Serpentard, avait bien pu résonner en elle de manière si puissante qu'elle ne voulait désormais que l'épargner ? Sa sensibilité ? Sa tendresse ? Tentant de se débarrasser des images de la veille qui revenaient la hanter avec une opiniâtreté non négligeable, ajoutant en rougeurs à son visage marqué par les abus et la fatigue, elle pressa l pas. Leur marche silencieuse, ponctuée par les mégots de cigarette, était au comble de l'improbable et de la gêne. Shae Viridian, et Aristide Howard ! Côte à côte et SILENCIEUX ! Quelque chose clochait dans le tableau.

Elle passa finalement la porte du premier dinner qu'elle vit, lui faisant signe de la suivre, sans prêter attention au charme ni à la propreté des lieux. Aucun autre client qu'eux n'était présent, et c'était une bonne chose. Elle se sentait plus en sécurité dans les lieux peu fréquentés. Allant s'installer dans le dernier box, celui contre le mur, afin que rien ne puisse arriver dans son dos, elle s'assit lourdement, se massant les tempes. Entre l'odeur de fennec et la fatigue, elle devait dresser un tableau bien piètre à regarder. Aristide depuis tout ce temps, ne pipait mot, et elle commençait à s'en inquiéter. Il attendait des explications, des raisons valables à son comportement, lui qui rayonnait de joie et de certitude l'instant d'avant. Les tripes de Shae - son coeur, son ventre, tout ce qui bougeait en fonction de ses sentiments - se serrèrent à l'idée de le blesser et elle resta muette, incapable de commencer la conversation. Que dire, qu'expliquer ?

La voix cassée du Sang-Pur brisa le silence.

«  Alors comme ça tu veux vraiment garder le motus sur… notre… Sur ce que nous…»

Il ne sut finir sa question, et elle se contenta de fixer la table avec insistance, repérant une tâche de gras. Que répondre ? Le secret le gênait, et elle n'aurait su trouver de bonne excuse sans mentionner le fait qu'elle était déjà engagée dans une relation. Et lui avouer était hors de question. Il se sentirait utilisé, non ? Et ce n'était pas le cas. Elle n'avait pas effectué un choix le soir précédent, pas un conscient en tout cas. Elle n'avait pas décidé de jeter sa relation aux oubliettes, et elle n'avait pas décidé d'utiliser Aristide. Elle s'était juste... laissée porter par le moment. Jouant avec une mèche blonde, elle cherchait des arguments afin d'étayer son point de vue, et allait ouvrir la bouche quand il la coupa amèrement.

« Tu sais quoi ? T’as raison, personne ne nous croirait de toute façon »

Son coeur se serra et elle redressa vivement la tête pour le fixer droit dans les yeux, secouant la tête de gauche à droite.

- La question n'est pas là, vraiment.. Déjà, qu'est ce que ça peut te foutre qu'on te croie ou pas ? C'est vrai, c'est arrivé, on l'a fait. Mais... C'est... compliqué.

Elle prit une grande inspiration. Puisqu'il fallait qu'elle se lance...

- C'est compliqué parce que c'est inattendu ! Je... Avant hier... J'aurais jamais pu imaginé ! ça ! Entre nous !

Elle fit un grand mouvement de bras dramatique pour les englober.

- T'es sûr de toi ? Tu m'as bien vu ? Je sais pas si t'es au courant mais je suis défigurée, t'es sûr de te dire : Ah oui ! c'est la bonne ! Celle qu'a la face défoncée et les habitudes de vie si saines que si elle passe une semaine entière sobre, c'est un miracle !

Elle secoua la tête d'un air désemparé, ses doigts venant caresser d'un mouvement devenu habituel la balafre sous son oeil. Elle redevint sombre et sérieuse, ses doigts se tordant dans une tentative désespérée de lui expliquer à quel point, selon toute vraisemblance, elle était un choix de merde, un choix qui ne satisferait personne sur le long terme. Elle savait, qu'elle était sur la pente glissante de sa déchéance. Elle voyait défiler les semaines sans vraiment les voir, alternant entre beuveries, défonce, et recherches jusqu'à s'y perdre dans les locaux de Poudlard. Elle piétinait d'ailleurs. Son cerveau embrumé était incapable de suivre un fil de réflexion aussi ardu qu'autrefois, pas avec tout ce qui circulait dans son sang et dans sa tête. Elle se sentait l'ombre d'elle même et personne ne méritait de subir l'ombre de Shae Viridian, pas avec la fierté et l'orgueil qu'elle tirait du passé et de sin génie. La serveuse s'approcha en les considérant d'un oeil un peu dégouté, les sourcils froncés. Ils avaient l'air de deux camés, et Shae lui retourna un regard noir en posant un billet de vingt livres sur la table.

- Un litre de café noir et deux formules petit déjeuner, supplément bacon.

Elle attendit que la serveuse disparaisse en arrière cuisine en trainant des pieds pour se concentrer de nouveau sur Aristide, l'air préoccupée.

- On ne se connait même pas vraiment, je ne vois pas l'utilité de le crier sur les toits, tu vois ce que je veux dire ? D'ici deux jours, le charme sera rompu et tu seras encore en train de m'engueuler parce que le canapé a bouffé tes chaussettes, et on se foutra sur la gueule, et tu t'imagineras plus un seul instant qu'on peut être autre chose que ... ce qu'on est déjà.

