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 Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)

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Auror
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Auror
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Camp: Résistant sorcier

MessageSujet: Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)   Lun 5 Juin - 13:53




  • nomSelwyn
  • prénomLysander Hiram
  • célébritéOscar Isaac
  • âge38 ans
  • métierAuror
  • statutSang-Pur
  • groupeSorciers
  • donFin gourmet, très bon enquêteur et dénicheur de bons vins
  • animalSamhain, un Augurey
  • baguettePrunellier, poil de womatou, 35cm, inflexible.
Les pleurs d’un bébé, un hululement dans la nuit, le bruissement des arbres, un râle d’agonie, le tonnerre des sortilèges, une caresse amoureuse, un nom…
Selwyn !

L’Auror releva la tête, surpris par la voix qui venait de briser le silence du couloir et le fil de ses pensées. Il se leva et s’engouffra dans la pièce à la suite du psychomage qui l’avait interrompu dans son voyage nostalgique à travers le temps.

Aussitôt que ses pieds passèrent l’encadrement de la porte, celle-ci se referma d’elle-même en un claquement sec. Il était désormais piégé dans une petite pièce carrée, dans laquelle ne se trouvaient qu’une table et deux chaises, sur l’une desquelles le psychomage s’était posé en fixant de son regard pénétrant son nouvel interlocuteur. Lysander prit à son tour place en face de lui, lisant sur son visage la fatigue de quelqu’un qui a parlé à beaucoup trop de monde pour une seule journée.

Le psychomage saisit la plume ambrée qui reposait sur la table et en suçota le bout sans faire attention au regard de l’Auror qui le fixait d’une impatience à moitié dissimulée. Il posa verticalement la plume contre un calepin qui venait de sortir du néant, lévitant à côté de la table de manière à ce que Lysander ne puisse pas en voir le moindre contenu.
Entretien psychologique règlementaire n°52, 21 août 2020.” commença le psychomage sans accorder la moindre attention aux grattements frénétiques de la plume qui s’animait au gré des mots qu’il prononçait. “Praticien accrédité : Lowell Alcibiade Thorn. Sujet : Lysander Hiram Selwyn. Confirmez-vous votre identité ?
Oui” répondit sobrement Lysander.
Sorcier américain naturalisé britannique. Profession : Auror. Vous confirmez ces affirmations ?” reprit Thorn, interrompu seulement par la Plume à Papote qui prenait fidèlement des notes puis par l'affirmative toute aussi brève de l'Auror.
Mr. Selwyn, savez-vous pour quelles raisons nous sommes présents ?” demanda le psychomage sur le ton de quelqu’un qui avait répété cette question une dizaine de fois le même jour.
Il s’agit d’un entretien psychologique règlementaire, obligatoire pour tout employé du Bureau des Aurors, de la Brigade de police magique, de la Brigade des tireurs d’élite de baguette magique et d’autres divisions du Département de la Justice magique faisant face à des situations pouvant porter atteinte à leur santé mentale.” affirma nonchalamment Selwyn d’un ton tout aussi las que celui de Thorn. De toute évidence, ni l’un ni l’autre ne souhaitait s’attarder plus longtemps dans cette salle d’interrogatoire.
Il s’agit d’une séance préliminaire qui me servira à établir si vous avez besoin d’un suivi plus assidu. Étant nouveau dans le service et n’ayant toujours pas reçu les notes de mon prédécesseur - il inspira profondément comme pour se retenir d’insulter ledit prédécesseur - je me vois dans l’obligation de reprendre dès le départ. Parlez-moi donc de vous.

Le silence s’installa dans la pièce. La Plume souleva sa pointe et pointa d’abord Thorn, puis Lysander, comme si elle attendait que l’un d’eux lui donnent à nouveau matière à travailler. L’Auror caressa sa barbe d’un air réfléchi. Le psychomage aurait au moins pu lui donner une directive plus précise. “Parlez-moi de vous.”, c’était un peu trop général, il ne savait pas vraiment par où commencer.
Parlez-moi de votre enfance, pour commencer. Où êtes-vous né ?” demanda l’autre comme s’il avait lu ses pensées.

Lysander prit une profonde inspiration et commença le récit de ses premières années.
Je suis né le 14 avril 1982, de Zachariah et Persephone Selwyn, à Boston, dans le Massachusetts. J'y ai vécu pendant toute ma scolarité.
Viviez-vous heureux tous les quatre ?” interrompit Thorn.
Non.

JANVIER 1990


Le petit garçon se glissa sous l’épaisse couette bordeau de son lit. Dans la lueur d’une bougie, la chambre du petit Lysander semblait animée d’une vie propre, les ombres se mouvant au gré des vacillements de la flamme. A l’extérieur, le vent poussait contre les fenêtres camouflées derrière de lourds rideaux opaques. Un rectangle orangé se dessinait sur le mur face au lit, dans l’encadrement de la porte.

Depuis son oreiller, le petit garçon pouvait entendre tout ce qu’il se disait depuis le bas des escaliers, au bout du couloir. Il fallait admettre que la dispute qui opposait Zachariah à Persephone aurait pu réveiller la maison elle-même. Lysander s’étonnait même que sa petite soeur ne se soit pas encore manifestée, apeurée par la énième dispute qui tonnait à travers tout le manoir. Préférant éviter toute possible source de réprimande au cas où ses parents venaient à remonter (le tumulte commençait à s’apaiser), il éteignit la bougie, ne laissant plus que la lumière du hall, en bas, pour éclairer la pièce.

De petits bruits parvinrent à l’oreille du petit sorcier qui se demandait s’il s’agissait des pas de sa petite soeur. A mesure qu’ils se rapprochaient, Lysander parvint à déterminer qu’il s’agissait de pieds nus qui frappaient le dallage du couloir à petits pas réguliers. La créature à qui appartenaient les pas vint apparaître dans l’encadrement de la porte. C’était Tipsy, l’Elfe de maison de la famille. La petite créature continua à se dépêcher du mieux qu’elle pouvait, malgré son âge relativement avancé, et atteignit la porte de la chambre du petit garçon.

Elle s’affaira à fermer la porte, se hissant sur la pointe des pieds pour accéder à la poignée. Elle s’interrompit soudainement, la tête tournée vers le fond de la chambre, d’où Lysander l’observait s’affairer. Les grandes oreilles de l’elfe frémirent sous l’effet du malaise qu’elle ressentait en voyant que le petit avait tout entendu de la dispute, qui semblait sur le point de reprendre. Après être restée immobile une fraction de seconde, l’elfe murmura de sa voix fluette légèrement enrouée un “Bonne nuit Monsieur” à la fois compatissant, triste et gêné ; avant de fermer la porte précipitamment.

