Forum RPG sur l'univers Harry Potter, 20 ans plus tard.
 

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 Clandestine. | Libre

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MessageSujet: Clandestine. | Libre   Lun 22 Mai - 0:21

01 h 38, 10 septembre 2020. Port de Londres, les docks.


Les bruits de pas résonnaient à l’extérieur de la cabine. Anastasia se redressa, elle avait passé des jours entiers sur ce rafiot, à dormir dans ce cagibi à peine assez grand pour une couchette et un toilette. Et miracle, tenez vous bien, la douche consistait en un gant et un robinet. Autant dire que ces quatre semaines de traversées furent aussi spartiates que désagréables. Mais à grands maux les grands remèdes, Alexei lui avait soufflé, avant leur départ, de ne pas emprunter les réseaux de cheminées, ni même les portoloins. D’après nombres de mages, certains cracmols ou moldus initiés en Occident n’auraient aucun scrupule à balancer les sorciers qu’ils repèrent aux autorités locales. Il semblerait bien que le front de l’Ouest soit plus tendu qu’elle ne l’imaginait.
On frappait fort à la porte. Anastasia jeta un œil au travers du hublot. On ne voyait rien, à part quelques lueurs floues, la pluie battante lavait le carreau sans cesser une seule seconde, obstruant le moindre détail même à l’œil le plus aiguisé.

- Ребров не хватает ? Мы прибыли ! Cria le marin depuis le couloir.

Sans perdre un seul instant, elle enfila son long manteau de cuir noir par-dessus son holster d’épaule. Vu le temps qu’il faisait, il valait mieux s’habiller, d’autant que le froid occidental était plus traitre que celui d’Orient. Ici, l’humidité vous transperce les os, alors que chez elle, le froid sec vous caresse la peau. Et tant qu’à faire, mieux ne valait pas exhiber une arme à feu.

- Я иду ! Répondit-elle en attrapant sa valise, pour ensuite aller ouvrir la porte.

- Следуйте за мной быстро. Lui ordonna-t-il en lui faisant signe de le suivre.

Sans attendre une seconde, elle obéit. Elle traversa ainsi le long corridor, passant plusieurs portes d’acier, pour enfin rejoindre le pont. Une tempête de tous les diables s’abattait sur Londres ce soir. Pas de lune, pas d’étoiles. Les nuages lourds de pluies et les violentes bourrasques s’étaient fait maîtres sans conteste des cieux.
Des marins vêtus de leur coupe-vent à l’immonde couleur jaune canari lui faisaient signe d’approcher, tandis que deux d’entre eux ouvraient l’un des containers géants qui trônaient sur le pont. La clandestinité, c’était une sacré aventure en soit. Avançant prudemment sur un pont détrempé et glissant, elle alla s’engouffrer à l’intérieur, avant que les deux hommes ne referment les épaisses portes de métal derrière elle.

Le temps lui paraissait sacrément long dans le noir. Mais elle n’avait pas bougé, assise dans un coin. L’Angleterre, enfin elle y était, dans ce lieu où tout a commencé. L’origine de cette nouvelle Chasse aux Sorcières, un moment historique. L’Angleterre forme désormais avec l’Allemagne, qui avait propagé la première grande vague d’éradication de sorcellerie au seizième siècle, le groupe très fermé des instigateurs de climats merdiques.
Le container dans lequel se trouvait Anastasia se mit à bouger, elle se sentit soulevée, et se mit à prier pour que cette grue soit en bon état, et son pilote sobre. Après tout, en Russie, les accidents dû à de fort taux d’alcoolémie sont monnaies courantes, comme pour feu Christophe de Margerie, tué lors du décollage de son zingue à cause d’un ivrogne complètement rond qui roulait sur la piste avec la voiture balai. Fort heureusement, aucun incident ne se produisit.

La sorcière patientait. On lui avait bien expliqué d’attendre sans un bruit, qu’on vienne lui ouvrir. Elle sortit sa baguette malgré tout, pour obtenir un peu de clarté. Le bout se mit à luire, irradiant d’une lueur blafarde l’intérieur du container. Vide. Il n’y avait rien d’autre qu’elle et sa valise ici.
Après bien une heure et demie d’une attente interminable, il ne restait plus que le seul son de la pluie qui tambourinait contre le métal. Plus aucun écho de voix humaine ne lui parvenait, et personne n’était venu lui ouvrir encore. Cette histoire commençait à sentir le roussit, elle s’approcha des portes d’acier, pour dessiner dans les airs le geste qui les déverrouilla, faisant tourner le loquet dans un grincement métallique. Ana poussa prudemment la porte, son container était certainement posé sur un autre, en baissant les yeux, elle n’eut que le temps d’apercevoir deux hommes armés en contrebas.

- Ici ! Beugla le premier, tandis que le deuxième faisait déjà feu.

Se jetant en arrière, elle commença par jurer, avant de se remettre debout, en prenant garde à ne pas s’approcher de l’ouverture. A peine arrivée, qu’on l’avait déjà balancée ! Elle aurait bien pris le temps de se demander qui était l’odieux fils de Licheur qui l’avait vendue, mais elle n’avait guère envie de terminer en passoire. Aussi, elle s’enfonça jusque dans le fond du container, tenant fermement sa baguette de la main droite, et sa valise de la main gauche. Prenant son élan, elle courrait à grandes enjambées en direction de la sortie, et, dans un sortilège informulé, elle bondit.
Les deux agresseurs au sol restèrent bouches bées.  Ils étaient en train d’halluciner, du moins ils le croyaient, car leur cible était en train de traverser les airs dans un bond surhumain, pour atterrir sur le toit des containers d’en face. Et la sorcière continua sa course après une roulade, réitérant l’opération sur deux autres containers, afin de distancer les moldus qui voulaient lui faire la peau.