Elle ravala difficilement sa salive tant sa gorge était sèche et elle s'empara d'une tasse de café fraichement déposé pour reprendre contenance, tentant de décrypter les pensées du jeune homme aux boucles brunes. Aristide, amoureux d'elle ? Ah ! Impossible. Il n'avait jamais pu la supporter, toujours à hurler, et lui tenait rigueur des six semaines de retenue qu'ils avaient eu en sixième année. Il avait juste trop bu, s'était laissé emporter par le désir charnel, et bientôt, il reprendrait ses esprits en se souvenant de qui il était, de qui elle était, et s'enfuirait bien vite. Peut-être qu'il n'hurlerait pas, au moins. Un tourbillon sans fin d'émotions semblait ne vouloir s'en aller dans son être, et elle avait envie d'hurler un bon coup et de prendre la fuite. Elle ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. Pourquoi ne pas simplement l'envoyer chier, comme d'habitude ? Pourquoi cette compassion, si étrangère à tout ce qu'elle était ? Pourquoi, en se plongeant dans ce regard vert, elle se sentait démunie et incapable d'aller au bout de la cruauté, en lui faisant comprendre que c'était mort, mort et enterré ? Peut-être parce qu'elle avait un besoin égoïste, et qu'il était le seul à pouvoir l'assouvir. Peut-être parce que malgré tous ses grands états d'âmes, la soirée d'hier resterait gravée dans sa mémoire, et l'idée même de faire comme si de rien n'était en vivant sous le même toit mettait déjà ses nerfs en péril. Il avait accomplit ce que personne à part Pedro et Ruth n'avaient su accomplir auparavant, et toucher un recoin de son âme, suffisamment pour qu'elle se sente responsable de la suite, suffisamment pour qu'elle sache que rien de ce qu'elle proposait n'était réalisable. Rien ne serait plus jamais pareil, qu'elle le veuille ou non.

Déconfite, elle se prit la tête entre les mains, se dérobant une nouvelle fois à son regard.

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MessageSujet: Re: Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)   Lun 12 Juin - 23:49



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- C'est... compliqué.

Voilà, la sentence était tombée. C’était « com-pl-iqué ». Il ne retint que ces deux derniers mots. Cette maigre explication était à mille lieues d’être suffisante. Cette réplique était d’ailleurs tellement clichée qu’il sentait une colère mêlée de tristesse l’agresser. N’en parle à personne. Pourquoi ? Parce que c’est compliqué. Ah ! On ne pouvait pas faire pire ! Il s’attendait à plus d’originalité de la part de la Wolf Shadow. Elle le prenait vraiment pour un gland. Il aurait préféré avoir à affronter son habituel franc parler. Pourquoi prenait-elle des pincettes avec lui tout à coup ? Compliqué ? La bonne blague. Il en fallait plus pour le convaincre. Un sourire pincé élargit ses lèvres sèches et un rire bref et amer lui échappa. Cette mascarade était décevante. Vraiment décevante. Semblant lire en lui, ou sans doute gênée par le silence pesant elle développa légèrement plus à propos du «  compliqué ». Enterre toi Shae Viridian, tes excuses sonnaient creux.
Il arqua un sourcil. Bien décidé à la laisser pédaler dans la semoule comme une grande, il croisa les bras, s’adossa à sa chaise et offrit le regard le plus méprisant de sa collection de regards d'aristocrate. Laissant planer un silence glacial volontaire. La blonde aux cheveux rétifs avait décidément bien du mal à se dépatouiller de la situation. Elle avait l’air si tourmentée que ça faisait presque peine à voir. Compliqué. Il se souvint alors de la première pensée qui l’avait réveillé ce matin. Les larmes de Shae au Dead men tell no tales.
Non. Ce n’était pas le moment de s’émouvoir. C’était vraiment pas le moment de lui trouver des circonstances atténuantes alors qu’elle essayait clairement de le jeter. Son regard méprisant qu’il affichait comme un bouclier s’était affaissé sans qu’il ne s’en rende compte.

- T'es sûr de toi ? Tu m'as bien vu ? Je sais pas si t'es au courant mais je suis défigurée, t'es sûr de te dire : Ah oui ! c'est la bonne ! Celle qu'a la face défoncée et les habitudes de vie si saines que si elle passe une semaine entière sobre, c'est un miracle !

Ah. Alors cette technique aussi il la connaissait. Le remix vulgaire du « nan mais c’est pas toi c’est moi ». Elle lui faisait une bonne blague. Elle devait sans doute suivre les conseils d’un article du sorcière hebdo sur « comment se débarrasser d'un coup d’un soir en 5 points ». Et c’était quoi cette histoire de cicatrice ? Il ne savait d’ailleurs toujours pas le fin mot de l’histoire à ce sujet ! La blonde changeait de version à chaque fois que quelqu’un lui demandait des précisions sur sa balafre. La serveuse vint prendre commande. Aristide avait envie d’envoyer cette nouvelle interlocutrice péter sur la lune. Il avait perdu l’appétit depuis le « c’est compliqué ». Il garda donc ses lèvres scellées pour éviter de passer ses nerfs sur une innocente et ignora royalement la gêneuse jusqu’à ce que Shae prennent les devant.

- On ne se connait même pas vraiment, je ne vois pas l'utilité de le crier sur les toits, tu vois ce que je veux dire ? D'ici deux jours, le charme sera rompu et tu seras encore en train de m'engueuler parce que le canapé a bouffé tes chaussettes, et on se foutra sur la gueule, et tu t'imagineras plus un seul instant qu'on peut être autre chose que ... ce qu'on est déjà.

Aristide avait envie de frapper Shae. De la frapper violemment pour quelle se réveille enfin et arrête de chouiner. Il garda le silence. Enervé au plus haut point. Il savait que s’il prenait la parole maintenant sa verve serait assassine et féroce. Le café fut servit et il attendit que la blonde repose sa tasse pour enfin ouvrir son coeur.