Lysander tendit l’oreille quelques instants pour essayer de discerner quelques bribes de dispute, souhaitant enfin comprendre à propos de quel sujet ses parents se disputaient cette fois. Il finit par comprendre que Tipsy venait d’ensorceler la pièce pour l’insonoriser, le temps que la tempête se calme. Résigné, le petit sorcier chercha une position plus confortable pour s’endormir et fermer les yeux.

Il fut sortit de sa torpeur par le grincement de sa porte, laissant filtrer une bande de lumière dorée courir sur le plancher jusqu’à la table de chevet du petit bonhomme. Le garçon entrouvrit légèrement les yeux et aperçu une silhouette massive se dessiner devant lui. C’était son père. Il s’approcha d’un pas qui se voulait léger, avant de s’asseoir sur un côté du lit.
Je sais que tu dors pas p’tit gars.” dit-il d’un ton calme qui se rapprochait du murmure.

Le petit Lysander ouvrit franchement les yeux, malgré les picotements de fatigue. Il plongea son regard dans celui de son père, brillant dans la pénombre. Il pouvait distinguer un léger sourire attendri teinté de désolement sur le visage de son géniteur.
Tipsy m’a dit que tu avais entendu notre petite dispute entre ta maman et moi.” dit-il avant de marquer une petite pause, durant laquelle il posa sa main sur l’épaule de son fils, son pouce effectuant de petites caresses paternelles. “Je suis vraiment désolé fiston. J’aurais voulu que tu n’entendes pas ça…

Le petit garçon garda son regard rivé sur le visage de son père. Jamais il ne lui avait paru aussi fatigué et vulnérable. Il ne répondit rien. Il ne savait pas quoi dire, de toute façon. La fatigue et la confusion l’empêchaient de réfléchir suffisamment. Après un court silence, Zachariah déposa un baiser piquant sur le front de son fils, avant de se lever, suivit seulement des mots de son fils, un faible “Bonne nuit Papa.” pourtant empreint de toute l’affection que Lysander pouvait porter à son père. La porte se ferma à nouveau, laissant Lysander seul à sa culpabilité de ne pas avoir dit quoi que ce soit pour rassurer ou consoler son propre père.

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Ces disputes, étaient-elles régulières ?” demanda le psychomage, les sourcils froncés sous la concentration.
Je crois… Je n'avais que cinq ans quand leur mariage a commencé à partir à vau-l’eau…” répondit l’Auror.
Quand votre père est-il décédé ?” questionna Thorn après une petite hésitation.

Lysander eut un petit mouvement de recul et croisa inconsciemment ses bras en une posture défensive. L’évocation de la mort de Zachariah Selwyn lui avait procuré la même sensation que s’il avait été plongé dans une eau un peu trop froide. Il lui avait semblé que le poids de l’ensemble de ses organes avait triplé, et que son estomac lui-même avait décidé de tourner sur lui-même autant qu’un Scrutoscope posé à côté d’un banquier gobelin.

Il se racla la gorge, qui s’était soudainement asséchée.
Mars 1990. J’avais sept ans, presque huit.” dit-il en gardant son masque apathique fixé sur le visage.

MARS 1990


Le petit garçon dévala les escaliers aussi vite qu’il pouvait, manquant par deux fois de se retrouver ventre à terre dans la précipitation. Alerté par les hurlements de douleur, Lysander se dépêcha dans le salon, les yeux exorbités par la peur. Il s’immobilisa à la vue qui s’offrait à lui, paralysé par l’horreur.

Son père se tenait debout face à lui. Sa posture avait quelque chose d’étrange, comme si ses genoux avaient du mal à supporter son poids et ses jambes s’était ramollies. Ses bras étaient ouverts, mais ses mains pendouillaient comme des chiffons au bout de ses poignets. Ce qui frappa Lysander, c’était le visage de son père. A la fois tordu et crispé par la douleur, le visage de Zachariah semblait se déformer petit à petit en quelque chose d’à peine reconnaissable. Seul son regard restait le même. En plongeant le sien dans ses yeux, Lysander sentit quelque chose s’effondrer en lui.

Ce regard était comme le judas qui laissait entrevoir la détresse profonde que ressentait son père. Lysander sentait. Il sentait à quel point la souffrance de son père était atroce. Il sentait à quel point il était impuissant, incapable de faire le moindre mouvement. Il sentait à quel point il aurait voulu que ce n’ait pas été son fils qui le trouve en proie à ce mal qui allait le tuer.

Lysander ne su pas quoi faire. Tétanisé, il ne savait même pas ce qui faisait souffrir son père. Il resta planté là, la bouche entrouverte dans l’espoir vain de pouvoir demander à son père ce qu’il se passait. Horrifié, le petit garçon observa, un cri coincé au travers le gorge, quelques ongles se retourner progressivement, tandis que les yeux désespérés de Zachariah s’injectaient de sang. Le dos du sorcier se tordit tandis que les cris de douleur qu’il poussait se turent, remplacés par un râle qui semblait pourtant être plus insoutenable encore aux oreilles du petit garçon.

Des gouttes écarlates émergèrent de la bouche du pauvre Zachariah, dont les poignets effectuèrent chacun un tour à 380° en émettant de longs craquements sinistres. La jambe droite de Selwyn se casse violemment en formant un angle anormal, tandis qu’une projection de sang sur le tapis du salon témoignait de l’ouverture de la fracture. Zachariah accorda à son fils un dernier regard, un regard qui voulait tout dire, qui contenait plus que ce que des mots auraient pu exprimer ; avant de tomber en arrière dans un mouvement qui sembla durer une éternité.

Sa tête heurta en premier le sol en un bruit sourd. Allongé sur le ventre, s’étouffant dans son sang, il sembla se tortiller, ramper, comme pour fuir cette douleur qui l’assaillait de toutes parts. Il toussa plusieurs fois, faisant gicler encore quelques projections vermeilles. Il émit un nouveau râle, toujours plus rauque, toujours plus douloureux. Ses bras se brisèrent, roués de coups invisibles. Sa poitrine s’affaissa, craqua. Puis rien.

Ainsi mourru Zachariah Selwyn.

Lysander resta immobile encore quelques minutes, les bras tendus vers son père pour pouvoir l’aider, ses doigts crispés se recroquevillant très lentement. Une crampe paralysait sa jambe, et ses yeux exorbités ignoraient les picotements qui les assaillaient. Puis il réalisa. Il eut une série de hauts-le-coeur qui le mirent à genoux. Il releva la tête, comme pour vérifier que le corps sans vie de son père n’avait pas disparu. Il s’approcha de son père, jusqu’à pouvoir faire face à son visage figé sous une couche de sang qui continuait de s’échapper sur le sol, plongeant les genoux du petit garçon dans une mare cramoisie.