Arrivée de l’autre coté du port, elle en apercevait la sortie. Les coups de feu avaient attirés de nombreux hommes vers les containers, c’était sa chance. Rangeant sa baguette dans l’étui qui pendait à sa ceinture, elle se lança dans une nouvelle fuite vers l’avant. Le poste de garde semblait vide. « Semblait », puisqu’à peine sortie et sur le bord de la route, elle entendit une voix retentir derrière elle. La russe tourna les talons pour face à un gardien de nuit corpulent qui courrait vers elle tant bien que mal. Elle porta la main à son holster pour saisir son Makarov, modèle 6P9 PB, une arme russe particulièrement fiable. Elle tira dans la jambe de son poursuivant, le son de la détonation étouffé par le suppresseur et couvert par la pluie battante. Le gardien s’écrasa face contre terre, avant de se mettre à hurler dans sa radio. Ce qui laissait le temps à Anastasia de prendre la tangente et s’évanouir dans les rues sombres des quartiers excentrés du Londres Moldu.


Dernière édition par Anastasia Rebrov le Mar 23 Mai - 11:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Clandestine. | Libre   Mar 23 Mai - 0:55

04 h 18, 10 septembre 2020. Grays, Londres.


Il pleuvait toujours aussi dru, et pour couronner le tout, la brume se levait dans l’Est de Londres. Ah ce qu’elle pouvait détester cette nuit, remontant seule des rues inconnues, encapuchonnée et emmitouflée dans son manteau de cuir sombre, sa valise à la main. Et le temps n’était pas près de s’arranger.
Anastasia remontait Chadwell Road, lorsqu’elle aperçût un de ces grands bus rouge à deux étages, connus à travers le monde comme faisant partie du folklore londonien. Elle fit aussitôt signe au conducteur, et le véhicule commença à ralentir. La sorcière se mit à courir vers le portes qui s’ouvraient.

- Bonsoir M’dame, je rentre au dépôt.

- Il est où ton dépôt ? Demanda-t-elle avec un accent des pays de l’Est à couper au couteau.

- En plein centre M’dame. Répondit le conducteur du tac au tac.

- Je prends bus, c’est bon ?

- Montez-vite. Lança-t-il en jetant son pouce par-dessus son épaule pour désigner les places derrière lui. Je vous dépose au dernier arrêt.

- Da, merci !

Ana grimpa immédiatement dans le bus. Enfin à l’abri, elle tira sur sa capuche et respira un bon coup, tandis que les portes se refermaient. Elle offrit un large sourire à son sauveur, un petit bonhomme corpulent d’une cinquantaine d’année, à l’air jovial et sympathique. Typiquement l’allure du bon voisin.

- Vous venez d’où ? Vous êtes de l’Est ?

- Da, russkiy. Confirma la sorcière en s’asseyant sur les premiers sièges de droite, pour rester à la hauteur du chauffeur.

- C’est qu’ça fait une sacré trotte, vous êtes venue visiter Londres ?

- Vacances oui, mais j’ai perdu ma route. Et je termine ici, trempée et gelée ! Lâcha-t-elle en riant.

- Ah, ce sont des choses qui arrivent, quand on ne connait pas bien un coin. S'écria-t-il en brandissant l'index. Comment trouvez-vous Londres alors ?

- Très joli, très grande ville, beaucoup d’histoires. Et de grands bus et conduit par de gentils chauffeurs !

La jeune russe sympathisait avec ce drôle de bonhomme à la langue bien pendue, qui ne put s’empêcher de lui indiquer des lieux à visiter, ainsi que quelques bonnes adresses où rassasier son appétit. Reece Davies, voilà qui il était. Il habitait Flitcroft Street, en plein cœur de Londres, marié et trois enfant, dont deux déjà majeurs. Son petit dernier allait avoir sept ans d’ici la fin du mois, lui et sa femme l’avait eu sur le tard et furent tous deux assez surpris par la nouvelle. « Mais que voulez-vous ? C’est la vie ! » avait-il dit sur un ton de plus simples en haussant les épaules avant se fendre d’un sourire sincère. Et lorsqu’Anastasia lui avait parlé de la déclaration du Premier Minisitre, il avait éclaté de rire en qualifiant tout ceci de « Bullshit ». Les moldus sont vraiment fascinants. Vraiment.

Une heure et demi s’était déjà écoulée, et le bus s’arrêta un peu avant le dépôt. Elle n’avait vraiment pas vu le temps passer. On pourrait même dire qu’elle n’avait pas eu le temps de le voir passer. Reece était un véritable moulin à parole, qui avait toujours une anecdote sympathique à vous raconter. Mais l’heure était aux adieux, et une fois fait, Anastasia descendit du bus, pour retrouver cette fichue pluie. Au moins, elle était loin du port désormais, et de ces fous furieux qui l’avaient accueillie avec tant d’agressivité sur le sol britannique. Aussi, elle rabattit sa capuche sur sa tête, avant de plonger sa main libre dans une des poches intérieures de son manteau, pour en sortir un petit carnet.
Alexei aussi lui avait donné quelques adresses avant de partir pour les Etats-Unis, dont une en particulier. Celle d’un établissement sur Charing Cross Road. D’après lui, c’était un relais pour les sorciers et sorcières, qui faisait office de frontière entre le monde magique et moldu.
Rangeant son carnet dans sa poche, elle se tourna vers le plan, tagué en partie et placardé contre la vitre de l’arrêt de bus délabré. Si la mirkrahaul  en croyait ce qu’elle pouvait voir, elle n’était qu’à deux rues de Charring Cross. Sans plus attendre, elle se mit en route, sa petite valise en main, longeant les trottoirs détrempés des rues quasiment vides. « Le Chaudron Baveur », elle se demandait à quoi l'endroit pouvait bien ressembler. Ce nom, tellement fantaisiste, lui rappelait ses dernières parties de Donjons et Dragons sur table. En russie, elle avait pris l'habitude de fréquenter des discothèques et bars du monde magique, et l'auberge où elle se rendait était loin d'y ressembler.
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MessageSujet: Re: Clandestine. | Libre   Mer 24 Mai - 14:57



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Shae ξ Anastasia


La pluie s'était calmée, à peine quelques dizaine de minutes auparavant. Les rues détrempées de Londres suintaient encore, et des gouttes ruisselaient sur les pares-brises des voitures, tandis que Shae Viridian déambulait. La nuit Londonienne, surtout par ce temps, était tranquille. La ville était noyée dans l'ombre, le silence, seulement perturbée par le clapotement des gouttes sur le sol. Tout semblait englouti par le temps maussade et Shae se sentait parfaitement à sa place dans ce contexte. Alcoolisée et pas seulement, elle n'avait plus conscience de grand chose, et marchait sans but autre que celui de sentir le vent sur son visage, et d'oublier ce qu'elle fuyait tant au travers de ses intoxications. Pour l'instant, son plan ne fonctionnait qu'à moitié.