« Franchement, tu m’énerves Shae ! Je vais pas me fatiguer à te contredire. Parce que oui, tu es salement défigurée, tu te défonces plus que moi et tu bois comme un trou ! Et donc ? Tu ferais une piètre petite amie ? C’est ça ? »

Il avait sciemment choisi ses derniers mots. Il se souvenait avec nostalgie de ce fameux jour à pré au lard, dans la cabane hurlante. Leur premier et unique rendez-vous. Lorsqu’encore adolescents elle lui avait balancé cette réplique blessante. Aristide était gonflé d’orgueil et avait une excellente mémoire concernant ses vexations passées. Personne n’était à l’abri de se prendre un retour de flamme gratuit et inattendu. Shae se tenait la tête entre les mains. Elle s’attendait sûrement à ce qu’il dise amen à ses conneries. Mais il était bien décidé à la bousculer.

« Relève la tête et regarde moi, tu me fais quoi là ?! Tu me crois stupide au point de me laisser avoir par quelques whisky pur feu ? Ok… Des tonnes de whisky pur feu ! Balek ! Mais tu crois que je ne savais pas ce que je faisais hier ? Pourquoi j’ai l’impression que tu essaies de rompre avec moi alors qu’on est même pas encore en couple ? »

Il marqua une pause et inspira profondément, anticipant ce qu’il s’apprêtait à dire, son coeur battait à sang à l’heure

«  Puisque l’honnêteté te manque aujourd’hui, je vais t’offrir la mienne. Hier tu m’as fait le plus beau des cadeaux. Ce matin, quand je me suis réveillé… je me suis rendu compte que ça faisait une éternité que je m’étais pas senti aussi bien ! Juste, pour info, je m’en tape de ce qui peut nous arriver par la suite, le fameux désenchantement d’après baise ? Laisse ça aux idiots. En revanche si j’ai fait une connerie tu dois me le dire et stop les bullshit ! T’aimes pas ma gueule au réveil ? Sois franche ! Me sors pas ta tragédie d'insécurités ! Ça sonnait tellement faux ! T’es qu’une dégonflée et tu mérites des claques Viridian. »

Voilà, il avait joué sa carte. Il avait été maladroit, il avait été blessant plus qu’il n’avait été doux. Mais au moins il n’aurait pas le regret d’avoir gardé le silence.

«  Et c’est quoi cette histoire de cicatrice ? Tu vas enfin me donner des explications qui me donnent pas l’impression que tu te fous de ma gueule ? »  

Les deux formules petit déjeuner supplément bacon arrivèrent enfin à table. On aurait dit que la serveuse avait attendu une accalmie pour se manifester. Aristide s'en fichait bien, il fixait la blonde avec impatience. Il lui fallait des réponses.


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MessageSujet: Re: Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)   Mar 13 Juin - 0:57



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Le monde tourbillonnait autour de Shae Viridian et de son mal-être. Incapable de voir plus loin que le bout de son nez, la jeune femme se roulait dans son malheur avec ardeur, y voyant la raison de toutes ses misères. Et elle se savait intelligente, elle se savait brillante. Elle savait donc qu'elle avait raison. Elle était un déchet, et c'était mieux comme ça de toute façon. Point à la ligne. Shae Viridian avait ses moments très con, il faut se l'avouer. Et Aristide semblait décider à ne pas lui laisser le luxe de croire à ses propres conneries une seconde de plus. Courroucé, il lui jetait un regard meurtrier, tandis qu'elle faisait de son mieux pour avoir l'air pitoyable et à moitié noyée dans son café.

« Franchement, tu m’énerves Shae ! Je vais pas me fatiguer à te contredire. Parce que oui, tu es salement défigurée, tu te défonces plus que moi et tu bois comme un trou ! Et donc ? Tu ferais une piètre petite amie ? C’est ça ? »

Elle lui jeta un regard surpris, comme si elle ne s'attendait plus à une pique. Merde alors. Elle avait oublié à qui elle s'adressait. Aristide, le grand Aristide, ne s'abaisserait pas à la conforter dans son malheur. Non, il la pousserait à bout, il la piquerait au vif, jusqu'à ce qu'elle réponde. Aurait-elle été moins accablée, elle lui aurait déjà bondit dessus pour régler ça à la moldu. Elle se contenta d'un regard éloquent, reprenant une gorgée de café et commençant à triturer son assiette d'un air peu convaincu. Une piètre petite-amie... Le souvenir ravivé de ses propres mots à la Cabane Hurlante, quatre ans auparavant lorsqu'il avait essayé de lui fausser compagnie avec un esprit frappeur psychopathe qui les tenait en otages, résonnait douloureusement à ses oreilles, et elle se redressa légèrement, une moue contrariée venant se peindre sur son visage.

Mais l'ex Serpentard était loin d'en avoir fini avec elle et son ego de génie dépressif. Il semblait en avoir plein son sac des choses à dire, et elle se contenta de le fixer silencieusement tandis que son sang commençait à bouillonner dans ses veines.

« Relève la tête et regarde moi, tu me fais quoi là ?! Tu me crois stupide au point de me laisser avoir par quelques whisky pur feu ? Ok… Des tonnes de whisky pur feu ! Balek ! Mais tu crois que je ne savais pas ce que je faisais hier ? Pourquoi j’ai l’impression que tu essaies de rompre avec moi alors qu’on est même pas encore en couple ? »

Se justifier ne servirait à rien. Elle se contenta de le fixer avec sa moue contrariée, et ses bras croisés sous sa poitrine en une position de défense mature et puissante. Du moins tentait-elle de s'en convaincre.