Ce ne fut que lorsqu’il plongea ses yeux brillants dans le regard absent, dénué de lumière de son père, que Lysander parvint enfin à délivrer sa gorge de tous les cris qui s’étaient accumulés au fond de sa gorge. Son visage fut noyé sous les larmes, alors que parfois ses hurlements désespérés s’entrecoupaient de “Papa” à peine articulés. Ses lèvres qui étaient entravées par la douleur l’empêchaient de supplier distinctement son père de revenir.

Quelques minutes plus tard, Lysander avait déposé son front contre le torse de son père. Hébété, il n’accorda aucune attention à la porte de sa maison qui s’ouvrit. Il n’accorda aucune attention aux hurlements de sa mère et Tipsy, qui éloignait la petite Iphigénie pour l’empêcher d’apercevoir elle-aussi le cadavre de son père. Il ne s’anima que lorsque sa mère tenta de le séparer de la dépouille de son défunt mari, en retirant son bras de son étreinte avant de la repousser avec toute la force qui lui restait. Il ne fit pas non plus attention aux échanges des deux enquêteurs qui se tenaient à un mètre de lui, une heure plus tard, alors qu’un guérisseur s’affairait à lui administrer une potion aux effets dont le petit garçon ne se souviendrait pas. Seule la cause de la mort restait ancrée dans la mémoire du jeune Selwyn : le sinistre Sadique Breuvage du Marionnettiste.

L’enterrement eu lieu deux semaines plus tard. Il y eut une cérémonie privée au cours de laquelle le corps de Zachariah fut incinéré selon la tradition de la famille Selwyn. Ses cendres furent remises à ses parents, qui avaient fait le voyage depuis la Grande-Bretagne. Ils adressèrent à Lysander l’expression de leur tendresse et de leur compassion, à laquelle Lysander ne répondit rien à part un regard perdu dans le néant. Le seul moment qui lui arracha un seul mot fut quand sa grand-mère lui confia un petit portrait encadré d’un jeune sorcier aux cheveux bouclés et d’un noir de jais. C’était son père, qui lui souriait gaiement dans son uniforme de Poudlard.

Avant qu’il ait eu le temps de déchiffrer les inscriptions au dos du cadre, il fut pris à parti par sa mère. Elle le prit délicatement par la main, et l’emmena sous le sycomore, au fond du jardin. Elle s’assit sur l’un des bancs de fer forgé qui constellaient de part et d’autres la propriété des Selwyn, afin de faire face à son fils.
Mon chéri, je sais que c’est dur.” commença-t-elle, avant de s’interrompre pour scruter le visage du petit garçon à la recherche d’un signe trahissant une autre émotion que la tristesse ou l’apathie. Elle hésita quelques instants, mais reprit : “Mais il faut aller de l’avant désormais. Ton papa est parti, mais je suis toujours là. Tu as une mère qui t’aime plus que tout au monde, et une soeur sur laquelle il te faudra veiller.

La sorcière risqua un regard vers le patio, où elle pouvait apercevoir sa petite fille de 3 ans serrer une poupée chauffante contre elle. Elle reporta ses iris sombres sur ceux de son fils, identiques.
Tu dois être fort maintenant. Tu dois être digne de ton rang, digne du sang qui parcourt tes veines, celui de ton papa. Sois digne de ton père.” disait-elle avec une voix à la fois douce et déterminée, avant de serrer son fils entre ses bras.
Je suis désolée, mon chéri.” laissa-t-elle échapper. Pour la première fois depuis longtemps, Persephone Selwyn était réellement désolée. Lorsqu’elle laissa son fils partir dans sa chambre, elle essuya une larme imperceptible avant de redresser son dos et s’avança d’un air solennel vers les invités.

Arrivé dans sa chambre, Lysander sortit de sous sa veste le portrait de son père. En le retournant, il put enfin déchiffrer les inscriptions au dos : un symbole que Lysander ne sut déchiffrer, accompagné de quelques mots : “À jamais sous tes yeux”.

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Comment décrireriez-vous votre relation avec votre mère ?” reprit le psychomage après le court silence qui suivit la fin du récit de Lysander, qui aurait tout fait pour obtenir un verre d’alcool.
Disons qu’avec le recul, ce qui me tue le plus, c’est que je lui ai obéis.” rétorqua-t-il amèrement. “J’ai toujours tout fait pour réussir du mieux que je pouvais. À un point où je culpabilisais pour un rien. J’étais comme hanté par l’angoisse de mal faire quelque chose, qui pourrait décevoir quiconque. Mais ça m’encourageait à donner le meilleur de moi-même, et ça rendait ma mère fière. C’était tout ce que je pouvais espérer encore obtenir d’elle : sa fierté.
Mais est-ce que vous le faisiez pour votre mère… ou pour votre père ?” demanda astucieusement Thorn en se cachant derrière une question rhétorique.
Passons à la suite. Parlez-moi de votre scolarité.” poursuivit-il en voyant que Lysander ne comptait pas répondre à sa précédente intervention. Il cachait à peine sa curiosité quant à savoir à quoi ressemblait vraiment la fameuse école de sorcellerie d’Ilvermorny.

SEPTEMBRE 1993


Le groupe que constituaient les nouveaux élèves se resserra devant l’immense porte d’entrée, encadrée par deux statues tout aussi colossales des deux fondateurs d’Ilvermorny, qui semblaient déposer sur eux un regard bienveillant. Dans le silence relatif du parc de l’école, Lysander pouvait entendre quelques bruissements et petits pas. Sûrement les Pukwoodgenies de l’école qui surveillaient les environs.

Un grincement retentit et l’attention des nouveaux arrivants fut à nouveau portée sur l’entrée du château, qui s’ouvrait petit à petit. Lorsque les portes furent ouvertes en grand, il y eut quelques échanges de regard anxieux d’échangés, avant que quelques-uns se décident à avancer dans le hall d’entrée. Les portes se refermèrent sur eux, soustrayant la salle à une partie de la lumière lunaire pour ne laisser plus que celles des torches, qui illuminaient la salle comme si elle avait été en plein soleil.

C’était une grande salle circulaire dont le plafond était orné d’une coupole transparente finement ouvragée qui, elle par contre, précipitait la lumière de la lune en une cascade luminescente sur éclairait le noeuf gordien d’or gravé dans le sol de pierre. A l’étage supérieur, un balcon circulaire courait le long de la paroi. Un bourdonnement inintelligible s’en échappait, trahissant la présence du reste de l’école sur ce balcon, dont une partie était visible depuis la position du jeune garçon. Imitant ses camarades, Lysander se tint contre le mur, fixant le noeuf gordien avec appréhension. Depuis le balcon circulaire, une voix appela le premier élève à devoir passer le jugement des quatre statues magiques situées de part et d’autre de la salle, une pour chaque maison de l’école.