Certes, elle était saoule. Arrachée serait un terme plus exact. Elle s'était éclipsée de la soirée underground à laquelle ils étaient tous, Logan, Ruth, Aristide... parce que le bruit était devenu trop insupportable à ses oreilles, et qu'elle n'arrivait plus à se perdre dans la foule de danseurs. Elle continuait à avoir les flashs, les fameux flashs terribles. Violence, sang battant aux oreilles. Une combinaison charmante, vraiment. Elle avait dû sortir. Vêtue d'une veste trop grande dont la capuche se rabattait vainement sur sa masse blonde bouclée, la jeune femme fumait une cigarette, tentant vainement de se sortir les images de ses anciens traumatismes de la tête, avançant résolument vers Soho. La soirée privée avait eu lieu dans une cave d'un vieux bâtiment situé autour de Trafalgar Square. Pour remonter jusque chez elle, le plus simple était de prendre les rues adjacentes à Charing Cross. Deux patés de maisons plus loin, son appartement l'attendait.

Un nid, une petite caverne bardée de sorts, l'appartement était un véritable refuge. Elle s'y sentait en sécurité la plupart du temps. Mais certains soirs, même quatre murs et de lourds sortilèges de protections ne suffisaient pas à se protéger, pas quand le danger venait de vos propres souvenirs. Il fallait absolument qu'elle investisse dans une Pensive. Cela relevait de l'urgence.

S'engageant dans une rue, la jeune sorcière remonta tranquillement en tirant sur sa cigarette. Le Chaudron Baveur n'était pas loin, et l'idée d'aller y finir la soirée plutôt que de rentrer la tentait presque. Elle aurait dû se montrer raisonnable... Que pourrait bien penser Pedro si il savait qu'un soir de semaine, sa petite Shae préférait trainer dans les rues à 4h du matin, alcoolisée, alors qu'elle était censée pointer à 9h à l'Université afin de suivre ses cours ? Elle voyait déjà son regard désapprobateur et déçu, ce qui lui tira une grimace douloureuse. Bon, soyons raisonnable, il fallait vraiment qu'elle rentre.

Elle croisa une autre silhouette qui semblait elle, par contre, se diriger vers Charing Cross.
Une valise à la main, l'air déterminé, la jeune femme qui lui faisait face dégageait une impressionnante aura de volonté et de force. Battant vainement des cils, Shae ne put s'empêcher de s'arrêter, légèrement titubante. Elle la considéra quelques secondes, avant que sa voix, éraillée par la fatigue et l'alcool, ne perce le silence ambiant, comme un trait tiré dans de l'eau trop profonde.

- B'soir ! Vous avez... la classe.

La jeune sorcière sourit d'un air un peu idiot, et sortit son paquet de cigarettes, en proposant une à l'inconnue, plus par civilité qu'autre chose. Allumant un nouvel objet du délit entre ses lèvres, elle la dévisagea. Son look incongru lui plaisait bien, et elle se sentait d'humeur plus loquace, après avoir déambulé dans le froid humide pendant une vingtaine de minutes.

- Vous allez par où à c't'heure ci ? Z'êtes perdue ? Je peux vous renseigner si vous voulez.

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MessageSujet: Re: Clandestine. | Libre   Mer 24 Mai - 21:26

04 h 32, 10 septembre 2020. Centre de Londres.


Anastasia avançait toujours sur Charring Cross Road, trimbalant sa valisette détrempée, et profitant d'une accalmie bienvenue. Le ciel semblait avoir pleuré assez pour l'heure, et c'était la meilleure nouvelle de la nuit. Ce n’est pas pour autant que les bourrasques de vents du Nord parvenaient à faire fuir les nuages, non, ni lune ni étoile ne brillerait là-haut dans la voûte céleste. Et d’ici quelques heures à peine, le grand astre solaire pointerait le bout de son nez au dessus des toits des immeubles et maisons londoniennes. Et la ville se réveillerait petit à petit, quittant les bras de Morphée pour rejoindre leurs voitures et leurs boulots. En d’autres termes, la belle nuit paisible et étoilée dans les rues de Londres, ça sera pour la prochaine fois, du moins elle l’espérait.

La russe tira sur sa capuche, laissant sa longue crinière blonde profiter de l’air libre, avançant d’un pas décidé sur le trottoir détrempé, sans éviter les petites flaques sur son chemin. Elle avait enfin l’impression de pouvoir respirer, et laissant l’air glacial et chargé d’humidité s’infiltrer, Anastasia observait les alentours, à la lueur de l’éclairage public, bien plus efficace et efficient que dans son pays d’origine. Les anglais, au moins, savaient entretenir leurs villes, d’ailleurs les rues n’étaient pas si sales, et les bâtiments plutôt propres. En définitive, il devait faire bon vivre ici à Londres, d’autant que ce peuple semblait relativement affable, bien qu’un peu trop maniéré à son goût. A chaque fois qu’elle voyait la pub « Pims » à la télévision, elle ne pouvait s’empêcher de faire une remarque déplacée sur la longueur supposée du manche à balai coincé dans un sphincter britannique. Une image, certes stéréotypée, mais il fallait reconnaître que le flegme légendaire des anglais n’était pas toujours si irréaliste.