«  Puisque l’honnêteté te manque aujourd’hui, je vais t’offrir la mienne. Hier tu m’as fait le plus beau des cadeaux. Ce matin, quand je me suis réveillé… je me suis rendu compte que ça faisait une éternité que je m’étais pas senti aussi bien ! Juste, pour info, je m’en tape de ce qui peut nous arriver par la suite, le fameux désenchantement d’après baise ? Laisse ça aux idiots. En revanche si j’ai fait une connerie tu dois me le dire et stop les bullshit ! T’aimes pas ma gueule au réveil ? Sois franche ! Me sors pas ta tragédie d'insécurités ! Ça sonnait tellement faux ! T’es qu’une dégonflée et tu mérites des claques Viridian. »

- Mais...

Elle prit une profonde inspiration, profondément secouée par tout ce qu'il venait de lui balancer au visage. Merde alors ! Qui eut cru qu'Aristide pouvait être aussi direct ? Le courage n'était pourtant pas sa qualité première, et elle n'aurait jamais pensé qu'il puisse être aussi franc. Mais tout avait changé n'est ce pas ? Il se permettait sa franchise parce qu'il espérait la même chose d'elle. Elle comprenait bien le concept. Et elle devait se rendre à l'évidence : elle lui devait l'honnêteté. Peut-être pas la plus totale. Mais au moins une partie de l'honnêteté. Sa question suivante réduit son indignation en un rire rauque et elle secoua la tête. Bordel. Le mec qui venait de la remettre à sa place en quelques mots bien pensés choisissait cet instant pour attaquer sa plus grosse insécurité. La cicatrice. Elle leva les yeux au ciel. Il fallait bien qu'elle l'assume, cette putain de cicatrice. Elle ne partirait plus de toute façon.

- Ok. Tu veux savoir ?

Elle prit une bouchée d'oeufs et de bacon et mâchonna le tout en le regardant droit dans les yeux.

- Un dragon, au Pérou. Il avait bouffé notre âne, et il était furax. Pedro - Mortimez, mon prof de Botanique référent pour mon diplôme - était mal en point. Et j'ai cru qu'il allait mourir. Alors je me suis jetée entre lui et le dragon, et j'ai récolté ça. J'ai failli sacrifier ma vie pour quelqu'un d'autre. Incroyable pas vrai ?

Elle tapota sa joue et haussa les épaules d'un air fataliste.

- J'étais tellement furax que j'ai crevé l'oeil du dragon par pure vengeance mesquine. Mais après en fait, on a découvert qu'il n'était pas méchant. C'est là que les choses sont vraiment devenues horribles. Et c'est une histoire complètement différente... Réservée à un autre jour. Un autre petit déjeuner à l'arrache, peut-être.

Un néon grésilla au dessus d'elle et elle y jeta un coup d'oeil avant de le regarder d'un air un peu moins perdu, et un peu plus présent. L'ancienne Shae Viridian avait été réveillée par les remontrances de son ancienne némésis, et elle voulait botter des culs. La moutarde lui était monté au nez durant les grands discours d'Aristide et elle lui décocha un sourire carnassier. Il avait voulu son honnêteté, il allait l'avoir. Oh, elle ne lui dirait pas pour Pedro et elle. Il pourrait péter un câble et tout révéler au monde.

- Et tu veux mon honnêteté c'est ça ? Ok then. J'ai peur. Parce que ce qui s'est passé hier soir, n'aurait jamais dû se produire. C'était merveilleux. J'ai envie de recommencer. Et ça me terrifie parce que je ne suis pas censée ressentir tout ça.

Elle agita sa fourchette pour dissiper les questions qu'il aurait pu avoir, haussant les épaules encore une fois, reprenant un ton plus hargneux.

- Et putain Norfolk, j'y crois pas que tu me sortes que je sonne faux quand j'essaie de t'expliquer ce qui se passe dans ma propre tête ! T'en as du culot pour présumer que je te mente, parce que bordel de merde, si tu penses sincèrement que je vais m'amuser à me créer des insécurités juste pour que tu me prennes en pitié, tu peux retourner sur ton canapé de merde et y rester !

Elle se rendit compte un peu tard que sa tirade sonnait comme une invitation, et elle hésita une minute avant d'hausser de nouveau les épaules. Merde. L'état constant dépressif dans lequel elle se trouvait depuis des semaines commençait à lui courir sur le haricot. Si on ne pouvait enlever une chose à Aristide, c'était son talent certain pour la mettre en rogne et faire surgir chez elle des élans bien vivants. Des élans spontanés. Des élans qui lui manquaient terriblement, et elle avait soudain une brusque envie de rire, à laquelle elle ne résista pas. Elle devait avoir l'air folle, à passer d'une émotion à l'autre en une poignée de secondes, reniflant dans son mug de café un rire qu'elle tentait encore de contenir. Secouant la tête en finissant définitivement le mug, elle tapota les poches de sa vieille veste en cuir défoncée pour trouver un paquet de clopes, et en proposa une à son compagnon de table avant de placer sa future victime sur son oreille. Foutus moldus, avec leur réglementation sur la cigarette à l'intérieur des lieux publics !

Sa pause était un peu longue, et elle reprit, sentant qu'elle avait besoin d'élaborer.

- Tu m'as fais flipper aussi à avoir l'air aussi heureux ! J'ai cru que t'étais en retour d'acide ou je ne sais pas quoi ! Et tu parles de mes insécurités, mais toi là, tu crois vraiment que TA tête me ferait peur au réveil ? Est-ce que t'as vu la MIENNE ? On pue pareil et on a l'air de deux camés sortis d'un festival après une nuit, franchement, comme si j'allais grimacer à cause de TON apparence !