La petite fille s’avança d’un pas hésitant sous le regard de ses camarades et, on le devinait, du reste de l’école depuis le balcon. Une fois parvenue au centre de la pièce, les pieds posés sur la gravure dorée, elle attendit, scrutant les réactions du Serpent Cornu et du Womatou qui se trouvaient dans leur champs de vision. Ce fut le premier qui la choisit, le joyau sur la tête de la statue s’animant d’une lueur ésotérique. Un tonnerre d’applaudissement retentit au-dessus de sa tête, et elle se dirigea vers une grande porte.

Un par un, chaque nouvel élève fut choisit par l’une (ou, très rarement, plusieurs) des statues. Bientôt, ce fut à Lysander de s’approcher. Le coeur battant, il s’approcha du centre de la pièce en regardant vers le balcon. Petit à petit, un nombre toujours croissant de visages lui apparaissaient alors qu’il approchait du centre du hall. Il reporta son attention teintée d’anxiété sur les statues. Anxieux, il se remémorait à nouveau les mots de sa mère “Ne me déçoit pas”, “Soit digne de ton rang”, “Rends nous fiers”. Comment être digne de son père quand il ne savait même pas quelle maison se rapprochait le plus de la fameuse maison de Serpentard ? Comment rendre fière sa mère alors que rien ne l’attirait chez les Serpents Cornus ?

Il ferma les yeux, redoutant l’instant où l’une des statues s’animerait pour manifester son appartenance à telle ou telle maison. Et si aucune d’entre elles ne souhaitait que leur maison ne l’accueille ? Cette pensée fut immédiatement interrompue par un bruit dans le dos du jeune Selwyn. Un bruissement d’ailes. Lysander ouvrit les yeux et se retourna vers la statue de l’Oiseau-Tonnerre, qui avait déployé ses ailes et fendait l’air en décrivant des mouvements imposants et fiers. Les applaudissements fusèrent au-dessus de la tête du petit sorcier, qui suivit la trace de ses prédécesseurs en passant la grande porte opposée à l’entrée du château. Là, il serait choisi par une baguette, sa si fidèle baguette en prunellier.

La scolarité de Lysander fut assez difficile. La discipline n’était pas un problème, à l’instar de l’apprentissage de la magie dans laquelle Lysander se montrait tout à fait apte. Son habileté se révélait surtout durant les cours de Potions, mais aussi durant les cours de Défense Contre les Forces du Mal. Le seul problème avec Lysander - c’était toujours le même - était les autres.

Renfermé, faible en apparence, peu porté sur la réplique acerbe ni la démonstration de force, il fut considéré comme une proie facile pour les autres enfants qui, au mieux, l’évitaient ou lui adressaient des regards compatissants ; ou au pire, n’hésitaient pas à le chahuter au détour d’un couloir. Heureusement, ses compétences en cours lui épargnaient de perdre trop de temps à faire son travail. Aussi avait-il le loisir de profiter d’un peu plus de temps libre que plusieurs de ses camarades, dont ses tortionnaires.

Il pouvait alors s’aventurer dans le parc, explorer les couloirs du château à la recherche de secrets ou tenir compagnie au professeur Hollewith.

AVRIL 1996


“Oh, c’est vous Lysander.” remarqua le professeur de Défense Contre les Forces du Mal en jetant un regard par-dessus son épaule.

Lysander s’approcha du professeur les mains dans les poches de sa robe de sorcier bleue et rouge. Il arbora une mine déprimée qui, malheureusement, semblait avoir élu domicile sur son visage depuis le début de son séjour à Ilvermorny. Ce détail ne manqua pas au quarantenaire qui reposa sa Glace à l’ennemi dont il avait hâte de faire la présentation à son élève préféré. L’air grave, il demanda :
Encore Calloway ?

L’adolescent de treize ans hocha la tête, ce à quoi son professeur répondit :
Comptez-vous me dire ce qu’il a fait cette fois ?
- Non. Je ne suis pas une balance.” dit amèrement l’adolescent avec fermeté, bien décidé à ne pas donner une raison à son ennemi d’ajouter ce qualificatif à la liste des odieux noms utilisés pour le désigner. Le rat de bibliothèque, le chelou, le taré… La tapette.

Car c’était de ça qu’il avait été question cette fois-là. Assis contre le mur d’un couloir en attendant l’arrivée d’un professeur, Lysander s’était fait aussi discret que possible derrière son livre, jusqu’à ce que Calloway se fasse un plaisir de dire haut et fort que le taré Selwyn n’était pas du même bord et que ça méritait bien de le martyriser un peu plus. Préférant l’ignorance, Lysander n’avait pas réagi, jusqu’à ce qu’il commence à recevoir pendant le cours suivant des griffonnages animés vulgaires qui ne faisaient que s’ajouter à quelque chose de bien plus insidieux.

Ce n’était plus un incident parmi d’autres. C’était l’incident au milieu d’une marée de regards, de chuchotements, de sourires faux, de regards jugeurs, d’attitudes hostiles venant de personnes dont il ne connaissait même pas le nom. C’était tout le monde.

Lysander.” insista Hollewith, bien décidé à secouer le jeune garçon. “Vous ne pouvez plus vous laisser marcher sur les pieds comme ça. Ces petits cons vous pourrissent la vie depuis trop longtemps, et ça se voit qu’ils vous ont déjà profondément atteint.

Il n’avait pas tort. Depuis le début de sa première année, Lysander avait pris l’habitude de regarder ses pieds en marchant, de courber le dos presque tout le temps, et tous les signes du stress et de l’anxiété pouvaient se lire sur ses mains et son visage.
Ils vous rabaissent continuellement, vous traînent dans la boue… Arrêtez de les faire gagner. Arrêtez de les laisser vous atteindre ! Si vous les laissez s’insinuer dans votre esprit au point que même vous, vous vous détestiez, ils auront gagné. Ne les laissez pas vous faire ça !

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

“- Et c’est une leçon que j’ai très bien retenu. J’ai mis du temps à l’appliquer, mais ça valait le coup. A partir de mes quinze ans, je n’étais plus le fragile petit être que j’étais en arrivant à l’école. J’étais un jeune homme qui apprenait petit à petit à s’aimer tel qu’il était, et surtout, qui se construisait enfin. Enfin j’étais capable de me défendre, et pas qu’avec quelques sortilèges. Je frappais où ça faisait mal, peu importe qui était horrifié par la violence de mes insultes. A défaut d’être digne de mon père, j’étais parvenu à obtenir la même confiance et la même détermination que ma mère.
- Comment se sont passées vos premières années après la fin de vos études ?
- J’avais été admis à la formation d’Aurors. Une formation assez difficile, mais qui m’a permis de m’endurcir un peu plus, et surtout d’avoir confiance en mes capacités.
- Pas aux autres ?
- Pour quoi faire ?
- Passons. Vous êtes devenus Auror en 2003, et avez officié aux États-Unis jusqu’en 2016, où vous avez quitté le pays. Pourquoi ?