Elle ne devait, en théorie, plus être très loin de l’auberge convoitée. Accélérant le pas, sous le coup de l’exaspération d’un si long voyage et d’une nuit si pénible, et presque fatale, elle croisa une jeune femme à l'imposante tignasse blonde et bouclée qui sentait l’alcool à plein nez.  Un joli minois, teinté d’une bestialité sous-jacent, dû, sans aucun doute, à la balafre qui lui barrait l’œil et la joue gauche. Alors qu’elle s’apprêtait à continuer sa route, poursuivant son objectif en se demandant ce qui pouvait bien laisser ce genre de marque, la voix lourde de fatigue et embuée d’alcool de la jeune femme retentit :

- B'soir ! Vous avez... la classe.

La sorcière fit volte-face, dévisageant sans gêne aucune son interlocutrice. Celle-ci souriait, et dans un geste de bonté, lui tendit une cigarette. Véritable démon de la corruption, aucun ressortissant russe digne de ce nom ne pouvait refuser une clope. Anastasia saisit la cigarette en lui rendant son sourire. Pour deux crétins rencontrés au port, elle avait eu le droit à chauffeur de bus fort sympathique, et une jeune inconnue tout aussi agréable. Le karma sûrement.

- Vous allez par où à c't'heure ci ? Z'êtes perdue ? Je peux vous renseigner si vous voulez.

- Oui, je me perds un peu ici, expliquait Anastasia en déposant sa valisette au sol, premier séjour à Londres. Tu as le feu ? Demanda-t-elle en tendant désormais l’autre main.

Elle avait évidemment, cet accent russe très prononcé qui collait à chacun des mots qui sortaient de sa bouche. Mais son anglais n'était pas mauvais, elle pouvait se faire comprendre sans souci.

- Je cherche un « Chaudron qui bave ». C’est un genre de bar, ou… Auberge. Hôtel. Corrigea-t-elle. Est-ce tu connais ça ? C’est dans cette rue si je trompe pas.

Il valait mieux demander son chemin dès maintenant, plutôt que de continuer à marcher encore et encore pour rien. D'autant que plus vite elle serait arrivée, plus vite elle pourra rassasier la faim qui lui tiraillait l'estomac. Sans compter que rien ne pouvait lui faire plus plaisir qu'un véritable lit, compte tenu de sa traversée aussi interminable que spartiate en cargo des mers Baltique et du Nord.
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MessageSujet: Re: Clandestine. | Libre   Mer 31 Mai - 21:49



Clandestine
Shae ξ Anastasia


Tirant une bouffée sur sa cigarette, Shae vit les doigts fins de la jeune femme s'emparer sans une once d'hésitation de la clope qu'elle lui avait tendu. Souriante, elle avait l'air affable malgré les cernes sous ses yeux témoignant d'une arrivée tardive dans Londres.

- Oui, je me perds un peu ici, premier séjour à Londres. Tu as le feu ?

Son accent à couper au couteau confirma d'ailleurs son statut de voyageuse et Shae, toute excitée à l'idée de rencontrer une ressortissante d'une autre culture, fouilla vainement dans ses poches à la recherche de son briquet avant de le sortir victorieuse et d'allumer la cigarette de son interlocutrice. Depuis son retour du Pérou, elle chérissait l'idée de repartir prochainement pour une nouvelle destination, et se créer de souvenirs plus heureux. La Russie, ça pouvait être pas mal, pas vrai ? Elle n'avait jamais songé à visiter la Russie avant de tomber sur cette drôle de dame. Mais maintenant, son esprit embrumé par l'alcool considérait cette possibilité avec beaucoup d'intérêt. Contrairement au Pérou, elle ne mourrait pas de chaud, en Russie. Plutôt le contraire en fait ; mais le temps ne serait probablement jamais aussi pourri qu'en cette chère vieille Angleterre. Se tirant de ses pensées alcoolisées, la jeune femme se secoua, écoutant la question avec attention

- Je cherche un « Chaudron qui bave ». C’est un genre de bar, ou… Auberge. Hôtel. Corrigea-t-elle. Est-ce tu connais ça ? C’est dans cette rue si je trompe pas.

Une auberge, un chaudron qui bave  ... ? La jeune sorcière plissa les yeux et jeta un coup d'oeil aux alentours, un air suspicieux se peignant sur son visage. Son interlocutrice était-elle une sorcière alors ? Elle ne pouvait pas décemment lui montrer l'endroit où se trouvait le Chaudron Baveur sans s'assurer qu'elle soit bien une sorcière, et pas parmi les infâmes qui vendaient leurs compatriotes. Elle en avait entendu des histoires, des vérités déformées et amplifiées jusqu'à devenir d'horribles contes de trahison. Maintenant, quand on avait une dispute avec son voisin, la nouvelle mode semblait être de le vendre à des moldus avides de chasse aux sorcières façon ère féodale. Des tarés pour la plupart, rien de sérieux, et fort heureusement, rien de généralisé aux yeux des gouvernements. Rien de légal quoi. Peut-être n'était-ce arrivé qu'une seule et unique  fois en fait, mais personne n'aurait su dire ce qu'il en était réellement.

La peur rampait, et exacerbait la paranoia des bons citoyens sorciers, comme des mauvais. Chacun voulait sauver sa peau, et Shae n'était pas exempte. Elle dévisagea l'inconnue d'un air singulier, son taux d'alcoolémie la rendant plus transparente qu'elle ne l'aurait voulu. Elle finit par plisser les yeux et se pencha en avant, charriant son haleine de bière et de whisky mélangés - un mix dangereux.

- Si vous me montrez la vôtre, je vous montrerais la mienne.

Son ton clairement méfiant laissait entendre qu'elle n'accepterait pas de questions supplémentaires, et qu'Anastasia allait devoir montrer patte blanche rapidement, si elle voulait trouver le Chaudron Baveur. Invisible aux yeux des moldus de toute façon, l'auberge / bar / boui-boui servait de passage au Chemin de Traverse, la plus grande allée commerçante sorcière de Grande-Bretagne. La mère de Shae y détenait d'ailleurs une boutique d'apothicaire.