Elle leva les yeux au ciel et termina sur un dernier pique, se sentant délicieusement victorieuse dans l'échange.

- Venant du type qui m'a traitée de PAILLASSON toute ma scolarité... Le culot j'te dis !

Finissant son assiette, elle se redressa vivement et lui jeta un regard péremptoire, un espèce de sourire se formant au coin de ses lèvres, sans forcément qu'elle ne parvienne à comprendre pourquoi elle souriait comme une débile et pourquoi elle n'arrivait pas à se retenir.

- Bon tu viens ? On va aller prendre une douche avant d'empester cette bonne ville toute entière... Et ce n'est PAS une invitation j'précise !

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MessageSujet: Re: Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)   Ven 16 Juin - 0:51



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Arrivé au bout de sa tirade maladroite notre grand dadais s’attendait à tout sauf à un rire. Ce rire était glauque, froid et redoutable. Le trouvait-elle drôle ? Venait-il de s’afficher pitoyablement en dévoilant quelque peu ses sentiments ? Est-ce qu’il y avait quelque chose de risible à cette situation qu’il considérait comme peut-être plus intense qu’il ne devrait ? Ou bien réagissait-elle à sa dernière question intrusive ? Fronçant un sourcil, il passa la blonde au crible de son analyse. Après la larmiche au coin de l’oeil, Shae venait de changer d’attitude. Et ce en un éclair. Elle affichait maintenant cette fameuse expression de psychopathe qu’on pouvait remarquer chez elle de temps à autre dans ses mauvais jours. Cette expression qui faisait légèrement peur à voir lorsqu’on ne la connaissait pas. Cela ne présageait rien de bon.

- Ok. Tu veux savoir ?

Elle plongea son regard dans le sien avec un aplomb qui dérange. Aristide acquiesça doucement, plus vraiment sûr de lui. Il voulait savoir mais… ça fleurait la mauvaise révélation. Ce rire… Ce rire aurait été suffisant à le faire taire sur ce sujet pour de bon.

- Un dragon, au Pérou. Il avait bouffé notre âne, et il était furax. Pedro - Mortimez, mon prof de Botanique référent pour mon diplôme - était mal en point. Et j'ai cru qu'il allait mourir. Alors je me suis jetée entre lui et le dragon, et j'ai récolté ça. J'ai failli sacrifier ma vie pour quelqu'un d'autre. Incroyable pas vrai ?

Un dragon ?! Au Pérou ?! Sacrifier sa vie pour le prof de botanique de Poudlard ?!! Original et suicidaire, tout comme elle…
Shae Viridian s’était donc embarquée au Pérou pour se fritter contre un dragon. La bonne idée ! Le Pérou ? Il avait déjà entendu Logan et Ruth mentionner ce détail auparavant sans en percevoir l’importance… Sacrifier sa vie pour monsieur Botanique… Aristide n’avait pas grand souvenir de ses cours de jardinage. Peut-être à cause de son interêt limité pour cette matière. Ce n’était pourtant pas faute d'avoir essayé de passer cette B.U.S.E pour pouvoir assister aux mêmes cours qu’Eleanor Brandstone en sixième année…  Mais pour rester poli, plonger ses mains dans la terre ne l’avait jamais emballé et son Piètre l’avait disqualifié d’office, se retrouvant à poursuivre ses cours de divination à la place. Il se souvenait en revanche très nettement de Monsieur Mortimez. Ce fameux "Monsieur renommée mondiale », ce prof désabusé à l’allure molle qui avait un succès fou auprès des gamines prépubères de son cours malgré ses airs de Droopy sous morphine. Passons...
La blonde poursuivit son histoire, sans trop en dire, ne mentionnant que ce qui était nécéssaire pour comprendre l’origine de cette cicatrice qu’elle pointait d’un air maussade. Des questions ? Il en avait des tonnes, mais comme disait la sorcière, ce serait pour plus tard car elle enchaîna sur un tout autre sujet.

- Et tu veux mon honnêteté c'est ça ? Ok then. J'ai peur. Parce que ce qui s'est passé hier soir, n'aurait jamais dû se produire. C'était merveilleux. J'ai envie de recommencer. Et ça me terrifie parce que je ne suis pas censée ressentir tout ça.

Ce qui s’est passé hier n’aurait jamais dû se produire ? Elle n’était pas censée ressentir tout ça ? Elle avait peur ? C'était merveilleux ? Quoi ? Parlait-elle chinois ou bien le cerveau de notre Purple Swan avait-il simplement fondu par ses oreilles ? L'ascenseur émotionnel le cloua sur place. Une armée de points d’interrogations se souleva à l’intérieur de lui mais elle poursuivit sans lui laisser le temps de rétorquer. Elle avait l’air décidée à lui rendre la monnaie de sa pièce. Et par politesse, il ne l’interrompit pas. Il l’écoutait patiemment. Malaxant nerveusement les plis de son tee-shirt qui puait fortement le poney sauvage. Son menu fumait encore devant lui, il n’y avait pas touché. Il en était incapable. Son coeur battait à tout rompre, son incompréhension était grandissante. Il recevait tant de messages contradictoires qu’il ne savait plus à quel message subliminal se vouer.  

- Tu peux retourner sur ton canapé de merde et y rester !

Cette dernière phrase le saisit. Il se redressa de toute sa hauteur, ses fines lèvres s’étirant en un sourire tordu et grimaçant. Cela signifiait-il qu’il y aurait d’autres nuits ?