Il y eut un court instant de silence durant lequel Lysander hésita à répondre.
Raisons familiales.

NOVEMBRE 2016


La voix de Persephone Selwyn faisait trembler par ses cris toute la maison. Personne d’autre à table n’osa piper mot. Debouts, Persephone et Lysander se fusillaient du regard avec autant de hargne l’un comme l’autre.
COMMENT OSES-TU MENER UNE TELLE CROISADE CONTRE TA PROPRE FAMILLE ?” hurla Persephone, révoltée.

A sa droite, Themistocle baissait le regard vers son assiette. Cela faisait quelques semaines que son demi-frère Auror avait mené une enquête sur le double-meurtre de l’adjoint au Gouverneur des Dragots et des Finances et de sa femme, tués tous les deux par l’ingestion d’un horrible poison. Entre Lysander et leur mère, Iphigénie tentait de les raisonner, sans succès. Les autres invités observaient l’échange tantôt avec inquiétude, tantôt avec consternation, alors que Lysander répliquait :
IL EST IMPLIQUE DANS UN DOUBLE. MEURTRE. MAMAN. ÇA N’A RIEN DE PERSONNEL, CAR CONTRAIREMENT A TOI J’AIMAIS DEJA MON FRERE AVANT QU’IL NE DEVIENNE RICHE !

Themistocle leva un regard où se mêlaient reconnaissance et dédain, tandis qu’à côté, sa mère hurlait de plus belle.
IL EST INNOCENT ! POURQUOI NE LE VOIS-TU PAS ?” s’époumona-t-elle.
QUE QUELQU’UN M’EN MONTRE LA PREUVE !” rugit Lysander au plus haut de ses capacités vocales, qui suffirent toutefois à couper la chique à sa génitrice. Il en profita pour ramener la conversation à un volume décent : “Je voudrais vous croire. Je voudrais être certain que mon frère n’est pas coupable. Si il m’en fournissait une preuve, je pourrais le disculper. Mais cette affaire est écoeurante, mes supérieurs veulent qu’elle soit bouclée rapidement.

Iphigénie avait abandonné toute tentative. En fait, elle semblait avoir abandonné tout court. Ses yeux brillaient de larmes, son regard se perdait dans le vide. Elle qui avait toujours été forte, la voilà qui s’effaçait derrière un sentiment d’impuissance.
Il n’y a pas de preuve de son innocence tout comme il n’y a pas de preuve de sa culpabilité” insista Persephone en détachant chaque mots entre ses dents serrées, les yeux aussi brillants que ceux de sa fille.

En entendant cette phrase, Iphigénie tourna la tête en direction de sa mère, un regard noir prenant place malgré la montée de larmes. Lysander comprit que ces larmes n’étaient pas dues à un quelconque sentiment d’impuissance, mais bien à de la colère, lorsque sa soeur imposa sa présence aux deux autres. Alors, il se souvint quelle puissante Légilimens sa petite soeur faisait.
Fais-les partir Maman” exigea-t-elle en désignant les invités qui restaient aussi immobiles que des statues de cire. “Maintenant.

Surmenée et perdue, Persephone remercia ses invités d’un geste impérieux de la main. Une fois qu’ils eurent tous disparu en rendant au manoir son silence pesant, il ne restait plus que Lysander, Iphigénie, Themistocle et leur mère.
Tu mens, Maman.” affirma Iphigénie en s’efforçant de conserver son calme. “Toi aussi, Themistocle. Je n’ai même pas besoin de forcer sur mon don pour sentir les illusions que vous essayez d’instiller dans nos esprits… Ne me forcez pas à creuser plus profondément.” acheva-t-elle avec un regard que Lysander défiait quiconque de soutenir plus de dix secondes.

Themistocle s’était affalé dans l’un des fauteuils sombres du salon, l’attention perdue dans le cheminée. Persephone se tenait plus droite que jamais et toisait ses enfants comme si elle les mettait au défi de contester son autorité. Profitant de l’ouverture faite par sa soeur, l’Auror interrogea sa mère :
“- Qu’as-tu encore fait, Maman ?
- Comment ça, “encore”, Lysander ? De quoi d’autre m’accuses-tu ?
- Arrêtes la masquarade, Maman” supplia Themistocle d’un air las. “Si on ne peut pas faire confiance à notre propre famille, que nous reste-t-il ?
- Tais-toi Themistocle. Tu ne vas faire qu’aggraver la situation.” cracha la mère en s’approchant de Lysander. “Toi… Tu as déjà eu ce que tu voulais. Ta petite rébellion, ta crise identitaire. Tu as réussi à me briser le coeur en nous privant moi et ton père de descendance. Mais tu n’auras pas plus de pouvoir sur cette famille, tu l’as assez détruite comme ça.” lâcha-t-elle en un murmure à quelques centimètres du visage de son fils aîné.

Lysander laissa échapper un rire jaune, impressionné par le talent qu’avait sa mère à se poser en victime en toutes circonstances.
“- Tu m’accuses de détruire cette famille alors que tu lui as fais plus de mal que n’importe quel criminel fratricide que j’ai pu croiser.
- Tu crèves d’envie ne serait-ce que de le prononcer. Vas-y ! Dis-le ! Je le sens traverser ton esprit jusqu’au bout de ta langue !” vociféra la sorcière au regard presque hystérique.

Lysander risqua un regard vers Iphigénie, qui hocha la tête en signe d’approuvement, alors que leur mère se perdait en répétant son ordre. N’y tenant plus, Lysander le hurla plus qu’il ne le dit :
TU AS TUE PAPA !

Themistocle daigna enfin détourner le regard de l’âtre, comme estomaqué par cette affirmation. Persephone, elle, arborait haine, désespoir et chagrin mêlés sur son visage. Peut-être n’était-ce qu’à ce moment précis qu’elle avait compris qu’elle avait perdu son précieux fils.
Tu me crois si idiot que ça ? Trois affaires de meurtres te touchent directement, avec à chaque fois la même cause à ces morts. Le Sadique Breuvage du Marionnettiste.” dit Lysander en réprimant un haut-le-coeur rien qu’à l’évocation de cette horrible potion. “Tu as tué Papa. Tu as tué tes propres parents. Et maintenant tu as entraîné ton plus jeune enfant dans ta folie meurtrière.
- Il n’a rien fait !” maugréa Persephone. “Dis-leur Themy !