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MessageSujet: Re: Clandestine. | Libre   Jeu 1 Juin - 0:31

04 h 34, 10 septembre 2020. Centre de Londres.


Les cendres au bout de sa cigarette rougissaient et le papier se consumait. L’air vicié de fumées cancérigènes s’insinuait par sa gorge et se faufilait dans ses poumons jusqu’aux bronchioles les plus excentrées. Anastasia la savourait avec lenteur cette clope, ainsi que l’accalmie et la fraîcheur matinale. Sans quitter des yeux la frimousse blonde, dont l’air rêveur se gommait au fur et à mesure pour laisser transparaître une méfiance légitime, toute naturelle et compréhensible compte tenu des derniers événements et des ragots qui circulaient ci et là.
La russe soufflait tout aussi lentement par le nez la fumée qu’elle venait tout juste d’aspirer.

- Si vous me montrez la vôtre, je vous montrerais la mienne.

Ana’ inspira une nouvelle bouffée, incapable de résister plus longtemps à sa précieuse et maudite addiction. Ses doigts tatoués parcoururent ensuite la cigarette pour en faire tomber la cendre sur le sol humide. Etait-ce l’alcool qui parlait ? Sûrement. Si la russe avait été un de ces fameux chasseurs de sorcières au QI à peu près équivalent à celui d’une huître malade, une pareille demande aurait justifié un tabassage en règle, dans une des ruelles sombres du coin. Et ce n’est pas ce qui manquait ici, le centre ville n’était que ruelles et passages entre de plus grands axes.

- Сука, ça ferait presque phrase de porno gay. Déclara Anastasia avec un sourire en coin, avant d’éclater de rire pour de bon.

Puis elle écarta le pan gauche de sa veste de cuir, juste assez pour dévoiler le manche de sa baguette d’aulne, bien rangé dans un étui solidement accroché sa ceinture, qui comme son blouson, était de cuir lui aussi.

- Pas besoin de sortir la tienne. Je vois ce que tu es, enchaîna-t-elle avec un léger sourire, on est le club des « païennes » à faire bruler sur le grand feu de la place.

La mirkrahaul se fendait d’un nouveau sourire amusé. Il faut dire qu’elle avait ce cliché du miséreux moyenâgeux en tête, qui lui rappelait un film français sorti il y a une vingtaine d’années sur les écrans.

- Rassurée ? Demanda-t-elle. C’est que j’ai fait très grand voyage dans cale d’un bateau tout pourri avec des grands connards dessus, et mon ventre il se tord tant il a faim maintenant.

Et pour corroborer ses propos, ledit ventre émit un long grognement qui témoignait sans l’ombre d’un doute de la frugalité de ses précédents repas. Ana’ passa la main dessus, comme on calme un chien en rogne, tout en roulant des yeux. Elle jeta un œil aux alentours, pour vérifier que rien ni personne ne se terrait dans l’ombre, à les épier. Si le geste ne signifiait pas grand-chose pour elle, il serait sûrement rassurant pour son interlocutrice, qui cuvait encore tout ce qu’elle avait pu boire cette nuit.

- Davaï ?

Anastasia désigna la rue d’un geste ample de la main, pour l’inviter à lui montrer le chemin. Puis se pencha pour attraper la valise qu'elle déposée au sol quelques instants plus tôt.

- Et c’est quoi ton nom ?
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MessageSujet: Re: Clandestine. | Libre   Sam 10 Juin - 19:14



Clandestine
Shae ξ Anastasia


Les secondes qui s'égrenaient entre la proposition fallacieuse de Shae et la réponse de l'inconnue semblaient s'étirer en interminables instants suspendus, chaque goutte ruisselante d'un toit détrempé mettant une éternité à s'écraser au sol. Se balançant d'un pied sur l'autre, Shae attendait, vivant chacune de ses éternités comme une vie entière finissant sur le sol humide, éclatée en une infinité de possibilités. Observant la rougeoyante cigarette qui se consumait lentement entre les lèvres de la jeune femme, la jeune sorcière déphasée et encore dans une autre dimension se faisait la réflexion qu'elle n'était guère prudente. Si elle se trouvait réellement en face d'une partisane de la mort pure et simple des sorciers, elle se battrait, certes... mais pas longtemps. Son estomac était en vrac, sa tête en fumée, et elle ne ferait pas long feu. Toute à ses réflexions sinistres, elle vit la russe ouvrir la bouche et lui répondre, d'un ton légèrement amusé.

- Сука, ça ferait presque phrase de porno gay...

Elle écarta un pan de son manteau de cuir et laissa apercevoir le bois de sa baguette bien rangée. Plus que l'emplacement, pratique au possible, l'attirail interpellait Shae. Un sorcier lambda ne se baladait jamais aussi bien préparé, pas vrai ? Avec l'aura badass que la jeune femme dégageait, l'étudiante se demandait si celle-ci n'était pas entrainée aux combats, et donc largement mieux préparée qu'elle, avec sa baguette et sa gueule de bois en devenir déambulant dans les rues de Londres. Pas de quoi lui faire la morale quoi. Déglutissant et hochant la tête avec le sérieux d'une gamine à la tête d'une société secrète, Shae acquiesça à la réflexion suivante et esquissa un sourire. Les paiens, ha !

Rassurée, elle l'était. Elle avait une sorcière étrangère en face d'elle, une inconnue qui demandait son chemin, fatiguée, affamée, et l'air de savoir se servir de sa baguette. La moindre des choses était de l'accueillir convenablement en Angleterre.

- Oui, rassurée. On va te trouver de quoi manger. Ils ont une soupe de pois pas dégueu au Chaudron.

Acquiesçant à l'injonction de lui indiquer le chemin, Shae prit les devants, marchant d'un pas mal assuré dans Charing Cross, le bruit des gouttes venant parfois s'ajouter au bruit de leurs pas lourds sur le sol mouillé, tandis que la conversation reprenait de manière plus ... casuelle.