«  C’est noté ! Pas la peine de monter sur tes grands chevaux !  la prochaine fois que je veux te faire comprendre que tu n'es pas aussi immonde que tu ne le penses je m’y prendrai autrement ! »

Ne comprenant plus que ce qu’il avait envie de comprendre, Aristide s’aperçut que le noeud qui s’était formé dans son estomac s’était défait comme par magie. Le poids de la sentence Viridian s’était allégée et son coeur avait cessé de danser la polka. C’était pas croyable, il venait de s’en prendre plein la tronche. Shae avait retrouvée de sa contenance et le lui avait fait savoir par des remontrances salées. Et lui ? Il se réjouissait de cette éventualité favorable. Il s’accrochait à une vague supposition. Une bête tournure de phrase alambiquée. Rien n’était encore joué. Mais il ne lui en fallait pas plus pour l'instant. Il avait eu la preuve qu’il lui fallait pour ne pas perdre espoir. Il avait capté le maigre signal et si la peur enchainait Shae à son éternel célibat, il était bien décidé à agir.

«  T'es pas possible à me la jouer dr Jekyll et mr Hyde ! J'ai l'impression de marcher sur un mine à chaque fois que tu ouvres la bouche ! »

Comme faisant écho à ses pensées confuses, elle éclata d’un rire singulier. Un rire franc, mais fou. Il s’en fallut de peu pour qu’il ne s’esclaffe lui aussi, fatigué, déshydraté et malmené par ses émotions de femme enceinte. Après ce petit moment de pétage de plomb complice, il semblait que toute la tension s’était évaporée chez nos deux sorciers au comportement juvénile. Une clope était bienvenue et lorsque Shae lui proposa une des siennes il l’accepta avec empressement.

« C’est pas de refus...» Et alors qu’elle posait sa cigarette au coin de son oreille, Aristide la porta machinalement à ses lèvres. Sans pour autant l’allumer. Il connaissait les règles moldu et ne s’essayerait pas à les enfreindre.

- Tu m'as fais flipper aussi à avoir l'air aussi heureux ! J'ai cru que t'étais en retour d'acide ou je ne sais pas quoi ! Et tu parles de mes insécurités, mais toi là, tu crois vraiment que TA tête me ferait peur au réveil ? Est-ce que t'as vu la MIENNE ? On pue pareil et on a l'air de deux camés sortis d'un festival après une nuit, franchement, comme si j'allais grimacer à cause de TON apparence !

Ça avait le mérite d’être clair. Une expression joviale et amusée brisa les derniers soubresauts de tension qui l’astreignait. Shae Viridian était un phénomène qui valait la peine d’être connu. Il y avait quelque chose de terrible chez elle. De terriblement communicatif. Elle était un petit bout de femme plein de fierté. Le genre à vous entrainer malgré vous dans un tourbillon d’inattendus. Le genre à briser les boucliers et frapper là ou ça fait mal. Mais ses intentions ne semblaient jamais mauvaises, elles étaient la réaction brute et vive d’une personne qui avait l’air de vivre sa vie à cent à l’heure.

« Au moins quand tu t’énerves, tu retrouves tes couleurs. » Dit-il de sa voix cassée, amusé par la situation. Elle n’avait pas totalement tord, ils ressemblaient à deux camés sortis tout droit d’une rave. Elle, ses cheveux en bataille qui n’avaient jamais l’air d’être peignés, une balafre lui barrant le visage, habillées comme une rockeuse des Bizzar’Sisters. Lui, grand, maigre comme un clou, d’une pâleur cadavérique aux cernes jusque par terre…

- Bon tu viens ? On va aller prendre une douche avant d'empester cette bonne ville toute entière... Et ce n'est PAS une invitation j'précise !

Cette dernière réplique avant de sortir dans les rues animées de Londres le fit sourire et il s’amusa de lui répondre par un bref « Dommage… » provocateur.
Le chemin du retour était moins désagréable qu’à l’aller. Ils n’étaient pas plus bavards mais la tension des premières heures s’était dissipée pour laisser place à un entrain commun. Aristide aurait aimé tenter un rapprochement vers la blonde qui se faufilait parmi les moldus aussi rapidement qu’un vif d'or. Mais quelque chose d’indicible le retenait, il sentait que l’équilibre était fragile et qu’une maladresse pourrait tout foutre en l’air. Il avait à moitié compris le message tout à l’heure, et il sentait que trop d’impatience ne jouerait pas en sa faveur. Il allait donc calmer ses ardeurs, se faire petit, et aviser lorsque le moment viendrait.
Ils étaient au pied de leur immeuble. Leur moment à eux était donc terminé ? Si vite ? Il passa un bras devant la sorcière pour l'arrêter avant qu'elle n'entre.

«  Attends, Shae, avant d’entrer. »  Il inspira profondément, et reprit aussi calmement que possible « J'aimerais juste clarifier quelque chose. Je vais respecter ton choix. Je n'en parlerai pas. Je vais te laisser le temps qu'il faut pour que tu puisses remettre un peu d'ordre dans ton cerveau malade. Je pense que tu ne sais pas vraiment où tu en es. Et moi... et bien c'est un autre sujet. Juste... que tu saches… que… »  

Il ne se voulait pas trop sentimental mais ses derniers mots dévalèrent d'eux même sans qu'il ne puisse les retenir.