Les regards se tournèrent vers Themistocle, qui était visiblement au bord de la syncope.
Maman ne m’y pousse pas…” disait-il essuyant son front humide de sueur du revers de la main. Mais face à l’insistance de sa mère, il se résigna : “C’est elle qui a tué Mr. Duncan et sa femme.

Ce fut comme si quelqu’un avait supprimé tous les sons de la pièce. Lysander fixait son demi-frère :
Continue.” ordonna-t-il à un Themistocle qui avait de plus en plus de mal à respirer.
Elle m’avait dit qu’elle avait tout prévu, qu’elle s’occupait de tout… Je n’ai compris que trop tard ce qu’elle voulait dire. Je me suis rendu chez les Duncan dans l’espoir d’empêcher leur meurtre, mais quand je suis arrivé ils… ils…

L’émotion que le sorcier avait refoulée depuis quelques semaines le submergea, baignant son visage de larmes d’une culpabilité bien différente de celle qui aurait dû paraître sur le visage de Persephone. Lysander n’eut pas besoin d’en savoir plus. Il savait très bien quel genre d’effets le Sadique Breuvage exerçait sur un corps humain. Iphigénie, quant à elle, ne semblait pas y croire. Elle finit  par s'éclipser de la pièce en direction de sa chambre. Themistocle sanglotait sur son fauteuil la tête entre les mains.

Persephone se tourna vers son fils aîné.
Tu ne dis rien.” remarqua-t-elle.
Je n’en ai pas besoin. Contrairement à ma soeur et mon frère je n’ai eu aucun doute quant à ta culpabilité dans le meurtre de mon père.” répondit Lysander d’une voix caverneuse. “Quoique… as-tu déjà éprouvé quoi que ce soit qui puisse se rapprocher de la culpabilité ?
Evidemment que oui” répondit aussitôt Persephone, visiblement blessée. Elle était peut-être une meurtrière, mais elle restait une personne avec des émotions. “Bien sûr que j’ai éprouvé du regret, de la culpabilité… Tu ne peux pas t’imaginer ce que c’est -
Ne dis pas ça.” coupa férocement l’Auror. “Tu ne l’as pas vu souffrir. Tu ne l’as pas vu mourir. Moi oui.

Ne pouvant en supporter plus, Themistocle quitta précipitamment la pièce, sûrement pour aller demander la protection et le soutien de sa soeur. Le regard de Lysander se posa sur la partie du parquet qui, jadis, avait été noyée sous le sang de son père. A présent, il en était sûr. Etonnamment, il se sentait plus léger, de le savoir. Les dernières chaînes qui l’entravaient et le gardaient près de sa mère s’était brisées. Plus rien de bon, à part sa soeur et son frère, n’existaient dans ce pays. Il était libre d’aller où il voulait. Plus aucun mystère ne le retenait en Amérique.

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

J’imagine qu’il me sera impossible de vous soutirer un quelconque détail sur ces “raisons familiales” ?” insista Thorn.
Impossible.” affirma Selwyn.
Mais ce sont ces raisons qui vous ont poussées à quitter un pays où vous aviez tout pour le Royaume-Uni.
Le Royaume-Uni ne m’était pas totalement inconnu. J’y ai de la famille je vous rappelle. Les Selwyn, membres de la fameuse liste de Vingt-Huit Sacrées… Mes grands-parents paternels m’ont hébergé quelques temps, jusqu’à ce que je puisse travailler. Pendant un an j’étais détective privé pour sorciers. C’était une activité assez proche de celle d’un Auror, mais qui avait ses propres spécificités… Et c’est là que j’ai rencontré mon mari.

JUIN 2017


La clope au bec, Lysander remontait le Chemin de Traverse vers le Chaudron Baveur. Son enquête sur la disparition d’un Cracmol, ami du propriétaire de Fleury & Bott, venait de s’achever. Le bougre s’était retrouvé embarqué dans une sordide affaire de marché des maléfices que le détective privé laissait aux Aurors officiels. Il devait à présent rendre visite au client pour réclamer son paiement. Parvenu en face de la devanture de la librairie, son entrée fut ponctuée d’un coup de clochette qui résonna à travers la boutique presque déserte.

Le détective s’avança entre les étagères pleines à craquer de livres aux reliures multicolores, sa progression ponctuée par ses pas lourds sur le parquet ciré. S’approchant du comptoir, il fut surpris par une voix grave qui venait de derrière l’une des étagères.
Je peux vous aider ?” demanda l’homme à qui appartenait la voix en surveillant le rangement d’une pile de livres qui se glissaient tous seuls dans les rayons.
Je suis Mr. Selwyn, le détective engagé par le patron des lieux” expliqua Lysander en fixant les quelques anneaux d’or que le sorcier portait à l’oreille.

Ce dernier tourna la tête pour détailler le visage de son interlocuteur.
Alors c’est vous l’Américain que le patron a employé pour retrouver son associé” comprit le rouquin en arborant un léger sourire tandis que ses yeux se plissaient comme pour faire la mise au point sur l’homme qui se dressait en face de lui. “Il a prit sa journée malheureusement, mais si vous voulez vous pouvez passer demain.

Lysander le remercia et sortit de la librairie sans savoir que derrière lui, l’employé de Fleury & Bott fixait sa silhouette, un sourire coquin toujours pendu à ses lèvres. Qui aurait pu penser suite à cette rencontre que ces deux-là se marieraient un jour ? Lysander revint le lendemain, où il eut plus de temps pour faire connaissance avec lui alors que son client s’évertuait à feindre la recherche précipitée d’un quelconque cadeau. Après cette discussion, les deux s’étaient retrouvés à boire quelques verres au Chaudron Baveur. Puis un autre soir. Et encore un autre. Puis ils passèrent la nuit ensemble, enlacés sous la couette.

Cette nuit-là, Lysander avait été incapable de s’endormir. En faisant parcourir son regard sur le visage paisible de son amant endormi, il se repassait les précédentes soirées en boucle, comme pour mieux les ancrer dans sa tête. Harmodios MacDougal était un sorcier écossais né dans une éminente famille de sang-purs, qu’il s’était fait un plaisir de décevoir autant que possible. Ancien Poufsouffle, il avait renoncé à son héritage familial et s’était intéressé à l’étude des Forces du Mal dans un premier temps, avant de débuter un apprentissage à Sainte-Mangouste pour devenir - c’était en tout cas son souhait - un excellent Médicomage spécialisé dans le traitement des maléfices, des malédictions et autres afflictions causées par les Arts Obscurs. Son travail chez Fleury & Bott lui servait avant tout de source de revenus.