- Shae, Shae Viridian. Et toi ? Tu dois être épuisée, mais t'inquiètes ils ont des lits moelleux au Chaudron. Depuis que Tom a revendu, l'endroit est devenu un poil plus propre et spacieux. Je suis étudiante à Poudlard, en second cycle. Botaniste diplômée, et future chercheuse en sortilèges appliqués. Vu les branquignoles qu'ils prennent chaque année, je serais probablement major de promo, encore une fois.

Elle renifla d'un air méprisant en continuant d'avancer, jusqu'à s'arrêter devant un petit porche. La petite porte ne payait pas de mine, et aucun panneau n'indiquait un quelconque endroit spécifique, mais c'était la bonne porte. Elle le savait. Shae mit la main sur la poignée... tourna... Et il ne se passa rien. Shit. Elle renifla d'un air méprisant une nouvelle fois et s'acharna sur la poignée avant de froncer les sourcils, insultée par le manque de coopération de la porte.

- Mais putain !

Elle jeta un coup d'oeil alentour et, dépitée, regarda Anastasia.

- ... M'suis trompée de porte.

Ah ! Elle était le fleuron de l'Université de Poudlard, la major de promo, l'intrépide ! La très brillante et géniale Shae Viridian ! Et elle était tellement déchirée qu'elle essayait d'entrer chez un moldu. Haussant les épaules d'un air fataliste, elle emmena l'étrangère de l'autre côté de la rue, cogna à la porte - la vraie cette fois - du Chaudron Baveur, et entra, invitant la femme à la suivre. Une fois à l'intérieur, l'atmosphère calme du bar à bientôt 5 heures du matin la frappa et elle s'étira. Il fallait encore qu'elle retourne jusque chez elle, et ses paupières se faisaient lourdes. Hors de question de transplaner dans cet état... Et elle n'avait plus  assez de monnaie pour prendre une chambre. Bon, elle marcherait alors. Elle s'avança jusqu'au comptoir et se prit un Irish coffee, pour se requinquer, en offrant un à sa compagne de nuit pour la peine.

- Tu m'en fais deux ! Bien corsés !

Elle s'affala sur le comptoir en se massant les tempes, jetant une poignée de monnaie devant elle avant de jeter un coup d'oeil à celle qu'elle avait miraculeusement trouvé dans la rue en pleine nuit. Une rencontre forte de potentiel, jugeait Shae-Saoule. Peut-être que Shae-Sobre serait même d'accord avec elle...

- Et toi alors ? Qu'est ce que tu racontes de beau sur toi m'dame ?


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MessageSujet: Re: Clandestine. | Libre   Mer 14 Juin - 22:42

04 h 48, 10 septembre 2020. Centre de Londres.


- Oui, rassurée. On va te trouver de quoi manger. Ils ont une soupe de pois pas dégueu au Chaudron.

« Manger ». C’était tout ce dont elle avait besoin d’entendre. Mais quand on rajoutait « soupe » derrière… Forcément, cela lui faisait l’effet d’un ange qui vous ouvre les portes dorées du paradis. Et autant dire qu’à ce niveau là, il y a de quoi filer de sacrés pulsions à n’importe quel fanatique bien zélé.

- Oh ! Da ! Soupe très bon, après froid et nuit sous la pluie. Répondit la russe dont le sourire, en s’étirant, illuminait son visage et chassait la fatigue accumulée durant ces derniers jours.

Ravie à l’idée d’engloutir un bol de soupe bouillant, Anastasia désigna la rue de la main gauche puis se pencha pour ramasser sa valise.

- Davaï ?

La jeune et jolie blonde opina du chef et ouvrit la voie. La russe la talonnait, pas de trop près, et marchait à son rythme, puisque les pas de sa guide semblaient parfois bien hésitants. Bien trop pour une nuit en semaine surtout.

- Et c’est quoi ton nom ? Avait-elle enchaîné, curieuse de l’identité de la bonne âme qui avait décidé de lui montrer le chemin.

- Shae, Shae Viridian. Et toi ? Tu dois être épuisée, mais t'inquiètes ils ont des lits moelleux au Chaudron. Depuis que Tom a revendu, l'endroit est devenu un poil plus propre et spacieux. Je suis étudiante à Poudlard, en second cycle. Botaniste diplômée, et future chercheuse en sortilèges appliqués. Vu les branquignoles qu'ils prennent chaque année, je serais probablement major de promo, encore une fois.

L’étrangère acquiesçait. Très honnêtement, elle ne savait pas ce qu’était un « branquignole », mais ces choses là semblaient ne pas lui arriver à la cheville. Remarque, elle ne savait pas non plus ce qu’était un « second cycle ». La conclusion était sans appel : La langue de Shakespeare avait encore quelques spécificités sur lesquelles elle devrait se pencher tôt ou tard.

- Grande ambition. C’est bien pour la vie, avoir des objectifs. Très bonne chose. Répondit la mirkrahaul en levant le pouce, alors que la jeune femme reniflait d’un air méprisant. Je m’appelle Anastasia, mais les gens disent « Ana’ » en général.

Elle marqua une pause, bloquée sur la Shae Viridian qui secouait énergiquement la poignée d’une porte qui refusait de s’ouvrir. Alors qu’elle levait l’index pour intervenir…

- Mais putain !

La russe baissa le doigt, et la main, se contentant de la laisser s’exciter sur cette porte, tout en regardant ailleurs. Il valait mieux faire comme si de rien n'était.

- ... M'suis trompée de porte.

Anastasia haussa les épaules, non sans esquisser un sourire un coin qu’elle ne put retenir. Mais elle embraya tout de suite :

- Ce sont des choses qui arrivent. Déclara l’étrangère d’un air sérieux. Je suppose… Ajouta-t-elle ensuite un ton en dessous, en emboîtant le pas de Shae s’était mise à traverser la rue.