«  je suis là pour toi. »

il entra d'un pas leste et grimpa les escaliers 4 à 4 sans se retourner,

«  Fin... tu sais où me trouver t'façon, c'est pas compliqué, à droite de la télé, à gauche du frigo blizzard, sur mon canapé de merde ! »

Ils arrivèrent enfin dans leur repaire de sorciers. Empruntant cette fois ci la porte d’entrée et furent accueillis par les cris enthousiastes de leurs colocataires et animaux respectifs. Le canapé avait l’air réveillé et il n’était donc plus vraiment conseillé d’y poser les fesses. Aristide se rua vers la salle de bain, dépassant Shae qui se faisait agresser de questions par Ruth. Il s’engouffra comme un pachyderme à l’intérieur en hurlant :

« PREUMS PAILLASSON ! FALLAIT ÊTRE PLUS RAPIDE ! »

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MessageSujet: Re: Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)   Ven 16 Juin - 20:56



Breathing feels exhausting sometimes
Shae ξ Aristide



Passant la porte du dinner, portant la cigarette à ses lèvres, le "Dommage" soufflé lui fit monter le rouge aux joues, aussi, Shae Viridian décida d'accélérer le pas d'un air pressé. Shit, elle ne se serait jamais doutée qu'Aristide puisse avoir de telles réactions. Il l'avait appelée Dr Jekyll et Mr Hyde. Aussi juste que la comparaison puisse être - ce qu'elle refusait d'admettre pour l'instant, c'était la référence qui l'avait faite tiqué. Alors, fan de littérature moldue Howard ? Pour un Sang-Pur coincé, il était vachement relâché ses derniers temps. Elle songea brièvement au fait que ses grand-parents seraient ravis de la caser avec un Sang-Pur, un "bien comme il faut" et un rire lui monta au nez tandis qu'elle progressait dans les rues de Londres, tirant sur sa clope avec la vivacité d'un Lutin de Cornouailles.

Le dimanche matin était toujours plaisant dans les grandes villes - même si ils approchaient plus des 15h que du midi. Les grandes rues se faisaient désertes, les commerces étaient fermés, et c'était un temps à la promenade. Bien sûr, en ce mois d'octobre, la promenade se promettait venteuse et un poil fraiche, mais l'important ici était que la foule était relativement éparse et qu'elle était au moins sûre de ne croiser aucune connaissance. Plusieurs fois, elle fut tentée de ralentir son rythme et de lancer un coup d'oeil à Aristide, mais lutta contre cette envie à chaque fois. Elle aurait voulu être capable de lui donner un signe que tout irait bien, un effleurement du bout des doigts pour lui signifier quelque chose de positif, n'importe quoi, mais n'en sachant pas plus elle même... Elle se retenait.

Elle avait décidé de se reprendre, et de se poser ; Shae la précipitée, l'instinctive, voulait réfléchir avant d'agir. Une première. Elle songeait à Pedro, à tout ce qui s'était passé pendant l'été. Avait-elle eu un seul instant cette légèreté d'esprit à ses côtés, cette confortable situation de paix intérieure qu'elle recherchait si ardemment ? Entre le Pérou et l'épisode Batilda, suivi de la mission impossible à Sainte Mangouste...

Définitivement, la paix et la légèreté n'avaient pas été de mise, contribuant à son malaise grandissant, son mal-être qu'elle avait su cultiver avec autant d'aisance que son Mimbulus à l'acide. Sa culpabilité, pour l'instant, elle ne souhaitait que l'enterrer afin de savourer cette dernière journée de relâche. Elle se reprendrait en main dès le lendemain. Irait à l'heure à Poudlard, étudierait ardemment et sérieusement, et reprendrait son projet de thèse en bonne et due forme. Ouais. Elle allait faire ça. Parvenus devant l'immeuble abritant leur cocon sorcier, la jeune femme, toute à ses pensées, allait s'engager dans les marches du perron quand un bras sec vint lui barrer la route.

Elle tourna le regard vers Aristide, qui semblait une fois de plus déterminé à parler et ouvrir son coeur. Shit, elle ne pensait pas rencontrer l'honnêteté incarnée en Aristide Henry Howard de Norfolk ! Sa déclamation passionnée au sujet de respecter son choix lui ôta un poids. Il lui laissait le temps. Un bref éclat de soulagement brilla dans les yeux de la jeune femme, et elle l'en remercia mentalement. Du temps, c'était exactement ce dont elle avait besoin. "Je pense que tu ne sais pas vraiment où tu en es" devait d'ailleurs être l'euphémisme de l'année. Elle fit de son mieux néanmoins pour avoir l'air outrée de ses allusions à une maladie mentale et fut donc absolument prise par surprise par la fin de la tirade, résonnant en quelques mots. "Je suis là pour toi".

Il était là. Il était là, et il attendrait, patiemment. Pour elle. Pour elle ? Sa carapace se fêla, et l'espace d'une poignée de secondes, le regard de Shae brilla d'humidité, le temps qu'elle se reprenne, et qu'elle inspire profondément, une petite seconde. L'espace de ces quelques secondes figées dans le temps, il avait déjà filé, grimpant les escaliers quatre à quatre, dans une étonnante preuve de santé physique pour son apparence malingre et ses habitudes de vie moins que saines. Elle le suivit, redoublant d'effort pour le rejoindre avant qu'ils n'atteignent la porte d'entrée. Il fallait qu'elle réagisse, qu'elle dise quelque chose, qu'il comprenne l'importance des mots qu'il venait de prononcer pour elle. Qu'il sache à quel point il tapait toujours juste et que c'en était toujours effrayant pour elle de constater à quel point il la connaissait, et à quel point il la comprenait.  Malheureusement, un point de côté l'acheva et les quelques secondes qu'elle aurait pu employer à lui passer ce message, elle les passa à souffler comme un boeuf, l'air souffreteux. Il entra sans l'attendre, et à peine eut-elle franchi le pas de la porte que Ruth l'assaillit.