Harmodios était à la fois si différent de Lysander, et pourtant si proche. Chacun sentait que l’autre pouvait comprendre ce que cela faisait de grandir dans une telle famille, mais tous deux s’enrichissaient de l’expérience de l’autre. L’ancien Auror ne s’était jamais senti aussi soutenu et encouragé par une autre personne. Chaque mot qu’Harmodios prononçait était si bien calibré qu’ils étaient aussi apaisants et bienfaisants qu’un baume. Un baume dont Lysander avait de plus en plus de mal à se passer à chaque nouvelle soirée passée en sa compagnie.

Ils continuèrent en effet à se voir, ne sachant jamais vraiment trop comment définir leur relation, jusqu’à ce séjour en Irlande. C’était sur l’une des falaises escarpées de la côte irlandaise, où mer, verdure et roche s’entremêlaient en une parfaite harmonie face à un soleil qui commençait déjà à décliner que Harmodios et Lysander s’échangèrent d’une même voix suave ces trois petits mots plus magiques que tous : “Je t’aime.

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

“- Que pensez-vous que cette relation vous a apporté, hormis bonheur, amour et complémentarité ?
- C’est lui qui m’a encouragé à réclamer la citoyenneté britannique, et à reprendre du service en tant qu’Auror, mais cette fois pour le Ministère. Sans Harmodios, je ne serais pas là ; et cette affirmation est bien plus littérale que vous ne pouvez imaginer.
- Vous vous êtes mariés quand ?
- Il y a… quelques mois maintenant. Nous avons passé notre lune de miel en Islande, loin de tout…

L’Auror fut interrompu par les mouvements agités qu’effectua la Plume à Papote à l’adresse du psychomage. L’heure était déjà passée. Les deux sorciers se remercièrent, et Lysander put enfin quitter la pièce. Après être passé par son bureau pour en sortir la bouteille de rouge qu’il conservait depuis quelques jours à l’abri de tout, ill s’avança d’un pas assuré à travers le couloir, motivé par l’idée que ce soir, il fêterait ses six mois de mariage avec l’homme de sa vie. Un sourire pensif apparu sur son visage.

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Famille et relations

La famille de Lysander est connue par nombre de personnes (notamment un nombre conséquent d’enquêteurs du MACUSA) pour être pour le moins dysfonctionnelle.
C’est avec le père de Lysander que tout commence.

Zachariah Selwyn, son ASPIC tout juste empoché, décide de quitter le Royaume-Uni, marqué par le début de la guerre contre Lord Voldemort. Si Zachariah était un Sang-Pur aux idéaux assez conservateurs, ce n’était rien par rapport à ses parents, qui ne se cachaient pas de vouloir apporter leur soutien aux Mangemorts durant les repas de famille. D’un naturel plus sage et réfléchi, Zachariah ne partageait pas les envies génocidaires de ses géniteurs et de son frère, Ezechiel.

Ce fut donc tout naturellement que Zachariah se dirigea de l’autre côté de l’Atlantique, aux États-Unis, avec pour ambition de poursuivre le rêve américain. C’est là-bas qu’il rencontra la femme de sa vie beaucoup trop courte : Persephone Buchanan.

La réputation de Persephone n’était plus à refaire. Légilimens naturelle, élève talentueuse de l’école d’Ilvermorny qu’elle avait quitté trois ans auparavant, elle s’était retrouvée “malgré elle” dans la tourmente d’une enquête du MACUSA sur le mystérieux meurtre de ses parents. Innocentée après plusieurs mois de suspicion durant laquelle le nom de Buchanan fit la une de la plupart des journaux sorciers locaux de Syracuse (NY), elle avait donc hérité de la fortune familiale, apparemment bâtie depuis plusieurs générations sur une firme nationale de vente de potions.

Persephone et Zachariah se rencontrèrent une première fois à New York, puis quelques autres fois à travers le pays, au gré de leurs périgrinations respectives. C’est finalement en 1979 que Persephone Buchanan devint Persephone Selwyn. Des détracteurs de la sorcière ont cependant répandu la rumeur selon laquelle Persephone se serait arrangée pour se marier avec un sorcier dont le nom était plus prestigieux que le sien, afin de taire les précédentes rumeurs qui voulaient que les Buchanan de Syracuse soient issus d’une lignée pas aussi pure qu’ils souhaitaient faire croire (malgré le nom illustre que la mère de Persephone avait avant son mariage).

Ils eurent deux enfants : Lysander et Iphigénie. Les deux grandirent dans un cadre familial instable, marqué d’abord par l’échec du mariage de leurs parents, la mort de leur père, les différents amants au caractère exécrable de leur mère qui parfois allaient jusqu’à s’installer dans la demeure familiale du Massachusetts, puis par le remariage de leur mère avec le célèbre chasseur de vampires Balthazar Nichols.

Après ce mariage, Persephone eut un autre fils, Themistocle. Le demi-frère de Lysander et Iphigénie fut sûrement celui qui avait le plus souffert des dysfonctionnements de la famille, subissant la sévérité presque cruelle que son père lui réservait (alors que ce même père ne semblait éprouver qu’affection et compassion pour les enfants de sa femme) et la considération de sa mère qui se rapprochait selon lui de l’indifférence.

Malgré son statut de vilain petit canard, Themistocle tourna bien mieux que ce à quoi les proches de la famille s’attendaient, puisqu’au lieu de devenir un petit fonctionnaire du MACUSA, sûrement chargé de la maintenance des sortilèges du Woolworth Building ; il devint un grand fonctionnaire du MACUSA, jusqu’à devenir l’adjoint au Gouverneur des Finances et des Dragots. Lysander et lui ne sont pas très proches, et leur relation a souvent été teintée d’une animosité plongeant ses racines jusqu’à des temps dont même Lysander n’a plus qu’un souvenir assez flou.

Le mariage de Persephone et Balthazar ne fut pas forcément plus heureux que le précédent, et un divorce fut prononcé alors que Lysander entrait à Ilvermorny. Persephone reprit le nom de son défunt mari - au grand dam des parents de Zachariah - et s’installa à New York où elle usa de toutes ses compétences et du prestige que les noms de Selwyn et Harkaway (le nom de jeune fille de sa mère) pour gravir un peu plus les échelons de la société sorcière et gagner en influence. Lysander garda cependant contact avec Balthazar, qui lui avait promit de l’aider à devenir Auror.

Des trois enfants de Persephone, Iphigénie Selwyn est sûrement la plus vénérable. Redoutable sorcière, elle développa les mêmes aptitudes que sa mère en matière de Légilimencie et, avant de devenir l’un des professeurs de sortilèges les plus populaires de l’école d’Ilvermorny et la candidate la plus plébiscitée pour la direction de la maison Horned Serpent, elle était une talentueuse psychomage qui s’illustra en inventant divers sortilèges mentaux.