Enfin au chaud ! Ana’ inspira longuement avant de pousser un soupir conséquent. Elle se sentait presque saine et sauve, alors que quelques heures auparavant, elle s’était imaginée passer le reste de la nuit sous un pont, comme n'importe quel lambda qui n'avait aucun toit sous lequel se réfugier. Mais pas le temps de souffler, sa guide avait besoin d’un remontant, et fila droit vers le comptoir en hélant le tenancier pour commander, avant de s’étaler contre le bois sous le poids de la fatigue. Et des substances ingurgitées durant sa soirée.

- Et toi alors ? Qu'est ce que tu racontes de beau sur toi m'dame ?

- Je sais pas vraiment. Commença-t-elle en prenant place sur le tabouret d’à côté. Je viens de Moscou. J’ai fait un grand et long voyage sur un bateau cargo. Je traverse la mer Baltique et du Nord, puis un bout de la Manche pour arriver à Londres. Des jours dans une pièce tout petit avec une fenêtre minuscule. Expliquait-elle avec exaspération en accompagnant le geste à la parole. Je travaille pour gouvernement Russe. Je viens voir ici c’est quoi bordel avec connard de premier ministre des anglais.

Elle poussa un nouveau soupir. Et tandis que le tenancier leurs présentait deux « irish coffee », elle saisit l’occasion de se remplir la panse et trouver un endroit ou dormir.

- Je peux avoir soupe ? Celle que tu veux. Quand j’ai faim j’aime tout. Et je veux une chambre pour dormir aussi.

L’homme acquiesça, lui indiquant et le prix de sa soupe et celle de sa chambre. De fait, elle glissa la main dans la poche intérieure de son manteau de cuir pour tirer une bourse remplie, puis étaler la monnaie sur le comptoir.

- Je connais « Pudulard ». Le nom. C’est une bonne école ils disent. Tu sais déjà ce que tu veux faire comme travail maintenant ? Demanda-t-elle en observant sa compagne de fortune. On dit que ici, en Europe, les jeunes passent beaucoup d'années à rien faire, parce qu'il savent pas quel travail ils veulent choisir.

La mirkrahaul ne put s'empêcher de s'attarder longuement sur la cicatrice qui barrait le visage de son interlocutrice, tout en esquissant un léger sourire.
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MessageSujet: Re: Clandestine. | Libre   Ven 16 Juin - 20:49



Clandestine
Shae ξ Anastasia


Anastasia, puisque c'était son nom, vint s'asseoir à ses côtés, réchauffée et semblant satisfaite de l'apparence du Chaudron Baveur. Shae bougeait lentement les doigts sur le comptoir au rythme d'une musique imaginaire, son esprit ivre lui renvoyant des images de la boite de nuit survoltée et du rythme des basses résonnantes. Se reprenant, elle se redressa du tabouret d'où elle semblait glisser continuellement, incapable de se tenir droite. La moutarde lui montait au nez, et elle se sentait presque prête à cramer ce traitre de tabouret, incapable de la supporter convenablement. Elle reprit néanmoins contenance le temps d'écouter Ana, l'air captivée par le récit de la jeune femme. Ce n'était pas tous les jours qu'on avait affaire à une ressortissante étrangère !

- Je sais pas vraiment. Je viens de Moscou. J’ai fait un grand et long voyage sur un bateau cargo. Je traverse la mer Baltique et du Nord, puis un bout de la Manche pour arriver à Londres. Des jours dans une pièce tout petit avec une fenêtre minuscule. Je travaille pour gouvernement Russe. Je viens voir ici c’est quoi bordel avec connard de premier ministre des anglais.

Shae s'esclaffa, se penchant dangereusement au bord de son tabouret, le franc-parler de sa comparse conquérant son coeur. Les gens directs et sans détour, c'était ce qu'elle appréciait le mieux. Le voyage de la Russie à leur île - grandiose certes mais toujours qu'une grosse île - semblait néanmoins périlleux, long, et ennuyeux, aussi rangea-t-elle sagement l'idée d'aller en Russie dans une boite de son esprit marquée "à faire absolument". Mais Ana n'était pas n'importe quelle touriste lambda. C'était une agent, mandatée par le gouvernement russe. Shae se raidit légèrement, en pensant au sachet de Champifleur calé au fond de son paquet de clopes, puis se détendit en reniflant, se rappelant que la juridiction de la madame ne devait pas s'étendre si loin. Le tenancier revint avec leurs boissons chaudes et Shae s'en empara, se réchauffant avec, un soupir de contentement lui échappant. Elle sourit à Anastasia, but une gorgée, et finit par répondre.

- Ben bon courage parce que ces enfoirés de tarés ont l'air d'être sacrément bien partis pour foutre la merde.

Reniflant dans sa tasse, la jeune femme arborait un air méprisant et revêche. La situation nationale l'horripilait, et entendre d'horribles histoires de toute part lui donnait envie de traquer les responsables des rumeurs, des atrocités, de tous les attacher et de tout faire flamber. La retenue et la mesure n'avaient jamais été son fort de toute manière. Mais déjà la femme russe reprenait, écorchant au passage le nom de l'une des meilleurs écoles de magie au monde, ce qui eut le don d'hérisser les poils de Shae.

- Je connais « Pudulard ». Le nom. C’est une bonne école ils disent. Tu sais déjà ce que tu veux faire comme travail maintenant ? On dit que ici, en Europe, les jeunes passent beaucoup d'années à rien faire, parce qu'il savent pas quel travail ils veulent choisir.

Shae haussa les épaules.

- Je fais de la recherche. J'invente des sorts, principalement, mais j'ai également de bonnes notions en potions, et ma formation de Botaniste aide pas mal.  En terme de sortilèges, c'est plus une passion familiale qui s'est transmise. Les expérimentations et les travers alambiqués de notre magie me permettent de proposer des innovations, en terme de sécurité comme d'attaque. Le Ministère m'a proposé un stage mais... J'hésite. Le ministère ne fait pas grand-chose de concret pour l'instant, et je veux être vraiment utile, pas juste dans un bureau à créer des trucs pendant que des gens meurent.