Et Shae avait beau adorer sa cousine et avoir envie de tout lui raconter, voir la touffe de cheveux bouclés d'Aristide et sa silhouette dégingandée se précipiter vers la porte de la salle de bain avec entrain et lui hurler à la face « PREUMS PAILLASSON ! FALLAIT ÊTRE PLUS RAPIDE ! » la fit réagir au quart de tour, et elle fonça vers la salle de bain au moment où la porte se claquait, donnant des coups rageurs dans la porte.

- Espèce de fennec ! RUSTRE ! GOUJAT ! Jean Louis ! ECOUTE MA VOIX ! ET CRACHE LUI DE L'ACIDE SUR LA TRONCHE ! ALLEZ MON PETIT MIMBULUS !

Un grognement défaitiste sortit de sa gorge et elle retourna vers le salon, avisant le canapé d'où sortait des grondements. Elle leva les yeux au ciel, le visa de sa baguette, et les grognements se calmèrent, et enfin, elle put s'affaler dedans. Le canapé était devenu plus docile depuis qu'elle l'avait à moitié fait cramé, une fois de trop où il avait tenté de l'avaler. Logan avait gagné son affection en le réparant, Shae son respect. Ou sa terreur. Elle s'en foutait, tant qu'elle pouvait profiter de son canapé. Ruth et Logan s'étaient préparé de quoi palier à la gueule de bois, et l'estomac en vrac de Shae gargouillait du gras qu'elle avait absorbé au truc moldu. Elle grimaça, se massa le bide, et déclara qu'elle ne se sentait pas très bien - ce qui était vrai, du moins en partie. Repartant vers sa propre chambre sous le regard accusateur de Ruth et entendu de Logan, elle ferma la porte et observa la scène de crime d'un air blasé. Trois coups de baguette plus tard, le lit était fait, et ses fringues de la veille éparpillées - outch, la honte avec sa culotte moldue Batman que Ruth lui avait offert à Noel, heureusement qu'il faisait nuit noire le soir précédent - étaient roulés dans le sac de linge sale. Grimpant sur le lit gigantesque, elle s'y étendit, perdue dans ses pensées, ses yeux voguant d'un point à l'autre de la pièce sans rester fixement plus de quelques secondes à un endroit. Ses yeux vitreux observaient tour à tour sa collection de cristaux en tout genre, son télescope en cuivre, ses plans de constellations accrochés au plafond, ses runes gravées dans de l'agate, ses encens dissimulés un peu partout, ses livres éparpillés dans toute la pièce et son armoire à fringues pleine de noir et de cuir en tout genre - oui, bon, le rock des sixties c'était un délire à part entière - et la jeune femme finit par se redresser, un soupir à fendre l'âme lui échappant.

Ok, s'isoler n'était pas la meilleure des idées - surtout à un moment pareil. Se défaisant de ses fringues chopées à l'arrache quelques heures auparavant - ugh aurait-elle seulement pu attraper un jean moins serré - elle enfila une véritable tenue du dimanche : confortable et extra large. Elle réunit sa masse de cheveux blonds et secs en un chignon tout aussi épars, attendant patiemment que l'autre énergumène ait fini sa douche. Elle le voyait déjà ricaner et prendre son temps au maximum, juste pour la faire rager, et un grognement mi-agacé mi-amusé sortit de sa gorge. Au terme d'une attente qui lui sembla interminable, elle entendit enfin la porte de la salle de bain se rouvrit, et elle fonça, ouvrant sa propre porte à la volée et le bousculant presque avec un cri de guerre.

- MON TOUR !!

Sous couvert de cette interaction, elle savait pertinemment qu'elle avait là les seules potentielles secondes d'intimité qu'elle aurait pu grappiller, afin de lui transmettre ce message qu'était toute la reconnaissance et l'affection qu'elle éprouvait pour lui. Aussi, en profitant du passage exigu du couloir et des portes fermées aux yeux de leurs colocataires, elle déposa un doux baiser sur sa joue avant de filer.

Elle lui lança un clin d'oeil au passage et s'enferma dans la salle de bain, prenant enfin cette douche bien méritée, en profitant pour juger de l'état de Jean-Louis, lui prodiguant quelques jets d'eau tiède qu'il appréciait tant. En quelques minutes, l'affaire était faite, et Shae Viridian, était propre comme un sou neuf, les cheveux réunis en une masse humide quasiment lisse tandis qu'elle s'acharnait dessus avec moult sortilèges. Tentant inutilement de dompter ce qui redeviendrait très vite une masse effrayante - mais au moins soyeuse - de cheveux propres et secs. La main posée sur la poignée de la salle de bain, une interrogation vint toutefois interrompre son mouvement. Que faire, comment agir désormais ? Comme si de rien n'était, oui, certes. Mais concrètement, ça donnait quoi ? Devait-elle l'ignorer ? Lui foncer dessus et l'alpaguer pour lui avoir volé sa précieuse douche le premier ? Avec une moue pensive, elle finit par ouvrir la porte et ressortir.

- ON MATERAIT PAS UN FILM ?

Des cris de joie et un grognement horrifié - Aristide donc - lui répondirent et Shae Viridian, rassérénée et pour la première fois depuis un moment, heureuse, vint s'affaler dans le canapé, Ruth d'un côté, Logan de l'autre, le visage rayonnant.

- CHOUETTE ! Je vote pour LE SEIGNEUR DES ANNEAUX LES DEUX TOURS VERSION LONGUE !


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HURRICANE
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Breathing feels exhausting sometimes (pv Aristide)

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