Lors de son séjour en Grande-Bretagne, Lysander rencontra celui qu’il appelle aujourd'hui “l’homme de sa vie”, Harmodios MacDougal. Mariés depuis six mois maintenant, les deux sorciers vvivent tranquillement dans leur appartement londonien.

Caractère

Lysander n’a pas eu la vie facile : élevé dans l’idée que son sang le destinait à faire de grandes choses alors que lui-même souhaitait simplement faire du monde un endroit plus agréable à arpenter, témoin de la mort de son père, victime de la réputation de sa famille, vie scolaire difficile, famille dysfonctionnelle et métier dangereux sont quelques-unes des raisons pour lesquelles Lysander ne semble pas être le type de sorcier avec lequel quelqu’un souhaite engager la conversation.

Le visage impassible, le regard intense, l’Auror en impose moins par sa stature que par son attitude. Cette attitude sert surtout de défense à Lysander, qui a toujours éprouvé le plus grand mal à se sentir à l’aise en présence d’autres personnes que sa proche famille. Si ce malaise était trahi durant son enfance et son adolescence par une timidité maladive et un cruel manque de confiance en lui, elle se traduit aujourd’hui par une apparente apathie additionnée à un fort penchant pour le cynisme et l’humour noir.

Cette attitude lui vaut l’animosité de bon nombre de personnes, ce qui en un sens arrange pas mal le sorcier. Trop habitué à se faire marcher sur les pieds durant son adolescence, Lysander est désormais un expert en répartie et se fiche bien d’à quel point l’ego de son interlocuteur peut être brisé par ses répliques acerbes ou quelle sensibilité il a offensé par l’une de ses blagues sur les borgnes.

A cette impassibilité sévère s’ajoute un sens de l’observation très développé, produisant un résultat qui peut se confondre aux yeux des autres à une légère paranoïa (mais inutile de proposer à Lysander de consulter, de plus résistants ont essayé sans succès, parce que Lysander est “tout à fait saint d’esprit et il s’agit juste d’une prudence exacerbée, fruit d’une déformation professionnelle”).

Ceux qui lui sont très proches cependant (son cercle familial et son mari en forment la plus grande partie) connaissent la véritable nature de Lysander. C’est en fait un être qui n’est fait que de bonté et de générosité. Lorsqu’il enlève ce masque cynique qu’il affectionne tant, il n’est plus qu’un nounours chaleureux dont la gentillesse n’a d’égale que sa mignonnerie. Lysander, c’est typiquement le genre de personne qui nettoie son appartement de fond en combles avant de recevoir son intérêt amoureux et qui, lorsque ce dernier arrive, s’excuse du désordre et de la saleté des lieux.

C’est un véritable perfectionniste qui cherche à tout faire du mieux qu’il peut non seulement pour se prouver à lui-même qu’il est bon dans ce qu’il fait, mais aussi pour donner aux autres le mieux qu’il a à offrir. D’aucun dirait que cet aspect est également dû à une certaine incapacité à lâcher du leste, à une nécessité de contrôle que s’est imposé l’Auror. Ce contrôle, il l’exerce avant tout sur lui-même, car de son point de vue c’est avant tout à lui d’être le meilleur pour le bien des autres, et non l’inverse (ce qui est sûrement dû aux nombreuses injonctions de ses parents sur les valeurs qu’il se devait d’incarner). Il n’est donc pas non plus un maniaque du contrôle.

Lorsqu’il cherche à faire le mieux sans les restrictions imposées par son apparente apathie (qui le force toujours à réfléchir à plusieurs fois avant d’agir), Lysander est un personnage qui se révèle assez maladroit, toujours persuadé que ses dires sont mal placés et qu’il se doit de les rectifier, parfois plus maladroitement à cause de la gêne ressentie (souvent à tort). Certains se risquent à dire que ce trait de caractère contribue à sa mignonnerie lors des moments en toute intimité.

Études supérieures & métier

Malgré le souhait que Zachariah avait formulé un peu avant sa mort (et qui fut étonnamment soutenu par le deuxième mari de Persephone), Lysander ne fut pas envoyé à Durmstrang. Il fut élève à l’école de sorcellerie Ilvermorny, perchée au sommet du Mont Greylock, dans le Massachusetts. Envoyé dans la maison Thunderbird, Lysander fut particulièrement passionné par les Potions et la Défense Contre les Forces du Mal, disciplines dans lesquelles il excellait.

Après la fin de ses études (marquée par de très bonnes notes), il fut formé par l’Auror Zakiel Fischer, ami de l’ex-beau-père de Lysander. Sa formation fut marquée par de nombreuses difficultés concernant les tests de caractère, qui permirent cependant à Lysander de s’endurcir et de parfaire son comportement sous pression. Obtenant le titre d’Auror en 2003, Lysander travailla pour le MACUSA jusqu’en 2016. C’est à partir de cette année qu’il quitta l’Amérique pour se rendre au Royaume-Uni.

Là, il officia un an environs en tant que détective privé, avant d’obtenir l’accréditation du Ministère de la Magie pour devenir un Auror reconnu par les autorités magiques britanniques.
©️linus pour Epicode


Dernière édition par Lysander H. Selwyn le Sam 10 Juin - 17:24, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)   Lun 5 Juin - 13:56

Bienvenue Oscar Isaac. Jtm. Be my daddy. (non je déconne )

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MessageSujet: Re: Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)   Lun 5 Juin - 14:03

*Note qu'elle propose à tous les Aurors d'être son daddy *

Bienvenue collègue

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MessageSujet: Re: Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)   Lun 5 Juin - 16:52

Bienvenue et bon courage pour terminer ta fiche!
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MessageSujet: Re: Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)   Lun 5 Juin - 20:09

Hey un Auror Badass !! Bienvenue chez toi !!


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MessageSujet: Re: Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)   Lun 5 Juin - 21:20


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MessageSujet: Re: Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)   Mar 6 Juin - 0:00

Bienvenue ! Et c'est bien ! Un nouvel auror !
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MessageSujet: Re: Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)   Mar 6 Juin - 16:29

Re bienvenue à toiiii ! J'adore toujours autant les sonorités du nom Selwyn ♥
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MessageSujet: Re: Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)   Mer 7 Juin - 0:36

Shae :
Valentine : Merci collègue
Eleanor : Merci ma chère
Aristide : Merci bro
Aamon :
Ana : Héhé, спасибо дорогая товарка
Elsa : Merciiii <3 (et va terminer ta fiche aussi )
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MessageSujet: Re: Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)   Mer 7 Juin - 22:09

Bienvenue !!
Oh quel personnage intéressant que voila bonne continuation pour la fin de ta fiche

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I wouldn't change a thing about it
This is the best feeling This innocence is brilliant I hope that it will stay This perfect feeling which die too much easily Don't let it pass
Glingal D. A. Ollivander
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Moody Intimidating Cinnamon Roll (terminée)

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