Elle sentit le regard lourd de sens se poser sur sa cicatrice, et elle lui renvoya un regard accompagné d'un sourire carnassier, ce sourire un peu effrayant qu'elle prenait lorsque quelqu'un s'attardait sur la raison de sa piètre estime d'elle-même récente. La femme en face n'avait pas de cicatrices visible, rien que des tatouages partout. Peut-être Shae devrait-elle songer à se faire tatouer la peau, pour dissimuler cette cicatrice ignoble ? L'idée eut le mérite de la faire sourire, et elle finit par hausser un sourcil face au regard d'Anastasia.

- C'était un lutin de Cornouailles sous cocaine qui m'a fait ça, si tu veux tout savoir. Ne jamais fréquenter les pubs irlandais en hurlant avec un accent écossais, c'est un conseil d'amis.

C'était un mensonge - évident et grotesque. Mais c'était ainsi qu'elle s'appropriait la cicatrice. A chaque regard de travers, chaque question, une nouvelle histoire, un nouveau mensonge voyait le jour. Shae-Sobre trouvait l'idée tordante, et Shae-Saoule se faisait un plaisir de trouver un nouveau bobard à chaque fois. Un bobard de plus pour camoufler la monstrueuse blessure à son ego qu'était cette cicatrice. S'étirant sur sa chaise, la petite sorcière finit par bailler.

- T'crois que je devrais m'faire tatouer par dessus aussi ?


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MessageSujet: Re: Clandestine. | Libre   Sam 17 Juin - 3:57

05 h 17, 10 septembre 2020. Au Chaudron Baveur, Londres.


Anastasia prêtait l’oreille aux explications de Shae, qui lui déballait des bases sur lesquelles construire ses objectifs de vie professionnelle. Elle semblait avoir des ambitions et des capacités, mais sans savoir quel chemin prendre. C’était le lot de beaucoup de jeunes après tout. Lorsqu’on à la vie d’étudiant, l’argent, le confort… C’est ainsi que se font généralement les choses : On vit l’instant présent plus que l’on ne pense au futur. Puis elle eut droit à son histoire de lutin de Cornouialle.

- Recherches, da. Nous avons des gens comme ça en Russie aussi. Grands spécialistes, ils travaillent des années, mais résultat bon. Dit-elle en levant le pouce. Et ça très utile. La magie améliore le quotidien, c’est bien. Stage ministère c’est bon aussi. Tu arrives et tu vois comment les gens travaillent et pourquoi. C’est utile pour le futur, peut-être pas pour cette années, mais peut-être pour dans dix ans ? On dit toujours que « Rome ne s’est pas construite en un jour ».

Elle marqua une pause pour boire quelques gorgées de la soupe qu’on lui avait apportée. Le fumet qui s’en dégageait emplissait ses narines et son goût était quasi-divin. Sa compagnonne n'avait pas menti en lui ayant promis l'onctuosité de cette soupe de pois.

- Et puis, des gens meurent tous les jours. Ça on peut rien y faire. Même les plus grands sorciers meurent un jour ou l’autre. En Russie on dit qu’il faut pas oublier les morts et tirer les enseignements. Mais… Soupira-t-elle en reposant le bol de soupe pour se pencher ensuite vers Shae et plonger son regard dans le sien. C’est grosse connerie. Conclut-elle en hochant doucement la tête d'un air sérieux. La mort fait partie du jeu, c’est un fait. On est tous condamnés, alors mieux vaut profiter de la vie et faire ce que notre cœur nous dit pendant qu’on le peut. Faut juste assumer après. C'est le grand jeu de la vie.

La mirkrahaul se pencha à nouveau sur son bol de soupe, et reprit la parole entre deux bectées.

- Et pour ta cicatrice, c’était un très gros « pixie » avec un sens de l’humour plutôt sanguin alors ? C’est pas moche les cicatrices. Il y a plein d'hommes qui trouvent ça cool, ça donne un air sauvage. Fit-elle en imitant un coup de griffe dans un sourire. Si tu veux faire un tatouage sur la moitié de ta tête tu fais, moi je crois rien. Continuait la russe dans un haussement d'épaule qui en disait long. J’ai fait des tatouages parce que j’aime ça, pas pour cacher des blessures. Expliquait-elle se redressant sur sa chaise. J’en ai qui sont sous l’encre oui, mais d’autres qu’on peut voir encore. Comme là... Continua Anastasia en soulevant son T-shit pour dévoiler deux ou trois marques légères près de son nombril percé d’un bijou d’argent monté d’un ambre. C’était des bouts de métal, shrapnels, grande explosion. Gros bordel, parce que j’étais gamine. Ajouta-t-elle avec un sourire en coin en accompagnant ses paroles d’un geste de la main comme pour chasser un souvenir. Mais j’ai eu beaucoup de chance. Tout ça pour dire que je suis fière de mes cicatrices parce que ça veut dire que j'ai survécu.

Ana’ lâcha le bas de son t-shirt, et alla refermer, sur la tasse  servie un peu plus tôt, ses doigts tatoués d’une lettre chacun, formant le mot « L.O.V.E. ». Et sur les doigts de son autre main, la droite, on pouvait y lire « T.R.U.E. ».
Un Irish coffee. Elle se demandait bien quel goût ça avait, d'où le fait qu'elle prit une seconde pour sentir l'odeur qui s'en dégageait avant de porter le récipient à ses lèvres et les y tremper dans un premier temps.

- Mmh… Café corsé. Très bon ! Lâcha-t-elle dans un sourire, avant de siffler la tasse d'un seule traite, pour ensuite l'abattre à l'envers sur le comptoir comme on ferait avec un shot de vodka. Et puis de toute façon, si quelqu’un il trouve que ton visage est pas beau avec la cicatrice… Tu l’emmerdes, et fin de l’histoire. Tu crois pas ?
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